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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 05:51
Mercredi 24 juin 2009
Sans-papiers : la lutte se poursuit, les mensonges continuent

La lutte des sans-papiers continue partout, de manière plus ou moins visible, et dans un contexte où les régularisations ne se font plus qu'au compte goutte. La Confédération imaginait peut-être forcer la main au gouvernement en acceptant les critères de l'immigration choisie, elle n'a réussi qu'à rentrer un peu plus dans la logique de la cogestion des flux de main d'oeuvre et des nécessités de l'économie nationale... Et avec l'aide de ces dirigeants complètement imprégnés de cette logique, le gouvernement a pour l'instant désamorcé la lutte des sans-papiers, dont la généralisation promettait pourtant d'être explosive et efficace...

Mais les sans-papiers eux-mêmes se moquent comme d'une guigne de ces manoeuvres au sommet de l'Etat. Dans plusieurs endroits, la lutte se poursuit : Alfa-Service à La Courneuve, ils viennent de
fêter un an de lutte. Plus-Net à Montreuil, plus de six mois de lutte et tous les dimanches sur le marché pour la solidarité. Des conflits démarrent, comme au restaurant "La Côte d'Azur", à Paris. Dans l'Isère, la mobilisation se poursuit contre deux expulsions, dont un militant du tout nouveau syndicat des sans-papiers.
La lutte des sans-papiers vit actuellement une période de reflux. Mais inévitablement elle reviendra dans une nouvelle vague, qui tirera les leçons du mouvement de l'an dernier.

De son côté, la Confédération poursuit un double but :
- s'autoglorifier des résultats de sa "brillante" campagne... Comme d'habitude, on cherche à faire d'un mensonge une réalité, à force de la répéter.
Un anniversaire à Montreuil, des déclarations triomphalistes, pour finalement un résultat bien maigre (quelques 1500 régularisations seulement) au regard de l'énergie mise dans le mouvement et dans les espoirs qu'il avait soulevé.
- tenter de réduire par la force les derniers bastions de résistance, et en particulier l'occupation de la Bourse du Travail par les sans-papiers de la CSP75. Pour cela, d'abord.
un 4 pages particulièrement gratiné de l'UD75 pour justifier sa position en tentant de faire porter toute la responsabilité sur les sans-papiers eux-mêmes, ce qui vaudra une réponse bien nette de la CSP 75. Le texte "oublie" juste que si le mouvement ne s'est pas généralisé, c'est de la responsabilité et la Conf' qui a tout fait pour l'empêcher, que si des militants de la CSP 75 en ont été réduit à cette extrémité, c'est que pour la CGT il n'est pas question que les sans-papiers s'organisent par eux-mêmes, que l'on sorte du cadre bien paternaliste et bien pourri des experts qui vont négocier "ce qui est bon" pour ces "pauvres immigrés", certainement trop cons dans leur esprit pour diriger leur lutte par eux mêmes...
La même UD vient ensuite de produire un communiqué menaçant, qui a suscité une réaction indignée d'un militant -il est évident que c'était l'expulsion qui était en préparation. Nous publions les deux documents ci-dessous :

Union des syndicats CGT de Paris - 85 rue Charlot 75140 PARIS cedex 03

Téléphone 01 40 29 14 40
Télécopie   01 48 87 89 97
Courriel cgt.paris@wanadoo.fr
CCP 27 46 74 P Paris

Occupation de la Bourse du travail - Des actes et des propositions CGT

Le 02 mai 2008, les collectifs de sans papiers de la coordination 75 investissent la Bourse du travail de Paris.
SANS AVOIR ETE INVITES ! Ils décident d’occuper jour et nuit des salles de réunions, des étages où se trouvent des locaux syndicaux. Cette situation pénalise réellement le fonctionnement de l’activité syndicale DEPUIS PLUS DE 13 MOIS !

A l’occasion de la publication d’un quatre pages CGT « un an d’occupation de la Bourse du travail ET APRES ! », nous avons de nouveau tenté de donner aux occupants notre point de vue sur cette situation que nous ne partageons pas.
Sans succès car les délégués de la coordination se sont opposés à la distribution de ce quatre pages interdisant même aux sans papiers de le lire et prétendant que la CGT ne fait rien pour aider les sans papiers !!
Les délégués ont l’air d’avoir la mémoire courte et oublient les actes importants réalisés par la CGT et ce, malgré cette occupation de locaux syndicaux qui empêche de nombreux travailleurs de pouvoir se réunir pour organiser des luttes avec leur syndicat.
Dés le déclenchement de la grève des travailleurs sans papiers dans les entreprises le 15 avril 2008, la CGT a expliqué à plusieurs reprises aux délégués de la CSP75 l’objectif de cette démarche de lutte collective :
OBTENIR DES REGULARISATIONS POUR LES GREVISTES MAIS AUSSI DES ACQUIS POUR LES INDIVIDUELS.
Malgré de nombreuses réunions cette proposition ne correspond pas aux attentes de la CSP75 puisque le 30 avril 2008 elle décide de faire cavalier seul et tente de déposer leurs dossiers de demandes de régularisation directement en préfecture. Evidemment sans rapport de force la préfecture rejette leur demande et, paraît-il, leur dit d’aller voir la CGT.
Le 02 mai 2008, après avoir bousculé les agents communaux, la CSP75 envahit et occupe l’UD CGT de Paris pour lui demander de l’aide !!!
Drôle de façon de solliciter le soutien de la CGT !
C’est un peu comme si vous aviez le feu chez vous et que vous preniez la décision d’occuper la caserne de pompiers et d’empêcher les véhicules de secours de sortir !!!
Depuis le début nous avons exprimé notre désaccord sur cette occupation et proposé à la CSP75 de libérer la Bourse et de mener ensemble des actions qui pèsent sur les véritables responsables de la situation, c’est à dire, le gouvernement et le patronat. Mais il est beaucoup plus facile, sûrement, de continuer à laisser croire aux sans papiers que cette pression sur la CGT va être de nature à leur faire obtenir des papiers afin de dédouaner des délégués qui les ont mis dans une impasse.

Des actes concrets ont été réalisés par la CGT :
-    Proposition de réunions avec les associations, les unions départementales parisiennes et la CSP75.
-    Réalisation d’un courrier unitaire au ministère pour une demande d’entrevue.
-    Proposition de travailler concrètement sur le contenu des dossiers.
-    Proposition d’initiatives de luttes, en particulier dans les entreprises.

