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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 09:26
Jeudi 12 mars 2009
Continental Clairoix : après le retour aux 40h en 2008, la fermeture en 2010

Depuis hier soir, la grande presse dégouline de bons sentiments pour pleurer sur la fermeture de l'usine de Clairoix, qui va envoyer encore 1120 ouvriers de plus au chômage. Ah, les interviews du délégué CFTC... Ah, les protestations indignées des députés UMP... Ah, les références à Sarkozy qui avait promis et ci, et çà ! Car, menés par un syndicalisme ultra-réformiste, les ouvriers de Continental avaient accepté il y a deux ans le retour aux 40h (sans hausse de salaire, même), soi-disant pour "préserver l'emploi"...
Nous ne sommes pas dupes de tous ces discours d'hypocrites.

Notre solidarité va bien sûr à nos camarades de Continental, envoyés vers la misère dans une région déjà durement frappée par les restructurations.
Mais nous nous interrogeons... Parlerait-on autant, et de la même manière s'il s'agissait des camarades de Goodyear, qui se battent depuis le début contre les restructurations et les menaces sur l'emploi, qui sont représentés par un  syndicat CGT de lutte de classe, qui ont refusé les 4x8, qui préfèrent accueillir Besancenot que de faire référence à Sarkozy ? Quelques doutes...

Nous reproduisons ci-dessous un article repris sur le site de la CGT Goodyear à propos de ce qui n'était alors qu'un projet de fermeture de l'usine Continental. Publié le 1er mars dernier, il est criant de vérité et de leçons pour tous les prolétaires :
NON, nous n'avons rien à attendre du capital que misère et exploitation renforcée ! Notre arme, c'est la LUTTE DES CLASSES. Tous les sacrifices acceptés aujourd'hui ne sont que la soumission aux nouvelles attaques de demain. Le combat des camarades de Goodyear force l'admiration à ce titre : malgré toutes les difficultés, toutes les contradictions, contre vents et marées ils ont tenu bon. Et, malheureusement il faut la fermeture de Continental pour que cela devienne évident !
Et nous ne sortirons de ce combat infernal et éternellement recommencé qu'en en finissant avec l'exploitation capitaliste. Et là, sur ce blog, nous le disons clairement : c'est la question de l'organisation des prolétaires, du syndicalisme de classe bien sûr, mais surtout d'un PARTI qui les représente vraiment, d'un retour à l'idéal communiste qui se pose. Faute de quoi, la lutte se poursuivra évidemment, mais on n'avancera pas.
En reproduisant le texte de la CGT Goodyear, nous nous sommes permis quelques petites remises en forme pour améliorer le style et faciliter la lecture. Que les camarades n'en prennent pas ombrage, de toutes les façons le texte original est disponible ci-dessus !


En 2007, ils avaient tout accepté, en 2009 leur usine va fermer !
Ils avaient le choix de dire NON 2007, on ne leur laisse pas le choix de dire NON en 2009 !


