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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 17:14

Vendredi 10 septembre 2010

Pénibilité : le compte n'y est pas !

 

DangerTravail.pngNous publions ci-dessous un communiqué commun de l'ANDEVA et de la FNATH à propos des annonces de Sarkozy sur les prétendues "concessions" en matière de pénibilité sur le projet de réforme des retraites.

Ce qu'il y a de sûr, c'est que ces derniers jours, la question du travail, de la fatigue, de la pénibilité est largement ressortie des discussions autour des retraites. Dans tous les médias, les journalistes semblent se rendre compte de ce qu'il y a derrière une formule compliquée : la vie quotidienne de l'ouvrier, l'usure physique et intellectuelle par l'exploitation.

C'est ce que nous défendons depuis toujours sur ce blog, et il est bien temps qu'on en parle un peu plus...

 

L'ANDEVA (autour de l'amiante) et la FNATH (autour des accidents du travail) militent depuis toujours sur la question, en soulignant le caractère de classe de la pénibilité.

Et cela transparaît encore une fois sur ce communiqué publié hier


 

Letravailtue.jpgParis, le 8 septembre 2010

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

La FNATH et l’ANDEVA ont pris connaissance des propositions du Président de la République d’abaisser à 10% le taux d’incapacité permettant aux salariés de bénéficier d’une retraite à 60 ans, et d’impulser des accords de branche pour aménager les fins de carrière.

Cet abaissement va permettre de facto à un nombre plus important de personnes de bénéficier de ce dispositif.

Toutefois, ces annonces montrent que le Gouvernement reste sourd à la principale critique du volet pénibilité de la réforme des retraites. En restant sur une incapacité médicalement constatée, le Gouvernement exclut des milliers de travailleurs exposés à des conditions de travail réduisant leur espérance de vie mais n’entraînant pas d’incapacité.

Alors que le Ministre avait annoncé fin août que seraient prises en considération les pénibilités à effet différé, notamment les expositions à des substances cancérigènes, ou encore le travail de nuit, les modifications annoncées s’apparentent pour les salariés concernés à une fin de non-recevoir.

Pourtant, le gouvernement et le président de la République sont parfaitement informés des écarts d’espérance de vie entre les catégories socioprofessionnelles : les ouvriers meurent en moyennent 6 ans plus tôt que les cadres, selon les statistiques démographiques de l’Ined.

Le gouvernement et le président de la République savent également que ces mêmes ouvriers ont une fin de vie beaucoup plus éprouvante que les cadres, à cause des incapacités qui les frappent plus durement et les handicapent plus longtemps durant leur retraite.

Enfin, le gouvernement et le président de la République connaissent également le rôle des conditions de travail passées sur ces différences sociales majeures : les travaux du Conseil d’orientation des retraites ont parfaitement montré que le travail de nuit, l’exposition à des produits cancérogènes et le port de charges lourdes ou les postures pénibles sont responsables de cette usure prématurée.

Dès lors, comment le gouvernement et le président de la République peuvent-ils ne retenir des études démographiques que les déséquilibres des régimes de retraite et ignorer à ce point la réalité sociale du monde du travail ?

Le compte n’y est pas car ces salariés sont, d’ores et déjà, aujourd’hui dans l’incapacité de travailler et se retrouvent à partir de 55 ans, parfois même avant, en invalidité ou au chômage. L’objectif de travailler jusqu’à 60 ans est donc insupportable car inatteignable.

Par ailleurs, le fait de renvoyer la discussion à des accords de branche contient en germe des risques de blocage et d’inégalités entre les salariés, selon les branches auxquels ils appartiennent. Alors que le Gouvernement souhaitait mettre fin à une injustice, il va en créer de multiples, autant d’injustices que de branches professionnelles ! Enfin, les branches devraient pouvoir disposer d’un fonds public : alors que ce sont les employeurs qui créent l’usure au travail, ce ne sont donc pas eux qui vont en financer les conséquences.

Le volet pénibilité, même modifié, reste donc profondément injuste et discriminant.

Devant ses annonces, l’ANDEVA et la FNATH ont décidé d’appeler leurs adhérents et tous les travailleurs exposés à des conditions pénibles à manifester le samedi 9 octobre 2010 à Paris.

Ceux qui vont mourir plus tôt doivent cesser de travailler plus tôt !

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Publié par Où va la CGT ? - dans Retraites
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