Le 3 juillet 2008, à l’initiative de l’UD CGT, un rassemblement unitaire se tient devant  la préfecture de police de Paris. Il fut l’occasion de rencontrer de manière unitaire, avec les associations, le chef de cabinet du préfet et D’OBTENIR L’EXAMEN DES DOSSIERS DE LA CSP75.
Ce sont 750 dossiers qui ont pu être déposés après cette démarche unitaire courant juillet 2008.

Le secrétaire général de l’UD CGT de Paris a appuyé ce dépôt de dossiers lors de deux rendez-vous unitaires à la préfecture.
Malgré cette première étape importante, le 25 juillet 2008 une réunion unitaire se tient de nouveau à l’UD et c’est à ce moment précis que la CSP75 affirme ne pas vouloir libérer la Bourse tant que tous les sans papiers ne sont pas régularisés.
C’EST LE DEBUT DE L’IMPASSE ET L’ISOLEMENT DE LA CSP75.

En janvier 2009, la nouvelle année laisse planer un espoir de sortie de crise à travers une médiation avec le Haut Conseil des Maliens de France. La CGT a proposé la signature d’un document qui engageait la CGT et la CSP75 sur plusieurs points très précis. Le Haut Conseil des Maliens de France était partie prenante et tout à fait disposé à valider l’accord.
Après plusieurs nouvelles réunions, un compromis semble possible mais la réponse de la CSP75 à l’occasion d’une conférence de presse, le 5 mars 2009, y mettra un terme.
En effet, c’est à cette occasion que son porte-parole indique devant la presse que la CSP75 TRANSFORME L’OCCUPATION EN REFUGE ! Ce qui veut clairement dire on ne bouge pas !
De plus, courant mai 2009 elle fête à plusieurs reprises cette année d’occupation et annonce même que le lieu lui appartient !

Fin mai 2009, le quatre pages distribué par l’UD CGT Paris est considéré par la CSP75 comme une provocation, alors que son objectif est simplement de montrer les limites et dangers de cette occupation ainsi que d’exprimer le point de vue de l’UD CGT de Paris.
Le bilan de cette occupation est pourtant maigre : une centaine de régularisations en 14 mois.
La libération de la Bourse est aujourd’hui un élément incontournable afin de poursuivre la construction et le renforcement du rapport de force.

LA LIBERATION DE LA BOURSE EST ESSENTIELLE :

-    POUR METTRE UN TERME A CETTE PRESSION INJUSTIFIEE SUR LES ORGANISATIONS SYNDICALES
-    POUR SORTIR D’UNE OCCUPATION OU LES CONDITIONS D’HYGIENE ET DE SECURITE SONT DEPLORABLES
-    POUR DONNER UNE REELLE PERSPECTIVE DE REGULARISATION A DES OCCUPANTS QUI ATTENDENT DEPUIS DES MOIS LE DEPOT DE LEUR DOSSIER
-    POUR PESER CONCRETEMENT SUR LES POUVOIRS PUBLICS ET LE PATRONAT PAR LA CONSTRUCTION DE NOUVELLES INITIATIVES DE LUTTES DANS LE CADRE D’UN REEL RAPPORT DE FORCE

Après plus de 200 heures de réunions avec la CSP75 et de multiples propositions, il est temps que les délégués de la CSP75 prennent la seule décision d’avenir et cessent de jouer la montre. Quel est l’objectif d’un isolement volontaire ? D’autres intérêts seraient-ils en jeu ?
Il est temps de sortir de cette impasse, la possibilité est offerte aux délégués de la CSP75 à l’occasion de la fête de la musique où la CGT organise une INITIATIVE DE LUTTE.

LIBERER LA BOURSE TOUT DE SUITE C’EST POSSIBLE
C’EST LA BONNE DECISION A PRENDRE SI L’ON VEUT RESPECTER LE SEUL INTERET DES SANS PAPIERS

Paris, le 19 juin 2009

Y A T'IL ENCORE DES SYNDICALISTES EN ILE DE FRANCE ?

Je suis sorti depuis hier après une semaine d'hôpital et je tombe sur ce communiqué de la CGT Paris; bonjour la convalescence!
Je ne reviendrai pas sur sur le 4 pages de Picard qui sent l'égout; certains de la CGT ou non l'ont déjà fait.
Je crois que nous sommes quelques uns à avoir tant sur la liste que sur "immigration jetable" (avant d'en être éjectés par les censeurs de la démocrature...) et ce qui me révolte et m'avait déjà révolté lors de l'expulsion du 9ème Collectif de la BdT Stalingrad, est la passivité voire la complicité de tout le "landerneau" associatif, syndical et politique d'Ile de France; de la part de toutes ces structures cela ne m'étonne que très peu mais leurs militants, qu'est-ce qu'ils en pensent, eux. Tous ceux qui gueulaient "tous ensemble" en janvier, mars ou le 1er mai, c'est du "tous ensemble" sauf... où sont-ils???
- Où sont-ils quand on agresse le fer de lance de la classe ouvrière internationale en France ?
- Où sont-ils quand on agresse ( et ce, depuis un an!) les seuls qui défendent l'union de tous les travailleurs sur leur revendications communes pour une régularisation durable de TOUS les sans papiers?
- Où sont-ils quand le colonialisme syndical triomphe impunément que c'en est indécent ?
- Où sont-ils tous ces défenseurs des libertés quand on agresse ceux qui revendique la liberté de circuler ?
- Où sont-ils quand la confé CGT collabore à l'immigration jetable pour le plus grand bien de l'économie française et contre les intérêts communs à TOUS les travailleurs?
- Où sont-ils ceux qui, spontanément, ont accourus défendre St Bernard investi par les flics ?

Ras le bol des mensonges et des hypocrisies!
Le communiqué de la CGT commence déjà par un grossier mensonge; au 2 mai 2008 (début de l'occupation) et pendant plus d'un mois seuls les couloirs (réservés prioritairement aux femmes et aux enfants) et la cour intérieure servaient de dortoirs; les trottoirs de la BdT et la petite place à côté aussi! mais jamais le fonctionnement des bureaux syndicaux n'a été entravé. Je me souviens encore d'une nuit que j'ai passé à évacuer la flotte des bâches qui couvraient la cour ! Le seul refuge pour dormir de mes camarades sans papiers dont certains, travailleurs isolés, partaient à 5 h du mat' pour bosser; je me souviens aussi de cette arrogance des petits blancs du syndicat et des assocs à leur botte qui me faisait crisper les poings; je me souviens aussi de mes camarades de la CSP75 qui gardaient espoirs que les camarades français de ces asssocs et syndicats allaient enfin être à leurs côtés dans cette lutte commune à TOUS les
travailleurs vers la liberté de circulation.

