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17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 09:57
Jeudi 17 janvier 2008
Interrogations sur la journée du 24 janvier

On le sait, nouvelle journée d’action dans la Fonction Publique sur les salaires la semaine prochaine. Sujet d’importance, sujet d’actualité, sujet brûlant tellement la vie devient de plus en plus dure.
Les fonctionnaires n’ont pratiquement pas eu d’augmentation depuis des années, et sont déjà très mal payés (cela avait été bien souligné lors du conflit des régimes spéciaux). Ils n’ont pas de treizième mois, pas de participation et ils voient encore leur niveau de vie baisser régulièrement.
Significatif : on ne compte plus les travailleurs pauvres, les SdF qui ont un emploi dans la Fonction Publique. Ouvriers d’entretien, infirmières, enseignants, territoriaux, cheminots n’en peuvent plus de se serrer la ceinture, année après année. Même les enseignants qui pendant longtemps culpabilisaient de leurs congés considèrent aujourd’hui que la coupe est pleine.


Donc les salaires sont trop faibles, dans la Fonction Publique en particulier. Passer à l’action est plus que légitime, plus qu’urgent. Mais comment ?
Une journée d’action, comme celle du 20 novembre, comme celle d’avant, comme celle à l’identique de 2005 ? Une journée d’action qui semble bien située dans la préparation des élections municipales ? Perdre une journée de salaire qu’il faudra 200 jours (!) pour récupérer avec l’augmentation royale qui va être négociée par les syndicats ?

Le Forum pour un syndicalisme de classe s’est prononcé explicitement « contre les journées d’action bidon », on est en plein dans le sujet ! Par ailleurs, la question n’est pas du tout celle « du point d’indice », mot d’ordre ultra réformiste pour encadrer « raisonnablement » le conflit, mais, comme dans le privé celle
- d’un salaire minimum à 1600 euros nets
- de 300 euros pour tous d’augmentation compte tenu du niveau catastrophique des salaires actuels et des besoins minima des travailleurs de l’Etat.

Et ces revendications ne sont pas retenues au hasard, ce sont celles qui peuvent faire l’unité avec les travailleurs du privé et de tous les secteurs en lutte.


Les directions syndicales (dont la CGT bien sûr) se gargarisent de mots d’ordre, de discours ronflants, on y croirait presque ! Mais pas de quoi s’exciter sur la revendication « du point d’indice ». Mais la liquidation de la grève des régimes spéciaux est encore bien fraîche, à l’heure où les décrets viennent d’être publiés.
Quoi d’étonnant au scepticisme qui existe partout autour de cette journée ? Quoi d’étonnant à voir une initiative comme la pétition « Sauvons la grève », reproduite de nombreux sites, comme Bellaciao, Samizdat ou autre ?
Cette pétition pose quelques problèmes : première question, ce n’est pas aux directions syndicales qu’il faut s’adresser (on sait ce qu’elle valent…) mais aux travailleurs pour qu’ils prennent leurs affaires en main, ce qui supposera, nécessairement, de nous opposer à ces directions. Deuxième interrogation, la cause de l’échec de la grève sur les régimes spéciaux n’est pas la division syndicale (comme dit dans la pétition), au contraire, les directions syndicales étaient tout à fait unies pour liquider la grève. Bref le texte est bien gentil avec les syndicats que nous connaissons…
Mais cette pétition pose pour une fois à l’avance et à juste titre la question des journées bidon et de l’intérêt d’y participer. Et c’est la marque de la défiance d’une partie croissante des travailleurs envers ces directions.


La question des salaires, celle des conditions et du niveau de vie, sont trop graves pour qu’on balaye une mobilisation, aussi faible soit-elle, d’un revers de main.
Il n’empêche que la question posée, c’est celle du sérieux et de la détermination dans un conflit, dans l’établissement d’un rapport de forces. C’est cette question qui doit être posée, ouvertement, publiquement, de manière polémique. Faute de quoi, de journée bidon en journée bidon, on n’aboutira qu’à décourager toujours plus des travailleurs lassés de perdre des journées de grève pour rien.
Alors au moins, une semaine avant cette journée, prenons le temps de débattre de tout cela dans les ateliers, les bureaux et les lieux de travail ! Et n’hésitez pas à donner un avis, ici, en commentaire !


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Publié par Où va la CGT ? - dans Syndicalisme de classe
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