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11 mai 2022 3 11 /05 /mai /2022 09:47

Mercredi 11 mai 2022

PSA Poissy : la fin de la CGT historique ?

 

Depuis nos derniers articles en février dernier (voir « CGT PSA Poissy : où en est-on ? »), la situation a continué à se dégrader et la mainmise conjointe de la FD (métallurgie) et de l’UD (Yvelines) a achevé le syndicat qui n’a plus aucun moyen pour exister, hormis ses élus qui sont devenus sans étiquette. Jusqu’aux prochaines élections…

Le syndicat CGT Stellantis, implanté en concurrence par les structures officielles devient la seule structure de la CGT sur l’usine.

 

La direction a changé les serrures du local syndical, a invalidé tous les mandats désignatifs, et pour finir, la Fédération a retiré fin avril à Jean-Pierre Mercier son mandat de Délégué Syndical Central PSA, provoquant une nouvelle colère des syndicats du groupe. Entre temps, la CGT historique avait perdu son procès en contestation au Tribunal Judiciaire de Versailles.

Voir les documents ci-dessous.

C’est la liquidation pure et simple du syndicat historique de l’usine de Poissy, de son histoire et de ses luttes, la normalisation par des structures aux bottes de la Confédération et de son réformisme.

Nous l’avons dit (dans l’article en lien ci-dessus), les dirigeants de la CGT historique (dont certains liés à Lutte Ouvrière) ont fait de grosses erreurs, en particulier d’avoir surestimé leur force face au réformisme les amenant à s’affranchir des règles de base de la discipline syndicale (cotisations, participations aux initiatives, formations etc.). Quand on voit (ci-contre) le compte rendu du Conseil Fédéral sur la désaffiliation, on ne peut qu’être frappé par les règlements de compte qui se jouent à l’occasion.

Plus étonnant, la liquidation du syndicat n’a pas amené de riposte d’envergure, de campagne de mobilisation et de dénonciation publique dans la CGT, ce qui aurait été un minimum. Voire même, à quelques exceptions près, les syndicats CGT de PSA qui pourtant soutiennent largement JP Mercier sont tous restés étrangement silencieux… De même que les prétendus opposants officiels style "FSM". Sectarisme ? La crainte de subir le même sort ? Ou le fait qu’on soit en période d’élections professionnelles ? Quand même…

Comme on dit, la peur n’évite pas le danger. La normalisation qui vient de se faire à Poissy, au final sans trop de vagues, va évidemment donner des idées aux réformistes de la FTM pour étendre leur contrôle sur les secteurs combatifs un peu marginaux de la métallurgie (automobile, aéronautique…).
Nous ignorons quelles suites il y aura, et si même il y en aura. Mais nous assurons les camarades ainsi dégagés de notre solidarité, au-delà des désaccords qui peuvent nous traverser.

 

Nous le répétons : la situation interne à la CGT est catastrophique. Totalement confuse sur l’orientation, en proie aux règlements de compte, à la défense de pré carrés semi-corrompus ou de planques juteuses. Encore récemment, le congrès de la FILPAC a vu le SGLCE (le syndicat historique du Livre) claquer la porte pour de sombres histoires de cotisations et de mandats.

 

Pour l’heure, pour les syndicalistes de classe, l’heure est à en rester aux fondamentaux, à l’action de terrain, la formation de classe (si possible autonome des plans confédéraux pourris), tout en étant extrêmement prudents à ne pas se mettre en porte à faux vis-à-vis des structures officielles.

L’exemple de la CGT PSA Poissy doit nous servir de leçon. Dans le contexte actuel de la lutte des classes, il ne faut pas rêver gagner une majorité dans la CGT, il ne faut surtout pas sous-estimer la force et les manœuvres de l’ennemi – qu’il se cache ou non. Une nouvelle fois, au risque de la rengaine, nous le répétons : ce ne sont pas des amis qui se trompent, Lénine les appelait les « lieutenants ouvriers du capital », ce n’était pas une figure de style ! Voir notre article, déjà écrit en 2012, « Mais d’où sort cette bureaucratie ? »
 

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