Un autre gros mensonge
"Les délégués ont l’air d’avoir la mémoire courte et oublient les actes importants réalisés par la CGT et ce, malgré cette occupation de locaux syndicaux qui empêche de nombreux travailleurs de pouvoir se réunir pour
organiser des luttes avec leur syndicat."
Les actes importants, comme le dépôt des dossiers de la CSP75, ce n'est pas "malgré" mais à cause de l'occupation de la BdT que la CGT y est allée; c'est contraints et forcés par cette occupation que les responsables syndicaux et leurs toutous associatifs ont accompagné les délégués de la CSP75 à la préfecture le 3 juillet; d'ailleurs, le délai de deux mois écoulés en dit long sur leur bonne volonté à les soutenir !
Quant à "cette occupation de locaux syndicaux qui empêche de nombreux travailleurs de pouvoir se réunir pour organiser des luttes avec leur syndicat.", de quelles luttes parle t-on et de quel syndicats???
S'il s'agit des grèves de sans papiers qui faisaient rage dans toute l'Ile de France, la pilule est amère quand on sait l'isolement et le manque de coordination qui régnaient à l'époque dans les entreprises en grève!!!
La direction cégétiste tant à Montreuil qu'à Paris ont laissé sans directive et désemparés leurs propres militants qui assuraient courageusement le soutien aux camarades grévistes.
Quant aux résultats immédiats obtenus par nos camarades de la CSP75 et l'ironie du mail CGT, c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité!!!

Tout cela a été dit et redit et la question maintenant est de savoir si, enfin, par l'écrit et l'action, les travailleurs français vont laisser leurs syndicats continuer à se déshonorer et à les déshonorer!
Je ne peux que saluer le communiqué de l'OPAC CGT de Paris qui soutient sans ambiguïté nos camarades de la CSP75 mais où sont les autres, tous les autres, les "tous ensemble" du 1er mai?
Les syndicats s'étaient déjà
déshonorés à la BdT Stalingrad contre le 9ème Collectif, vont-ils pouvoir récidiver impunément ?

A chaque syndiqué d'y répondre ou cette "conscience de classe" dont il se targue ne serait-il que que le masque de leur inconscience crasse des enjeux pour le présent comme pour l'avenir. Le choix de chacun sera lourd de conséquence et regarder ailleurs, quand se commet l'irréparable, serait la pire des solutions !!!
pj49

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Publié par Où va la CGT ? - dans Sans-papiers
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commentaires

Françoise 26/06/2009 16:35

voici les réactions que plusieurs militants ont envoyées sur différentes listes, à la lecture du sinistre communiqué de l'UD CGT de Paris, pressentant les mauvais coups à venir ..


--- En date de : Sam 20.6.09, syndicat cgt

La porte parole de l'UD CGT de Paris ne cache pas ses intentions avouées :
S'ils ne quittent pas d'eux mêmes et tout de suite les lieux occupés de la
Bourse, et bien ce sera leur fête...

Et en avant la musique ! Les mauvais coups, vont donc pleuvoir. Les
camarades de la CSP 75 doivent donc en tirer les conséquences.

Effectivement le grand engagement de la CGT de F.Blanche, D.Niel et
R.Chauveau pour la régularisation des seuls travailleurs sans-papiers
rentrant DANS le cadre de la loi Hortefeux (pour une immigration jetable)
vient de cesser. Les "permanences" en Unions Locales ferment sous prétexte
de purger les dossiers en souffrance en "central". En fait, les 750 dossiers
"conquis", ferment la démarche inique qui a pourtant unifié tant de bonnes
volontés militantes. La Préfecture, qui n'a plus besoin de ces supplétifs
gratuits, ne reçoit d'ailleurs quasi plus du tout "les" fameux dossiers CGT.

Tombée de rideau ! Désormais, la CGT prépare son 49ème congrés qui se
tiendra en décembre 2009. On peut déjà imaginer la proposition de motion que
fera Blanche, la starlette de ce combat dévoyé, pour positionner la CGT
dans la foulée officielle de la loi Sarko-Hortefeux...

La communication d'Aït Ahmed (pour la direction de l’udCGT de Paris) laisse
donc lourdement planer la présence
imminente de rangers et de gros bras aux alentours de la Bourse occupée.

La semaine de la fête de la musique sera-t-elle de la musique des
paramilitaires ? ...de celle qui fait pleuvoir coups et orions sur la gueule
des camarades sans papiers...

Il est vrai que la période estivale permettra les travaux de remise en ordre
des lieux "libérés". Tout ça parce que le 15 avril 2008, la CGT avait décidé
de mener un combat excluant les travailleurs isolés, les familles, les
réfugiés politiques.... Pour ne s'en tenir qu'aux critères d'Hortefeux. L'UD
manipulée n'a jamais tenté la sortie par le haut à laquelle nous l'appelions
depuis le début de l'occupation des lieux.

L'histoire jugera. Même libérée, la Bourse saura enregistrer la trahison de
ces clercs qui auront su liquider la résolution du 48ème congrès de la CGT
s'inscrivant pour la régularisation de tous les sans-papiers.

Ironie de l'Histoire, le dernier n° du "Peuple" - celui du 20 mai 2009 - (qui
sera d'ailleurs l'un
des derniers numéros de cette revue qui se veut “l’organe” de la CGT, est
amenée à cesser sa
parution au prochain congrès de la CGT) donne en illustration des combats à > mener, la lutte des
sans-papiers ! Et qui voit-on en illustration de cet article , exactement à la
page 19? La face
souriante et déterminée du porte parole de la CSP 75 : notre camarade
Sissoko !

Souhaitons qu'elle ne soit pas défigurée par les membres des services
d'ordre des syndicats parisiens logés en la Bourse du travail : ça serait
vraiment pas porteur, comme solution presque finale à ce fameux combat. Ils
vivent ici, ils bossent ici, ils se font bastonner ici... et expulser aussi.

