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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 15:10

Dimanche 19 février 2012

2000 pour la défense de l'emploi à PSA Aulnay

 

Le tract des militants de Voie Prolétarienne qui animent ce blog diffusé dans la manifestation
logo pdf

PSA1802_3.jpg2000 personnes ont défilé dans les rues d'Aulnay ce samedi. Les ouvriers de PSA, tous syndicats confondus, venus très nombreux et en famille pour défendre l'emploi. La CGT du département bien sûr, SUD en force également. Des délégations importantes de Sochaux, Rennes, Poissy, Saint-Ouen, Sept Fons et d'ailleurs.

Et comme on est en période électorale, cortèges fournis du PCF, de Lutte Ouvrière, du NPA. Une forte délégation du PS aussi, il n'a pas de honte après la visite de Hollande le 20 septembre dernier à PSA Sochaux pour féliciter la direction de PSA de sa gestion...

 

2000 personnes, ça faisait du monde, de la détermination, de la combattivité.

PSA1802 1Les mots d'ordre étaient réduits à l'essentiel : "Non à la fermeture de PSA Aulnay", prévue pour 2013 par la direction, démentie par Varin suite aux révélations de la CGT mais mise en oeuvre petit morceau par petit morceau, mois après mois, comme l'explique JP Mercier délégué d'Aulnay à l'Usine Nouvelle :

"Comme inscrit dans la note, la production de la 208 a débuté sur le site de Poissy. Sur le site de Mulhouse, la production de la 308 est en transfert vers Sochaux pour permettre l’arrivée en juin prochain de la production d’une partie de la 208, sous la forme 4x4. Autant de manœuvres, permettant de décharger le site de Poissy, qui va accueillir à terme la production de la C3 en même temps qu’Aulnay, puis à la place d’Aulnay. Une manœuvre qui entraînera la fermeture de notre site. C’est mot pour mot le schéma industriel qui était décrit dans la note confidentielle. C’est bien loin d’être une hypothèse de travail, comme on nous l’avait alors expliqué à la direction."

 

Tous les articles de ce blog sur la lutte des PSA, ICI

Le site de la CGT PSA Aulnay ICI

 

PSA1802_5.jpgL'autre mot d'ordre, largement partagé dans la manifestation était "De l'argent, il y en a, dans les  poches de PSA", parfois complété par "Prenons sur les profits" dans le cortège du NPA.

Apparemment, du bon sens. Car malgré la crise, le chiffre d'affaire a atteint un niveau record et la société fait toujours près de 600 millons d'euros de bénéfices en 2011, même s'il chute de près de la moitié. Donc, quelque part, "PSA peut payer".

Sous entendu, la crise n'existe pas, ce ne sont que des manoeuvres pour s'en mettre "plein les poches" à notre détriment. Une manière de nier que le capitalisme est en crise, fait faillite, et qu'il ne trouve d'issue à la chute de sa rentabilité que dans les restructurations, vague après vague, mesure après mesure, et bien entendu toujours sur le dos des seuls créateurs de richesse, les prolétaires, les ouvriers que l'on fait suer sang et eau, kleenex jetés dès qu'ils ne sont plus profitables.

Pourquoi donc les restructurations continuent-elles, alors que le groupe est bénéficiaire ? Serait-ce juste pour les poches de Varin ? Vraiment simpliste, même s'il a touché 3 millions en 2010, on est loin du compte.

 

Le capitalisme ne raisonne pas en termes de montants, de profits bruts, mais en termes de rentabilité du capital. Les actionnaires (souvent des grandes banques, d'autres grands monopoles, des fonds de pension de retraite etc.) raisonnent en termes de rendement de leurs capitaux investis. S'ils trouvent un rendement meilleur dans d'autres secteurs (Luxe, Internet, Armement, Aéronautique ou n'importe quoi d'autre) ils n'hésitent pas à déplacer les capitaux au gré de la rentabilité. C'est la concurrence entre requins, à savoir qui va offrir la meilleure rentabilité.

