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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 12:16

Jeudi 28 novembre 2013

Bretagne : du "dreuz" (bordel) à la CGT (un vrai débat) !

 

logo-CGT-Bretagne.jpgDepuis deux semaines, les manifestations secouent la Bretagne, avec ou sans « bonnet rouge », et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ambiance est tendue...

Le 14 novembre dernier, c’était le clash ouvert : d’un côté la manifestation des Bonnets Rouges à Quimper, de l’autre et en même temps une manifestation syndicale (CGT/SUD/FSU – voir l’appel commun ICI) à Carhaix.

Dans la foulée des déclarations assez scandaleuses et méprisantes de Mélenchon (« Les esclaves manifesteront à Quimper pour les droits de leurs maîtres », voir l’article de Libé ICI), les syndicats, CGT en tête faisaient un clivage explicite, sur le thème « on ne va tout de même pas défiler avec les patrons ».
Première réaction sans trop réfléchir : enfin du bon sens, une réaction de classe quoi… Un peu gêné quand même par Mélenchon, mais on ne creusait pas trop.

 

Mais à peine deux jours plus tard, une déclaration en colère de la CGT Damen de Brest semait le trouble, en critiquant de manière très virulente la CGT Bretagne (voir en fin d’article), lui reprochant d’avoir divisé le peuple et d’avoir abandonné son rôle auprès des masses populaires en colère.
Depuis, cette déclaration tourne sur Internet, mais curieusement sans aucun commentaire, ni positif, ni négatif… Silence gêné quelque part, difficulté à prendre parti dans un contexte social complexe et explosif (faillite de la filière agricole bretonne, fermetures et chômage, à côté de tous les autres volets de la crise nationale et mondiale également ressentis en Bretagne).

 

D’un côté, on peut comprendre la réaction des organisations syndicales, à refuser de se faire manipuler par les patrons. Cela dit, on a le droit d’être un tout petit peu méfiant, quand on connait toutes les compromissions syndicales avec le patronat un peu partout en France, y compris à la CGT, ce blog s'en fait suffisamment l'écho !

Mais d’un autre côté, on a le droit de s’interroger : que proposent précisément ces organisations syndicales pour répondre à la colère explosive des masses populaires bretonnes, peut-être manipulées, mais en vraie révolte ?

 

Manif-Carhaix.jpgEt bien pas grand’chose. La CGT propose de s’insérer dans la négociation du « Pacte Avenir Bretagne », dont par ailleurs elle dit que ce n’est qu’une coquille vide (voir ICI), dans une optique complètement réformiste, au cul du gouvernement, avec une seule critique c’est qu’il ne va pas assez loin (ce qui suppose qu’il est dans le bon sens, n’est-ce pas ? ). C'est-à-dire qu’elle imagine améliorer le sort des travailleurs, sans rien changer au contexte et aux règles du jeu.
Sans même aborder un début de commencement de critique, ou même de discussiion, du modèle agro-industriel breton en train de couler dans la guerre économique mondialisée. Pas un mot sur les élevages industriels massifs de poulets ou de porcs qui polluent massivement, de la nappe phréatique aux algues vertes, des animaux dopés aux piquouses d’antibiotiques au mépris de la santé des consommateurs, des abattoirs avec travail à la chaîne et travail posté, du maraîchage industriel où les agrocapitalistes gèrent les stocks informatisés de choux fleurs, d’artichauts ou autres, pour spéculer au mieux des cours… Silence radio, alors que tout cela est de notoriété publique…

Mais, nous l’avons dit, (« Après l’échec contre la réforme des retraites, la CGT propose l’unité avec la CFDT »), la période actuelle est celle de la faillite visible des solutions réformistes. Les gens ne croient plus du tout aux "plans d’avenir", aux "pactes pour le futur", aux "promesses glorieuses", point barre. Ils ne croient pas qu’il soit si facile d’améliorer les choses sans rien changer au fond. Alors, soit ils se résignent et plient l’échine, soient ils sont révoltés et rejettent le système, mais ils sont impuissants à savoir comment avancer.
Et bien il nous semble que ce qui est vrai sur les retraites l’est peut-être aussi également en Bretagne.