Salut et fraternité
Jacques Gurfinkiel
Secrétaire Général de la CGT OPAC Ville de Paris
----------------------------------------------------------
De :
Date : Le 20/06/09 07:53
A Liste de travail “unis contre une immigration jetable”
Le 20/06/09 07:53

question d'un camarade, sur la liste "unis contre une immigration jetable"
.
  Pour ce qui est du bilan des régularisations obtenues par la CGT, quel
est-il exactement ?   Que dire aux sans-papiers salariés en France depuis de
nombreuses années et dont la CGT n'a pas voulu s'occuper ?  

------------------------------------------------------------------------------------------------------
Bilan "globalement" positif ????

Triste bilan, en vérité !

Sur Paris, la CGT explique maintenant qu’il faut cesser de prendre des
dossiers de sans papiers, parce que la préfecture ne les prend plus (ben oui
: la préfecture a bien compris qu’elle n’avait rien à craindre de cette CGT
d’aujourd’hui.. En fait, y a pas que la préfecture qui a compris : le
gouvernement aussi a compris qu’il n’avait plus rien à craindre de la CGT
d’aujourd’hui) et que donc, le bilan de cette si longue année se solde par
750 dossiers régularisés, sur Paris !! C’est tellement dérisoire qu’on aimerait
pouvoir en rire : tout ça pour ça !! Et pourtant, ce mois d’avril 2008 était
le début de tous les possibles : une réelle volonté de soutenir les sans
papiers, compte tenu des moyens engagés par la CGT et du nombre de
militants qui se sont investis, aurait permis des milliers et des milliers
de régularisations, tout comme en 1997..

Au bout du compte, moins de mille sans papiers régularisés (et encore,
ont-ils bien tous reçu une carte d’un an? ne confond-on pas volontairement les autrorisations provisoires de séjour, les accusés de réception des demandes ..) et tous les autres sans
papiers amenés dans une situation encore plus désespérée, encore plus
dramatique...

Et pour finir, l’expulsion programmée à la bourse du travail de sans papiers
en lien avec cette même CGT depuis des années, des sans papiers qui se sont
syndiqués à la CGT .. Mais c’était une autre époque ...


L’expulsion serait une libération ?

Toute ma profonde solidarité aux sans papiers de la CSP 75 et à leurs
soutiens

> Françoise (22 juin 2009)
>

oppong 26/06/2009 01:50

OK dédé on est d'accord que ce nouvel épisode arrange le pouvoir, mais qui en est le principal responsable? A qui ça profite le plus? Aux sans papiers ou à la CGT collabo? Je pense que les occupants ont cru jusqu'au bout que la CGT finirait par céder, ils se sont nourris d'illusions et ils ne sont pas les seuls, mais quel autre choix ont-ils? Ils savent que l'UMP et la CGT ont passé un contrat concernant la régularisation des sans-paps et qu'en dehors de ce contrat la régularisation massive est quasiment impossible. Et bien évidemment qu'on n'exonère pas les autres syndicats, notamment Sud qui ne vaut guère mieux, et qui se contente d'occuper un créneau juste à gauche de la CGT, c'est juste qu'on est sur un blog qui parle de la CGT, et qu'il est impossible de passer sous silence ou de ne pas condamner l'attitude globale de la CGT sur la question des sans-papiers, les régularisations au compte-goutte et en s'alignant sur les directives de l'UMP. Moi je veux bien que certains restent à l'intérieur, sur une ligne à l'opposé de celle du syndicat, mais qu'on m'explique à quoi ça sert, et surtout quels ont été les résultats obtenus depuis des (dizaines d') années. Est-ce-que ça a empêché la dérive droitière régulière? Est-ce-que ça a permis de faire revivre un véritable courant syndicaliste de lutte? Est-ce-que le peuple est conscient du rôle joué par les syndicats dans la démocratie bourgeoise?

Xuan 25/06/2009 23:46

C’est crapuleux mais ça ne m’étonne même plus.
Moi aussi, ça me gave de payer mon timbre, mais je n'ai pas le droit de me tirer en ce moment, avec la quarantaine de suppression de postes dans ma boite et ceux qui suivront derrière.

Ça ne sert à rien de rendre sa carte.
Je l’ai déjà fait en 1973, avec nombre d’immigrés de notre atelier, lorsque Claude Lebrun a été le même jour exclu de la CGT et licencié par l’Alsthom Savoisienne.
Ceux qui trahissent la classe ouvrière ne s’en portent que mieux : Thibault, Le Duigou et consorts.

Nous avons besoin d’un syndicat, celui-là ou un autre, et nous leur ferons rendre gorge d’une manière ou d’une autre.
Il faut continuer à se battre tant que c’est possible, ne pas s’en aller seul, ne pas démissionner, et ne partir que par la force, comme à l’usine.

Et serrer les coudes autant dans la lutte contre le patronat et les licenciements que dans la lutte contre les directions confédérales et leur sabotage.
Il n’y a pas de différence de nature entre eux.
Il y a tant de camarades à dessiller, pour construire une centrale syndicale de lutte de classe.

« ouvre donc les yeux camarade,
« et vois où sont les renégats
« Sors du brouillard de cette rade
« Rejoins tes frères de combat !

(couplet ajouté à l’internationale par le PCMLF)

dédé 25/06/2009 22:11

Moi il y a quand même un truc qui me chiffonne, c'est que 14 mois après le début de l'occupation et sans résultats notoires, le CSP75 ai persisté dans cette tactique.

Il était clair que du coté de la CGT il y avait plus rien à espérer alors pourquoi ils ne se se sont pas, comme le proposait pj49, organisé de façon autonome.

Je ne peux pas m'empêcher de penser que derrière il y avait des trucs politiques qui nous échappent qui arrangeaient bien le pouvoir en faisant que rien n'émerge et que toute les énergie se cristallise sur cette occupation.

