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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 13:38
Vendredi 16 janvier 2009
29 janvier : une journée de grève générale contre la crise

L’ensemble des syndicats appelle à une « Journée nationale interprofessionnelle de mobilisation » contre le gouvernement Sarkozy. Une grève générale qui ne dit pas son nom pour ne pas heurter les plus mollassons des collabos syndicaux,  une journée et une seule, comme d’habitude, mais pour tous les syndicalises de classe, une occasion d’exprimer « la rage » qu’ils ont face à ce gouvernement de choc.

La crise, c’est d’abord l’emploi, les dizaines de milliers de renvois d’intérimaires, le chômage partiel à gogo, les licenciements et fermetures d’entreprises, un secteur industriel massif (l’automobile) en voie de disparition ou de réduction drastique. La crise, c’est la santé en cause (« Bonne année, bonne santé »… on ne croit pas si bien dire !) avec les hôpitaux au bord de la rupture, le plan de restructuration « Hôpital 2009 » passé par là, en attendant la phase 2012. Pour nos dirigeants capitalistes, comme dans toutes  les entreprises, les malades qui meurent ou attendent des heures sur les brancards, ce n’est pas la restructuration qui est en cause, ce ne sont pas les réductions de budget, ce ne sont pas les suppressions de postes, les millions d’heures supplémentaires effectuées gratuitement, non, simplement une « mauvaise organisation », probablement encore plus de précarité, de flexibilité et d’heures sups à la clé ? La crise c’est la restructuration en cours de l’éducation nationale, là encore les suppressions de postes, l’abandon pur et simple des élèves en difficulté et d’abord dans les régions les plus populaires, la mise sous tutelle des enseignants, la réduction de l’éducation à un simple pré-formatage pour l’entrée dans le monde de l’exploitation, l’abandon de la formation de l’esprit critique, pourtant la base de la constitution d’un être humain social, actif et pensant. La crise c’est la misère, c’est le retour de la pauvreté, les tentes des SdF, c’est l’intensification du travail, la souffrance et le stress, la flexibilité, la pénibilité, le travail le dimanche, la nuit, tout le temps, n’importe quand, selon n’importe quel rythme, selon les exigences de la productivité, de la concurrence et du marché capitaliste. La crise ce sont les chiffres de Hortefeux, les 30 000 camarades immigrés sans-papiers expulsés comme des chiens, sans aucun souci de famille, de misère, d’humanité… C’est la barbarie à Gaza, avec le soutien de notre gouvernement, Sarkozy sur place alors que les bombes au phosphore ou à sous-munitions tuent et mutilent le peuple palestinien.

La crise, c’est la rage parmi les secteurs les plus combatifs, ceux qui refusent la soumission, l’abattement et la résignation de la majorité. La rage comme la chanson de la rappeuse marseillaise Kenny Arkana, mise en image par un camarade de Goodyear.


La rage comme nos camarades immigrés sans-papiers qui se sont battus plus de six mois durant pour obtenir des papiers, contre la volonté d’élargissement de notre confédération. La rage comme les manifestants contre l’intervention à Gaza. La rage comme celle des syndicalistes de classe abandonnés et trahis par leurs propres dirigeants pour des raisons de collaboration de classe avouées.
La rage contre une société « dont on ne veut plus », l’arrogance de ces bourgeois bouffis de leur suffisance, eux qui vivent dans le luxe et nous annoncent semaine après semaine la nécessité de nous serrer encore plus la ceinture, nous font des leçons sur l’austérité à supporter encore et encore.
Combien de temps allons-nous encore supporter d’être les victimes collatérales des yoyos de la Bourse, temple du financement des monopoles ? Combien de temps allons-nous encore supporter d’être saignés à blanc pour maintenir les profits ? Combien de temps allons-nous encore supporter d’être la chair à canon de la guerre économique ?

