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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 13:18

Mercredi 11 avril 2012

Des nouvelles de PSA Madrid et Aulnay

 

Nous avons reçu des camarades de la CGT Madrid toute une série de documents sur le déroulement des derniers mois à PSA, vus du côté espagnol.

Nous publions ci-dessous la traduction du dernier tract diffusé sur l'usine le 26 mars dernier, qui est en fait un résumé des événements (original en espagnol en fin d'article).

On verra qu'on est bel et bien dans la même situation qu'à Aulnay...

SIA-CGT-CFDT-appel-QG-12-avril.jpgEt que donc, plus que jamais, la solidarité concrète au plan national et international doit se construire. Les camarades de la CGT espagnole proposent un communiqué pour le rassemblement prévu devant le QG de Sarkozy (voir l'appel ci-contre), c'est vraiment une bonne démarche.

 

Et nous ne saurions trop insister sur la tenue du Conseil International des Travailleurs de l'Automobile qui aura lieu à Münich en Allemagne lors du week-end de l'Ascension.

Outre l'opportunité du rassemblement international, un forum spécifique réunira les camarades de PSA des usines d'Europe (les camarades espagnols seront présents), et également des usines GM et Opel, directement concernées par les restructurations dans les mois à venir.

Une occasion à ne pas manquer, il n'est pas trop tard pour s'inscrire ! (faites-vous connaitre au blog qui transmettra).

 

[PS à nouveau] : la CGT espagnole n'a rien à voir avec la CGT française, dont l'équivalent espagnol sont Les Commissions Ouvrières (CCOO) qui font partie des syndicats signataires.


 

Où est notre futur ? 

 

Vendredi 23 mars, les travailleur(se)s de Peugeot ont découvert par la presse la suspension ou le retrait du nouveau projet qui devait être fabriqué dans notre usine, surement une mauvaise nouvelle pour les intérêts des travailleur(se)s.

Si nous prenons en compte le rapport dévoilé par le syndicat français (CGT) en son temps, nous comprenons que la feuille de route se déroule au pied de la lette et que le groupe PSA, dans ce rapport élaboré au printemps 2010, y reconnaissait alors qu’il n’était pas très optimiste pour le centre de Madrid et qu’il pensait que la fabrication d’un nouveau  modèle pour notre centre n’était pas adéquate, parce que nous sommes un centre de travail ancien, en site urbain et sans débouché sur la mer, et il reconnaissait qu’il était bien plus rentable d’importer des voitures depuis l’usine d’Inde que les fabriquer en Europe.

Une fois rendu public ce rapport dans les médias, la Direction du groupe ne l’a pas nié, mais a dit qu’il s’agissait d’un document ancien et a communiqué l’existence d’un nouveau modèle pour le centre de Madrid à partir de 2014, ils nous ont aussi raconté qu’en 2012 et 2013, comme nous aurions des productions faibles, ils nous prêteraient 30 000 véhicules de modèle M3 et M4 depuis l’usine de Vigo.

La CGT a interrogé sur l’avenir de Madrid en un nombre incalculable d’occasions, par exemple les suivantes :

Le 6 juillet 2011, lors de l’observatoire social du groupe, en ayant connaissance de ce rapport, nous avons interrogé directement la direction de l’entreprise sur la menace de fermeture de Villaverde. La réponse de l’entreprise a été que le futur était garanti par de nouveaux projets.

Le 6 septembre 2011, lors de la phase de consultations du dernier Plan de Régulation de l’Emploi (ERE), la CGT a constaté l’extrême dureté de cet ERE où le centre de Madrid était pénalisé avec des productions minimes pour 2012 et 2013, et nous avons interrogé la direction du centre sur la garantie de continuité de l’usine de Villaverde après la perte d’emplois et de productions. La réponse, une nouvelle fois, fut que l’avenir était garanti et que notre cas n’était pas similaire à celui d’Aulnay (voir : "PSA Madrid : la CGT refuse le plan social").

Le 21 février 2012 lors de la Négociation de la Convention Collective et après avoir lu dans la presse des déclarations du Président du groupe P. Varin où il reconnaissait une surcapacité de production dans les usines de segment B qui rendait ces usines non rentables, où il commentait en outre que le futur des dites usines dépendait du cycle de vie de ses  produits, la CGT a interrogé dans cette réunion la direction de Villaverde sur les déclarations du Président et sur le futur de Villaverde. De nouveau, la réponse fut qu’il y avait déjà un projet et que la presse mentait dans ses informations.

C'est-à-dire qu’après avoir vu les événements des derniers mois, tant l’entreprise que les syndicats signataires des derniers accords (ERE 2011-2012 et Convention Collective) ont TROMPE les travailleur(se)s de cette usine en répandant de la fumée, tant de la part de l’entreprise dans sa communication de nouveaux projets que de la part des syndicats dans leurs tracts qui garantissaient le futur.

Ils ont commencé à nier notre avenir aux débuts de cette année, le 12 janvier 2012, lorsque lors d’une visite de la Direction du groupe à Madrid, ils nous ont communiqué que les modèles M3 et M4 qui devaient se fabriquer à Madrid se feraient finalement à Vigo, en nous laissant à Madrid une  production très faible. Vendredi 23 mars 2012, nous découvrons par la presse la suspension du nouveau  projet pour le centre de Madrid, créant ainsi l’alarme sociale pour les travailleur(se)s du centre de Villaverde. Face à cette situation, le syndicat CGT a sollicité la réunion urgente du Comité d’Entreprise, auprès de la Direction de l’Entreprise pour pouvoir clarifier les informations émises par la presse et pouvoir informer les travailleu(se)rs de la réalité existante.

Aujourd’hui, nous pouvons dire que nous sommes dans la même situation que les usines de SevelNord et de Aulnay, où avec Villaverde, nous étions les trois usines du groupe affectées dans le rapport divulgué par le syndicat français.

Ils nous ont signé un ERE qui suppose destructions d’emploi et chômage partiel sans garantir un futur industriel pour notre centre de travail.

Ils ont signé une Convention Collective avec perte de droits et de salaires, en connaissance du noir futur qui nous attend dans l’usine de Villaverde.

0483_029.jpgLa direction de l’entreprise et les syndicats signataires sont en train de jouer avec les intérêts des travailleur(se)s uniquement pour garantir les profits de l’entreprise, au prix de coupes dans nos droits.

Pour cela, la CGT EXIGE de la direction de l’entreprise qu’elle présente un plan industriel avalisé et signé par la Direction du groupe qui garantisse la viabilité du site de Villaverde et de ses postes de travail, avec l’affectation de nouveaux modèles à fabriquer à partir de 2013.

Nous EXIGEONS de la direction du groupe qu’elle cesse de pénaliser l’usine de Villaverde en faveur d’autres sites du groupe et qu’elle répartisse les productions d’une  manière équitable entre les usines du groupe.

La CGT répète à tout le personnel qu’il faut qu’il prenne conscience de la situation dans laquelle nous nous trouvons en ce moment, que nous devons en finir avec les luttes individuelles et  passer à la défense collective de nos postes de travail, parce que en ce moment, nous n’avons rien à défendre de mieux.

 

POUR QU’ILS NE TE TROMPENT PLUS

SYNDIQUE-TOI à la CGT

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Publié par Où va la CGT ? - dans Emploi
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