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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 06:11
Congrès CGT commerce, Congrès CGT 93, Congrès cgt 62, Comité général CGT 59, Métallurgie Nord Pas de Calais CGT

Dimanche 26 juin 2011

UD et Fédés, les congrès de la CGT... et ce qu'on peut en dire

 

Ces derniers mois, plusieurs congrès départementaux et fédéraux ont eu lieu, avec leur lot de routine et de surprises. Nous n'allons pas rentrer dans le détail, mais tenter d'en ressortir quelques grands traits.

 

Le congrès de l'UD 93

 

CongresCGT93.pngLe 18ème Congrès a eu lieu fin mai à Aubervilliers. Quelles différences avec le congrès précédent de 2008, dont nous avions fait un compte rendu détaillé à l'époque ?

  • Tout d'abord, la CGT sur le 93 est bien vivante, il ne faut pas cracher dans la soupe. Plus de 600 délégués, une syndicalisation en hausse, et une combativité visible "CGT 9-3, prêt pour le combat !". Les multiples interventions à la tribune montraient un syndicalisme de lutte, la volonté d'en découdre avec le patronat. On voit ici l'importance et  la tradition de ce département ouvrier et populaire, où la lutte des classes est vécue au quotidien, et sans concessions.
  • D'un autre côté, le "rituel inoxydable" que nous dénoncions il y a trois ans n'a pas bougé d'un millimètre. Toujours aucun débat organisé sur le bilan d'activité, voté à la hussarde avec 1/4h à l'ordre du jour. Pourtant, même si on peut dire que ce bilan est positif, il y avait des choses à débattre. La grève des travailleurs sans-papiers pour ne citer qu'un exemple... d'ailleurs, la CGT 93 n'a pas à rougir de son activité. Mais on aurait pu faire le bilan, évaluer la tactique qui avait été retenue, être (un minimum ?) critiques. Pas un mot de travers, pas un souffle, et pour bien verrouiller la salle, comme au 49ème congrès confédéral on fait venir à la tribune sous les ovations un camarade sans-papier régularisé... Petite manoeuvre minable, comme d'habitude...
  • Toujours les magouilles du POI (dont les militants étaient un peu plus nombreux qu'en 2008) et qui défilent les uns derrière les autres à la tribune sur le même sujet, sans aucun souci des congressistes et des débats. AppelCGT93Peut-être juste pour se compter ? Et encore, même pas, puisqu'invités à discuter le projet d'appel pour l'amender (ci-contre) ils n'ont pas jugé utile de se déplacer et l'ont voté le lendemain sans broncher... Pratique insupportable qui hérisse tout le monde, même les plus ouverts à la discussion.
  • Toujours la même absence d'esprit critique des congressistes, qui se contentent manifestement d'une UD à l'image combattive, réputée vaguement oppositionnelle (à ce propos le compte rendu de ce congrès par les libertaires est juste sidérant !). Réputation usurpée d'ailleurs il faut le dire haut et fort ! Tout le texte d'appel a été expurgé des sujets sensibles : la référence au FN a été retirée, la référence aux révolutions arabes s'est rétrécie à une vague formule sans enjeux, on a planté la sécurité sociale professionnelle pour faire plaisir à la Conf', alors que tout le monde s'en fout, on a évacué le débat sur les 1700 € bruts ou nets, alors que ça change évidemment tout dans le privé et ainsi de suite... En gros, il fallait absolument éviter quoique soit de contradictoire avec les orientations confédérales.
  • Toujours la peur panique de la direction de l'UD d'un vrai débat démocratique, d'une confrontation contradictoire, des votes (enfin des vrais votes...), de l'ouverture de la CE à des camarades qui n'ont pas le petit doigt sur la couture du pantalon... Ne parlons même pas de l'hypthèse d'amendements contradictoires soumis au vote !

Quel bilan alors ? Combattivité, certes. Une direction bureaucratisée dans sa forteresse, en peur panique d'une vraie démocratie syndicale, mais qui sent l'air du temps et sait s'adapter, au moins dans le discours. Une absence de vrai débat de fond, et le recul de la formation et de la politisation des militants. Et en conclusion l'absence d'une opposition de classe digne de ce nom, capable à la fois d'argumenter de manière contradictoire et de présenter une alternative, à la fois pratique et sur le fond.

Une situation en quelque sorte "gelée" mais que l'on sent "craqueler" dans les couloirs. La question est de savoir comment elle va évoluer au fil du temps, et ce que nous serons capable de construire et de regrouper. Rien de très neuf au fond...

 

Le congrès de la CGT commerce.

 

CGTCommerce.jpgLe 13ème congrès fédéral a eu lieu, toujours fin mai, et là encore nous en avions parlé en détail il y a trois ans. Cette année, le congrès a tenu du western, gaz  lacrymogènes à l'appui, et se contenter de dire que le congrès a été "difficile" comme le dit la direction dans un bref communiqué est juste une plaisanterie. Il n'a pas manqué de communiqués vengeurs répandus sur Internet pour tenter de convaincre !

