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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 05:51
Mercredi 24 juin 2009
Sans-papiers : la lutte se poursuit, les mensonges continuent

La lutte des sans-papiers continue partout, de manière plus ou moins visible, et dans un contexte où les régularisations ne se font plus qu'au compte goutte. La Confédération imaginait peut-être forcer la main au gouvernement en acceptant les critères de l'immigration choisie, elle n'a réussi qu'à rentrer un peu plus dans la logique de la cogestion des flux de main d'oeuvre et des nécessités de l'économie nationale... Et avec l'aide de ces dirigeants complètement imprégnés de cette logique, le gouvernement a pour l'instant désamorcé la lutte des sans-papiers, dont la généralisation promettait pourtant d'être explosive et efficace...

Mais les sans-papiers eux-mêmes se moquent comme d'une guigne de ces manoeuvres au sommet de l'Etat. Dans plusieurs endroits, la lutte se poursuit : Alfa-Service à La Courneuve, ils viennent de
fêter un an de lutte. Plus-Net à Montreuil, plus de six mois de lutte et tous les dimanches sur le marché pour la solidarité. Des conflits démarrent, comme au restaurant "La Côte d'Azur", à Paris. Dans l'Isère, la mobilisation se poursuit contre deux expulsions, dont un militant du tout nouveau syndicat des sans-papiers.
La lutte des sans-papiers vit actuellement une période de reflux. Mais inévitablement elle reviendra dans une nouvelle vague, qui tirera les leçons du mouvement de l'an dernier.

De son côté, la Confédération poursuit un double but :
- s'autoglorifier des résultats de sa "brillante" campagne... Comme d'habitude, on cherche à faire d'un mensonge une réalité, à force de la répéter.
Un anniversaire à Montreuil, des déclarations triomphalistes, pour finalement un résultat bien maigre (quelques 1500 régularisations seulement) au regard de l'énergie mise dans le mouvement et dans les espoirs qu'il avait soulevé.
- tenter de réduire par la force les derniers bastions de résistance, et en particulier l'occupation de la Bourse du Travail par les sans-papiers de la CSP75. Pour cela, d'abord.
un 4 pages particulièrement gratiné de l'UD75 pour justifier sa position en tentant de faire porter toute la responsabilité sur les sans-papiers eux-mêmes, ce qui vaudra une réponse bien nette de la CSP 75. Le texte "oublie" juste que si le mouvement ne s'est pas généralisé, c'est de la responsabilité et la Conf' qui a tout fait pour l'empêcher, que si des militants de la CSP 75 en ont été réduit à cette extrémité, c'est que pour la CGT il n'est pas question que les sans-papiers s'organisent par eux-mêmes, que l'on sorte du cadre bien paternaliste et bien pourri des experts qui vont négocier "ce qui est bon" pour ces "pauvres immigrés", certainement trop cons dans leur esprit pour diriger leur lutte par eux mêmes...
La même UD vient ensuite de produire un communiqué menaçant, qui a suscité une réaction indignée d'un militant -il est évident que c'était l'expulsion qui était en préparation. Nous publions les deux documents ci-dessous :

Union des syndicats CGT de Paris - 85 rue Charlot 75140 PARIS cedex 03

Téléphone 01 40 29 14 40
Télécopie   01 48 87 89 97
Courriel cgt.paris@wanadoo.fr
CCP 27 46 74 P Paris

Occupation de la Bourse du travail - Des actes et des propositions CGT

Le 02 mai 2008, les collectifs de sans papiers de la coordination 75 investissent la Bourse du travail de Paris.
SANS AVOIR ETE INVITES ! Ils décident d’occuper jour et nuit des salles de réunions, des étages où se trouvent des locaux syndicaux. Cette situation pénalise réellement le fonctionnement de l’activité syndicale DEPUIS PLUS DE 13 MOIS !