 

C’est de cet œil qu’il faut regarder ce qui s’y passe, et c’est peut-être cela qu’ont senti les camarades de Damen.
Manif-Bretagne-111123.jpgLes manifestations syndicales du 2 novembre, puis du 23 novembre dernier (voir l’appel  ICI) n’ont pas été du tout des succès de mobilisation. Participation honorable des équipes syndicales, mais ambiance traditionnelle, pas de combattivité, mot d’ordre généraux sans aucun sens précis, bref « nulle à chier », si on en croit un de nos lecteurs. Un peu comme les manifs syndicales sur les retraites, peut-être ? Et des perspectives qui ne peuvent pas mobiliser et entraîner les prolétaires qui n’y croient plus.

D’un autre côté, il y a les manifestations dites des « bonnets rouges », qui sont effectivement manipulées par les patrons de la filière agro-industrielle ou des transports, mais qui catalysent une véritable colère et révolte populaires. Des esclaves ? Quel mépris de classe, Mélenchon ! Des prolétaires confus, c’est certain, mais tu fais quoi pour t’intéresser à eux, pour comprendre ce qui se passe ? Tu affirmes que c’est « une espèce de jacquerie qui n’a pas de sens politique », mais décidément, tu ne comprends rien à rien ! Même si c’est la confusion la plus complète, c’est bel et bien le rejet radical d’une société sans avenir et sans espoir !!! Bon, il faut admettre que ça, tu peux juste pas le comprendre…

Il est intéressant de noter cette brève qui vient de paraître dans le journal Ouest France :
« Un pôle ouvrier a été constitué sous l’égide du comité de soutien au maintien de l’emploi. Il appelle à manifester à Carhaix le 30 novembre.
Sous l’égide du comité de soutien au maintien de l’emploi, créé le 18 octobre à Carhaix, vient de se constituer un pôle ouvrier qui appelle à participer au rassemblement des Bonnets rouges le samedi 30 novembre.
L’annonce en a été faite ce matin dans la capitale du Poher en présence de salariés de chez Gad, Tilly-Sabco et Marine Harvest. « Il faut tordre le cou à cette idée véhiculée depuis plusieurs semaines qui dit que le mouvement des Bonnets rouges est un rassemblement de patrons, d’extrémistes, d’identitaires », martèle Matthieu Guillemot, membre du comité qui rappelle que le défilé du 2 novembre à Quimper était majoritairement composé d’ouvriers, d’employés, de précaires, de chômeurs… Les instigateurs du « pôle ouvrier » invitent ces derniers à se rassembler le samedi 30 novembre à 13 h place de la gare à Carhaix, avant de rejoindre ensemble le site de Kerampuilh. »

Emploi-Bretagne.jpgA lire cette initiative, les critiques des camarades de la CGT Damen semblent toucher juste ! La question est bel et bien du sens à donner à cette vraie révolte populaire, à lui donner du sens en confirmant que la voie réformiste n’est qu’une illusion, et en offrant des perspectives de lutte et de combat radicales : « Travailler tous, moins et autrement », « Vivre et travailler en Bretagne, comme ailleurs ! », « pour une économie au service du peuple et pas des monopoles agro-impérialistes ! »


La voie patronale est une impasse et ne fait que resserrer nos chaînes !
La voie réformiste est une illusion et un échec !
Seule la voie de classe, radicale et intransigeante, peut ouvrir de nouvelles perspectives à la colère populaire ! 

 

Alors, dans toutes les manifestations, syndicales, régionales, avec ou sans bonnet rouge, c’est cette voie qu’il faut tracer, en rejetant toutes les impasses et illusions !



