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11 juin 2026 4 11 /06 /juin /2026 16:54

Jeudi 11 juin 2026

Quand les statistiques du gouvernement dévoilent la vie de l'ouvrier.e

 

Débats préélectoraux avec un an d’avance, qui sature les médias sans intéresser personne…
Congrès syndical de la CGT, un peu en mode « tour d’ivoire »…

Voilà la dominante des débats dans les medias officiels – à côté de la juste polémique sur les Violences Sexistes et Sexuelles dans la société, autour de la mort horrible de la petite Lyhanna.

 

Pendant ce temps, les statistiques officielles tombent discrètement, diffusées par le gouvernement lui-même : il s’agit des statistiques de la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère chargé du Travail), entre mai et juin. Il faut les faire connaître pour dévoiler la réalité quotidienne de l’exploitation des ouvrières et des ouvriers dans cette société barbare.

Quelques précisons, car les statistiques doivent être manipulées avec précaution, en particulier quand il s’agit de moyennes. Les « indépendants », ce sont les artisans ou tous les non salariés « uberisés », sous le statut d’autoentrepreneur ou autre. Ensuite, il convient de bien lire les différences, par exemple entre temps plein et temps partiel, pour éviter de se faire piéger par une moyenne qui ne veut rien dire. Et ainsi de suite.

Alors, allons-y.

 

Le travail le dimanche en 2025 (voir ICI)

« En moyenne en 2025, 23,2 % des personnes en emploi ont travaillé au moins un dimanche sur une période de quatre semaines consécutives. Cette part diminue par rapport à 2024 (-1,0 pt) et reste toujours en-deçà de celle observée avant la crise sanitaire, en 2019 (25,8 %). 

En 2025, parmi les indépendants, 39,2 % ont travaillé au moins un dimanche sur quatre, contre 20,7 % parmi les salariés.

Le travail le dimanche est particulièrement répandu dans l’agriculture, où 54,3 % des personnes en emploi travaillent au moins un dimanche sur une période de quatre semaines consécutives en 2025. Il est également courant dans l’hébergement et restauration (47,3 %), la santé humaine (43,2 %), la fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac (27,6 %) ou le transport et entreposage (23,6 %). »

 

Le travail de nuit en 2025 (voir ICI)

« En moyenne en 2025, 10,9 % des personnes en emploi travaillent au moins une fois de nuit sur une période d’observation de quatre semaines consécutives. Cette part, qui se stabilise en 2025, est supérieure de 0,9 point à son niveau de 2020, mais demeure en-deçà de celle observée avant la crise sanitaire (11,9 % en 2019). 

En 2025, parmi les indépendants, 13,1 % travaillent au moins une fois de nuit sur une période de quatre semaines consécutives, contre 10,6 % parmi les salariés. Cette part est en hausse sur un an pour les indépendants (+0,9 pt), et stable pour les salariés ; en cumulé sur les quatre dernières années, entre 2021 et 2025, elle progresse de 1,7 point pour les indépendants, et de 0,8 point pour les salariés. 

Le travail de nuit est particulièrement répandu dans le secteur de la fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac, où 28,0 % des personnes en emploi travaillent au moins une fois de nuit sur une période de quatre semaines consécutives en 2025. Il est également courant dans les secteurs du transport et entreposage (24,8 %), de la santé humaine (17,5 %) ou encore de l’hébergement et restauration (16,4 %). »

 

La durée individuelle du travail en 2025 (voir ICI)

« En 2025, l’ensemble des actifs travaillent en moyenne une durée annuelle effective de 1 585 heures, et effectuent en moyenne 36,8 heures de travail au cours d’une semaine habituelle. Lorsqu’ils travaillent à temps complet, les indépendants travaillent plus que les salariés sur l’année (2 152 heures, contre 1 656 heures), mais aussi au cours d’une semaine habituelle (46,6 heures, contre 38,9 heures par semaine). Toutefois, lorsqu’ils sont à temps partiel, les salariés travaillent davantage que les indépendants (23,2 heures, contre 20,2 heures par semaine, et 966 heures, contre 902 heures par an). »

 

Le travail à temps partiel (voir ICI)
« En 2025, 17,6 % des salariés hors apprentis en France (hors Mayotte) travaillent à temps partiel dans leur emploi principal. Le temps partiel concerne plus d'une femme sur quatre contre moins d'un homme sur dix. »

 

La précarité du travail (voir ICI)

« Au 4e trimestre 2025, en France métropolitaine, 6 501 000 contrats de travail sont signés dans le secteur privé (hors agriculture, intérim et particuliers employeurs), soit 0,7 % de plus qu’au trimestre précédent (après −0,4 % au 3e trimestre 2025).

Le nombre d’embauches en contrat à durée déterminée (CDD) augmente (+1,2 % après −0,2 %), à 5 529 200. À l’inverse, le nombre d’embauches en contrat à durée indéterminée (CDI) baisse de nouveau (−1,7 %, après −1,7 %), à 971 900. »

 

Que tirer de ces constats :

  • Le travail le dimanche concerne en gros un salarié sur quatre
  • Le travail de nuit touche 11% des salariés
  • On est très loin des 35h, puisque le temps de travail à temps plein est de 39h.
  • Le travail à temps (et salaire partiel) concerne plus d’une femme sur quatre, en moyenne à 23h par semaine. En gros (c’est des moyennes), si on ramène ça au SMIC, une femme sur quatre gagne moins de 1000 € par mois.
  • On embauche plus en CDD et moins en CDI
  • Sans parler de la pénibilité (voir « Congrès CGT : retour sur la pénibilité », de la flexibilité, du chômage, de l’âge de départ à la retraite, du travail clandestin, de la chasse aux sans-papiers, des 700 000 intérimaires et ainsi de suite

On peut tenter de multiplier les rideaux de fumée, la réalité brute de l’exploitation ouvrière, elle est là.

Il faut faire connaître ces chiffres dans nos syndicats, c’est le socle de nos revendications, appuyées sur la réalité et la défense intransigeante de l’intérêt ouvrier, sans se préoccuper de la bonne marche du capital.
 

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