Qu'en pensez vous ?

pj49 25/06/2009 18:12

D'abord, un message pour Kahina et tous ceux et celles, jeunes et moins jeunes, qui ont la nausée, grave!
Ne baissez pas les bras car cet avenir que nous espérons pour nos enfants et nos petits enfants (moi, j'ai un peu passé l'âge!) est aussi celui de l'humanité; alors que cette bureaucratie CGT c'est un passé présent qui nous colle à la peau et dont on a du mal à se débarrasser (eh oui! même en étant sans illusions!)
Quelle que soit leur décision, plus de cartes ou adhésion ailleurs, ne perdez pas espoir et continuez à vous battre, à saisir les moindres espaces d'émancipation qui s'ouvrent aussi restreints soient-ils; il n'y a pas très longtemps, j'ai lu quelque part une phrase magnifique d'Oscar Wilde qui disait (à peu près de mémoire):
"Mes rêves sont trop grands pour que je puisse les oublier"; c'est cet espoir et ces rêves qui doivent guider votre route et non telle ou telle orga, partis ou syndicats, outils créés par des humains pour que des humains agissent ensemble; comme tous les outils, leur importance importance est proportionnée aux services qu'ils rendent sur le chemin de l'émancipation et le reste n'est que religion d'athée!
je vous propose le texte du communiqué que je viens d'envoyer aux journaux locaux pour faire bouger les lignes syndicales (peut-être pas grand chose mais on fait avec la situation qu'on a); il fait déjà bouger à l'intérieur du CSSP49 (soutien aux sans papiers et demandeurs d'asile du Maine et Loire).
Il y a toujours quelque chose à faire et les constats d'impuissance stériles n'avancent à rien! la taupe révolutionnaire creuse son sillon dans les inconsciences beaucoup plus profondément que l'on croit; vous serez étonnés un jour!
Un seul exemple: prenez Patrice et moi; dans les années 70, je n'étais pour lui qu'un gauchiste payé par la police et regardez maintenant; nous écrivons sur un même blog et trouvons des points d'accord sans que ni l'un, ni l'autre ne reniions notre passé; l'un et l'autre nous avons évolué et appris bien souvent dans la douleur mais nous avons continué et nous irons jusqu'au bout sinon ce serait nier ce que nous sommes.
On appelle cela l'évolution,la vie et surtout la vie humaine; bon je verse dans le vieux con pétri de sagesse mais surtout bourré d'arthrose; STOP et ce que l'on peut faire d'immédiat, le communiqué:

Ils ont osé!!!

Hier après-midi, le service d'ordre de l'Union Départementale CGT est intervenu violemment (une dizaine de blessés) contre les sans papiers de la Coordination des Sans Papiers 75 qui occupaient depuis 14 mois l'annexe Eugène Vaslin de la Bourse du Travail de Paris. Les nervi de la CGT parisienne ont profité que le gros des occupants (400 sans papiers) étaient partis en manifestation hebdomadaire devant la préfecture de Paris pour expulser ceux restés à la Bourse du Travail.
Déjà, début 2007, un autre Collectif de sans papiers, le 9ème Collectif, s'était fait expulser par les mêmes de la Bourse du Travail Stalingrad où il s'était réfugié pour se mettre sous la protection des syndicats français. Les Bourses du travail et annexe parisienne sont en effet gérés par une Commission Administrative qui inclut TOUS les syndicats y ayant des bureaux. Ce genre d'agression est donc de la responsabilité de tous les syndicats présents dans ce lieu et non de la seule CGT parisienne même si son poids est déterminant.
Déjà, début 2007, quelques syndicats avaient, vigoureusement et publiquement, protesté contre cet acte raciste et anti-ouvrier: SUD-Education, SUD-Etudiant, Fédération des correcteurs du livre CGT, ...
D'autres avaient préféré le faire en interne... langue de bois oblige.

En quoi la situation est-elle différente par rapport à 2007?
La crise a éclaté, entrainant une vague de fermetures d'entreprises et de licenciements sans précèdent et attisant, à juste titre, la colère ouvrière et beaucoup de militants syndicaux ne se satisfont pas de la riposte timide de leurs organisations nationales.
La chasse aux sans papiers, loin de se calmer, a été aggravée par Mr Besson, le remplaçant de Mr Hortefeux au ministère de l'immigration et dans ce contexte les sans papiers doivent savoir sur quels soutiens concrets ils peuvent compter.
En 2008, quatre des responsables de la « commission immigration » auprès du bureau national CGT ont démissionné de cette fonction estimant que la Confédération remettait en question les résolutions adoptées par le 48ème Congrès de Lille.
Pour la première fois l'UD parisienne a fait appel à la police de Mr Bessonpour chapeauter cette opération. C'est avec la complicité bienveillante de plusieurs centaines de CRS que l'agression a pu avoir lieu.

En quoi le Collectif de Soutien aux Sans Papiers du Maine et Loire est-il concerné par ces événements?
Le vendredi 24 mai, lendemain de l'expulsion du «48 » par les gendarmes mobiles, nous nous sommes réfugiés avec les Rroms et les sans abri français dans les locaux de la Bourse du Travail d'Angers et il a même été question d'y passer la nuit; ça n'a pas eu lieu car nous avons trouvé des solutions  de rechange; mais si ça avait été le cas quelle attitude aurait eu l'intersyndicale?
Les événements parisiens peuvent faire planer un doute que les sans papiers et les demandeurs d'asile ne peuvent pas se permettre.
Des soutiens aux sans papiers et demandeurs d'asile, syndiqués et non-syndiqués, d'Angers interpellent donc les syndicats pour qu'ils condamnent fermement et publiquement ce grave dérapage, pour le syndicalisme français, de leurs homologues parisiens et, plus spécialement les fédérations locales de la CGT et de SUD Solidaire qui ont pris fait et cause pour les sans papiers.
Ne pratiquant pas la langue de bois, nous tenons a préciser que quelques syndiqués parmi nous sont en désaccord, pour une question d'opportunité, avec la publication de ce communiqué même s'ils en approuvent les termes.
Les sans papiers et demandeurs d'asile ont suffisamment d'ennemi à leur cause sans avoir à se préoccuper des faux amis; c'est pourquoi nous avons pris la décision, syndiqués SUD et CGT ainsi que non-syndiqués, de publier ce communiqué!