Lettre ouverte au secrétaire CGT régional de Bretagne et à la secrétaire CGT générale départementale du Finistère.

 

Brest le 04 novembre 2013.
Mr le secrétaire général de Bretagne, Thierry Gourlay.

Aujourd’hui, le syndicat CGT de Damen Brest vous lance un coup de gueule, qui ressemble beaucoup à un cri d’alerte, suite au communiqué pour l’appel à manifester son mécontentement à Carhaix le 2 novembre.

Tout d’abord, sachez que votre manifestation pour nous et nos syndiqués est une grande mascarade et que bien sûr personne ne s’est déplacé à celle-ci. Il nous a paru plus que lamentable d’apprendre l’existence de ce rassemblement sur Carhaix par voie de presse avant toute forme de communication interne à la Cgt. L’opinion et la voie de vos syndicats et syndiqués ne vous intéresse-t-elle plus ? Somme-nous juste là pour financer votre grande confédération ? Mais ce n’était pas le pire, votre communiqué arrivant avec 2 jours de retards et de surcroit un vendredi à 22h30 et daté du même jour, soit le 1er novembre, quelques heures avant la manifestation. Devons-nous passer la nuit à prévenir tout le monde de vos intentions ?
Sachez que votre contre-manifestation est très mal venue et mal comprise. Il est bien bas de votre part de créer une manifestation pour l’emploi en marge d’une autre manifestation pour l’emploi et de surcroit dans la ville Carhaix, ville de l’organisateur de celle de Quimper. Faites-vous de la politique ou du syndicalisme, ou alors faites-vous le jeu de certains élus politiques ?

Vous avez le droit de ne pas vouloir manifester auprès de la FNSEA et du MEDEF, mais vous n’aviez pas le droit de séparer les manifestants pour qui le choix du lieu a été très dur, quitte à ne pas se déplacer du tout. Pour la CGT Damen, vous n’aviez pas le droit non plus de manifester auprès du front de gauche qui se permet de traiter le peuple breton de nigaud, esclave, etc, ni auprès des Verts qui défendent un projet ECOTAXE sans en connaitre les termes du contrat qui parait bien juteux pour le grand patronat. Une manif pour l’emploi un autre weekend aurait été mieux perçue et aurait permis de maintenir une pression constante sur le gouvernement.

N’avez-vous toujours pas compris qu’une force unitaire est bien plus efficace que la division. Diviser pour mieux régner n’est-elle pas ce que l’on combat en temps normal.
OUI, VOUS AURIEZ DU ETRE À QUIMPER AVEC TOUT LE MONDE.
OUI, VOUS AURIEZ DU FAIRE PASSER VOTRE MESSAGE A LA FOULE.
OUI, VOUS AURIEZ DU PRENDRE LA TETE DU CORTEGE POUR COUPER L’HERBBE SOUS LE PIED DU MEDEF ET DE CES MEGALOS DE LA FNSEA.
Mais non vous avez préféré jouer petit et tout seul avec des groupes qui ont beaucoup à se reprocher ces derniers temps.

Les conséquences de vos actes sont graves et ont des répercussions directes sur la CGT et sur les syndicats. Aujourd’hui dans mon entreprise, mais pas que, nous avons du gérer ce qui pouvait se passer de pire, une entreprise où vous avez un taux de syndicalisation les plus haut du Finistère, une entreprise qui a fait la fierté de la CGT pendant le conflit de la réparation navale civile de 2012. Fierté de la CGT, mais pas la vôtre qui complotait derrière notre dos avec la CFE-CGC et votre confédération CGT manipulée. Aujourd’hui, il a fallu convaincre les élus CGT de l’entreprise de conserver leur carte d’adhésion et bon nombre de syndiqués aussi. Le syndicat dans la boite est la première priorité pour faire face au patronat. Mais si vous casser tout en divisant les gens, vous serez bientôt bien seul car nous n’hésiterons pas à chercher une nouvelle étiquette.

