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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 09:05
Dimanche 8 mars 2009
A propos du mouvement social dans les néo-colonies françaises

La grève générale touche à sa fin en Guadeloupe, mais se poursuit en Martinique et commence à la Réunion.
Nous avons déjà souligné le silence de l'ensemble des partis officiels (jusqu'au NPA), des organisations syndicales sur le caractère colonial de ces sociétés.
Or il n'est pas possible de comprendre ce qui se passe aux Antilles et à la Réunion en plaquant des schémas de la métropole coloniale et impérialiste.
Nous publions ci-dessous une déclaration publiée le 16 février dernier par le Conseil National des Comités Populaires de la Martinique. Sans rentrer dans la stratégie et la tactique de la libération des peuples colonisés (qui est de leur responsabilité, pas de la nôtre...) ce document met bien en perspective la lutte contre la vie chère et la domination coloniale. Il sort également un peu du cadre syndical de ce blog, mais est important pour élargir le point de vue.
Par ailleurs, pour suivre la lutte en Martinique, on pourra consulter le site du "Collectif du 5 février", ICI


DECLARATION DU CNCP (Conseil National des comités populaires)
A propos du mouvement social dans les néo-colonies françaises

La puissante mobilisation, qui se maintient en Guadeloupe et en Martinique, qui s’annonce en Guyane et à la Réunion, révèle qu’une nouvelle page de l’histoire des néo-colonies françaises est en train de s’écrire.

La surexploitation coloniale de nos pays est séculaire, mais, amplifiée par la politique néolibérale de saccage menée par Le président Sarkozy et son gouvernement, par la crise financière et économique internationale, elle a jeté nos pays dans un marasme sans précédent. Nos peuples, en dépit des résistances multiformes, sont victimes de difficultés et de souffrances de plus en plus grandes.

La révolte actuelle signifie que « dlo dépasé farine !» Mais son caractère historique vient du fait qu’il s’agit d’un mouvement organisé, général, s’inscrivant dans une dynamique de cohésion nationale. Préparé depuis deux ans par l’intersyndicale, favorisé par l’immense travail de conscientisation et de structuration mené par les organisations politiques et syndicales patriotiques, il permet que la dénonciation de la cherté de la vie s’accompagne de revendications fondamentales, remettant en cause le système capitaliste et posant la question du pouvoir politique.

Par cette mobilisation, le peuple Martiniquais peut changer profondément la situation pour conquérir le POUVOIR DE VIE.

Nous interpellons nos compatriotes sur la nécessité de déjouer les manœuvres de dispersions dont ils est facile de deviner les commanditaires : En jetant les békés en pâture, les colonialistes français tentent de masquer leur propre responsabilité qui est principale dans le marasme que nous subissons. Ce sont leurs politiques et leurs lois qui ont organisé le système, actuellement en place qui s’appuie, entre autre, sur la suprématie économique locale des descendants de colons ; ce sont leurs forces de l’ordre et leurs administrations qui ont garanti la protection de ce système. En faisant mine de découvrir les marges excessives ou les iniquités, le gouvernement français fait preuve d’un cynisme exécrable. Le peuple Martiniquais est en droit d’exiger réparation pour les préjudices subis du fait de la politique coloniale.

Les mesures proposées par le secrétaire d’Etat aux colonies ne portent aucune réponse sérieuse aux revendications portées par le Collectif du 5 février ; ce catalogue de déclarations d’intention et de mesures ponctuelles a pour but de désamorcer la mobilisation populaire.

L’arrivée en nombre des forces de répression et les menaces de rétablir l’ordre colonial et l’état de passe - droit dans les colonies montrent que le gouvernement français n’a pas mesuré l’ampleur et la maturité de la mobilisation du peuple Martiniquais. Il lui sera impossible d’imposer un retour en arrière.

Le CNCP appelle tous les Martiniquais et toutes les Martiniquaises à renforcer la mobilisation par tous les moyens. Cette lutte exige de nous des sacrifices indispensables à la victoire. Sachons les accepter.
Organisons nous avec la plus grande discipline pour répondre aux problèmes d’alimentation, de déplacement, de santé et d’éducation. Le CNCP appelle à  consolider l’unité autour du Collectif du 5 février dont il salue la clairvoyance et les efforts pour résoudre les difficultés qui se posent sur le terrain.

Le CNCP appelle à refuser toute manœuvre visant à diviser notre peuple à l’heure ou la plus grande cohésion est indispensable à la victoire et notamment :

-       la manœuvre consistant à accuser « les politiques » de n’être pas en phase avec le mouvement social, car de tout temps et dans tous les pays il y a un personnel politique au service du système et des exploiteurs et d’autres qui luttent aux côtés du peuple
-       les manœuvres politiciennes pour discréditer les patriotes et entraver la lutte pour l’évolution institutionnelle

Notre cohésion exige de nous  que nous fassions preuve de responsabilité, de tolérance, d’esprit de dialogue et que nous refusions d’alimenter quelque division que ce soit au sein du peuple.

Le CNCP appelle tous les Martiniquais et toutes les Martiniquaises à organiser des rencontres pour enrichir la réflexion et prendre des initiatives quant aux moyens nécessaires pour consolider le mouvement et porter des réponses aux difficultés que nous connaissons : Groupe de travail scolaire, réorganisation des circuits de consommation (en privilégiant les produits locaux), covoiturage, etc.

Notre mouvement bénéficie d’un large soutien international, conséquent malgré les silences ou la désinformation dans les médias français. Le Peuple Français, lui-même, refuse de plus en plus la politique néolibérale qui le jette dans la souffrance.

C’est décidément une nouvelle page de l’histoire qui est en train de s’écrire.
UNITE ! DETERMINATION ! DISCIPLINE ! NOUS VAINCRONS !

16 FEVRIER 2009 Martinique CARAIBE
pour le CNCP, Robert Saé

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Publié par Où va la CGT ? - dans International
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