Pour les contacts:
Pierre-Jean, adhèrent CGT construction: 06 83 87 32 28
Yves, adhèrent SUD collectivités territoriales: 06 79 49 15 23
Cedric, non syndiqué: 06 06 70 36 74

bébert-CGT/SNEM Limoges Nord 25/06/2009 16:53

Salut, je viens de lire l'article du blog et les différents commentaires. J'en partage la colère mais je ne suis pas surpris par l'attitude de la CGT... Cette colère c'est la même que celle qui nous prend quand on nous ballade d'une journée bidon à une autre, quand rien n'est fait pour coordonner la lutte des sous-traitants de l'automobile avec les conséquences que cela peut avoir, quand des délégués laissent leur direction licencier sans rien faire et sans rien dire... Alors oui un pallier a été franchi... mais par rapport à quoi? Dans tous les cas nous sommes les premières victimes de la guerre de classe, les premières victimes de cette collaboration infecte.
Un jour, il faudra bien que certain, à la confédé ou dans les UD, regardent dans les yeux le sans-papier matraqué, l'ouvrier de Sonas que l'on licencie à cinquante balais, l'ouvrière de Bernardaud, qui se retrouve brutalement au chômage, seule avec ses gamins et ses yeux pour pleurer... C'est ce jour là que je veux voir, parce que je n'ai pas le choix. Parce que nous n'avons pas le choix... Un syndicat de base c'est d'abord un collectif de lutte. Lutter tout seul c'est impossible. Et ce qui me remonte le moral, c'est que dans les collectifs de sans-papiers, chez Sonas, chez Bernardaud partout on peut lire la même révolte et la même colère... Partout et même dans la CGT... des camarades qui avaient tendance à se replier sur leur entreprise, prennent aujourd'hui la parole et interpellent les structures.
Dans toutes les boites en lutte chacun sait et chacun ressent que sans coordination on est rien du tout. Un exemple : si tous les sous-traitants automobiles en lutte avaient pu s'unir ils auraient mis à genoux les constructeurs.
C'est un contexte nouveau qui s'ouvre, quand l'avenir c'est l'ANPE, on ne tergiverse pas... La direction de la CGT a laissé tomber le masque depuis longtemps, un peu partout tous ceux qui ont le cul entre deux chaises vont se casser la gueule ou essayer de nous la casser.
La lutte des classes est plus dure donc les choses sont plus claires.
Depuis quelques mois les langues se délient, c'est un fait.
Ce qu'il faut c'est ne pas taire notre indignation, en parler avec nos camarades et nos collègues, continuer à faire circuler l'information, porter le péte partout où c'est possible mais ça ne suffira pas. Il faut se rassembler, pas pour que la direction "écoute" la base, elle s'en tape l'oignon, mais pour continuer à développer une pratique syndicale de classe. Il faut aussi montrer ce que nous sommes capables de faire, notamment en développant les solidarités ouvrières à tous les niveaux et dans tous les domaines.
Franchement, comme tous les travailleurs, je préfère me faire foutre dehors que prendre la porte et, dans l'immédiat, je trouve que c'est une bonne idée que les syndicats ou les militants CGT condamnent fermement et publiquement ce qui vient de se passer.

Tophe 25/06/2009 16:29

Pour dans le début du texte, vous écrivez "apparemment à la demande de la CGT"? Vous prenez des pincettes dans cette affaire. Vous avez peur des représailles.

Un peu de courage face à l'appareil que vous croyez pouvoir réformer comme la bande du Parti Ouvrier Indépendant de Marquiset.

Eugène 25/06/2009 16:47


Bon, Tophe, il faudrait se calmer un peu... C'est les infos que nous avions hier dans l'après-midi. Elles étaient en fait fausses : c'est bien le SO de la CGT qui a viré les
sans-papiers, pas les CRS.
Et nous ne croyons nullement réformer l'appareil... C'est  mal lire ce blog.
Pour info, un article sur l'expulsion à suivre très prochainement.


Lili 25/06/2009 12:52

Honnêtement, si nous n'avions pas d'illusions, que ferions nous tous à la CGT (d'autant plus ce qui y sont depuis des dizaines d'années)?

Pour avoir cru que nous pourrions construire un courant de classe à l'intérieur de cette orga archi pourrie et collabo, il faut bien en avoir eu quelques unes des illusions, et je crois aussi que nous avons sous estimé le poids et le pouvoir de la bureaucratie réformiste....

Alors maintenant, qu'est ce qu'on fait? On rend tous notre carte individuellement comme kahina ou on décide de se regrouper et de porter le clash? La lutte des classes dans la conf doit désormais se mener au grand jour il me semble!!!
Lili

kahina 25/06/2009 09:31

Ok

C'est pas une question d'illusion, il n'y en a aucune, mais la, c'est quand meme dingue

Moi je reste pas dans cetet cnfédération, une confédération raciste, sexiste, homophobe et bureaucratique, qui attend que les hommes partent manifester pour s'attaquer aux femmes, avec des flics,

Alors ok c'est pas uen question d'illusion, mais ma génération, meme si elle ne se fait pas d'illusions en théorie on va dire, là moi je m prends une sacré claque.

Du coup, 49 ème congrés ou pas, quel est l'intérêt de rester?
On a aucune marge de manoeuvre dans la CGT....

Et ensuite je refuse de rester dans une confédé où on est tout le temsp minoritaire, où je vois pas quel travail MARCHE et où ( a part quelques particularités locales tout ca pour devoir cautionner les actes de la petite bourgeoisie raciste et bureaucratique. JE NE PEUX PAS! JE NE PEUX PLUS!

Descendante d'ouvrier immigré qu'on laisse crever la bouche ouverte peut être (meme surem,ent plus) que les ouvriers "blancs", va falloir qu'on m'explique ce que je fous dans cette conf?
Ce que je dois y faire ?

J'ai pas honte de la conf la, je m'en fous

J'ai honte de moi car politiquement et personnellementr, je ne peux rester dans cette confédé....

pj49 25/06/2009 08:40

Holà, Eugène? Quelles illusions? Et de qui? N'était-ce pas plutôt de la part de ceux qui pensaient qu'il était possible de redresser la barre au sein de la CGT?
C'est cette illusion qui a motivé ma ré adhésion à la CGT en vue du 49e congrès où la bataille était justement d'être aux côtés de tous les camarades qui laissaient planer le doute malgré mon scepticisme complet...
C'est cette illusion, qui a contribué à l'usure prématurée ou à l'incompréhension de nombreux jeunes militants; le désarroi qui transparaît dans les commentaires de Lili fait écho à celui de nombreux militants que j'ai eu l'occasion de côtoyer au cours des années (à commencer par le mien dans les années 70!)
En quoi la situation a t'elle changé?
Le cycle de la dégénérescence de la CGT, tu as raison, est entamé depuis fort longtemps; c'est l'histoire de notre génération; cette dernière année a vu le processus s'accélèrer sous la poussée de la reprise de la lutte de classe:
Les exclusions sont apparues au sein de la structure elle-même avec l'UL Douai et Forclum entre autres...
La CGT a fait systématiquement appel à la justice bourgeoise pour régler le compte des opposants; les camarades du CGT-E ont été le précèdent.
Les mascarades des journées d'action ont désabusé les militants combattifs et il faut enfoncer le clou

Contrairement à ce qui s'était passé début 2007 avec le 9e Collectif occupant Stalingrad, la CGT n'a pas hésité à s'adjoindre l'appui des CRS pour procéder à l'évacuation.

