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22 janvier 2026 4 22 /01 /janvier /2026 13:51

Jeudi 22 janvier 2026

La CGT et le Venezuela

 

L’agression terroriste de l’impérialisme US contre le Venezuela, l’enlèvement criminel (une centaine de morts) de Maduro et de sa femme sont des actes de piraterie internationale qu’il est impossible de laisser passer.
La CGT a donc réagi, immédiatement – et à juste titre.

Un communiqué de dénonciation, on va dire qui ne mange pas de pain, évite les contradictions internes et reste sur le terrain « démocratique » et tout à fait bourgeois du droit international « régulé ». Comme si les puissances impérialistes mondiales pouvaient être régulées… d’autant plus quand la situation internationale est de plus en plus conflictuelle, « tendue » dit le communiqué.

Mais soit, un communiqué minimaliste, repris d’ailleurs assez largement par les structures de la CGT.

 

La FNIC CGT a produit son propre communiqué (voir ci-contre à droite), plus offensif et développé, sur une base de classe plus marquée, qui ne nous pose pas de problèmes particuliers. Solidarité avec le peuple vénézuélien, unité internationale de la classe ouvrière, dénonciation de l’impérialisme et de l’enjeu du pétrole, combat contre la domination capitaliste, nous sommes d’accord avec tout cela.

 

L’UD du Nord reste plus ou moins sur la même position, avec un soutien « à l’ensemble du peuple de la République bolivarienne du Venezuela », ce qui est un peu ambigu à l’égard du régime.

 

C’est l’UD du Val de Marne qui se démarque le plus nettement, avec le rejet du communiqué intersyndical qui dénonce « les violations des droits démocratiques par le régime de Maduro ». L'UD 94 soutien même sans réserve la révolution bolivarienne, qualifié de régime « socialiste ». Au-delà de la dénonciation légitime de l’agression terroriste, c’est un soutien clair au régime de Maduro.

L’UD 94 n’était pas obligée d’aller jusque-là. Elle aurait pu en rester à un communiqué offensif comme l’a fait la FNIC.

 

Alors, elle devra s’expliquer face au communiqué des syndicats vénézuéliens de la CUTV qui a rendu public le 10 janvier un courrier à la FSM dénonçant des ambiguïtés du même ordre, la répression des syndicalistes et le prétendu « socialisme » du régime (voir ci-dessous).

A des degrés divers, la caricature étant l’UD du Val de Marne, ces structures sont influencées par ce qu’on appelle le « campisme » : ne voir d’impérialisme qu’à l’Occident, voir dans tout opposant à ce camp un progressiste, et rester silencieux sur les situations embarrassantes qui ne rentrent pas dans ce schéma comme l’Ukraine ou l’Iran.

Ainsi, lors du rassemblement de la FNIC le 21 janvier (voir « Mercredi 21 janvier, contre la précarité et pour les salaires, tous à Bercy »), par ailleurs combatif et sur une base de classe, le secrétaire général a commencé son intervention par un soutien indéfectible au peuple vénézuélien, complété par le soutien au peuple palestinien face au génocide à Gaza, mais n’a pas eu un mot pour le peuple ukrainien sous les bombes de la Russie impérialiste, ou pour les 20 000 morts du peuple iranien, mitraillés aveuglement par les Gardiens de la Révolution.

 

A tous, nous conseillons la lecture et la réflexion sur le texte de la CUTV.

 

PS : Nous n’entrerons pas dans la polémique qui s’est développée entre JL Mélenchon et la CEC autour des propos prêtés à tort par JLM à Sophie Binet à propos du Venezuela. Ça n’a aucune espèce d’intérêt, juste la guéguerre entre la LFI et le PC pour leur influence et leur contrôle (supposé) sur la direction de la CGT, sachant que les deux camps sont des réformistes bureaucratiques jusqu’à la moelle. Pour ce qui est du contenu de fond, relisez, encore une fois, le texte de la CUTV.
Pour celles et ceux qui ne sont pas au courant, pas grave, inutile de perdre du temps, vous survivrez !

 

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