En passant, je transmets des questions qui viennent de la CGT d’en bas, celle que vous ne consultez plus. Qu’as fait la Cgt contre l’ANI ? RIEN. Qu’as fait la Cgt contre les retraites ? RIEN. ET TOUJOURS RIEN DEPUIS UN AN. Et aujourd’hui vous nous dites de faire cavalier seul, alors que toute la Bretagne appelle au rassemblement…. Nous restons sans voix devant votre incompétence. Nous étions heureux de vous voir quitter l’UD du Finistère et non étions inquiet de vous voir arriver à la région et nous avions raison.

FINI LA LANGUE DE BOIS !!!!! Vous êtes trop éloigné du monde de l’entreprise et de l’industrie, votre poste de permanent qui se succède d’année en année vous transforme plus en politique qu’en syndicaliste. Et doit on le rappeler La CGT est un syndicat à la base d’employé et d’ouvrier.

Regardez, nous sommes la risée des réseaux sociaux et de la presse comme par exemple : "Front de gauche et écolos, vous avez insulté les Bretons, faudra pas venir pleurer".
Nous attendons de vous, un ressaisissement rapide et un moyen de réintégrer la lutte unitaire car sans quoi, à terme la Cgt ne sera plus représentatif sur le territoire breton comme l’est actuellement le front de gauche, grâce aux propos de Mr Mélenchon sur un article paru dans le point et toujours présent sur son blog.
Ce courrier sera distribué par mail mais aussi sur les réseaux sociaux, pour que les gens sachent que tous à la Cgt ne pensent pas comme vous.

Section CGT DAMEN

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Publié par Où va la CGT ? - dans Les sujets qui fâchent
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commentaires

gérard 13/12/2013 11:06

"La chronique sociale Bretonne a vraiment de quoi surprendre !"écrit la CGT Bretagne dans sa déclaration sur le Pacte d'Avenir...
"Ainsi, aux cris d’orfraie entendus à l’égard du dumping social dans les abattoirs allemands sur « l’utilisation » d’une main-d’œuvre « peu chère », retenti en écho un silence assourdissant sur ce
même dumping effectué «sur nos propres terres bretonnes» à l’exemple de l’importation d’une main-d’œuvre exploitée venue des ex-pays de l’Est chez GAD à Locminé ou encore à DCNS Lorient ou Brest
pour des marchés sous traités par l’ Etat"... bien dit...
"Le Pacte d'Avenir propose de faire de la Bretagne un
territoire. Cette proposition s’inscrit dans la poursuite de la logique de décentralisation pour mettre
les acteurs économiques et sociaux, la population au plus près des actes de décisions politiques..." mais aussi dans un systéme capitaliste où la bourgeoisie est à l'offensive à la merci des
patrons locaux...
"Si le droit à l’expérimentation doit être reconnu dans l’interprétation de la devise de la France au nom de la liberté, celle de l’égalité au nom de la citoyenneté ne peut s’en trouver bafouée au
risque de condamner la fraternité..." la CGT Bretagne rêve d'égalité dans un système capitaliste... on rêve!

Eugène 11/12/2013 17:25

La CGT a émis un avenir favorable sur le "Pacte Avenir Bretagne" avec le gouvernement.

Comme on peut le lire sur un blog, "La CGT Bretagne s'est peut-être trompée de bonnet"...
http://le-blog-de-roger-colombier.over-blog.com/2013/12/la-cgt-bretagne-s-est-tromp%C3%A9e-peut-%C3%AAtre-de-bonnet.html

Eugène 11/12/2013 17:26



Lien direct ICI



temsa 09/12/2013 10:24

A VOIR
http://youtu.be/ZikPZlrYMcg

gérard 03/12/2013 14:34

Alain Croix (Nantes), André Lespagnol (Rennes), Fañch Ro...

