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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 17:45
Mardi 12 mai 2009
Nouvel assassinat d'un dirigeant syndical de l'automobile au Venezuela

La lutte des classes est un combat âpre et dur, un combat permanent qui forge des dirigeants issus des rangs de la classe ouvrière, mais qui en paient parfois le prix.
La situation politique change au Venezuela, et il n'est pas le lieu de ce blog de disserter sur ces changements. Mais une nouvelle génération de dirigeants classistes apparaît, en rupture avec le réformisme traditionnel. Alors, forcément, l'affrontement se durcit. Nous publions ci-dessous plusieurs extraits de la presse du Venezuela autour de l'assassinat d'un dirigeant du syndicat de Toyota cette fois.
Plus que jamais, l'heure est à la solidarité internationale des travailleurs, et c'est là que le Conseil International des Travailleurs de l'Automobile prend toute sa place, en octobre prochain !


Les dirigeants syndicaux des entreprises Chrysler, MMC, Ford, General Motors, Oci-Metalmecanica, Dana Structural Solutions, Dana Tuboauto, Dane Arbres et Cardans, Filtres Wix, Lear, Metalcar, Mamusa, Vivex et Macusa déplorent le lâche assassinat du grand dirigeant syndical Argenis Vásquez, Secrétaire à l’Organisation du syndicat SINTRATOYOTA de l’usine d’assemblage de Cumaná. Il a été abattu aujourd'hui sur le seuil de sa maison, depuis une voiture en mouvement.

Pour les travailleurs de l’industrie automobile, c’est une nouvelle fois un coup dur.
Il s’agit d’un lâche assassinat d’un de nos lutteurs les plus aguerris et les plus combattants, participant parmi les travailleurs de Toyota à toutes les dernières batailles contre le patronat japonais pour la défense inconditionnelle de ses droits, avec une claire vision de classe.

Argenis Vásquez, faisait partir d’une nouvelle couche de dirigeants syndicaux classistes et révolutionnaires provenant du secteur automobile, qui apparaissent depuis quelques années au travers de l’importante bataille contre les multinationales de  l’automobile où ils ont tenu bon dans la lutte pour la santé et la vie au travail.
Le camarade Argenis a commencé la lutte il y a quelques années comme délégué à la sécurité, et l’entreprise Toyota ne l’a pas fait trembler en s’en prenant à lui et en le licenciant de manière injustifiée. Après que l’inspectrice du travail de Cumaná ait ordonné la réintégration du collègue, il s’est proposé avec un groupe de camarades pour transformer le syndicat, et ils ont lancé une proposition de rénovation de la direction, qui fut approuvée majoritairement par les travailleurs lors d’élections du syndicat le 18 juin 2008.

L’assassinat du camarade Argenis Vásquez s’ajoute à l’assassinat de José Marcano de MMC, Pedro Suárez de Macusa à Barcelone (dans l’Etat d’Anzoategui au Venezuela) et à ceux des dirigeants de la UNT Aragua Richard Gallardo, Luis Hernández et José Requena, comme à ceux dans la construction et parmi les dirigeants paysans. Nous travailleurs ne voulons pas continuer à voir grandir la liste des assassinats, et nous luttons jour après jour pour tirer ce pays de l’avant, mais avec le regard fixé sur le socialisme que les exploités et exclus exigeons.

C’est pour cette raison que nous envoyons d’ici nous plus profondes condoléances à sa famille et autres êtres chers, et aux travailleurs de Toyota et nous exprimons toute notre solidarité aux autres membres de la direction de SINTRATOYOTA, ainsi que notre disposition à les accompagner pendant cette période si sensible.
C’est Argenis Vásquez et son esprit de lutte inflexible qui nous accompagnera sur chaque scène de bataille et le meilleur hommage que nous pouvons lui rendre est de ne pas faiblir et de continuer à approfondir la lutte pour l’émancipation de la classe ouvrière !

Camarade Argenis Vásquez, Vive le socialisme !
Valence, le 5 mai 2009


Suite à l’assassinat, les travailleurs ont occupé l’usine en signe de protestation. Ils considèrent que la multinationale japonaise peut être considérée comme responsable possible du meurtre.
Le responsable de la Presse et de la Propagande de SINTRATOYOTA, Carlos Farias, a prévenu que l’entreprise continuera à être occupée jusqu’à ce qu’une enquête soit déclenchée.

Le Courant Classiste, Unitaire, Révolutionnaire et Autonome (CCURA) a convoqué les travailleurs du secteur automobile à réaliser une réunion de leurs organisations syndicales à Cumaná et à réaliser une grève nationale dans l’industrie.
Le ministre de l’intérieur, Tareck El Aissami, a signalé qu’une commission spéciale de la police judiciaire s’est rendue à Cumaná et qu’elle a déjà obtenu une information sur un "intérêt criminel". L’action a été réalisée par ordre du président Hugo Chavez.
Parallèlement, le Ministère Public a désigné deux procureurs "pour enquêter sur les circonstances du fait et pour établir les responsabilités pénales correspondantes".

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Publié par Où va la CGT ? - dans International
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