Quelques documents, donc :

Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il y a un vrai problème de démocratie... Mais ça ne suffit pas, même si le constat qu'il y avait même pas de rapport d'activité est consternant (cela dit, on peut faire un rapport et le voter sans débat - voir plus haut !). Par ailleurs, là, à la différence du 93, il y avait des amendements en débat et soumis au vote...

 

Deux courants se sont donc affrontés de manière extrêmement violente, sans qu'il soit possible (selon nous) d'y voir réellement clair. Les prétendus "opposants" se sont répandus en communiqués pour dénoncer la direction fédérale, mais on y cherche en vain un début de critique de fond de l'orientation de la fédération. Et quand on cherche à discuter avec des militants de base (délégués syndicaux, quand même...) de ce qui se passe, personne n'est capable de comprendre et de donner un début de réponse. Oui, nous avons pris le temps de chercher à comprendre...

En fait l'affaire semble venir de loin, et les conflits remontent à 2000 lorsque les 1500 adhérents du SYCOPA (Syndicat du Commerce parisien) CFDT ont quitté leur confédération et ont été intégrés dans la CGT, avec âpres discussions sur la reprise des postes de permanents et de direction. Depuis, les conflits n'ont pas cessé.

Conflits aggravés par l'état délétère de la fédération, avec dans le passé la démission/disparition d'une secrétaire fédérale, une direction actuelle absolument incapable et un lourd passif accumulé. Il y a surement des désaccords sur la conduite et la démocratie dans la fédération, mais il n'est pas du tout certain qu'ils reflètent des contradictions entre réformistes et syndicalistes de classes...

Enfin, cela reste à voir, et si des camarades du Commerce veulent intervenir sur ce blog, ils sont les bienvenus pour éclairer nos lanternes !

 

Le congrès de la CGT 62 et les débats dans la région.

 

Il y a trois ans, le congrès de la CGT du Pas de Calais avait donné lieu lors de sa préparation à une joute homérique, puisqu'un texte contradictoire avait été diffusé plusieurs mois à l'avance, et que nous avions publié à l'époque (voir ICI). Le congrès lui-même avait été plutôt light, au regard des contradictions exprimées (voir le compte rendu ICI).

On connaît pourtant les contradictions qui existent dans cette région, par exemple dans la métallurgie.

Cette fois-ci, lors du congrès, une nouvelle fois les contradictions de fond sur l'orientation syndicale ont provoqué une réaction, non pas en réponse et dans un débat contradictoire, mais sous la forme d'oppositions de personnes lors de l'élection à la CE. Certains ont juste disparu de la liste proposée au vote, sous des motifs plus que futiles, provoquant la colère d'une partie du Congrès.

 

CGCGTNord.jpgC'est d'ailleurs une même élimination qui avait eu lieu au mois de  mai au congrès de la fédération de la Métallurgie, où les métallos du Nord Pas de Calais ont une nouvelle fois été laissés à l'écart de la direction fédérale.

 

Dans le Nord, département voisin, aussi proche géographiquement que syndicalement, ce n'est pas un congrès qui a été l'occasion d'un débat, mais un Comité Général le 7 juin dernier, qui paradoxalement laisse la parole plus ouverte, dans la mesure où il n'y a pas d'enjeux de votes.

Un camarade nous envoie un compte rendu (voir ci-contre) accompagné d'un petit commentaire : "Pour celles et ceux qui savent lire entre les lignes"... Et on se rend effectivement compte que c'est toute la stratégie syndicale qui est contestée, depuis la manière de mener la bataille sur les retraites et son échec, jusqu'au choix des grandes orientations retenues pour mobiliser les travailleurs...

 

Alors une conclusion ?

 

Conclusion partielle, bien sur, et qui reste à enrichir pour mieux comprendre.

Les contradictions de fond continuent de labourer les divers secteurs de la confédération, en profondeur, provoquant malaises, contradictions. Pourtant, la confusion politique générale empêche la compréhension véritable du mal qui mine notre syndicat (ce que nous résumons sous la formule CFDTisation, c'est à dire la collaboration de classe aggravée) et on ne voit pas, même dans les secteurs les plus combatifs, surgir de véritable courant d'opposition de classe.

Du coup, les diverses directions cadenassent, d'autant plus violemment qu'elles sont contestées, car il y a aussi des enjeux pour la bureaucratie ouvrière (tous les permanents, élus ou experts...) dans des postes de partenaires responsables avec la bourgeoisie. Les questions de personnes prennent alors le dessus sur les débats de fond...

 

Nous n'allons pas chercher à aller plus loin dans l'immédiat, après ce petit tour d'horizon, mais nous invitons tous les camarades à intervenir dans ce débat, même si la période semble bien calme... Nous avons du pain sur la planche !

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