Tribune ouest france 26/11

« Depuis un mois, on assiste à une manipulation de l'histoire de la Bretagne, à un degré rarement atteint. Historiens, nous pensons qu'on ne peut pas dire et écrire n'importe quoi, et en
particulier en matière d'histoire : trop d'exemples tragiques nous l'ont rappelé.

Qu'est-ce que « les Bonnets rouges » ? Nous sommes en 1675, sous le règne de Louis XIV, dans les campagnes de Basse-Bretagne. À un moment où, par ailleurs, de nombreuses villes à l'est de la
province, Rennes surtout, connaissent aussi une révolte dite « du Papier timbré ».

Pourquoi cette révolte des Bonnets rouges ? Alors que la Bretagne connaît, pour la première fois depuis près d'un siècle, de sérieuses difficultés économiques, les charges qui pèsent sur les
paysans s'alourdissent : versements aux seigneurs surtout, taxes royales aussi, dont la multiplication donne une impression d'accablement fiscal. Ces taxes, réelles (sur le tabac, par exemple) ou
imaginaires (l'instauration de la gabelle sur le sel) sont même ce qui met le feu aux poudres. Les révoltés s'organisent de manière assez remarquable : rédaction de « codes », ancêtres des cahiers
de doléances de 1789, élection de députés dotés d'une chemise et d'un bonnet rouge. La mobilisation des troupes pour la guerre de Hollande permet à la révolte de durer quatre mois, chose inouïe
dans la France du roi absolu et dans une province réputée pour sa tranquillité.

Il est facile d'établir des parallèles avec notre époque, et aussi des différences : l'essentiel n'est pas là.

La révolte, en effet, vise tous ceux qui, de près ou de loin, peuvent être perçus comme des exploiteurs : seigneurs, agents du fisc, clergé même. Les codes paysans réclament la suppression des
corvées (seigneuriales surtout), la diminution des prélèvements sur les récoltes (les seigneurs encore, le clergé aussi), et un juste tarif pour divers services du quotidien : les messes et le vin,
les actes devant notaire et le tabac... Ils ne s'en prennent jamais, bien au contraire, à un roi supposé ignorer les abus que connaît son royaume. Cette révolte, qui oppose des paysans bretons à
leurs exploiteurs bretons, est avant tout sociale : il est symbolique que le révolté le plus connu, Sébastien Le Balp, soit assassiné par un seigneur, le marquis de Montgaillard.

Gommer cette fondamentale dimension sociale est un travestissement de l'histoire. Délibérément, certains au moins des animateurs du collectif Bonnets rouges veulent détourner la très légitime
colère des victimes (agriculteurs, éleveurs en particulier, salariés d'une partie de l'industrie agroalimentaire) contre « Paris », responsable de tous les maux. Alors qu'une part essentielle de
responsabilité incombe à certains chefs d'entreprise et à certains syndicalistes agricoles qui n'ont pas voulu voir venir l'effondrement d'un modèle économique devenu dépendant de subventions
européennes, ou qui l'ont très bien vu venir sans chercher à faire évoluer manières de produire et types de production. Selon une recette éprouvée, ils tentent de détourner une profonde et légitime
colère sociale vers « les autres », tous les autres mais pas eux. Avec la connivence de quelques élus.

Nous ne sommes pas les seuls à dénoncer cette escroquerie intellectuelle : syndicats de salariés, désormais unanimes, un syndicat agricole comme la Confédération paysanne, certains partis
politiques, certains journalistes, certaines personnalités. Nous voulons leur apporter notre soutien.

Manipuler l'histoire, tomber dans le populisme, n'a jamais aidé à résoudre de vrais problèmes. La preuve en est dans les efforts de récupération du mouvement par l'extrême droite, ce qui devrait
faire réfléchir.

Oui, il y a de quoi lakaat e voned ruz, « mettre son bonnet rouge », c'est-à-dire piquer une colère noire, selon l'expression imagée du breton. Encore faut-il tourner sa colère vers les vrais
responsables.

