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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 09:54

Jeudi 1er juillet 2010

Retraites : entr'acte estival

Il y avait du monde dans les rues le 24. Une réaction à chaud contre les annonces de Sarkozy/Fillon/Woerth.

Un refus, clair, net et sans bavure des mesures prévues. Le refus de payer la crise, de devoir encore plus serrer la ceinture alors que là haut il n'y a pas une journée sans scandale de prise en flagrant délit de se goinfrer.

L'aspiration à conserver une part de liberté (pourtant bien contrôlée) dans la retraite, après une vie de soumission, d'exploitation, d'usure, d'humiliation.

Il y avait du monde, et de la colère, plutôt rentrée, pas encore comme en janvier dernier. Mais de la colère. L'envie de marquer le coup avant les vacances, en sachant parfaitement que ce n'était que symbolique, qu'il y avait les vacances juste après. Personne, du moins chez les plus déterminés d'entre nous, n'était vraiment dupe : cette journée, c'était un peu la soupape pour exprimer la colère, sans engager vraiment le combat.

CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA
Communiqué de l’intersyndicale du 29 juin

Ces dernières semaines, les salariés du public et du privé, les demandeurs d’emploi, les jeunes et les retraités se sont mobilisés de plus en plus massivement sur les retraites, notamment le 24 juin 2010. Ils réaffirmé leur opposition au projet de réforme injuste et inacceptable du gouvernement, notamment au report brutal des âges légaux à 62 et 67 ans qui pénalise particulièrement les salariés ayant commencé à travailler jeunes et ceux ayant eu des carrières chaotiques et incomplètes.
Cette réforme n’apporte, par ailleurs, pas de réponse sur le plan de la pénibilité.
Elle aggrave les inégalités entre les hommes et les femmes. Les organisations syndicales dénoncent la campagne médiatique précipitée du gouvernement qui travestit la réalité du projet.
Cette réforme, une des plus dures d’Europe, arrive dans une situation économique dégradée où le chômage est en hausse continue et touche plus fortement les jeunes et les seniors. Les politiques de rigueur se généralisent dans toute l’Europe en aggravant les inégalités et hypothèquent fortement toute reprise.
Des initiatives intersyndicales viseront à interpeller le gouvernement et ses représentants, aux niveaux national et local, le 13 juillet, jour du Conseil des ministres qui adoptera le projet de loi. Durant l’été, les organisations syndicales interpelleront les parlementaires.
Les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA vont poursuivre leur action tout au long du processus législatif de la réforme des retraites.
Elles décident d’une nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations le 7 septembre 2010, au moment où s’ouvrira le débat parlementaire. Elles appellent tous les salariés du privé et du public, les demandeurs d’emploi, les jeunes et les retraités à construire ce jour une mobilisation d’ampleur.

29 juin 2010

 Alors, l'intersyndicale vient de nous gratifier d'une nouvelle journée d'action (voir le communiqué ci-contre, carrément insipide) pour le 7 septembre, le jour du début du débat au Parlement, comme si le débat dans cette assemblée n'était pas déjà joué.

Au fond, la question n'est pas tellement celle du 7 septembre, mais celle de l'après et du comment. Quand on a fait péter le CPE, grâce à la mobilisation des jeunes suivis par les plus combatifs des syndicalistes, c'est un combat sur la durée qu'on a mené, un combat en plus clair sur ses objectifs : c'était NON - point barre. Au moins, c'était pas compliqué.


Là, c'est une autre affaire. On peut bien appeler à la grève générale, ça devient une incantation qui n'a plus de sens - désolé pour celles et ceux qui imaginent que c'est le fin du fin de la radicalité. Car avant, il faut savoir ce qu'on veut, et dans quel sens on va.

Or, sur les retraites, force est de constater, c'est que c'est un peu "flou". Les affiches de la CGT se contentent de la défense mordicus de la retraite à 60 ans, sans plus de détails sur les conditions, alors que déjà rares sont celles et ceux qui partent en retraite à cet âge, en bonne santé et dans des conditions financières convenables.

Le communiqué de l'Intersyndicale est un plus petit dénominateur commun, sans aucun contenu, pour qui est un minimum honnête.

Toutes les oppositions, syndicales comme politiques, de la CFDT au NPA en passant bien sur par la CGT, sont des oppositions "comptables", qui se posent avant tout sur le terrain du financement. Un peu plus de taxations, un peu moins de trimestres etc. etc.

