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25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 15:41
Dimanche 25 Novembre 2005
Le secrétaire de l'UL CGT de Château-Thierry inculpé pour "Outrage et rébellion"

Dans sa tournée de restructuration de l'appareil judiciaire, un des volets de la restructuration de tout l'appareil d'Etat prévu par Sarkozy, Rachida Dati a annoncé la fermeture de 63 conseils de Prud'hommes.
On sait que la justice n'est pas faite pour les travailleurs. On sait que le droit est d'abord celui du capital, tempéré parfois par le rapport de forces, par les luttes de la classe ouvrière et de tous les travailleurs. On sait que les Prud'hommes ne font que rattraper les "excès" les plus visibles de l'exploitation capitaliste, sans toucher aux fondements de cette exploitation.
Mais on sait aussi que les Prud'hommes servent de garde-fou contre les tentations de plus en plus débridées des patrons les plus forcenés. Et que pour cela, depuis des années et des années, ils sont dans le collimateur du MEDEF, pour en limiter le champ d'action, en réduire les moyens, les mener à l'impuissance. Déjà une tentative a eu lieu pour limiter le temps alloué aux conseillers pour le travail hors tribunal.
Aujourd'hui, on veut supprimer 63 conseils de prud'hommes, dont celui de Château-Thierry. Notons en passant qu'on a pour l'instant du mal à trouver une réaction de la Confédération à ce propos, au delà du communiqué de circonstance !)

Le 23 novembre 2007, le Préfet de l'Aisne avait prévu de se déplacer à CHATEAU THIERRY pour poser la première pierre ... d'un commissariat de police (on choisit ses priorités !)
Les militants de l'Union Locale CGT, soutenus par l'Union Locale FO, ont donc tout naturellement décidé de s'inviter à cette cérémonie pour remettre un courrier au Préfet en déplacement dans leur ville, et l'interpeler sur la fermeture du CPH et ses conséquences pour les salariés.
Aussitôt, le secrétaire de l'UL a été violemment interpellé, et immédiatement inculpé de "Outrages et rébellion", inculpation polyvalente utilisée selon la tradition désormais bien établie dans les milieux policiers quand on veut éliminer des gêneurs (par exemple les lycéens de 2005, toujours inculpés aujourd'hui).
La situation politique et sociale se radicalise. Il faut à la fois faire coucher les dirigeants syndicaux (ce qui vient de se passer avec la direction de la CGT à propos des régimes spéciaux), et taper sur les syndicalistes de classe, les militants déterminés qui refusent de baisser les bras et d'aller à la soupe. Il n'est plus là question de violence ou de pacifisme, comme l'aborde le site dédié à l'affaire, mais de faire taire les empêcheurs d'exploiter en rond, à n'importe qul prix !

Nous affirmons notre totale solidarité avec notre camarade JP Odant, comme nous avons soutenu les 4 de la Rochelle (aujourd'hui relaxés), et tous les syndicalistes victimes de la répression. Nous publions ci-dessous le communiqué intersyndical à ce propos.
Vous pouvez également envoyer un message de solidarité ici.


Communiqué des Unions Locales CGT, Force Ouvrière et FSU de Château-Thierry

Répression anti-syndicale contre Jean-Pierre Odant, secrétaire général de l’Union Locale CGT de Château-Thierry

Vendredi 23 novembre, à l’occasion de la cérémonie pour la pose de la première pierre du commissariat de police de Château-Thierry, des syndicalistes se sont rassemblés afin de protester contre la fermeture du tribunal des prud’hommes de Château-Thierry. Il s’agissait d’un rassemblement pacifique dans un cadre syndical. Immédiatement, deux agents des « forces de l’ordre » se sont approchés de Jean-Pierre Odant et l’ont violemment projeté au sol et menotté.

 
Le droit de rassemblement est-il encore en vigueur en France ? Sommes-nous dans un Etat de droit ?

Jean-Pierre Odant a ensuite été emmené au commissariat de police. Il y est resté en garde à vue jusqu’à 17 heures 35.

 A l’heure où le droit de grève et les acquis sociaux sont remis en cause, il devient dangereux d’être un militant syndicaliste.

 

Que reproche-t-on à Jean-Pierre Odant ?

De défendre le tribunal des prud’hommes ?

De défendre les acquis sociaux ?

D’être syndicaliste ?

Nous exigeons qu’aucune poursuite judiciaire ne soit engagée contre lui. (Nous ne voyons d’ailleurs pas quel en serait le motif). Nous voulons savoir si les agents des forces de l’ordre ont agit de leur propre chef  ou sur ordre (et sur ordre de qui ?)

Nous mènerons toutes les actions nécessaires pour obtenir les réponses à ces questions.

 

Château-Thierry le 23 novembre à 18 heures.




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Publié par Eugène - dans Répression
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