Combes 30/11/2013 23:50

Trouvé sur le site du député européen PCF LE HYARIC

Un commentaire pour “Baisse drastique des restitutions à l’exportation de la filière avicole”

Corinne NICOLE dit :
6 février 2013 à 14 h 06 min Bonjour, Militante PC / Front de gauche mais aussi salariée de TILLY SABCO GUERLESQUIN , et syndicaliste CGT:
Certains peuvent se féliciter de cette suppression des aides à l’exportation.
Les libéraux puisqu’elle a fait l’objet d’un accord au nom de la « concurrence libre et non faussée » dans un sommet de l’OMC en 2005 entre l’UE, les Etats-Unis, le Japon, qu’elle va dans le sens
de la refonte de la PAC et des économies budgétaires (70 millions à 80 millions d’euros par an y étaient consacrés).
Quand on est préoccupé d’écologie et de progression d’une agriculture paysanne et biologique relocalisée, ce qui est notre cas au Front de Gauche, on peut dire que ça affaiblit et oblige à
réorienter un « modèle » agricole breton productiviste, hyper-concentré, tourné vers le quantitatif, le bas de gamme, les marchés extérieurs, coûteux pour l’environnement, l’agriculture vivrière
des pays du sud, voire la santé publique.
Petit bémol toutefois: les poulets entiers congelés Tilly ou Doux font l’objet d’une traçabilité et de contrôles dont ne peuvent se prévaloir les morceaux de poulet destinés à la restauration
collective et aux plats préparés que commercialisent à moindre coût les Allemands, les Belges et les Néerlandais. Le Moyen-Orient ne bénéficie pas de conditions écologiques et climatiques pour
produire lui-même ses poulets: et quasiment toute la production poulet congelés à l’export de Doux et Tilly y est destinée. Ce sont les concurrents américains ou bresiliens ou asiatiques de Tilly
et Doux qui prendront le marché si les entreprises bretonnes n’ont plus les moyens d’offrir des prix attractifs… Et certaines de ces industries concurrentes ne sont pas plus vertueuses
écologiquement et socialement.
Sur un plan politique, on peut condamner les restitutions en disant que c’est une manière de rémunérer des capitalistes sans contrepartie exigée sur le plan social et écologique et, en effet,
pendant des dizaine d’années, la fortune de Charles Doux ou de Jacques Tilly s’est nourrie de ces aides publiques européennes. Pourtant, dans le contexte actuel, la fin des restitutions risque de
fragiliser dangereusement, voir de condamner les abattoirs de volaille bretons, les éleveurs, les transporteurs et tous les emplois corrélés à cette filière. Avec combien de salariés et de
travailleurs sur le carreau? Et quelles solutions de rechange pour eux?
Le problème est complexe. Mais il y a une urgence humaine qu’il faut prendre en compte.
Ces restitutions ne sont pas des subventions pour maintenir des emplois mais des aides versées aux industriels qui exportent de la volaille congelée pour qu’ils soient compétitifs et puissent
maintenir des prix attractifs par rapport à la concurrence brésilienne, américaine, vietnamienne, chinoise, en particulier sur les marchés arabes.
En Europe, seuls deux industriels, finistériens tous deux, Doux et Tilly, exportent du poulet congelé, ouvrant droit jusqu’ici à restitution. A l’origine, ces restitutions étaient des moyens pour
compenser le prix élevé des céréales payés pour nourrir les animaux en Europe. Aujourd’hui, seule l’exportation de volaille congelée vendue entière en bénéficie, à l’exclusion de la volaille
congelée de nos concurrents européens intégrée dans des produits transformés, qui gagne sans cesse des parts de marché en Europe, à tel point que la France, qui n’importait que 10% de ses poulets
consommés il y a quelques années, en importe aujourd’hui 40%.
Actuellement, ces restitutions sont vitales pour que leurs activités ne soient pas déficitaires. En 2010, Tilly présentait des comptes à l’équilibre (sans bénéfice) avec des restitutions à 320€ la
tonne. Depuis le 18 janvier dernier, elles ont été réduites à 108€ la tonne et elles seront nulles dans quelques mois.
Pourtant, ces deux industriels du poulet congelé destiné à l’exportation qui touchaient 80 millions d’€ d’aides publiques européennes via les restitutions génèrent 5000 emplois directs dans la
région tandis que les céréaliers français, qui représentent 36000 emplois, touchent 6 milliards d’euros d’aides européennes. Au prorata montant des aides/ emplois maintenus: il faudrait que les
céréaliers génèrent 600 000 emplois en France pour avoir le même rendement en termes d’emplois associés que les aides à l’exportation à destination de la filière avicole.
Si une entreprise comme Doux s’écroule complètement, c’est 3400 emplois salariés qui sont directement menacés, et 15 000 emplois induits en Bretagne (transporteurs, éleveurs, manutentionnaires) qui