Retour en arrière, mardi 18 Décembre 2007 - Le Journal du Dimanche, Maud Pierron :
"C'est dans l'air du temps... Les 1 300 salariés de l'usine de pneumatiques Continental de Sarreguemines ont voté à 75% pour le retour aux 40 heures de travail hebdomadaire, en échange du paiement de leurs RTT ou jours fériés jusqu'ici chômés. Cette consultation, initiée par la direction de la société, n'a qu'une valeur consultative et devra être entérinée par un accord avec les syndicats.
Cela ressemble à un passage en force... La direction de l'usine Continental de Sarreguemines (Moselle) a organisé de dimanche à mardi un réferendum sur l'abandon des 35h au profit d'une semaine à 40 heures, alors que les syndicats avaient refusé de discuter de ce projet. Le plan, intitulé "donnant-gagnant" a obtenu 68,56% des voix parmi les ouvriers et 96% parmi les cadres. La participation était de 89%, preuve que ce sujet passionne les salariés. Si ce projet voyait le jour, il se concrétiserait par un retour aux 40 heures hebdomadaires et les employés verraient leurs jours de RTT travaillés (dans la mesure de 2 à 10) payés comme des heures supplémentaires à 125%. Hasard du calendrier, ce vote s'est déroulé le jour où le texte sur la "monétisation" des RTT est examiné à l'Assemblée nationale.
"Notre premier objectif est de gagner en compétitivité. Nous sommes la dernière usine du groupe à travailler si peu" (on crois entendre LUSSIER PDG Goodyear, ce sont TOUS les memes), a expliqué François Gérard, le directeur du site. En effet, les usines allemandes du groupe sont revenues aux 40 heures en 2006 ( même nombre d'heure que les usines de HANAU, FULDA) et l'autre centre français de Continental, à Clairoix dans l'Oise, passera aux 40 heures dès le 1er janvier 2008. A chaque fois, la direction de l'entreprise a expliqué que cette mesure était vitale afin d'éviter des délocalisations dans des pays où le coût du travail est moindre.
"Notre objectif est d'économiser deux millions d'euros par an en allongeant la durée du travail sans alourdir nos charges fixes. Confrontés à la concurrence des pays à bas coûts, nous n'avons pas le choix".


Mercredi 11 mars 2009 : la direction annonce la fermeture de l'usine de Clairoix.
"L'usine, qui produisait en 2008 un peu moins de 7 millions de pneus, a revu son budget de production pour 2009 à la baisse, à 5,15 millions de pneus, selon la direction.
Le responsable justifie les mesures prises par une importante baisse de la demande clients par rapport à l'année dernière, notamment en ce qui concerne Toyota. “L'écart entre la demande et la capacité de production est important", a ainsi indiqué Louis Forzy, selon qui Continental, "comme toute entreprise, doit toujours avoir à l'étude tous les scénarios possibles". Néanmoins, dans le contexte ambiant, les plans de réduction pourraient avoir plus de “succès” que des plans d'augmentation".


Voilà, ils ont dit OUI à un plan d'Avenir en 2007, pensant être sauvés pour un long moment.
CONTINENTAL, a mis le paquet DVD chez les salariés pour les forcer à accepter le passage aux 40 heures, la suppression des fériés et RTT, et les gars ont dit OUI, par peur de perdre leur boulot et surtout parce que qu'il y avait des promesses d'avenir. Moins de 2 ans après, voilà l'annonce faite par la Direction CONTI, cette usine est condamnée, comme d'autres d'ailleurs, car en réalité ce que veulent les actionnaires c'est presser une dernière fois le citron et ensuite fermer les lourdes, les gars de Dunlop Amiens [qui ont accepté le passage en 4x8 NdlR] n'ont rien sauvé sauf la paye de nos Patrons !

C'est hélas, la triste réalité, nous sommes mis en comparaison avec les sites de l'EST, et là à moins d'accepter de bosser pour 400 euros par mois, le combat est perdu d'avance !
Le seul combat à mener est de dire NON à toute régression sociale pour faire plaisir à des actionnaires, NON aux 4x8, NON aux 40 heures, de toutes façons nous ne pouvons pas rivaliser avec les sites de l'EST car c'est bien l'objectif de nos Dirigeants, la preuve avec les pauvres gars de CONTI !
400 euros par mois, c'est ce que les salariés (esclaves) de CONTI gagnent en ROUMANIE, toutes primes incluses, si les gars de CLAIROIX voulaient rivaliser ils auraient dû accepter de bosser pour 399.90 € par mois, et là ils auraient encore eu du taff pour un moment, même pas pouvoir bouffer ok, mais avoir du boulot, et surtout faire plaisir aux actionnaires, ces enc....s qui font creuver des milliers de familles par soif de fric !
La seul façon de ne pas reculer, c'est de lutter, de refuser les sacrifices et de se dire que nous ne devons rien à nos Dirigeants, nous sommes en France pays de lutte et de dignité, espérons que les gars de CLAIROIX se battent en tous cas nous sommes à leurs cotés !

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Publié par Où va la CGT ? - dans Emploi
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