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6 janvier 2023 5 06 /01 /janvier /2023 11:00

Vendredi 6 janvier 2023

Quatargate et corruption syndicale : qui a le cul propre ?

 

On a finalement assez peu parlé du « Quatargate » au Parlement européen, révélé le 15 décembre avec l’inculpation d’une vice-présidente grecque. Vite effacé de l’actualité, en pleine Coupe du Monde de foot, ça faisait un peu désordre.

Et on a encore moins parlé de l’arrestation dans la même bande de Luca Visentini, président de la CSI (Confédération Syndicale Internationale, à laquelle la CGT est affiliée) pour des faits similaires de corruption de la part du Quatar.

 

Alors, quasi silence radio.

Mais on a eu droit le 22 décembre à un 4 pages assez détaillé et particulièrement confidentiel de l’Espace International de la CGT (impossible de le retrouver en ligne nulle part), que nous livrons ci-contre.

On y découvre deux choses :

  1. Oui, bon d’accord, c’est pas bien la corruption, mais on a fait ce qu’il faut pour réagir le plus vite possible et s’en débarrasser. Très bien. Mais pas un mot pour expliquer COMMENT une telle corruption a été possible dans le monde syndical… A moins que ça ne fasse pas très propre d’expliquer que le syndicalisme officiel est parfaitement intégré à la gestion du capitalisme et aussi parfaitement intégré à toutes ses dérives.
  2. Ah, mais bon, à la FSM c’est pareil, et de citer un extrait assez croustillant de celle-ci en soutien au Quatar, quelques années auparavant.

De leur côté, les militants proches de la FSM profitent de l’événement pour se mettre en avant (voir par exemple ICI), en oubliant soigneusement toutes les casseroles qu’ils peuvent également traîner. Nous laisserons les bureaucrates syndicaux régler leurs comptes entre eux, ça ne nous intéresse pas trop, au final.

 

Donc CSI et FSM, les deux grandes centrales syndicales mondiales, ne sont pas particulièrement claires sur le Quatar, et les soupçons de corruption (voire les preuves pour Visentini) sont forts…

Corruption vous avez dit corruption ? Cachez ce mot que je ne saurai voir…

 

Il faudrait d’abord que les syndicats balaient devant leur porte et fasse le ménage en intérieur. Qu’on nettoie carrément les écuries d’Augias. Et ça ne se fera pas par quelques remplacements, aussi rapides soient-ils, « le ver est dans le fruit syndical », comme le disaient nos camarades de la CGT des Mines de Sel et de Fer de Lorraine dans un article de novembre 2007.

 

La corruption ça commence tout petit. Par faire chauffer la carte bleue du syndicat ou du CSE, au nom des efforts et du temps passé pour la collectivité. Et ça continue avec les indemnités kilométriques, les défraiements divers, les heures de délégation payées en heures sups (sur ce blog on a reçu, et on a encore en stock des copies de feuilles de paie de militants CGT à 6000€ !!!). Ça continue par les postes de permanents, à des salaires indécents par rapport à la moyenne des salariés. Comment imaginer ensuite retourner au boulot, à l’exploitation ? Et après, c’est le « plan de carrière syndical », les postes d’administrateurs dans le paritarisme, les mutuelles, les CESE régionaux, la gestion de la Sécu et du Chômage, le pompon de la formation professionnelle, les postes d’administrateurs dans les grands monopoles impérialistes, et on en passe, la liste est longue – le tout grassement rémunéré. Le patronat sait bien qu’il a intérêt à cette corruption et il paie sans broncher : il n’aura pas de meilleur allié pour éviter tout bouleversement majeur, le chien ne mord pas la main qui le nourrit…

Et soyons clair : ça touche tout le monde dans la CGT, les « pro-CSI » comme les « pro-FSM ». On a quelques dossiers sous le coude.

 

Alors le Quatar, OK le Quatar. L’arbre qui cache la forêt.

La conséquence logique de toutes les dérives accumulées depuis des années, la transformation des syndicats officiels en officines capitalistes, certes dans une version réformiste prétendument oppositionnelle, mais tout à fait intégrés à ce système pourri.

Visentini a été démasqué à la CSI, c’est une bonne chose. L’occasion de braquer le projecteur sur ce ver qui nous pourrit de l’intérieur.

Tiens, qui va en parler au prochain congrès ?
 

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