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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 09:42

Jeudi 21 janvier 2021

Samedi 23 janvier : manifestation pour en finir avec les licenciements !

 

Des dizaines de milliers de licenciements sont annoncés dans tous les secteurs, de l’aéronautique à l’hôtellerie, sans oublier la poursuite des restructurations massives dans la santé. Hier c’était Bridgestone, aujourd’hui c’est Michelin et SANOFI et demain ce sera un autre monopole, ou les milliers de licenciements invisibles dans les petites boîtes.

 

L’Etat a eu beau déverser des milliards et des milliards en aides aux entreprises, ce n’est pas suffisant pour les capitalistes dans la guerre économique mondialisée. Bien sûr « ils en veulent toujours plus », mais ce n’est pas par rapacité comme Picsou. C’est que la crise est bien là, avec la concurrence toujours plus féroce, avec la chute des taux de profits, et la pandémie mondiale a encore accentué les contradictions. Activité industrielle ou des services au ralenti, logistique mondialisée en carafe, il y a un moment où les réserves s’épuisent, même dans les plus grands groupes. Et les actionnaires, eux, veulent leurs dividendes comme prévu, sinon ils vont aller investir ailleurs, dans des secteurs plus rentables aujourd’hui comme les éoliennes, les maisons de retraites, les nouveaux secteurs de l’économie numérique (jamais les profits d’Amazon n’ont été aussi importants), ou les nouvelles matières premières.

Les patrons, les dirigeants des monopoles capitalistes mondialisés ne sont ni des pervers, ni des complotistes. Ils cherchent la meilleure rentabilité pour la valorisation des capitaux dont ils sont en charge. C’est leur job. C’est là le cœur des restructurations en vagues successives, du Monopoly planétaire permanent.

 

Et en face, la résistance est éparpillée, sur la défensive. La CGT est aux abonnés absents, avec juste la perspective d’une journée soupape pour le 4 février, mais pas de plan, pas de contre-offensive, pas d’actions. Et nous savons tous que la pandémie n’est pas une excuse !! Nos camarades sans-papiers ont montré qu’il était possible de poursuivre une mobilisation massive dans les conditions sanitaires actuelles difficiles (et encore plus pour eux !!).

 

Certaines luttes sur l’emploi ont pris un caractère un peu médiatique et exemplaire, comme Bridgestone à Béthune, CFE-Toray à Lacq, la tentative de collectif des sous-traitants de l’aéronautique à Toulouse.
Aujourd’hui, il faut parler du regroupement contre les licenciements autour des travailleurs de TUI (un voyagiste dont Nouvelles Frontières fait partie). Depuis plusieurs mois, ce collectif s’est constitué et appelle donc à une manifestation nationale ce samedi 23 janvier – malgré donc les conditions difficiles.

 

L’appel pour samedi mérite d’être partagé et la manifestation d’être un succès.

En voici le contenu intégral.

« Durant cette année, la crise sanitaire du Covid19 a décomplexé tes patrons de manière inédite. Avec la complicité du gouvernement, ils licencient à tour de bras et les chiffres sont éloquents et dévastateurs :

  • 50 plans de licenciements par semaine en octobre ;
  • 1 million de suppressions d'emplois fin 2020 ;
  • 657 plans de licenciements comptabilisés entre le 1er mars et le 22 novembre 2020 ;
  • Suppression massive de postes dans les hôpitaux et services publics ;
  • 500 milliards d'argent public versé aux entreprises sans aucune contrepartie ;

Et pendant ce temps... le Cac40 réalise son meilleur chiffre depuis 30 ans... honteux !
Nous refusons de payer leur crise I Et c'est la raison de l’appel des TUI ce grand groupe du tourisme qui veut supprimer 600 emplois sur 900 en France. Ces salarié-e-s, les TUI, n'ont pas hésité fin octobre à tenter de regrouper les forces pour en finir avec les licenciements en lançant un appel public au regroupement pour frapper ensemble.

Nous refusons d'être la variable rajustement de ces « corona profiteurs », de ces « patrons licencieurs » qui continuent à se remplir les poches, alors que nos emplois sont supprimés ou délocalisés à l'étranger pour le seul profit des actionnaires. L'argent injecté par l'état devait servir à maintenir nos emplois, pas à les supprimer massivement.

