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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 06:00

Vendredi 31 mai 2013

Après Mittal et PSA, le gouvernement abandonne les Goodyear

 

Piquet-130528.jpgLe CCE du 28 mai à peine terminé, la direction annonce qu'il n'y a aucune proposition de repreneur, et immédiatement dans la foulée, le gouvernement en prend acte et abandonne les camarades de Communique-Montebourg-Sapin-130528.jpgGoodyear à Pôle Emploi. Un communiqué commun Montebourg/Sapin (voir ci-contre) ne demande plus à la direction que des "mesures d'accompagnement exemplaires", validant ainsi la fermeture de l'usine.

On est bien loin des promesses électorales ("Hollande face aux Goodyear sur les licenciements"), ou des visites de Montebourg sur le parking...

 

Le Courrier Picard s'est d'ailleurs fendu d'un article  particulièrement acerbe "le gouvernement se dégonfle" en analysant le communiqué point par point.

"Nous sommes loin de la campagne des primaires socialistes. En 2011, sur le parking de l'usine Goodyear, Arnaud Montebourg vendait sa « démondialisation », dénonçant les entreprises qui licencient alors qu'elles font du profit.

 

Sa seconde visite en 2012, avec sa casquette de soutien au candidat du Parti socialiste François Hollande, annonçait, en cas de victoire de la gauche, des lois contre les licenciements, à grands renforts d'empathie avec les salariés en lutte...

 

Hier, un simple communiqué a définitivement « grillé » les beaux discours déjà bien abîmés de celui qui est pourtant aujourd'hui ministre du Redressement productif.

 

De façon cinglante, et presque du tac au tac, le gouvernement répondait ainsi à l'appel au secours des représentants des salariés, qui réclamaient un contrôle des manœuvres du groupe Goodyear.

 

Bref, que les services fiscaux fouillent et aident la CGT à prouver que Goodyear Dunlop Tires France use de tous les moyens pour en finir avec son usine d'Amiens-nord.

 

Apparemment, le gouvernement a déjà tourné la page. Pis, dans son communiqué, il « salue le travail de l'AFII » (agence française des investissements internationaux), expliquant que huit entreprises se sont déclarées intéressées, cinq ont signé un accord de confidentialité, deux offres non engageantes ont été présentées. « Après examen attentif du dossier par les candidats potentiels, en lien étroit avec l'AFII, le cabinet du ministre du Redressement productif et les équipes de Goodyear, aucun des candidats n'a été en situation de présenter une offre engageante ». Point barre pour Amiens.

 

Suivent trois petits paragraphes qui sonnent comme les derniers coups de pelle d'un enterrement. D'abord celui faisant constat que les potentiels repreneurs ont reculé face au faible niveau d'investissement réalisé sur le site, donc de l'état de l'outil de production, et la perte de marchés induite.

 

Ensuite, « la direction va poursuivre la procédure d'information et de consultation sur son projet ». Comprendre : de fermeture. « Nous avons demandé à l'entreprise de proposer des mesures exemplaires d'accompagnement visant à permettre aux salariés qui seraient licenciés de retrouver au plus vite un emploi ».

 

Enfin, le dernier sonne comme une rengaine souvent entendue : « l'État s'engage à être présent aux côtés des territoires et des salariés en appui aux projets de réindustrialisation qu'ils initieront pour la sauvegarde du plus grand nombre d'emplois ».

 

On est loin, très loin des promesses entendues sur le parking il y a un an."

 

Alors, le gouvernement, il est où ?

Et bien, Montebourg est à Flins avec le PDG Carlos Ghosn, pour se féliciter du nouvel accord compétitivité emploi signé par les syndicats collabos à Renault.

Bosh-Rodez-Les-Echos-29-30-mai-2013.jpgEt bien, Hollande est à Bosch Rodez pour se féliciter du nouvel accord d'entreprise qui a tout de l'accord compétitivité emploi même s'il n'en porte pas le nom (voir ci-contre).

Le gouvernement a impulsé l'ANI pour plus de flexibilité, précarité et régression sociale, il a trouvé les syndicats "responsables" pour signer, et c'est ainsi qu'il voit l'avenir des ouvriers et travailleurs : toujours plus de flexibilité, toujours plus de précarité, toujours moins de droits - blocage des salaires, reprise de RTT, mobilité forcée etc.

 

Mais les ouvriers qui se battent pour l'emploi, comme à PSA Aulnay, les ouvriers qui résistent - ceux-là peuvent crever. Et quand le capitalisme impose ses règles et son talon de fer, c'est le gouvernement qui s'en fait le promoteur.

 

Les camarades de Goodyear sont abandonnés  par le gouvernement, ça c'est clair et net. Hollande Montebourg ne vaut pas  mieux que Sarkozy/Bertrand.

Il faut maintenant qu'ils prennent leurs affaires en  mains, et il faut qu'ils prennent désormais la voie tracée par PSA ("PSA : une grève historique"), sans faire confiance aux experts qu'ils soient juridiques (juges et avocats), syndicaux ou politiques. Ils sont aujour'hui anesthésiés par le discours de la "voie juridique", dans l'attente d'on ne sait quel sursaut, on ne sait quel sauveur suprême...


"Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes, décrétons le salut commun !" voilà les glorieuses paroles de l'Internationale, notre chant de combat !

Voilà le chemin à suivre à Goodyear comme ailleurs !

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Publié par Où va la CGT ? - dans Emploi
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