ET MAINTENANT???

Cette évacuation est un mal pour un bien car
Elle fait sauter en éclats le mythe d'une CGT monolithique.
Elle va obliger l'opposition interne à se déterminer et à choisir son camp sous peine de se déconsidérer aux yeux de nombreux jeunes militants.
Elle va obliger, dans l'immédiat, les militants radicaux à clarifier et à mener le combat ouvertement contre la structure entière en demandant partout où ils sont aux syndicats tant d'entreprises que territoriaux de se déterminer. Mais cela est valable aussi pour d'autres syndicats, je pense à SUD et la CNT suivistes dans les grèves mais qui n'ont jamais soutenu la CSP75 et les occupants; à part quelques fédérations, SUD Educ, SUD Etudiants SUD était comme les autres syndicats pour l'expulsion du 9e de Stalingrad!

Il est fort à parier que des cartes vont être rendues et des militants dégoutés vont se retrouver dans la nature bien plus qu'avant et il faut éviter de répéter ce qui est chronique depuis 68. La reprise des luttes nous aidera mais à nous aussi d'y travailler.
D'autres vont aller vers SUD, d'autres (surtout parmi les anciens du PCF) vont être tentés par un remake de la CGTU...

Le blog peut avoir une importance de première pour constituer un point d'ancrage et de lucidité politique à tous ces militants. Aux militants qui l'animent d'assumer ce rôle, certes très difficile mais nécessaire avec tout ce qu'il implique de contradictoire; ils ont prouvé qu'ils en étaient capables. -pj49-

oppong 25/06/2009 08:21

Pour info le commentaire que j'ai laissé sur bellaciao, puisqu'il concerne Patrice Bardet

"C’est normal, les principaux responsables de bellaciao sont à la CGT en connaissance de cause et tentent de nous cacher la triste réalité de ce qu’est devenu ce syndicat, avant-hier (il y a 70 ans) communiste, hier social-démocrate et ajd carrément social-fasciste.

Patrice Bardet est au contraire un militant sincère et engagé, mais vraiment très naïf ; ça fait des années qu’il avale des couleuvres, jusqu’au jour où il plaquera tout, complètement dégoûté, c’est dommage car il est vraiment très motivé. Ce n’est pourtant pas la première fois que la CGT tabasse des sans-paps, surtout en région parisienne...

Il devient de + en + difficile de cacher les faits aux yeux des français, mais en ce moment ça doit un peu être la panique à l’équipe dirigeante de bellaciao.

Vouloir refaire de la CGT un syndicat de lutte de classe (les autres syndicats ne valent pas mieux)... et pourquoi pas du FN un parti communiste?

oppong

PS : putain je m’étais pourtant juré de plus poster sur bellaciao, c’est pas grave mon commentaire s’auto-détruira d’ici 30 secondes. Allez La Louve, après être allée à la soupe au PS, au PCF puis au NPA (en fustigeant à chaque fois ceux qui refusaient à raison de s’engager dans le même parti de droite/soc’dem que toi), encore un effort, peut-être qu’un jour tu deviendras communiste dans une seconde vie... lol La Louve et Ferrario, si vous n’existiez pas faudrait vous inventer... heu non peut-être pas finalement !"

Toujours pas compris comment on pouvait encore cautionner un syndicat social-fasciste en se disant communiste, voire en s'auto-proclamant comme certains "syndicaliste de lutte". La CGT trahissait déjà en 68, il y a 40 ans, et les reproches que vous faites à cette orga ajd, certains les faisaient déjà à l'époque, alors 40 ans de dérives droitières + tard... Et s'il ne se passait rien de grave d'ici 40 ans, on aurait toujours les mêmes, encore moins nombreux, en train d'essayer de faire vivre un courant de lutte de classe au sein de la CGT, de dire "au prochain congrès je rends ma carte"... Mais d'ici là la CGT aura collaboré avec un régime fasciste, peut-être que ça décidera certains à rompre définitivement. A la limite je trouve moins grave les vieux militants du PCF qui espèrent en faire un parti communiste, la dérive fasciste est moins prononcée, ils ne font pas virer des mecs dans des boîtes, ils ne tabassent pas des sans-paps etc...

Patrice Bardet 25/06/2009 01:15

Commentaire personnel après le communiqué de la CNSP ( je suis syndiqué à la CGT depuis le.... 1° avril 1975 !!!)

La honte, la colère ! C'est une trahison de classe, gravissime

Ils ont osé !

La décision s'est prise au plus haut niveau de la confédération : il n'y a absolument aucun doute

Un des porte parole de la CNSP a eu au téléphone le responsable de l'Ud75 ce matin pendant deux heures, extrêmement gêné de la "situation", et qui renvoie la responsabilité de cet acte inqualifiable sur la confédération.

Pour parler clair et sans ambage : Francine Blanche. Pour enfoncer le clou, une telle décision ne peut se prendre sans l'assentiment de Bernard Thibault

Je ne décolère pas depuis ce soir où j'ai appris la nouvelle, inqualifiable !

Aussi grave de conséquences que le bulldozer fasciste de Vitry ...

Je crains que nous soyons près de la rupture, semblable à celle qui a amené nos camarades à fonder la CGTU après la grande boucherie

Je ne le souhaite pas, bien au contraire, mais.... au vu des derniers évènements, elle me semble inéluctable; non pas que nous l'ayons voulue, même involontairement, mais parce que certains nous y conduisent

Bon nombre d'entre nous font le grand écart : mais, camarades, gare à la déchirure !

Ce soir, J'ai mal à ma CGT
Le 49° congrès de notre CGT devra se positionner. Personnellement, et cela n'engage que ma vie de militant, j'en tirerai les conclusions nécessaires, après 35 ans d'adhésion tumultueuse, mais oh combien riche de camaraderie


fraternellement

Patrice


________________

Attaque anti-sans papiers et anti-syndical à la Bourse du Travail de Paris

SANS PAPIERS
en lutte>>>coordination nationale


25, rue François Miron, 75004, Paris - fax : 01.44.61.09.35 – e-mail : coordnatsanspap@wanadoo.fr.


