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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 07:14

Lundi 20 décembre 2010

Fralib : un pic nic de soutien

 

picnicFralibLundi dernier 13 décembre, nous étions plusieurs dizaines devant les grilles de l'usine à Gémenos (13) pour soutenir les camarades face à la menace de fermeture annoncée le 28 septembre dernier) et à la perte de 182 emplois, le monopole Unilever à l'oeuvre dans les restructurations mondiales.

Un pic nic, devant le bureau de la direction, alors que les représentants syndicaux étaient en négociation. Une ambiance de fête, de lutte et de solidarité qui fait chaud au cœur et qui laisse de la place pour que s’exprime toute forme de soutien à une juste lutte de prolétaires en butte avec la mécanique capitaliste qui fait et défait ses propres règles en fonction d’une seule chose, ses intérêts immédiats en attendant la prochaine étape.

 

Il y avait là des syndiqués de boîtes du département qui étaient venus en soutien à l’appel de l’UD CGT. Les ouvriers de Fralib qui n’étaient pas en pause continuaient à travailler, ils se sont arrêtés quand le représentant syndical est venu faire son compte-rendu : rien de nouveau, la direction maintient sa position, l’affaire va aller au judiciaire.

 

Les Fralib font référence à la lutte des Nestlé qui dure depuis 2004 et a réussi à maintenir une partie des emplois face à la menace de fermeture.

A côté d’une démarche judiciaire, il y avait également une démarche de mobilisation dans l'usine, et à l'extérieur par le biais d’un comité de soutien de la population (ce qui a sans doute aidé à faire lâcher la direction à l’époque).

Mais, aujourd'hui pour les Fralib, pas question d’un comité de soutien extérieur (ils veulent en fait contrôler leur mouvement sans être subordonnés à l’intervention de politiques plus inquiets de leur mandat que de l’intérêt des travailleurs). Et pour ce qui est de la mobilisation à l'intérieur, elle semble plutôt à minima pour l’instant et, pour le coup, tributaire d'un soutien syndical départemental : c'est un peu contraditoire...

 

4pagesFralibLa base du combat mené par les syndicats (CGT et CGC) c'est la défense de  « l’emploi industriel » et ils s'appuient sur le fait que l’entreprise fait des bénéfices et qu’il n’y aurait donc aucune raison de licencier (NDR : ce qui revient à dire que lorsqu’il n’y a pas de bénéfices, les patrons peuvent avoir raison de licencier ???).

En l’état actuel des choses cette vision de la lutte contre la fermeture risque fort de mener à une impasse. Déjà, il faudrait arrêter de se faire des illusions sur la vision idéaliste d’un capitalisme gentil qui respecte ses règles (le prolétariat n’a pas les rênes de l’économie).  Cela permettrait de remettre l'intérêt ouvrier au centre de la lutte et, de là, la revendication du maintien de toutes les activités et de tous les postes deviendrait plus réaliste car, en phase avec cet intérêt.
Les Nestlé étaient d'ailleurs plus ou  moins dans le même discours. Malgré tout, leur longue lutte en interne (arrêts de travail, occupations, …) et le soutien extérieur font qu’ils ont obtenu le maintien d’une activité industrielle sur le site. Ce n’était pas une victoire totale au regard de leur revendication (maintien de toutes les activités sans licenciements) mais c’était une victoire par rapport au projet initial des patrons (arrêt de toutes les activités, fermeeture du site).


Les Fralib veulent avoir « raison tout de suite sans attendre que UNILEVER aille jusqu’au bout ». Ils veulent éviter de partir pour une longue lutte comme les Nestlé, ponctuée de grèves, de manifestations, de soutiens, de séances au tribunal, … C’est tout à leur honneur mais ils oublient que dans le rapport de force, surtout quand on joue la carte juridique, ce sont les patrons qui fixent le rythme et les séquences accompagnés de l'appareil judiciaire et policier si besoin était. Point positif quand même, la production actuelle du site a chuté à 30% de ce qu’elle était avant l’annonce de la fermeture : c'est pas l'enthousiasme, quoi...


EntreeFralibIl faut dire que les patrons du groupe UNILEVER jouent également de la carte de la division.
Alors qu’ils investissaient dans les sites de production de Bruxelles (49%) où il y a 140 employés et de Katowice  en Pologne (55%), ils ne mettaient que 6% sur le site de Gémenos, à peine de quoi entretenir les machines. Ce qui fait que les productions du site de Gémenos vont partir vers ces deux autres sites qui ont été modernisés avec les investissements.

A cela s’ajoute un coût salarial moindre des ouvriers belges qui ont accepté une baisse de 0,5% de leur salaire. Un manœuvre polonais travaillant à l’emballage gagne 300 € par mois, sans compter que son poste de travail n’a pas besoin d’adaptation longue et coûteuse dans la mesure ou il n’est pas automatisé. C’est sur la base de cette situation que les Fralib de Gémenos appellent au boycott des productions qui sortent des usines belges et polonaises (sachets pyramides), sachant qu’à terme 70% de la production de leur site va aller à Bruxelles, les 30% restant allant à Katowice.


De son côté, comme plan non négociable, la direction est passée d’une enveloppe de 42000 € par employé le jour ou elle a annoncé la fermeture à seulement 10000 €  maintenant du fait du refus des syndicats d’accepter le plan !!! Juste à peine la provocation...

La lutte ne fait que commencer, le combat continue, le soutien va se développer !

N'oubliez pas de visiter le blog des Fralib en lutte !

TIP'LON

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Publié par Où va la CGT ? - dans Emploi
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