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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 11:54

Samedi 6 novembre 2010

Retraites : maintenant il faut capitaliser tout ce que nous avons appris !

 

On n'est pas en 2005.

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Battus certes, mais toujours la rage au corps.

Partout, des petits combats sporadiques se poursuivent, comme dans le traitement des déchets, à la TIRU d'Ivry ou de Saint-Ouen (voir le dernier tract de la CGT à Ivry, ci-contre). Tentatives de poursuite des blocages comme dans les aéroports, à Toulouse, Roissy ou ailleurs, comme le centre routier de Caen le 3 novembre, le dépôt Lidl à Saint-Herblain le 5 novembre, ou autres.

Manifestation devant le siège du MEDEF le 3, mais seulement 300 personnes (selon la CGT), ce qui n'est quand même pas beaucoup. Manifestation devant le siège de Malakoff Médéric à Lyon le 4, à peine plus de participants.

Pour ces derniers carrés de combattants, (par exemple chez les territoriaux encore en lutte - Saint-Ouen, Limoges etc.) il faut créer un climat de guérilla pour montrer au patronat que si cette bataille été perdue, il ne faudrait pas trop rêver à une défaite en rase campagne et imaginer que tout va maintenant passer comme une lettre à la poste.

 

Le blocage de la TIRU de Saint-OuenOn est sur une queue de comète, tout le monde le sait, personne ne veut le dire.

En ce sens, les manifestations d'aujourd'hui ont un seul intérêt : faire vivre ces collectifs qui se seront constitués dans la lutte, ce qui suppose pas mal de débats sur l'état de la lutte et son avenir.

 

C'est bien sûr vendredi dernier que tout s'est joué, quand simultanément toutes les raffineries ont repris, les ports aussi, et les bastions cheminots également. Dans des conditions qui restent à éclaircir. Car s'il ne s'agit pas d'un complot, nombre des questions posées restent sans réponse.

Nous savons par exemple que chez les cheminots, la reprise a parfois été décidée sans même une AG...

De là à ce que les directions syndicales aient forcé la reprise en sous-main une fois la manif de Jeudi 28 passée et le calendrier parlementaire écoulé, il n'y a qu'un pas que nous pouvons nous autoriser à franchir, vues aussi les pratiques passées, que nous n'avons pas oubliées. La reprise dans les ports, ouvertement forcée par la CGT, est en ce sens plus qu'étrange. La reprise des éboueurs de Marseille, cette fois forcée par FO également.

Alors  Le Reste et Thibault peuvent rouler des mécaniques, nous, on sait ce qu'il en est, on sait bien ce qu'ils valent. Il s'agit uniquement d'afficher une prétendue radicalité pour se démarquer des autres syndicats, à l'heure de l'abandon de la lutte, on ne parlera même pas du dernier communiqué commun, on connaît déjà la "poursuite de la lutte sous d'autres formes", ou la journée d'action décentralisée sur tous les sujets particuliers... [Mise à jour 9 novembre] Bingo ! C'est exactement cela qui est tombé de la nouvelle Intersyndicale hier soir ! Mais soyons honnêtes, c'était trop facile...

 

Cela dit, d'autres facteurs ont pesé, sur lesquels ces mêmes dirigeants ont su peser :

  • La répression qui n'a pas fait dans la dentelle. Réquisitions, grenades explosives, flashball, manifestement le mouvement ouvrier a perdu l'habitude de cette expérience et reste encore timoré, préfère reculer plutôt que de se préparer à répondre à l'affrontement, ce qui aurait été tout à fait possible au moins lors du pic du mouvement (la semaine du 18 au 24 octobre), tellement la révolte était généralisée, et donc la répression forcément dispersée.
  • L'isolement des grévistes. Les camarades de la chimie et des transports ont tenu longtemps, et ils ont de quoi être fiers. Mais ils sont restés seuls. Malgré un énorme soutien, à l'exception de Donges, celui-ci n'a pas été construit comme une organisation de combat, comme une  mobilisation pour financer la lutte, pour tenir dans le temps. Alors, après s'être lancé dans la lutte en avant-garde, faute d'être suivis, ils ont repris. Et si en plus on a par derrière des dirigeants qui poussent en ce sens...

Nous avons perdu la bataille, mais elle a été menée tant bien que mal. Et nous n'avons pas tout perdu.

2010, ce n'est pas 1995, ce n'est pas le CPE, mais cela a été l'occasion de renforcer des liens interprofessionnels, public et privé (très présent) réunis, avec les jeunes et les enseignants.

autocollant-2La pratique des blocages, popularisée depuis des années par nos camarades de Goodyear, pour faire mal au capital, s'est répandue,  construite, développée. Partout, les camarades ont compris que ce qui compte pour être efficace, ce n'est pas seulement de manifester dans l'usine en attendant d'être tous là, c'est de bloquer les centres névralgiques de la société dans son ensemble, les transports, l'énergie. Le capitalisme, ce n'est pas que le rapport ouvrier/patron dans l'entreprise, c'est toute la société qu'il faut changer, en bloc.

Un  mot quand  même sur le rôle des militants de Lutte Ouvrière au fil des semaines : non seulement ils n'ont rien fait pour élargir le mouvement hors des entreprises où ils sont présents, mais ils se sont souvent opposés à tout ce qui ressemblait à un blocage, soutenant de fait les réformistes les plus droitiers de nos syndicats et UD. Des révolutionnaires, çà ?

 

Aujourd'hui, dans cette phase de fin de conflit, c'est de tout cela qu'il faut discuter.

Attendre 2012 et le "Tout sauf Sarkozy" comme on nous le propose partout ?

Ou tirer les leçons de la grève, gagner notre indépendance de classe, ne plus nous mettre au cul du calendrier parlementaire comme on nous l'a imposé, ne plus nous battre pour "une réforme juste" mais pour nos intérêts de prolétaires et rien d'autre, ne plus remettre notre sort dans les mains des confédérations ou partis réformistes.

 

Les camarades qui animent ce blog l'écrivaient dans un tract toujours d'actualité :

Il est temps pour les exploités de prendre leurs affaires en mains.
Il est temps pour eux de reconstruire leur parti, contre l’exploitation subie jour après jour, année après année.

On ne saurait mieux dire.

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