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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 14:42

Jeudi 24 février 2011

CGT et Front National : une mauvaise et une bonne nouvelle

 

La présence d’électeurs du FN dans la CGT n’est pas une nouveauté. La présence de militants du FN était un secret de polichinelle, depuis des années, et source de nombreuses polémiques dans nos rangs, entre ceux qui faisaient l’autruche et ne voulaient rien savoir, ceux qui niaient farouchement la réalité en certains endroits, et ceux déterminés à combattre l’extrême-droite dans nos rangs, tout simplement parce qu’ils la côtoyaient au quotidien. Un sondage réalisé il y a quelques années avait ainsi fait couler beaucoup d’encre…

 

Mais au final, quoi d’étonnant à cette présence ? Si l’on associe la collaboration de classe, le développement de la misère avec la crise et les délocalisations, les contradictions de la classe ouvrière dont le racisme, les effets dévastateurs du « Fabriquons Français », et une Confédération largement dépolitisée, on a la soupe nauséabonde où peut s’incruster les thèses du Front National. Et encore plus à l’heure de la « marinisation » de celui-ci, c'est-à-dire l’heure d’une droite extrême décomplexée, anti-libérale, nationaliste et protectionniste, prétendument aux côtés des pauvres et des prolétaires.

 

Il y a quinze ou vingt ans, ces militants existaient déjà. Nous ne parlons pas des quelques cinglés des groupuscules fachos, non, des militants FN connus, des colleurs d’affiches. Il y a eu des heurts, des tensions. On a le souvenir de réunions de syndicats sous haute tension, en présence de secrétaires fédéraux isolés dans une assemblée hostile, à quelques exceptions près…

A l’époque, on se taisait, on cachait cette maladie honteuse, on évitait à tout prix de rendre public une situation intenable. C’était ambigü : c’était à la fois une honte qui devait être cachée, et à la fois un manque de fermeté face à une vraie influence du FN dans certains secteurs de la CGT. Fallait-il les exclure ? Les accepter au nom de la démocratie et de la séparation avec la politique ? Rien n’était clair.

 

Avec la nouvelle vague de la crise, des restructurations et de l’impasse totale des réformistes impuissants face aux délocalisations dans la guerre économique mondiale, le « Fabriquons Français » reprend un peu du poil de la bête dans les secteurs les plus arriérés de la CGT, attisé par les résidus nationalistes de déçus du PC à l’ancienne, par exemple actifs dans le Nord Pas de Calais.

Sous un autre plan, la campagne Sarkozy/Hortefeux/Besson contre les sans-papiers a provoqué une polarisation dans notre syndicat. Une large majorité à soutenu la campagne de régularisation, comme on a pu le voir au 49ème Congrès, même si seule une petite minorité de militants clairvoyants s’engageait dans la bataille. Mais une polarisation, c'est toujours des deux côtés… De l’autre côté, une minorité écoute aussi les sirènes du racisme et du nationalisme propagé par le gouvernement sur le fumier de la crise, et devient à nouveau sensible aux sirènes du FN marinisé…

 

Nous publions ci-dessous une déclaration conjointe de la Fédé des Services Publics et de l’UD de la Moselle. [Mise à jour 27 février : Un article qui complète les infos ci-dessous, ICI]. 

Une mauvaise nouvelle : le renouveau de l’influence frontiste dans la CGT.

Une bonne nouvelle : cette fois, c’est public, ouvert et des sanctions sont prises. Ce n’est plus une maladie honteuse, mais un cancer à combattre à la racine, publiquement, ouvertement. Ces militants, ces adhérents n’ont rien à faire dans la CGT, c’est une évidence, et (une fois n’est pas coutume), nous nous félicitons de l’attitude des structures responsables.

 

Après, on pourrait continuer à s’interroger. La remise en cause des thèses frontistes ? Très bien. Et celles de collaboration ouverte avec le patronat, comme à Dalkia ? Et celles de corruption comme à Eurodisney, au CCAS de EdF ou dans les CE SNCF ?

C'est-à-dire, pour poser la question plus crûment. Où est la démarcation fondamentale ? Entre une CGT « démocratique » (sic !) et l’influence des thèses du FN ? Ou entre une CGT en voie de CFDTisation et une CGT de lutte de classe ?

Et encore plus fondamentalement : n’y aurait-il pas quelque part des relations entre ces deux dérives ???

 

CGT FN

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Publié par Où va la CGT ? - dans Les structures
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