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28 juin 2022 2 28 /06 /juin /2022 15:41

Mardi 28 juin 2022

"Expression directe" de la CGT : ça c'est cash !

 

Samedi dernier 25 juin, il y a eu la CGT à « Expression directe », vous savez cette émission de propagande bien chiante sur les radios et les télés publiques. Une émission de 5 minutes, où chaque parti, ou syndicat peut exposer son point de vue.

Samedi dernier donc, c’était le tour de notre syndicat. Et on a écouté pour vous (le blog ne recule devant aucun sacrifice !). Et on met l’intégrale en fin d’article, que chacun.e puisse écouter et se faire son avis.

 

Aïe, aïe… Là, c’était du lourd, mode plus réformiste tu meurs. On vous la fait vite.

  • Le problème, c’est la politique libérale du gouvernement (pas le capitalisme, l’exploitation, la guerre économique mondialisée, le profit ou autres vieilleries dépassées), donc juste le libéralisme, et l’objet de la CGT est d’arriver à « un monde d’après plus juste et plus humain ». C’est une citation.
  • « En opposition la CGT déploie au quotidien la construction de projets alternatifs, avec les salariés et en s’appuyant sur la capacité d’agir de l’organisation syndicale à toute les échelles et de manière coordonnée ». Encore une citation. Donc contre-plans industriels avec trois exemples dans l’émission, La centrale de Cordemais à Nantes avec les pellets de bois, le Verre avec un projet Jeroboam, l’Hôpital avec l’embauche d’ASH. Sachant que « les meilleurs experts sont les salariés ».
  • A chaque fois, l’idée c’est de maintenir ou développer l’emploi (ça c’est bien !), en imaginant une solution « plus juste et plus humaine » compatible avec le capitalisme et les conditions économiques et sociales du monde actuel. Ca, c’est juste le rêve fumeux de bureaucrates réformistes tellement incrustés dans le système qu’ils n’en arrivent plus à imaginer d’autre… Donc des plans qui imaginent préserver les intérêts des actionnaires, même privés, des salariés, par une meilleure « gouvernance », un projet industriel « innovant » et bla et bla. On se croirait aux journées d’été du MEDEF.
  • « Il n’y a pas que la grève, pas que la manifestation, la CGT dispose d’un ensemble d’outils qui mis bout à bout, en convergence avec d’autres structures et les autres syndicats CGT, on est en capacité de faire bouger les lignes, au moins en capacité de faire passer les messages revendicatifs que nous portons ». – citation, LOL !
  • « Ces luttes sont des points d’appui pour démultiplier les expériences à travers l’ensemble du territoire et dans les filières pour faire vivre un véritable plan de relance industrielle et de développement des services publics. L’ambition est de porter au quotidien à travers ces luttes la construction du monde d’après, plus juste et plus humain ». – re-citation…

Il est évident que cet enregistrement est le fait de la fraction la plus ultra-réformiste de notre syndicat, celle qui travaille en souterrain pour CFDTiser et ONGiser notre confédération.

Pas un mot sur l’exploitation, les conditions de travail, les salaires, la précarité, la pénibilité, la sous-traitance, les toxiques chimiques, les TMS etc. Rien. Silence. Nada.

Et on est dans une émission de grande diffusion mais assez peu fréquente (deux fois par an pour la CGT, peut-être ?), et on imagine que c’est comme ça qu’on va convaincre les salariés de rejoindre notre syndicat ? Mais qui ? Les sans-papiers ? les femmes de ménage de l’hôtellerie ? Les travailleurs à la chaîne de l’automobile ? Les postés de la Chimie ? Les OS du bâtiment ? les territoriaux flexibilisés ? Les travailleurs de l’éducation ou de la santé qui n’en peuvent plus ? ou les cadres et ICT mal dans leur peau de relais de l’exploitation au sein des entreprises ? 

 

Non, non, ça suffit. Cette orientation, ça fait des décennies que la CGT essaye de nous la vendre, avec toujours le même bilan : l’échec. En fait c’est normal : les lois et contraintes du capitalisme mondialisé s’imposent, presque de manière « automatique », y compris aux exploiteurs – et oui, n’en déplaise à tous les réformistes.

Et nous ne disons pas cela pour excuser des patrons et des ministres « qui ne pourraient pas faire autrement », mais pour expliquer qu’il n’y a pas d’autre issue que révolutionnaire, dans le feu de la lutte des classes. Ce ne sont pas quelques individus qu’il faut changer, ajouter un peu plus de justesse et d’humanité, ce sont les règles du jeu qu’il faut remettre en cause.

 

Alors le 53ème congrès se prépare, et les contradictions s’aiguisent. Cette émission est un programme de congrès, il n’y a pas de doute qu’il faille le rejeter. Mais pour quelle orientation alternative ? C’est pas gagné, parce qu’en fait les opposants déclarés (FSM et autres) partagent complètement cette vision du monde.
On l’a déjà dit. On n’a pas le cul sorti des ronces.

Mais ça ne nous freinera pas dans la construction d’un syndicalisme de classe.
 

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