{{EXPULSION DES SANS PAPIERS DE LA CSP75 REFUGIES A LA BOURSE DU TRAVAIL DE PARIS PAR DES NERVIS EN CAGOULE :
UN GRAVE DERAPAGE DE LA CGT ET DU SYNDICALISME FRANCAIS !}}


Selon les témoignages des sans papiers eux mêmes : « une centaine de nervis du service de sécurité de la CGT portant des cagoules armés de barres de fer, de bâtons, de gaz lacrymogènes ont pénétré vers 11h30 au sein de la Bourse, à un moment où la majorité des sans papiers étaient partis manifester pour leur régularisation, se sont jetés sur les présents, notamment des femmes et des enfants pour les jeter dehors ».

Cette bavure anti-syndicale du syndicalisme français se fait le lendemain de la nomination de Brice HORTEFEUX au Ministère de l’Intérieur, celui là même qui a négocié avec la CGT suite aux grèves des travailleurs sans papiers les régularisations précaires non automatiquement renouvelable sur le critère « travail », critère en dessous de la revendication adoptée au 48éme congrès de la CGT Confédérale : « la régularisation de tous les sans papiers ».

Cette coïncidence est –elle un hasard? Les soupçons « d’accords secrets » entre la CGT et l’Etat Français pour laisser sur le carreau les sans papiers isolés dans le travail dissimulé par les patrons négriers ne sont-ils pas prouvés par cet acte anti-travailleur raciste? Telles sont les interrogations qui viennent à l’esprit.

La CNSP a publié plusieurs déclarations à chaque tension entre les syndicats et les travailleurs sans papiers de la Bourse du Travail de Paris pour apaiser et proposer des solutions allant dans le sens de l’unité des travailleurs et de leurs structures représentatives (syndicats et CSP) contre les pièges patronaux et gouvernementaux.

La CNSP a proposé à plusieurs reprises par écrit ou verbalement lors de contacts avec les syndicats de la Bourse ou la CSP75 des actions unitaires pour la régularisation de nos camarades sans papiers de la Bourse du Travail de Paris.

Mais malheureusement l’irresponsabilité de la division des travailleurs, notamment de la division raciste, l’a emporté au profit de la politique raciste et xénophobe du gouvernement Français.

Quand le mouvement syndical à travers ses dirigeants, {y compris au plus haut niveau}, succombe au poison de l’opportunisme teinté de surcroît de racisme, cela n’annonce rien de bon pour les travailleurs dans leur ensemble quelque soit leur statut et leurs origines. On appelle ici opportunisme la conciliation avec la politique patronale du gouvernement au point de sacrifier les intérêts de tout ou partie du monde du travail.

La classe ouvrière est multinationale dans ce pays, elle est multicolore et multi-religieuse. Les dirigeants syndicaux du mouvement ouvrier doivent mesurer que cela concerne près de 30% des travailleurs.

Une telle situation accroît la responsabilité et la nécessité d’une prise en compte encore plus grande du poison raciste pour le combattre et unir les travailleurs dans la lutte pour la satisfaction de leurs légitimes revendications.


Le désastre de l’évacuation manu militari par des nervis du syndicalisme accompagnés de la police du gouvernement Français doit être vite réparée pour rétablir la confiance et l’unité des travailleurs.

C’est pourquoi nous disons que l’impuissance du syndicalisme à lutter pour la satisfaction des revendications des travailleurs, pour que la crise soit payée par les patrons est la cause véritable de cette fuite en avant raciste contre la fraction la plus précaire du monde du travail que sont les sans papiers réfugiés à la Bourse du Travail de Paris.

Faisons tout maintenant ensemble pour réparer cette bavure anti-syndicale et empêcher que l’ensemble des travailleurs ne payent cette faute opportuniste du mouvement syndical Français.


REGULARISATION DE TOUS LES SANS PAPIERS!


Fait à Paris le 23/06/09

pj49 25/06/2009 00:41

Mon mail datait de la veille de cette expulsion programmée...
Le CSSP49 (Collectif de Soutien aux Sans Papiers du Maine et Loire) donnera une conférence de presse ce matin appelant tous les syndicats à condamner l'UD CGT 75 pour cette agression contre le mouvement sans papiers et la classe ouvrière internationale de Paris. J'engage fortement les Collectifs locaux de la coordination des Collectfs de Soutien aux Sans Papiers (Bretagne-Pays de Loire) à faire de même sous peine de renier leur propre combat.

Pour info, le chiffre réel des régularisations serait de seulement 750...
c'est la confirmation que la CGT est en train de clore un cycle largement entamé après 68 et n'est plus qu'un appendice, semi-institutionnel du pouvoir en place; CONTRE LES TRAVAILLEURS!!!

La CGT historique, celle qui a mené les grands combats ouvriers du siècle dernier, est peut-être morte ce mercredi 24 juin et ce, malgré les efforts d'une poignée de militants cégétistes qui se sont battus depuis les années 90 aux côtés des sans papiers pour leur régularisation; il semblerait que
la bureaucratie triomphe, malheureusement.Il y a fort à parier que le 49e congrès prévu en décembre soit l'enterrement officiel de la vieille dame. -pj49-

Eugène 25/06/2009 06:58


L'article était prévu avant l'expulsion, et a percuté avec l'info qui est arrivée. Tout cela s'est fait un peu en catastrophe.
Concernant l'appréciation de la CGT, excuse-moi cher camarade de dire que c'était bien des illusions sur notre confédération que d'imaginer que cela ait pu se passer autrement ! Et il resterait à
préciser ce qu'on peut entendre par "CGT historique" ... Car si nous souvenirs sont bons, déjà en 68, et déjà avant...
Encore et toujours, il s'agit d'une ligne de collaboration de classe qui est dominante, et des individus, des courants de lutte de classe, minoritaires, éparpillés, qui tentent de résister en son
sein...


Max 24/06/2009 21:42

21 h 15. Selon un contact avec un occupant de la bourse du travail, l'expulsion a commencé vers 12 heures avec l'intervention d'une cinquantaine de militants de la CGt, qui ont essyé de faire sortir les occupants de la bourse à coups de baton ou de matraques (?). Ces militants étaient entrés dans la bourse tôt le matin. Il y a eu bousculade. Vers 12 h 20 la police appelée par la CGT est intervenue pour faire sortir les occcupants qui sont depuis, avec leurs bagages, sur le trotoir devant la bourse du travail. La CGT leur a dit essayer de leur trouver un nouveau local.
max