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2 juin 2026 2 02 /06 /juin /2026 13:41

Mardi 2 juin 2026

54ème Congrès : la FNIC une nouvelle fois à l'offensive

 

Voilà longtemps que nous parlons de la FNIC sur ce blog.

D’abord et avant tout parce que c’est une vraie fédération syndicale, active dans la lutte des classes, sur des bases radicales intéressantes. Avec des syndicats de terrain, impliqués dans la défense intransigeante des ouvriers, et sans concession avec le réformisme ambiant qui se répand, y compris dans notre syndicat. En particulier, et cela compte pour nous, sur les questions de pénibilité et de santé au travail, au cœur de l’exploitation ouvrière.

De ce fait, la FNIC reste en marge de la Confédération, blacklistée par les réformistes. Alors que c’est une grosse fédération du privé, ouvrière, voilà plusieurs congrès que la Fédération n’a pas de représentant à la CEF. C’est clairement politique.

 

Cela dit, la FNIC revendique ses choix et ne pleurniche pas sur sa mise à l’écart, forte de ses 22 000 adhérent.e.s.

Et Congrès confédéral après Congrès confédéral, la FNIC mène le débat contre la dérive réformiste de la Confédération. C’est un mérite important, une des rares organisations à « faire le boulot », à mener la polémique politique interne. Nous avons eu l’occasion d’en parler lors des congrès précédents (voir au 52ème congrès).

 

Pour ce 54ème Congrès, la FNIC a produit deux documents importants : au mois de mars une critique du document d’orientation, et le 27 mai un document sur le « 100% Sécu », objet de grosse polémique avec la direction confédérale, et qui fera l’objet d’un autre article.

 

Pour cet article, nous en restons donc au document critique du document d’orientation du 9 mars. A notre connaissance pas d’autre document synthétique dans la confédération, c’est tristounet… et tout à l’honneur de la Chimie. Nous ne partageons pas toutes les orientations de ce document, mais notre accord est principal, et il faut le faire connaître (voir ci-contre, à télécharger).

 

Le principal point d’accord rejoint celui avec la Métallurgie Nord Pas de Calais (voir « 54ème Congrès : la métallurgie Nord Pas de Calais contre le réformisme »). C’est la critique du réformisme institutionnel, du dialogue social, du rituel des NAO, du partage des richesses qui veut rendre le capitalisme acceptable et abandonne l’idéal révolutionnaire, du syndicalisme accompagnateur des stratégies capitalistes. La FNIC note à juste titre l’abandon, la disparition ou la mise sur la touche de « mots » qui ont du sens, symboliques : lutte des classes, révolutionnaires, antagonisme, expropriation capitalisme, le syndicalisme qui devient unitaire etc. Les mots ne sont bien sûrs que des mots, des symboles relatifs, mais l’accumulation a du sens, et la liste mériterait d’être rallongée : nous avons par exemple noté la quasi disparition du mot « pénibilité », représentation de l’exploitation ouvrière… Derrière le changement de vocabulaire, c’est une autre orientation qui se dessine.

 

Un syndicalisme d’accompagnement, d’aménagement du capitalisme à visage humain, et donc d’alliance avec toutes les forces réformistes qui œuvrent dans le même sens, le fameux syndicalisme rassemblé (même si la formule est escamotée dans le Document d’Orientation Confédéral, tout le contenu est là). La FNIC note à juste titre que le document fait un constat de la situation vécue par les travailleurs, mais n’en donne aucune explication : aucune analyse, aucune perspective claire.

Seul reste le combat démocratique contre l’extrême-droite, le front large antifasciste, mais en occultant la racine des maux, l’exploitation capitaliste, l’accentuation de la crise économique mondiale, de la concurrence et de la mondialisation, le rapprochement de la guerre qui poussent nécessairement à la progression de l’extrême-droite : le seul combat antifasciste qui vaille est anticapitaliste. Ni nous, ni la FNIC ne sommes les premiers à le dire, c’est un des fondements du mouvement communiste depuis les années 1930.

 

Voilà le cœur de notre accord avec ce document.

Celui-ci comprend en outre une critique du rapprochement avec la FSU (la fameuse « maison commune ») qui matérialise l’alliance avec la petite-bourgeoisie salariée au détriment de la classe ouvrière. Et la défense du « 100% Sécu », sur lequel nous reviendrons.

Il ressort pour nous deux désaccords, qui restent secondaires au regard des points positifs

  • Affirmer que la dégénérescence de la CGT date du 45ème Congrès, juste après l’effondrement du bloc socialiste en 1991. Non, nous l’avons dit et répété sur ce blog, c’est bien antérieur. Rappelons les textes de Monatte en 1946 à l’occasion du 26ème congrès confédéral. Ou les positions en Mai 1968, voir les articles ICI. Ou les multiples et nombreuses trahisons antérieures… Nous ne développerons pas dans cet article, mais dénoncer la dérive réformiste de la CGT depuis 1995 seulement couvre gravement toutes les erreurs antérieures.
  • Le rapport à la FSM. Là encore, nous renvoyons à un article précédent de ce blog qui garde toute son actualité « CGT, CES, FSM et tutti quanti », qu’il faudrait actualiser par la polémique sur l’Iran au 53ème Congrès « La CGT, l’Iran et la FSM ». Il est temps que la FNIC progresse dans son analyse sur la FSM, ayant par ailleurs produit des analyses très correctes sur l’Iran (voir le tract)… Donc un peu de nuances ne ferait pas de mal ! Nota pour les lecteurs hémiplégiques (il y en a sur ce blog), nous ne soutenons pas la CES ! Re-nota pour les autres : nous ne demandons pas le retrait de la FSM !

Voilà donc un bref commentaire sur ce document qui mérite d’être largement connu. Il est évident que comme d’habitude ces positions vont être ignorées, caricaturées lors du Congrès. D’autant plus que l’heure n’est pas vraiment au débat, mais plus à la verticalisation et au contrôle disciplinaire… Gageons que Amar Lagha, champion du monde dans cette catégorie, va enfin être élu au Bureau Confédéral !
 

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