A l’occasion de la publication d’un quatre pages CGT « un an d’occupation de la Bourse du travail ET APRES ! », nous avons de nouveau tenté de donner aux occupants notre point de vue sur cette situation que nous ne partageons pas.
Sans succès car les délégués de la coordination se sont opposés à la distribution de ce quatre pages interdisant même aux sans papiers de le lire et prétendant que la CGT ne fait rien pour aider les sans papiers !!
Les délégués ont l’air d’avoir la mémoire courte et oublient les actes importants réalisés par la CGT et ce, malgré cette occupation de locaux syndicaux qui empêche de nombreux travailleurs de pouvoir se réunir pour organiser des luttes avec leur syndicat.
Dés le déclenchement de la grève des travailleurs sans papiers dans les entreprises le 15 avril 2008, la CGT a expliqué à plusieurs reprises aux délégués de la CSP75 l’objectif de cette démarche de lutte collective :
OBTENIR DES REGULARISATIONS POUR LES GREVISTES MAIS AUSSI DES ACQUIS POUR LES INDIVIDUELS.
Malgré de nombreuses réunions cette proposition ne correspond pas aux attentes de la CSP75 puisque le 30 avril 2008 elle décide de faire cavalier seul et tente de déposer leurs dossiers de demandes de régularisation directement en préfecture. Evidemment sans rapport de force la préfecture rejette leur demande et, paraît-il, leur dit d’aller voir la CGT.
Le 02 mai 2008, après avoir bousculé les agents communaux, la CSP75 envahit et occupe l’UD CGT de Paris pour lui demander de l’aide !!!
Drôle de façon de solliciter le soutien de la CGT !
C’est un peu comme si vous aviez le feu chez vous et que vous preniez la décision d’occuper la caserne de pompiers et d’empêcher les véhicules de secours de sortir !!!
Depuis le début nous avons exprimé notre désaccord sur cette occupation et proposé à la CSP75 de libérer la Bourse et de mener ensemble des actions qui pèsent sur les véritables responsables de la situation, c’est à dire, le gouvernement et le patronat. Mais il est beaucoup plus facile, sûrement, de continuer à laisser croire aux sans papiers que cette pression sur la CGT va être de nature à leur faire obtenir des papiers afin de dédouaner des délégués qui les ont mis dans une impasse.

Des actes concrets ont été réalisés par la CGT :
-    Proposition de réunions avec les associations, les unions départementales parisiennes et la CSP75.
-    Réalisation d’un courrier unitaire au ministère pour une demande d’entrevue.
-    Proposition de travailler concrètement sur le contenu des dossiers.
-    Proposition d’initiatives de luttes, en particulier dans les entreprises.

Le 3 juillet 2008, à l’initiative de l’UD CGT, un rassemblement unitaire se tient devant  la préfecture de police de Paris. Il fut l’occasion de rencontrer de manière unitaire, avec les associations, le chef de cabinet du préfet et D’OBTENIR L’EXAMEN DES DOSSIERS DE LA CSP75.
Ce sont 750 dossiers qui ont pu être déposés après cette démarche unitaire courant juillet 2008.

Le secrétaire général de l’UD CGT de Paris a appuyé ce dépôt de dossiers lors de deux rendez-vous unitaires à la préfecture.
Malgré cette première étape importante, le 25 juillet 2008 une réunion unitaire se tient de nouveau à l’UD et c’est à ce moment précis que la CSP75 affirme ne pas vouloir libérer la Bourse tant que tous les sans papiers ne sont pas régularisés.
C’EST LE DEBUT DE L’IMPASSE ET L’ISOLEMENT DE LA CSP75.

