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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 18:34
Jeudi 29 octobre 2009
Randstad Intérim, c'est pas joli, joli, la CGT !

[Mise à jour 05 novembre] Les commentaires continuent à arriver nombreux sur cet article, ils ne sont pas mis en ligne, mais ils sont néanmoins conservés. Ils proposent de multiples témoignages très contradictoires, certains confirmant à 100% l'article, autres sociétés d'intérim à l'appui, d'autres contestant le contenu "qui ne fait que le jeu de la direction".
Que les lecteurs sachent par ailleurs que si nous avons publié cet article, ce n'est pas à la légère, ou sous le fruit d'une quelconque manipulation... Nous verrons par la suite s'il est utile de revenir sur le sujet, nouveaux éléments à l'appui, en utilisant ces témoignages, que vous pouvez continuer à nous transmettre.

D'abord, il faut bien comprendre.
L'intérim, ce sont deux domaines liés mais quand même bien différents :
  • Le personnel permanent des entreprises d'intérim (Manpower, Randstad, Adia, Adecco, CRIT, Man BTP etc.)
  • Et le personnel intérimaire de ces mêmes sociétés.
Et ce n'est pas tout à fait la même chose.
Si le syndicalisme parmi le personnel permanent des sociétés d'intérim s'apparente au syndicalisme traditionnel de n'importe quelle société du privé, le syndicalisme parmi les intérimaires, c'est spécial. Très spécial.
Voire très très glauque.
Il y a quelques années, les syndicats avaient présenté comme une grande victoire l'élargissement du droit syndical aux intérimaires. Or quand on connaît concrètement ce qu'est la précarité et le travail temporaire, on pouvait craindre le pire - et il est arrivé.

Dans certaines sociétés d'intérim, certains intérimaires ont sauté sur l'occasion pour cumuler l'ensemble des mandats (style DSC + DS + CE + DP + CHSCT) avec des heures de délégations monstrueuses 110h par mois par exemple, sans compter les heures de réunions, multipliées à dessein avec la complicité des directions qui ont ainsi trouvé le moyen d'être tranquilles. Certains "syndicalistes" cumulent ainsi jusqu'au delà de 200h par mois d'horaires déclarés au mépris du droit du travail mais pas du porte-monnaie qui peut monter jusqu'à plus de 3000 €. D'autant que ces heures sont payées au taux de la dernière mission qui peut être complètement bidon comme "une heure d'assistant" chez un avocat conseil, payée grassement...
Certains de ces "syndicalistes" n'ont ainsi jamais effectué une seule véritable mission d'intérim sur le terrain depuis des années et des années, et vivent comme de véritables permanents bureaucrates à s'occuper du CE ou autres activités. Une véritable rente de situation, on le comprend.

Tant qu'il ne se passe rien, l'affaire n'a somme toute pas plus d'importance que cela dans le champ de la corruption syndicale ordinaire. "Le ver est aussi dans le fruit syndical" titraient nos camarades des Mines de Lorraine...
Là où ça se complique, c'est quand il y a un problème et que nos prétendus "syndicalistes" sont confrontés à la lutte des classes, la vraie, face au patron. Et là, la matérialité de la corruption conduit évidemment à la trahison.

"Pas chez nous" entendons-nous déjà !!! La CGT est à l'abri de ce genre de collusion, réservée aux autres, CFDT, FO, CFTC etc. En êtes-vous si sûrs ???
Nous allons maintenant sortir du général pour parler concret.

Mars 2009 : à la faveur de la crise qui touche massivement le domaine de l'intérim, la société Randstad rachète Vedior bis et annonce un plan de licenciement de 542 personnes dans le cadre de la restructuration.
Et il se trouve qu'à Randstad (comme dans d'autres entreprises d'ailleurs) il y a des "délégués" CGT qui sont bien corrompus. Nous soulignons : corrompus. Délégués qui par ailleurs savent très bien manier le discours radical, lutte de classe et compagnie, pour donner le change, mais qui sont en train purement et simplement de liquider l'opposition à la restructuration...

En juin, un référé est posé sur la non transmission de documents au CE dans le cadre de la restructuration (classique). L'arrêt doit avoir lieu le 17 août. En plein week-end des 15 et 16 août (mot compte double ou triple pour les heures de négociation...) la CGT et la CFDT négocient deux accords avec la direction au prétexte de faciliter le départ des "volontaires" (on croit rêver !!!). En laissant de côté au passage les autres syndicats dont FO pour une fois fermement opposée aux licenciements. Evidemment, la juge des référés ne peut que renvoyer au fond, prise de court par une manoeuvre qui désamorce toute la procédure.
Rebelote fin septembre avec jugement sur le fond, renvoyé au 18 décembre. A peine annoncé les protagonistes (Direction, CGT, CFDT) annoncent la négociation d'un addendum. On arrive à une situation ubuesque ou l'inspecteur du travail, les juges sont constamment court-circuités par la corruption institutionnelle et donc évidemment réduits à l'impuissance.

Voilà comment des bureaucrates zélés deviennent des auxiliaires de la direction dans les restructurations du personnel permanent (plus de 500 licenciements, une paille !), étant eux-mêmes protégés comme délégués intérimaires !!! Une véritable honte - un scandale !!!
Nous le disons, il y a là un PACTE DE CORRUPTION clair et net.

Mais tous les délégués ne sont pas des pourris. Certains, tant parmi les intérimaires que parmi le personnel fixe sont scandalisés et protestent, d'une manière ou d'une autre.
Pas de problème : quel que soit le prétexte, on leur retire leur mandat syndical. Plusieurs camarades de Randstad ont ainsi déjà été démandatés, et il se dit de source sûre que c'est sur injonction de la direction auprès du DSC...

Cette question de la corruption est particulièrement visible chez Randstad, et nos camarades ont raison d'exiger la séparation de la syndicalisation des intérimaires et du personnel permanent, pour clarifier la situation.
Et les "syndicalistes" corrompus doivent retourner au boulot. Leurs patrons chéris ne devraient pas avoir trop de mal à leur retrouver des missions, même en période de crise.

Mais cette corruption  existe partout, sous des formes plus insidieuses. Mais quel est le sens du syndicalisme d'accompagnement et de cogestion, même sous la forme de la "coopération conflictuelle" chère à notre direction confédérale ? Mais d'où viennent nombre des permanents payés par les grands groupes du privé ou du public ? D'où vient le financement de l'organisation syndicale qui perd des effectifs mais emploie de plus en plus de permanents, élus ou experts occultes ?
La CGT Ranstad c'est la caricature ultime de où peut mener la collaboration de classe, l'achat de militants par le patronat, vieille méthode toujours d'actualité.
Plus que jamais l'heure est à la clarté, à la transparence, au refus du cumul des mandats, à la lutte des classes. Pour nettoyer la CGT de ces pourris, il faut en changer l'orientation qui, au fond, leur sert de couverture !
Et aujourd'hui cela passe par le soutien à la candidature à JP Delannoy contre Bernard Thibault au 49ème congrès !

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