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17 novembre 2022 4 17 /11 /novembre /2022 08:30

Jeudi 17 novembre 2022

Un mois de grève pour les salaires à Géodis Gennevilliers

 

Depuis le 17 octobre, les ouvriers de l’entreprise de logistique Géodis sont en grève pour les salaires.

Même pas des revendications extraordinaires, 150€ pour tous, rattrapage supplémentaire de 100€ pour les bas salaires, prime de 1000€.

Géodis, c’est une entreprise avec une histoire de lutte radicale, déjà en 2019 il y avait eu une grosse grève contre le racisme vulgaire des cadres, et contre la répression antisyndicale (voir notre article de l’époque « Géodis, rassemblement contre le racisme, l’exploitation et la répression »). Ce sont des dur.e.s à cuire qui ne se laissent pas faire.

 

Comme partout, c’est l’inflation et le coût de la vie devenu insupportable qui a été la cause de la grève. Et comme à Total, le déclencheur a été les primes extravagantes des cadres supérieurs et des dirigeants de la société, reflets des profits exceptionnels de la société en 2021. Le rejet d’une l’injustice trop visible, l’aspiration spontanée à un « meilleur partage » des profits.

Déjà un mois de grève donc, elle a été reconduite ce mardi 15 novembre (voir le tract ci-dessous à gauche), une grosse détermination même si des portes ont été ouvertes après une première négociation : le comité de grève et les délégués ont accepté de modifier un peu leurs revendications, tout en conservant le socle du rattrapage des bas salaires, c’est cela l’essentiel.

La solidarité est importante, la collecte fondamentale et, après nous, nous invitons tous nos lecteurs à donner pour soutenir le mouvement, voir en bas d'article.

 

Comme toutes les grèves sur les salaires en ce moment, on retrouve dans la grève à Géodis ce sentiment d’injustice : « ils se gavent, on crève de faim », et donc on veut « notre part », une « répartition plus juste ».
C’est le sentiment spontané, la réaction immédiate au scandale d’une injustice trop visible.

Mais c’est quand même une illusion. Le partage inégal et injuste, ce n’est que le résultat visible du fondement même du capitalisme, l’exploitation, l’extorsion de la plus-value. Le fait que le capital s’approprie de manière privée la force de travail du prolétaire pour accumuler des profits.

Voilà la vraie injustice. Et il n’y a pas d’autre réparation, pas d’autre justice que l’expropriation du capital, une transformation révolutionnaire de la société pour que le sur-travail serve à la collectivité et non pas à gaver des actionnaires ou des cadres supérieurs. On n’en est pas là, bien sûr, mais c’est dans ce sens qu’il faut aller (voir notre article « Augmentations en somme fixe ou en pourcentage ? »).

 

Alors, il faut soutenir les grévistes de Géodis, bien sûr, pas du tout pour l’illusion d’un « meilleur partage des richesse » tout à fait réformiste, mais parce que c’est la survie immédiate du prolétaire contre l’exploitation. Ils sont de notre camp, c’est celui qu’il faut construire contre le capitalisme !
 

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