En janvier 2009, la nouvelle année laisse planer un espoir de sortie de crise à travers une médiation avec le Haut Conseil des Maliens de France. La CGT a proposé la signature d’un document qui engageait la CGT et la CSP75 sur plusieurs points très précis. Le Haut Conseil des Maliens de France était partie prenante et tout à fait disposé à valider l’accord.
Après plusieurs nouvelles réunions, un compromis semble possible mais la réponse de la CSP75 à l’occasion d’une conférence de presse, le 5 mars 2009, y mettra un terme.
En effet, c’est à cette occasion que son porte-parole indique devant la presse que la CSP75 TRANSFORME L’OCCUPATION EN REFUGE ! Ce qui veut clairement dire on ne bouge pas !
De plus, courant mai 2009 elle fête à plusieurs reprises cette année d’occupation et annonce même que le lieu lui appartient !

Fin mai 2009, le quatre pages distribué par l’UD CGT Paris est considéré par la CSP75 comme une provocation, alors que son objectif est simplement de montrer les limites et dangers de cette occupation ainsi que d’exprimer le point de vue de l’UD CGT de Paris.
Le bilan de cette occupation est pourtant maigre : une centaine de régularisations en 14 mois.
La libération de la Bourse est aujourd’hui un élément incontournable afin de poursuivre la construction et le renforcement du rapport de force.

LA LIBERATION DE LA BOURSE EST ESSENTIELLE :

-    POUR METTRE UN TERME A CETTE PRESSION INJUSTIFIEE SUR LES ORGANISATIONS SYNDICALES
-    POUR SORTIR D’UNE OCCUPATION OU LES CONDITIONS D’HYGIENE ET DE SECURITE SONT DEPLORABLES
-    POUR DONNER UNE REELLE PERSPECTIVE DE REGULARISATION A DES OCCUPANTS QUI ATTENDENT DEPUIS DES MOIS LE DEPOT DE LEUR DOSSIER
-    POUR PESER CONCRETEMENT SUR LES POUVOIRS PUBLICS ET LE PATRONAT PAR LA CONSTRUCTION DE NOUVELLES INITIATIVES DE LUTTES DANS LE CADRE D’UN REEL RAPPORT DE FORCE

Après plus de 200 heures de réunions avec la CSP75 et de multiples propositions, il est temps que les délégués de la CSP75 prennent la seule décision d’avenir et cessent de jouer la montre. Quel est l’objectif d’un isolement volontaire ? D’autres intérêts seraient-ils en jeu ?
Il est temps de sortir de cette impasse, la possibilité est offerte aux délégués de la CSP75 à l’occasion de la fête de la musique où la CGT organise une INITIATIVE DE LUTTE.

LIBERER LA BOURSE TOUT DE SUITE C’EST POSSIBLE
C’EST LA BONNE DECISION A PRENDRE SI L’ON VEUT RESPECTER LE SEUL INTERET DES SANS PAPIERS

Paris, le 19 juin 2009

Y A T'IL ENCORE DES SYNDICALISTES EN ILE DE FRANCE ?

Je suis sorti depuis hier après une semaine d'hôpital et je tombe sur ce communiqué de la CGT Paris; bonjour la convalescence!
Je ne reviendrai pas sur sur le 4 pages de Picard qui sent l'égout; certains de la CGT ou non l'ont déjà fait.
Je crois que nous sommes quelques uns à avoir tant sur la liste que sur "immigration jetable" (avant d'en être éjectés par les censeurs de la démocrature...) et ce qui me révolte et m'avait déjà révolté lors de l'expulsion du 9ème Collectif de la BdT Stalingrad, est la passivité voire la complicité de tout le "landerneau" associatif, syndical et politique d'Ile de France; de la part de toutes ces structures cela ne m'étonne que très peu mais leurs militants, qu'est-ce qu'ils en pensent, eux. Tous ceux qui gueulaient "tous ensemble" en janvier, mars ou le 1er mai, c'est du "tous ensemble" sauf... où sont-ils???
- Où sont-ils quand on agresse le fer de lance de la classe ouvrière internationale en France ?
- Où sont-ils quand on agresse ( et ce, depuis un an!) les seuls qui défendent l'union de tous les travailleurs sur leur revendications communes pour une régularisation durable de TOUS les sans papiers?
- Où sont-ils quand le colonialisme syndical triomphe impunément que c'en est indécent ?
- Où sont-ils tous ces défenseurs des libertés quand on agresse ceux qui revendique la liberté de circuler ?
- Où sont-ils quand la confé CGT collabore à l'immigration jetable pour le plus grand bien de l'économie française et contre les intérêts communs à TOUS les travailleurs?
- Où sont-ils ceux qui, spontanément, ont accourus défendre St Bernard investi par les flics ?