D'où tous les coups permis, surtout en période de crise, pour restructurer, presser encore plus le citron ouvrier, délocaliser, déreglémenter le temps de travail, précariser, diminuer le salaire et augmenter les horaires, sous-traiter, bref tout ce que nous voyons se mettre en place autour de nous mois après mois.

PSA1802 2Aujourd'hui, le plan, c'est de fermer Aulnay, SevelNord et Madrid, dans un même plan de restructuration. C'est d'envoyer les ouvriers d'Aulnay, Valenciennes et Madrid au chômage en faisant encore plus trimer ceux de Poissy, Mulhouse, Vigo ou ailleurs.

Oui, de l'argent, il y en a dans les poches de PSA. Mais ce n'est pas le problème. Le problème, c'est la concurrence, la faillite du capitalisme, la saturation du marché et la baisse des coûts, en même temps que les montants astronomiques nécessités par les nouveaux investissements.

La crise, elle existe bel et bien. Elle n'a d'issue que dans la destruction de capital, c'est à dire la fermeture d'usines, les licenciements, la destruction des droits sociaux et des relations de classe.

 

Ce n'est bien entendu pas pour nous une perspective de résignation. Car si le capitalisme est en crise de fond, en faillite, il montre l'immense potentiel des richesses qui existent pour changer la société. Pas seulement pour mieux "répartir les richesses" en nous laissant à la chaîne, mais pour imaginer, construire un nouveau monde.

Un monde pour travailler tous, travailler moins, travailler autrement au service de tout le peuple, sans se détruire la santé et l'esprit dans un travail qui nous tue à petit feu.

Voilà notre perspective derrière la défense intransigeante de l'emploi à Aulnay, Valenciennes et Madrid, d'ailleurs on a bien peu entendu parler de ces deux autres usines dans la manifestation, et c'est bien dommage...

 

Réduction massive du temps de travail, partage entre tous, entre les usines, entre les ouvriers, avec les précaires,

30 heures par semaine, sans perte de salaire !

Interdiction du travail à la chaîne, du travail de nuit !

Embauche de tous les précaires et intérimaires !

Utopie que tout cela, encore plus en période de crise ? Mais quoi donc ? Devons-nous accepter les règles du jeu de nos exploiteurs, nous soumettre aux conséquences d'une crise qui n'est pas la nôtre ? Chaque recul d'aujourd'hui prépare ceux de demain, nous le savons bien. Il nous faut passer à l'offensive, refuser ce monde, refuser la faillite d'un capitalisme qui n'est qu'une machine à nous broyer...

 

Les PSA ont interpellé Sarkozy sur leur sort, et franchement, ils ont bien fait pour mieux le démasquer.

Celui-ci a choisi de répondre aux Lejaby et Photowatt (tant mieux pour eux !) pour sa propagande électorale, mais il reste silencieux sur la filière automobile, le grand patronat multinational, les milliers d'emplois en jeu. Il faut dire qu'après le sketch lamentable des promesses non tenues à Arcelor Mittal Gandrange, il sait qu'il ne faut surtout pas s'engager... Sarkozy (comme Hollande ou Bayrou), c'est un des candidats du MEDEF et jamais il ne s'engagera contre les règles du jeu du capitalisme mondialisé.

Mais les PSA devraient aussi interpeller les candidats du PS, du Front de Gauche, de Lutte Ouvrière ou du NPA. Comment comptent-ils donc  garantir les emplois, et quels emplois, à PSA, à Aulnay, Valenciennes ou Madrid ? Imaginent-ils vraiment qu'il suffit de prendre "dans les poches de PSA" pour régler la question de la guerre économique mondiale, de la concurrence ?

 

Soyons réalistes, demandons l'impossible, c'était un mot d'ordre de 1968. Plus que jamais c'est d'actualité, le capitalisme fait faillite, l'avenir nous appartient !

 

Autocollant PSA petitUne vidéo de la manifestation, extraite du journal de FR3.

On admirera à la fin un des panneaux de Voie Prolétarienne dans la manifestation, censuré bien entendu sur la signature mais aussi sur le contenu : "Nous voulons une autre vie pour une autre société"... Serait-ce dérangeant à ce point ?

 

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Publié par Où va la CGT ? - dans Emploi
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