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25 janvier 2006 3 25 /01 /janvier /2006 17:19
Nous avons reçu récemment un long document du même titre que cet article, à propos du 48ème Congrès de la CGT, proposé par Le Mouvement Ouvrier de Luttes Prolétariennes, que chacun(e) peut télécharger en version intégrale ci-contre.

La première partie de ce document, propose une analyse générale de l'évolution de la CGT, analyse intéressante en de nombreux points, que nous partageons complètement. Qu'il s'agisse de l'opposition entre syndicalisme de négociation et de collaboration de classe d'une part et syndicalisme de lutte de classe d'auter part, des dérives réformistes généralisées de la direction confédérale, de la critique de la loi Aubry sur les 35 heures et bien d'autres points, nous sommes tout à fait d'accord.
C'est d'ailleurs pour cette raison que nous en faisons la publicité sur ce blog.

La deuxième partie du document traite plus spécifiquement
du texte confidentiel du CCN du mois du mai, dont nous avons déjà parlé sur ce blog, et qui suscite partout de nombreuses réactions. A tel point que la version proposée dans le document d'orientation a été partiellement retouchée, surtout à propos des UL dont la disparition dans le texte avait provoqué un véritable tollé.
Les camarades proposent une analyse critique de ce document, que nous ne trouvons pas convaincante, peut-être parce qu'elle est un peu exagérée.
  • Ainsi, les camarades rejettent la notion de syndicat de site, au prétexte que c'est de cette manière que la direction confédérale ferait accepter le travail temporaire, la sous-traitance, l'externalisation comme quelque chose de normal. Nous sommes pour noter part pour la constitution de tels syndicats, pour l'unité de la classe ouvrière, précisément contre la précarité et la sous-traitance.
    Nous pouvons comprendre la méfiance des camarades, nous la partageons par exemple avec la mise en avant du
    Nouveau Statut du Travail Salarié, pour masquer la disparition de la lutte contre les licenciements et de l'organisation des privés d'emploi.
    Mais nous luttons contre tous les corporatismes et tous les particularismes, et il nous semble possible d'avancer positivement la lutte pour le syndicat unifié dans une optique de classe.

  • Les camarades considèrent semble-t-il que la dérive réformiste de la CGT passe par le bouleversement des structures. Nous avons déjà dit que nous ne partagions pas cette analyse : c'est sur le fond de l'orientation, la cogestion, la participation aux appareils d'Etat, la collaboration directe avec les structures patronales que se joue cette dérive. Les transformations de structure ne sont que des conséquences, des adaptations de ces dérives, pour mieux se mettre en position de "peser sur les négociations", à l'échelle locale, nationale, ou européenne.

  • Enfin, concernant l'échelle de la lutte, il y a quelques formules que nous ne partageons pas : "Une 5ème colonne a infiltré la CGT pour détruite le principe même de la nation souveraine"... Il y a là quelques relents nationalistes pas très frais ! Selon nous, les travailleurs n'ont pas de patrie, ils n'ont pas à défendre la nation, en particulier dans un pays impérialiste, ce que les camarades soulignent justement, quand ils soulignent que la construction de l'Europe n'est que la construction d'un impérialisme européen. Cela, oui, nous le partageons. Mais de grâce, ne revenons pas sur les errements nationalistes du passé, les Fabriquons Français qui ont fait tellement de dégâts dans la classe ouvrière et en particulier fait le lit de Le Pen.
Cela dit, c'est globalement un document qui mérite d'être lu, et discuté, justement dans cette phase de préparation de Congrès. Il montre tous les points d'unité, et aussi tout le chemin qui reste à faire pour construire une opposition syndicale de classe dans la CGT.

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