Or, l'essentiel de la question de la retraite, c'est le travail, le lien indissociable entre la vie active et après. Avec en charnière clé, la question de la pénibilité, nous l'avons déjà souligné. C'est la question de l'exploitation, de la place de l'ouvrier dans la société, de la réalité de ce qu'est le capitalisme, mais au quotidien, pas en formule vague pour amuser la galerie. Quand nous parlons des morts de l'amiante, de l'espérance de vie des ouvriers du bâtiment, ou des équipiers, c'est de cela que nous parlons.


CGTPenibRetraite.jpgOr que lit-on sur la pénibilité ? RIEN. Juste une formule, répétée dans chaque communiqué pour faire plaisir à l'ouvrier. Des vidéos sans doute, sur le site confédéral. Mais qui n'a pas remarqué qu'il n'y a aucune revendication précise, seulement l'espoir de grapiller quelques années de retraite ? Même les camarades de la CGT PSA Mulhouse, capables de faire un excellent tract sur la question ne débouchent que sur des revendications comptables en matière de retraite.

Quoi donc ? Pourquoi ne parlent-ils pas du travail à la chaîne, ce mode de production proprement INHUMAIN, au sens propre ? Et ainsi de suite, avec le travail posté, de nuit, les horaires de cinglés, les produits toxiques, la chaleur, le bruit, le stress etc.

Nous l'avions déjà noté en 2007, lors du meeting à Dunkerque, la tendance est forte à n'aborder que la "réparation", en oubliant la prévention, la lutte contre les conditions d'exploitation, au coeur du capital. Ce qui revient, consciemment ou pas, à accepter les conditions de production d'aujourd'hui pour tenter de négocier quelques années de temps libre, quand de toutes les façons la force de travail (en fait - notre existence) ne vaut plus un clou. La retraite anticipée, "solution durable" ???

Nous entendons déjà les détracteurs : "reprenez les déclarations, il y a toujours référence à la pénibilité". Ils ont raison. Mais aucun contenu, aucune revendication précise, seulement une formule. On voudrait laisser la porte ouverte à des arrangements sur la base de concessions minimes qu'on ne s'y prendrait pas autrement.


Le 7 septembre, il faudra être là, encore une fois on n'a pas le choix.

Mais comme nous l'avions déjà, pour ne pas être manipulés, il faudra être là en nombre sur nos mots d'ordre, derrière nos banderoles. Des mots d'ordre "comptables" sur la retraite, car il ne faut pas les négliger, comme celui que nous avançons, qui commence à se répandre (voir par exemple à l'Union Locale historique de Douai) :

La retraite à 55 ans, sans condition de trimestres !

Et des mots d'ordre sur la pénibilité, comme (à titre d'exemple) :

L'interdition du travail à la chaîne !

L'interdiction du travail posté ou de nuit !

Nous avons tout l'été pour sortir de l'éparpillement, du chacun de son côté, pour nous retrouver et avancer.

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Publié par Où va la CGT ? - dans Retraites
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commentaires

Micha Yakowenko 27/08/2010 15:08


Cher(e)s camarades du blog,

Voici l'appel commun des organisations syndicales de la régions de Paris Saint-Lazare demandant le retrait du projet de réforme des retraites Sarkozy - Fillon - Woerth, l'abrogation des réformes
depuis 1993, et la sauvegarde des régimes spéciaux.

Cet appel va en opposition à la position des organisations dites représentatives de la SNCF qui demandent "l'amendement de la réforme".

Salutions fraternelles.

Voici un lien : http://fo.stlazare.free.fr/


Eugène 27/08/2010 19:44



On le trouve ICI, merci à notre lecteur !



micmousse 23/07/2010 10:19


après le 07/09/10 (le 08,09,10,...):quoi ,comment , avec qui .Le manque de vigueur de la CGT , les niaiseries des autres syndicats et du PS prëts à se coucher et la désunion des forces
anticapitalistes sont eux-mêmes des freins.
Il ne reste plus qu'à espérer que que viennent à notre secours la crise elle-même avec les abus trop voyants et répétes des banques ou/et les affaires Bettencourt, Wildenstein , Karachi , Boutin
,wauquiez ,les cigares , les appartements , les abus d'initiés et de pouvoir ...