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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 18:17
Lundi 21 décembre 2009
Le Duigou sort par la porte... et rentre par la fenêtre !

Le Monde vient de nous en apprendre une bien bonne ! Et d'un journaliste bien informé s'il en est, puisque c'est celui qui a déjà été capable d'annoncer le 1er décembre (avant même le début du Congrès) la composition précise du nouveau bureau confédéral élu par la nouvelle Commission Exécutive Confédérale. C'est dire s'il est fort ! Candidat à la succession de la journaliste des Echos pour les fuites organisées ???
Bon, revenons au sujet, on s'égare. En tous les cas, ce qui est sur, c'est qu'on l'a pas appris par la Conf !

Donc, voici l'article du Monde, qui nous annonce que JC Le Duigou, sera désormais "conseiller spécial" de Bernard Thibault. Evidemment en charge de ses dossiers préférés, les retraites et l'industrie (où il cornaque Mohamed Oussedik, nouvel élu au bureau confédéral et figure montante de la "nouvelle CGT"). Le Duigou, où tout a été déjà dit, son réformiste absolu, son intégration complète dans l'appareil d'Etat via de multiples conseils, sa participation aux clubs de la bourgeoisie à égal avec les grands patrons, bref un bourgeois, même si ce mot fait peur à nombre de camarades de notre confédération, même opposants radicaux. Mais il faut appeler un chat un chat, et un ennemi de classe un bourgeois.
"Conseiller spécial". Ca se multiplie à la Conf', ces experts non élus, spécialistes de tel ou tel dossier, qui travaillent dans l'ombre pour préparer les dossiers des négociations face à leurs homologues des ministères. C'est entre "gens du même monde" qu'on discute et qu'on s'arrange. C'est une des caractéristiques de la démocratie bourgeoise, la perte de contrôle croissante des masses sur les véritables décideurs, on nous demande juste de valider une fois tous les 3 ans (CGT), 5 ans (présidence de la république et législatives) le choix de ceux qui vont décider à notre place. Et après, on la joue comme on veut, comme on dit, "les promesses n'engagent que ceux qui y croient !"

Au delà du personnage, le maintien en place de JCLD est en fait la manifestation de l'orientation confédérale. Passé le Congrès où il a fallu faire un peu le gros dos face à la candidature Delannoy  et laisser passer 1/3 des amendements proposés pour calmer les délégués, on revient sur une voie bien tracée.
Au printemps 2010, il y a la reprise de la négociation sur les retraites, et on garde en place celui qui a validé les reculs précédents, de l'abandon de la revendication de la retraite à 55 ans et des 37 ans et demi de cotisations, qui a validé l'acceptation des 164 trimestres, la mise au pas des retraites du public, l'abandon des régimes spéciaux. C'est donc lui qui va piloter la négociation de l'an prochain.
On a du souci à se faire du côté de la conf" !!!
Mais qui peut s'en étonner ? Qui peut encore être surpris par cette nouvelle manoeuvre, une de plus ? Qui s'attendait à autre chose de la part de la direction confédérale ? Qui rêvait encore au retour de la CGT sur les rails de la lutte des classes et de la défense véritable des travailleurs ? Franchement, cela fait sourire de lire les réactions "indignées" de certains lecteurs de Bellaciao...

Nous reviendrons ultérieurement sur le bilan du congrès de la CGT, auquel nous travaillons en enquêtant le plus largement possible. Mais, camarades de la CGT, il faut en finir avec le rêve d'une direction confédérale et plus généralement d'une CGT différente de ce qu'elle est. Il faut retirer les lunettes déformantes, il faut regarder la réalité en face.
Ce n'est qu'à cette condition que l'on pourra avancer.

logoLMA la CGT, le faux départ de Jean-Christophe Le Duigou
LE MONDE | 21.12.09 | 13h56  •  Mis à jour le 21.12.09 | 13h57

C'est ce qui s'appelle une fausse sortie. Jean-Christophe Le Duigou a quitté le bureau confédéral et la commission exécutive (CE) de la CGT, à l'occasion du 49e congrès, qui s'est tenu début décembre à Nantes, mais il va continuer de travailler au côté de Bernard Thibault. Et même au plus près du secrétaire général de la CGT, puisqu'il en devient "conseiller". Une fonction que personne n'occupe actuellement.

Grand spécialiste du dossier des retraites, ce Breton de 61 ans, économiste de formation, rappelle avec humour qu'il a été régulièrement le "plus mal élu" des derniers congrès, pour des positions jugées trop réformatrices, voire réformistes. Il va désormais prodiguer ses conseils au 8e étage de la confédération, où se situe le bureau de M. Thibault. En 2003, au congrès de la CGT de Montpellier, en plein conflit contre la réforme des retraites de François Fillon, beaucoup lui avaient reproché de ne pas avoir défendu bec et ongles la revendication des "37,5 années" de cotisation et, surtout, d'avoir cosigné un ouvrage sur la question avec "l'adversaire" d'alors, le dirigeant de la CFDT Jean-Marie Toulisse (L'Avenir des retraites, éd. de l'Atelier, 1999). Bien que depuis longtemps membre du PCF - il a pris sa carte aux Jeunesses communistes à 14 ans -, M. Le Duigou était alors l'homme à abattre.

En lui rendant hommage dans son discours de clôture à Nantes, M. Thibault a présenté son futur conseiller comme "voyant loin mais restant toujours proche des siens". "Jean-Christophe Le Duigou est l'homme de l'offensive sur la retraite et l'un de nos champions de la politique industrielle", a-t-il ajouté. Une façon de bien cadrer sa mission. Alors que l'année sera marquée par le grand rendez-vous social des retraites, l'expertise et les relations de M. Le Duigou seront d'une aide précieuse, mais son positionnement ne sera pas facile à trouver. Le dernier congrès de la CGT, où M. Chérèque n'a pas pu mettre les pieds, montre à quel point la réforme des retraites est un sujet sensible. M. Le Duigou aura la délicate mission de naviguer entre une franche opposition à la réforme et la nécessité de ne pas s'isoler dans les négociations. Les Etats généraux de l'industrie, voulus par la CGT et annoncés par Nicolas Sarkozy, lui donneront une occasion plus facile d'exercer ses compétences.

L'autre sortante de poids du bureau confédéral, Maryse Dumas, qui avait en charge le secteur revendicatif, ne devrait pas bénéficier du même parcours que M. Le Duigou. Elle partageait avec lui la place de "numéro deux" de la CGT. Elle a demandé à s'occuper de la formation des cadres, mais ne sera pas directement "conseillère" du secrétaire général.


Rémi Barroux
Article paru dans l'édition du 22.12.09

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Publié par Où va la CGT ? - dans Les structures
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