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18 avril 2006 2 18 /04 /avril /2006 09:21

Mardi 18 avril 2006

Après le retrait du CPE, la lutte contre la précarité continue !

 

C’EST UNE PREMIÈRE VICTOIRE CONTRE LA PRÉCARITÉ EN GÉNÉRAL. Certes, les patrons ont déjà d’autres contrats à leur disposition, mais ils devront remballer pour quelques temps leur projet de contrat unique que le gouvernement prévoyait de voter cet été, c’est-à-dire la généralisation du CPE/CNE à toutes les entreprises et à toutes les classes d’âge.

C’EST AUSSI UNE VICTOIRE POLITIQUE CONTRE LE GOUVERNEMENT. La première qu’une lutte ait réussi à imposer depuis une dizaine d’années. Cette victoire en appelle d’autres et les travailleurs qui entreront en lutte dans les mois à venir se sentiront renforcés par cette bataille.

C’EST UNE VICTOIRE FACE À L’ETAT, À SES INSTITUTIONS. Les ministres ont essayé de nous convaincre que, puisque la loi avait été votée, c’était terminé. Ils n’ont fait que transformer la crise du CPE en crise politique, rajoutant finalement le ridicule à la reculade. Ils ont surtout montré à tous que leur belle démocratie n’est qu’une dictature, celle du capital... et qu’on peut la battre !

C’EST UNE VICTOIRE SUR LE PLAN DES IDÉES. La mobilisation a mis à nu le mensonge gouvernemental, les fausses justifications de la lutte contre le chômage. Elle a aussi porté en avant le refus d’être de la main d’oeuvre jetable. Enfin, c’est une victoire sur les valeurs proposées par les chaînes de télé avec les reality show ou des émissions comme «Le maillon faible». Les jeunes qu’on disait individualistes se sont battus, non pas en tant qu’étudiants, mais comme de futurs travailleurs faisant preuve d’un sens du collectif extraordinaire.

* LUTTER CONTRE LA PRECARITÉ,
* LUTTER CONTRE LE CAPITALISME !

La lutte n’est pas terminée. Les capitalistes ont perdu une bataille mais continuent leur guerre contre nous. Il faut relancer la mobilisation contre le CNE, contre la loi soi-disant «Egalité des chances» qui permet l’apprentissage à 14 ans et le travail de nuit à 15. Il faut se battre contre le CESEDA qui aggrave considérablement la situation des immigrants et demandeurs d’asile. Une rupture du contrat de travail entraînerait la perte automatique du droit au séjour.
Toutes ces mesures visent à plier les travailleurs aux besoins des entreprises avec un seul but : faire baisser le coût du travail. Car pour ces gens là, nous ne sommes pas des humains produisant des biens et des services pour d’autres humains. Nous sommes des coûts qu’il s’agit de réduire pour que grossissent encore plus vite des masses de capitaux déjà gigantesques. Lutter contre la précarité demande donc de lutter contre sa cause : le capitalisme. Il nous faut arrêter ce fonctionnement de folie. Faire en sorte que les machines, les richesses produites, servent les humains au lieu de nous détruire.

* UN AUTRE MONDE EST NECESSAIRE !
Mais cette société ne viendra pas toute seule. Elle ne viendra pas non plus des urnes et du cirque électoral. Elle ne peut être que le résultat de mobilisations encore plus fortes que celle contre le CPE avec des millions de travailleurs dans la rue, des grèves prolongées, des comités de grève, des comités de ville et une prise du pouvoir par ces comités centralisés. Ça s’est déjà produit dans l’histoire. Cela s’appelle une révolution. Mais se diriger consciemment vers ce but demande une bataille politique.
Cela demande de construire, dans des luttes petites et grandes, une force révolutionnaire de travailleurs. C’est à cette condition que nous sortirons de la confusion dans laquelle le cirque politico-médiatique nous entretient. Il faut bâtir nos propres forces et arrêter de faire confiance dans les marionnettes qui s’agitent à la télé.

* SE DÉMARQUER DES FAUX AMIS
François Hollande et Ségolène Royal se frottent les mains. Le PS s’est refait des couleurs et s’est trouvé une différence avec la droite. Mais on ne sait rien de leur programme de gouvernement. Pas besoin d’être très malin, cependant. Ce sera la même chose qu’entre 1981 et 1986, puis entre 1988 et 1993, enfin entre 1997 et 2002. Le PCF cherche déjà à y négocier une place pour la survie de son groupe parlementaire et de son pouvoir municipal. Les directions syndicales confédérales sortent renforcées. Leur fermeté dans le rejet nous a servi. Mais il ne faut pas s’attendre à ce qu’elle dure. Elles l’ont dit et répété ; ce qui les a choqué c’est le manque de concertation du gouvernement. De nombreuses voix se sont élevées parmi les politiciens et les journalistes pour reconnaître le sens des responsabilités des «partenaires sociaux» et critiquer l’erreur de Villepin. Désormais, les attaques programmées par le pouvoir bourgeois feront l’objet de discussions avec les directions confédérales qui en atténueront certains aspects, obtiendront des contreparties ici ou là. Tout ça au nom de «l’adaptation de la main-d’oeuvre aux besoins de l’économie française.»

* ATTENTION À LA « FLEXISECURITÉ » !
Le prochain objectif de négociation a été désigné dans le discours de Chirac du 31 mars et celui de Villepin du 10 avril. C’est la «Sécurisation des Parcours Professionnels » selon les mots de la CFDT ou bien la «Sécurité Sociale Professionnelle» selon les documents de la CGT. Il s’agit du transfert de droits individuels (et non collectifs) d’un employeur à l’autre, avec l’obligation de formations et d’un niveau d’allocation supérieur à aujourd’hui.... en l’échange évidemment de l’acceptation de la précarité et de la flexibilité. Borloo, Aubry, Parisot, Royal,… trouvent ça très bien. Probablement y voient-ils l’opportunité de remettre en cause les conventions collectives.
Les attaques à venir, vont donc être des batailles contre le patronat et le gouvernement, mais elles traverseront aussi les syndicats car il nous faudra maintenir ou transformer nos syndicats de base en organes de lutte.

* REFUSONS DE SUIVRE CES DIRIGEANTS, POLITIQUES OU SYNDICAUX, QUI CHERCHENT À NOUS ENTRAÎNER DERRIÈRE EUX AU NOM DU MOINDRE MAL. VINGT-CINQ ANS DE MOINDRE MAL NOUS ONT CONDUIT AU PIRE ! * RESTONS MOBILISÉS CONTRE LE CNE, CONTRE LA LOI «EGALITÉ DES CHANCES», CONTRE LE CESEDA * PRENONS EN MAIN NOS PROPRES INTÉRÊTS ET CONSTRUISONS NOS OUTILS SYNDICAUX ET POLITIQUES POUR PORTER UNE VÉRITABLE ALTERNATIVE AU CAPITALISME...

Tract de Voie Prolétarienne à télécharger ici : - - - - >

 

 

 

 

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Publié par Où va la CGT ? - dans Brèves Précarité
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