sont touchés… Les exportations de Doux représentent 30% du trafic du port de Brest.
A Tilly, il y a actuellement 350 emplois en CDI, 30 intérimaires et depuis 2006, après le dépôt de bilan d’UNICOPA assorti de 250 suppressions de postes, sous l’infuence du Syndicat CGT TILLY le
repreneur Daniel Sauvaget a fait un vrai effort pour employer les restitutions et les bénéfices à mieux payer les salariés, à mieux les former, à maintenir des emplois. 12 millions d’euros ont été
consacrés à cela. La conditionnalité obtenue par les représentants du personnel cgt auprès du Conseil Régional des abandons de créances contractées du temps d’Unicopa a permis ce résultat que les
bénéfices servent depuis 2006 à l’investissement, au plan de formation, au relèvement du pouvoir d’achat des salariés, à la sécurisation de l’emploi. Les conditions de travail dans l’ abattoir ne
sont toujours pas faciles mais elles se sont améliorées depuis 2006, grâce aux combats des élus cgt de l’entreprise.
Qu’est-ce qui a joué contre le maintien des restitutions?
Les Allemands qui produisent de la volaille fraîche très compétitive en aidant indirectement l’exportation par des abaissements de TVA et en employant de la main d’œuvre sous-payée se félicitent de
fragiliser ainsi par la baisse des aides publiques européennes la filière avicole française, alors que la France importe actuellement 40% de sa volaille.
Peut-être qu’avec moins de libre-échange, plus de protectionnisme, il y aurait une demande intérieure pour faire tourner nos élevages et nos abattoirs bretons. Actuellement, sur l’exportation du
poulets entiers congelés ils sont naturellement en difficulté face à la concurrence mondiale quand on sait que le salarié brésilien est payé 4 fois moins cher que le salarié français et que leurs
industries agro-alimentaires exportatrices sont aidées par l’État qui dispose en outre d’une réserve de terres quasi infinie pour la production des aliments d’élevage.
En France, des hommes politiques de gauche et des écologistes condamnent avec raison le gâchis et l’immoralité des aides publiques absorbés par les profits financiers des industriels et des
actionnaires sans contrepartie au niveau de l’investissement, de l’emploi, des salaires. Doux est dans ce cas, qui ferme des activités au moment même où il continue à goinfrer ses actionnaires (la
banque Barclays entre autre) d’aides publiques européennes en se vantant de produire pour produire et toucher davantage d’aides à l’exportation.Ce n’est plus le cas por TILLY SABCO
La mauvaise politique du groupe Doux, son irresponsabilité, aura sans doute été ce qui a précipité la remise en cause sans délai du système des restitutions, qui existe depuis une trentaine
d’années dans le cadre de la PAC.
Seulement, dans le contexte actuel, sans restitutions, ces abattoirs, les éleveurs qui les alimentent, les transporteurs, les emplois induits s’écroulent. A Tilly, on passe de 20 millions d’euros
d’aides environ à 400 000 euros de crédit d’impôt compensatoire à la fin des restitutions de l’État. Des clopinettes….
L’avenir de l’emploi sur place est donc menacé, quand on sait qu’aux 380 emplois directs sont aussi associés à des emplois induits (deux à trois fois plus). Or, la situation économique de la région
est loin d’être rose. Les salariés de Tilly, qui ont 47 ans en moyenne, n’ont pas beaucoup de qualifications, même si la formation professionnelle s’est améliorée, sont usés physiquement par la
dureté des conditions de travail dans l’agro-alimentaire, vont-ils facilement retrouver un job dans le Finistère où les Côtes d’Armor dans le contexte actuel, avec 15% de chômeurs? Et on pourrait
en dire autant des salariés de GAD, très inquiets sur leur avenir, et bien sûr de ceux de Doux.
Ce système des restitutions était insatisfaisant puisqu’il ne s’accompagnait pas d’exigences en retour par rapport aux salaires, à l’emploi, à la formation, à l’investissement, ni de droit de
contrôle des salariés, qu’il ne concernait que les industriels et non tous les acteurs de la filière. ( des propositions de la CGT vont dans ce sens)
Pour exemple, à Doux, les salaires sont gelés depuis 5 ans et on continue à distribuer de l’argent aux actionnaires alors que tout va mal.
Il perpétuait les inconvénients de l’agriculture productiviste et surtout de son hyper-concentration en Bretagne.
Mais en même temps, la Bretagne s’est construite et développée avec l’élevage hors-sol souvent par défaut, faute d’autre développement agricole ou industriel possible dans les années 60-70, et
grâce à l’atout de ses ports, et aujourd’hui, on a pas de solutions alternatives imméd

