Dimanche 31 août 2025
Contre Macron et son monde, on y va le 10 et après !
Après une phase d’hésitation, la CGT confédérale s’est (timidement) engagée dans la mobilisation du 10 septembre.
Depuis l’annonce du plan Bayrou le 15 juillet, c’est la colère qui s’est répandue. La mobilisation du 10 septembre (« Bloquons tout ! » « Indignons-nous ! ») est partie de quelques fachos qui se disaient Gilets Jaunes, mais qui ont très vite disparu au fur et à mesure que la mobilisation montait.
Très vite le 6 août, des structures syndicales comme l’UD du Nord, la CGT Chimie et le Commerce, des syndicats SUD ont annoncé leur engagement pour faire de cette date une journée de colère et de blocage, pour chasser les fachos et donner un tour combatif à l’initiative.
Du côté confédéral, c’était hésitant et timoré. Une pétition intersyndicale qui n’engage pas à grand-chose au-delà des 360 000 signatures, Laurent Brun (une « tête pensante » de la Confédération) exprimait sur Facebook ses réserves le 10 août, face à ce qu’il appelait une « jacquerie » colérique, désorganisée et sans avenir, et appelait aussi à juste titre à faire l’enquête sur le terrain dans les syndicats. Le 18 août, le Bureau Confédéral restait très flou (voir sa déclaration ici). Pour sa rentrée médiatique le 22 à France Inter, Sophie Binet suivait la même voie, en appelant à la « mobilisation » sur un mode plutôt général et prudent, sans se prononcer très clairement sur la journée du 10 septembre jugée très « nébuleuse », préférant mettre l’accent sur les rencontres avec l’Intersyndicale (dont la CFDT qui a invité Bayrou à ses journées d’été) pour organiser une mobilisation commune en septembre.
Le CCN des 26 et 27 Août a été d’une autre trempe.
Manifestement, les retours de terrain demandés par Laurent Brun étaient bouillants, et il en est sorti l’appel à rejoindre la mobilisation du 10 septembre (voir ci-contre). Mais malgré ces retours, le texte confédéral n’est pas « violent », c’est le moins qu’on puisse dire, et reste très en retrait par rapport à la colère ressentie partout : à peine quatre lignes sur deux pages de communiqué. En plus, pas un mot sur nos camarades sans-papiers qui subissent de plein fouet les attaques de Retailleau/Darmanin, pour les garder comme une main d’œuvre toujours plus précaire, dans un contexte économique toujours plus violent. Elle est où l’unité de la classe ouvrière pour la Confédération ? Pas un mot non plus sur la pénibilité et la précarité, ces fléaux qui détruisent la vie des prolétaires…
Et encore une fois, il insiste sur la mobilisation intersyndicale qui annonce désormais une journée d’action pour le 18 septembre (voir l’appel ci-contre), sans dire un mot sur le 10 qu’il s’agit visiblement de torpiller, et en concédant rapidement qu’il pourrait y avoir grèves et manifestation !
Et ce n’est pas le flou des revendications avancées par la CGT (seule revendication précise l’abrogation de la réforme des retraites) qui va être mobilisateur – voir le tract. On sent bien là qu’il ne faut surtout pas déplaire à la CFDT !
Bref, le compte n’est pas bon, et affirmer sans nuances que « la CGT rejoint l’appel du 10 septembre » est pour le moins excessif.
Mais il y a néanmoins, du bout des lèvres, l’appel à participer au 10 septembre, et ce qu’on constate depuis le CCN, c’est que les syndicats s’engouffrent dedans. Alors, difficile de savoir ce qu’il en sera réellement sur le terrain, mais la volonté est en tous les cas là. N’importe quel syndicaliste honnête et combatif sait bien que le successeur de Bayrou reprendra la tâche là où il l’a laissée, si ce n’est pire, et que le moment tombe bien pour mener le combat.
Alors oui, faisons le boulot dans nos syndicats, sur une base de classe, avec des revendications précises et mobilisatrices :
- La retraite à 60 ans, à 55 ans pour les métiers pénibles
- Le SMIC à 2000€ net, comme l’allocation chômage et l’allocation adulte handicapé
- L’embauche en CDI de tous les précaires (intérimaires, CDD)
- La régularisation sans condition de tous les sans-papiers
- L’interdiction de tous les toxiques chimiques, et la création de « sites pénibles » comme les « sites amiante », la reconnaissance des maladies professionnelles.
- L’interdiction du travail de nuit et le dimanche sauf cas obligatoires (santé, sécurité)
- Etc.
Il ne s’agit pas là d’une « plateforme », qui sera à construire sur le terrain, mais de revendications utilisables, immédiatement, dans les entreprises et les territoires.
Il faut rompre avec le syndicalisme institutionnel, de collaboration conflictuelle avec les gouvernements successifs, de cogestion paritaire de la société, de l’illusion d’un capitalisme à visage humain. Il faut construire un syndicalisme de classe, de lutte radicale et sur un vrai projet de libération des prolétaires. Au boulot !
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