« Ce monde va changer de base, nous ne sommes rien, soyons tout ! »
Voilà le chemin tracé par les paroles glorieuses de l’Internationale !
Combien de temps allons-nous accepter de remettre notre sort entre les mains de dirigeants corrompus, parfaitement insérés dans la logique du capital, experts en bons conseils, participants fidèles aux consultations, Grenelles et autres comités d’orientation de la maison Capital ? Comment accepter que face aux restructurations massives dans l’automobile les syndicats acceptent de participer aux « consultations » de Sarkozy, manoeuvre patronale tellement grossière pour éteindre le feu qui couve ?

Pour la journée du 29, les syndicats nous proposent une plateforme anti-crise qui abordent toutes ces questions : l’emploi, les salaires, le logement social, la règlementation de la sphère financière etc. Tiens, pas un mot sur les sans-papiers ? Ah, bon… Tiens, juste une demi-ligne sur la santé et sur la retraite ? Ah, bon… Tiens, pas un mot sur l’éducation ? Ah, bon…
Une plateforme dont la logique est celle de la « relance économique », « de la réduction des inégalités », de trouver des solutions pour surmonter les difficultés passagères de la crise puisque "les seules lois du marché ne peuvent régler tous les problèmes"... Ah bon, c'est donc qu'elles peuvent en régler certains ?. Bref, une logique de fidèles serviteurs du capital.

Il faut opposer une plateforme de classe, qui défende les intérêts ouvriers et rien d’autre. Une plateforme de classe qui se démarque du réformisme mou ambiant, qui tranche à la hache avec la logique du capital, de nos exploiteurs, qui rompe avec l’illusion d’un Etat arbitre plus juste alors qu’il n’est que le quartier général de nos ennemis. Une plateforme qui pense à nous, à partir de nos besoins. Une plateforme en quelques mots d’ordre, par exemple :
  • Pas de salaire et d’allocations inférieures à 1600 € nets !
  • Aucun abattement salarial en cas de chômage partiel, pas touche à nos congés et nos RTT !
  • Zéro licenciement, maintien de tous les emplois sur place !
  • Régularisation sans condition de tous les sans-papiers !
  • Réquisition de tous les logements vides !
  • Aucune réduction pour l’enseignement, priorité aux milieux populaires et en difficultés !
  • Santé gratuite et de qualité pour tous ! Non à la médecine pour les riches !
  • Retraite à 55 ans, 50 ans pour les métiers pénibles, sans aucune condition de trimestres et aucun abattement !
  • Retrait de toutes les troupes françaises de l’étranger (Afghanistan, Afrique…), rupture de toutes les relations avec l’état sioniste et assassin d’Israël.
Une plateforme comme celle qui a commencé à être élaboré dans le Forum National pour un Syndicalisme de Classe et de Masse, projet hélas trop vite oublié…

Beaucoup parmi les syndicalistes combatifs sont d’accord « en principe » avec ces revendications,  mais trouvent que « c’est utopique », que ça ne sera « jamais possible ».
Ca, c’est ce qu’on nous enfonce dans la tête semaine après semaine, mois après mois, année après année, par une sainte alliance des patrons, du gouvernement et des syndicalistes collabos. Pour eux, le capitalisme est le seul horizon, le seul avenir possible – on les comprend. Il y a des profits, des places d’experts et de gestionnaires, de dirigeants et fonctionnaires du capital à défendre.
Une chose est sûre et certaine : dans « leur » monde, rien ne sera jamais possible pour nous. Mais si nous nous donnons la détermination, les outils en matière d’organisation, la réflexion en matière de bilan de l’histoire, nous avons la force pour soulever les montagnes et réaliser l’impossible !

« Nous sommes la racaille, la rouille et le sel » dit une vieille chanson militante portugaise.
Nous devons nous regrouper, nous affirmer en toute indépendance de classe, construire notre camp contre celui du capital et de ses alliés, ouverts ou masqués.
Reconstruire le syndicalisme de classe, construire des cercles ouvriers et prolétaires, travailler à reconstruire notre quartier général, notre parti.

Dans ces manifestations du 29 janvier, c’est non seulement notre rage qu’il faut crier, non seulement une plateforme radicale qu’il faut défendre, mais avancer pour en finir radicalement avec une société dont nous ne voulons plus !

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