antoine 30/11/2013 13:14

http://nantes.indymedia.org/events/28576

NEAU 29/11/2013 09:44

C'est incroyable de voir la CGT de Brest manifester aux cotés de ses ennemis. La CGT s'est tellement fait infiltrer par Des rats de la CFDT qui ont quitté leur navire depuis plusieurs années. Que
ça ne devient plus surprenant de voir des appels de certains "CGT Rose/jaune)" à manifester auprès des bonnets rouges.

Xuan 28/11/2013 20:35

L'opération de division de Mélenchon a été accompagnée par une véritable campagne d'intox en particulier dans le Monde.
le 29/10 - Ecotaxe : les étonnantes alliances de la fronde bretonne
http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/10/29/les-etonnantes-alliances-de-la-fronde-bretonne_3504692_823448.html
le 29/10 - Ecotaxe : comment la "droitosphère" a récupéré le mouvement breton
http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/10/29/comment-la-droitosphere-a-recupere-le-mouvement-breton_3504733_823448.html

Ces articles présentaient la mobilisation populaire de façon unilatérale et tendancieuse, en mettant l’accent sur l’opposition de droite et l’agitation de milieux régionalistes ou religieux, mais
en passant sous silence la mobilisation populaire et syndicale et la légitime colère des masses.

C'est dans les mouvements de colère populaire qu'on voit le visage de ce genre de tribun. Le démontage des portiques a dû lui tordre des tripes.

La finalité de son intervention n'est rien d'autre que d'arranger ses potes socialos.

"C'est un véritable tsunami social qui emporte la Bretagne" , se désole Christian Troadec, un des initiateurs de la contestation et maire divers gauche de Carhaix (Finistère). » [Le Monde du 1/11
Malgré la suspension de l'écotaxe, la mobilisation se poursuit en Bretagne]
http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/11/01/malgre-la-suspension-de-l-ecotaxe-la-mobilisation-se-poursuit-en-bretagne_3506823_823448.html


Ce genre d'opération de doit pas être oublié à l'avenir.
On sait de quoi il est capable maintenant. Et cela a des répercussions dans la CGT parce que le Front de Gauche y est influent.