Ras le bol des mensonges et des hypocrisies!
Le communiqué de la CGT commence déjà par un grossier mensonge; au 2 mai 2008 (début de l'occupation) et pendant plus d'un mois seuls les couloirs (réservés prioritairement aux femmes et aux enfants) et la cour intérieure servaient de dortoirs; les trottoirs de la BdT et la petite place à côté aussi! mais jamais le fonctionnement des bureaux syndicaux n'a été entravé. Je me souviens encore d'une nuit que j'ai passé à évacuer la flotte des bâches qui couvraient la cour ! Le seul refuge pour dormir de mes camarades sans papiers dont certains, travailleurs isolés, partaient à 5 h du mat' pour bosser; je me souviens aussi de cette arrogance des petits blancs du syndicat et des assocs à leur botte qui me faisait crisper les poings; je me souviens aussi de mes camarades de la CSP75 qui gardaient espoirs que les camarades français de ces asssocs et syndicats allaient enfin être à leurs côtés dans cette lutte commune à TOUS les
travailleurs vers la liberté de circulation.

Un autre gros mensonge
"Les délégués ont l’air d’avoir la mémoire courte et oublient les actes importants réalisés par la CGT et ce, malgré cette occupation de locaux syndicaux qui empêche de nombreux travailleurs de pouvoir se réunir pour
organiser des luttes avec leur syndicat."
Les actes importants, comme le dépôt des dossiers de la CSP75, ce n'est pas "malgré" mais à cause de l'occupation de la BdT que la CGT y est allée; c'est contraints et forcés par cette occupation que les responsables syndicaux et leurs toutous associatifs ont accompagné les délégués de la CSP75 à la préfecture le 3 juillet; d'ailleurs, le délai de deux mois écoulés en dit long sur leur bonne volonté à les soutenir !
Quant à "cette occupation de locaux syndicaux qui empêche de nombreux travailleurs de pouvoir se réunir pour organiser des luttes avec leur syndicat.", de quelles luttes parle t-on et de quel syndicats???
S'il s'agit des grèves de sans papiers qui faisaient rage dans toute l'Ile de France, la pilule est amère quand on sait l'isolement et le manque de coordination qui régnaient à l'époque dans les entreprises en grève!!!
La direction cégétiste tant à Montreuil qu'à Paris ont laissé sans directive et désemparés leurs propres militants qui assuraient courageusement le soutien aux camarades grévistes.
Quant aux résultats immédiats obtenus par nos camarades de la CSP75 et l'ironie du mail CGT, c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité!!!

Tout cela a été dit et redit et la question maintenant est de savoir si, enfin, par l'écrit et l'action, les travailleurs français vont laisser leurs syndicats continuer à se déshonorer et à les déshonorer!
Je ne peux que saluer le communiqué de l'OPAC CGT de Paris qui soutient sans ambiguïté nos camarades de la CSP75 mais où sont les autres, tous les autres, les "tous ensemble" du 1er mai?
Les syndicats s'étaient déjà
déshonorés à la BdT Stalingrad contre le 9ème Collectif, vont-ils pouvoir récidiver impunément ?

A chaque syndiqué d'y répondre ou cette "conscience de classe" dont il se targue ne serait-il que que le masque de leur inconscience crasse des enjeux pour le présent comme pour l'avenir. Le choix de chacun sera lourd de conséquence et regarder ailleurs, quand se commet l'irréparable, serait la pire des solutions !!!
pj49

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