Il est temps de s'unir et de résister tous ensemble…
S'unir pour ne plus subir I
Séparément nous n’y arriverons pas, mais tous unis, derrière un seul but nous pouvons inverser le rapport de force et faire cesser cette hécatombe. Faisons un front commun.
Elaborons ensemble un plan de bataille pour en finir avec les licenciements et les délocalisations.

Il faut intensifier les luttes, participer massivement aux rassemblements et aux piquets de grève Que localement, chacune et chacun d’entre nous soutienne les travailleurs en lutte pour rompre l'isolement, apporter de la solidarité, et convaincre le plus grand nombre.

Rendons visible la destruction massive d’emplois qui nous plonge dans la précarité : faisons interdire les licenciements ! »

 

Dans la période actuelle, il y a trop peu d’initiatives de résistance, et celle-ci est nécessaire tellement la question de l’emploi et des licenciements est essentielle. Et ce n’est que le début, l’année 2021 risque d’être terrible pour nous. Alors, bravo pour l’initiative, il faut en être !

Néanmoins, quelques remarques sur le contenu, puisque l’appel souligne à juste titre qu’il faut être « tous unis derrière un seul but ».

  • Il y a un problème sur le rôle de l’Etat et ce qu’on peut en attendre. L’appel dit « L'argent injecté par l'état devait servir à maintenir nos emplois, pas à les supprimer massivement. » Ah, bon ? Depuis quand l’Etat serait-il indépendant des monopoles capitalistes et au service de l’intérêt général ? Qui peut imaginer des subventions étatiques au service des prolétaires, dans un monde économique régi par la concurrence, la guerre économique, la mondialisation, le taux de profit, l’exploitation ? Comme s’il y avait d’un côté les méchants patrons capitalistes qui nous sucent le sang, et de l’autre un Etat neutre qui pourrait faire mieux à notre service, qui pourrait limiter la casse.
    Mais non, ce n’est pas ça. L’Etat, c’est le quartier général de nos exploiteurs, qui organise le meilleur « système » à leur service, tant au niveau économique qu’éducatif, sanitaire, législatif, fiscal, culturel, social etc. Si l’Etat répartit des milliards pour les monopoles capitalistes français, ce n’est pas pour maintenir l’emploi, c’est pour les aider à survivre dans la guerre économique mondialisée accentuée par la pandémie – avec les restructurations nécessaires si besoin.
    Bien sûr il faut s’opposer à ce scandale de ces milliards de cadeaux aux capitalistes – évidemment. Mais se battre pour qu’ils servent à maintenir l’emploi, c’est une illusion qui nous entraîne dans le mur, nous empêche de voir où est l’ennemi – dans l’état aussi !! Il faut que nous construisions notre camp en toute indépendance, pas nous enchaîner à l’illusion d’un « bon état » humain et protecteur. Ça, on en reparlera quand on aura arraché le pouvoir économique et politique des mains des exploiteurs.

  • Il faut « en finir avec les licenciements ». Oui, mais comment ? En s’organisant sur nos intérêts propres, pour « Travailler tous, moins et autrement », pour « Zéro licenciements » et le maintien des postes de travail, contre la précarité et la misère grandissante.
    Ou en imaginant faire pression devant l’Assemblée Nationale pour une « bonne loi » qui interdirait les licenciements ? C’est se désarmer. C’est remettre notre sort dans l’espoir illusoire que des parlementaires de l’Etat bourgeois seraient capables de voter une loi en notre faveur. La loi, c’est la formalisation des règles de l’exploitation capitaliste à un moment donné. Certes, le rapport de forces peut amener à des lois positives (le droit à la contraception et l’avortement, par exemple), mais la loi n’a été gagnée qu’en fin de processus, pour conclure une mobilisation qui avait « emporté le morceau » sur le terrain.
    De plus, interdire les licenciements, c’est toucher la base économique à son cœur, l’exploitation, les fondements du système capitaliste. Imaginer y arriver par la loi est une mystification, c’est encore une fois entraîner les combattants dans une impasse, retarder le moment où nous serons capables de nous organiser pour mettre à bas ce système d’exploitation. Système = taux de profits, marché, concurrence mondialisée et états capitalistes quartiers généraux des exploiteurs.
    Alors, en finir avec les licenciements, nous sommes pour. Mais pas par la loi, pas devant l’Assemblée Nationale. Par la mobilisation organisée et consciente des prolétaires contre l’exploitation, pour leur libération !

La manifestation de Samedi est une bonne initiative, quelles que soient ses limites.
L’occasion de mobiliser largement, contre l’exploitation capitaliste et ses conséquences, il faut en être !

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