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27 avril 2006 4 27 /04 /avril /2006 12:28
Jeudi 27 avril 2006
Intervention de Robert Pelletier au meeting du 26 Avril à la Bourse du Travail de Lille

Cher camarades,

Cette initiative nationale organisée par le Collectif Métallurgie CGT de lute de classe a pour but de montrer que les débats et votes qui se déroulent dans le Zénith de Lille dans le cadre du 48ème congrès confédéral ne représente pas la totalité des débats et des orientations qui traversent la CGT aujourd’hui.

Sont présents ici des camarades de la Métallurgie bien sur mais aussi de la Chimie, de l’Education Nationale, des Services Sociaux, du Verre, de l’Agro Alimentaire, des PTT ; du Nord-Pas de Calais bien sur mais aussi du Languedoc, de l’Aquitaine, de Rhône Alpes, de la Région Parisienne, des Pays de Loire, de Lorraine et bien d’autres encore.

Tout d’abord en ce qui concerne le Bilan d’Activité (voté au congrès par 75% de voix après contre 91% au 46ème et 75% au 47ème après remise en ordre des calculs officiels qui donnent 82% de POUR en faisant disparaître les abstentions !…) il a pourtant déjà été largement repoussé par les syndiqués et les salariés.

Rejet par les syndiqués et les salariés (par référendum) du relevé de conclusions organisant le démembrement des retraites à EDF/GDF et engageant déjà la privatisation. Relevé de conclusions approuvé en fait par le seul Denis Cohen, (l’inventeur du syndicalisme durable), soutenu ouvertement par Le Duigou et en cachette par le bureau confédéral.

Mais cette politique a sapé la capacité de riposte des travailleurs. Dans la foulée l’appel unitaire sans contenu (disparition des 37,5 annuités pour tous, etc.) et le refus d’appeler à la grève générale après la trahison ouverte de a CFDT ont conduit à la défaite d’un mouvement d’ampleur inégalée depuis 1995.

Malgré cela les travailleurs, (notamment ceux de l’Education Nationale « oubliés dans le rapport d’activité) en se mobilisant massivement jusqu’en juin, ont dit NON à la politique de capitulation de la Direction Confédérale, au nom du syndicalisme rassemblé.

Et rebelote pour la Sécu en 2004 avec l’acceptation du « diagnostic partagé » qui résumait le débat sur le trou de la Sécu sans rien dire des dettes patronales et des exonérations gouvernementales. La stratégie de la pétition en opposition à la grève a fini de handicaper un mouvement social qui gardait en mémoire la défaite de 2003.

En 2005, la stratégie du syndicalisme rassemblé, avec ses journées d’action sans lendemain n’a pas permis de transformer la victoire politique du NON au référendum en riposte sociale à la politique de Raffarin.

Il faut dire que ce NON au référendum, soutenu par la Commission Confédérale Nationale, n’était pas du goût de Bernard Thibault et du Bureau Confédéral qui au mépris de la démocratie laissèrent la Confédération absente de la bataille contre le projet de Traité Constitutionnel Européen.

Et pourtant là le débat sur le fond a vraiment eu lieu dans la CGT avec une majorité écrasante de camarades rejetant les Traité et souhaitant que la CGT se prononce clairement dans ce sens.

Enfin que dire de l’abandon des travailleurs en lutte de la SNCM et de la RTM. Quand le GIGN descend sur le bateau, Bernard Thibault se rend à Matignon !

Et aujourd’hui nous assistons à un véritable hold-up sur la mobilisation de la jeunesse. Ce ne sont malheureusement pas les mobilisations des salariés qui ont permis le premier succès contre le CPE. Le syndicalisme n’a été rassemblé que par la mobilisation des jeunes et n’a été d’aucune utilité pour aller plus loin que le CPE (CNE, Loi sur l’Egalité des chances).
Comme l’a bien dit Thibault le lendemain de la grande mobilisation du 4 octobre le syndicalisme rassemblé était en déroute, le statut du travail salarié incapable de mobiliser contre le CPE.

Et aujourd’hui la négociation à froid que gouvernement et syndicats s’apprêtent à entamer ne fera que prouver que le concept fumeux, (même breveté CGT) de Sécurité Sociale Professionnelle risque plus de déboucher sur une précarisation institutionnalisée que sur une mobilisation contre les licenciements.

Cette « revendication » fourre-tout, jamais débattue par les syndiqués, qui fait l’impasse sur le financement du dispositif, ne sert qu’à tenter de faire oublier l’absence de plate-forme revendicative et l’absence de volonté de mobiliser les travailleurs.

C’est le même refus d’appeler à la grève générale contre la loi Fillion sur les retraites, contre a retrouvé dans la lutte contre la loi d’égalité des chances malgré les appels répétés des organisations de jeunes.

Au total le Bilan d’Activité présenté par la Direction Confédérale est très mauvais. Et ce n’est pas « la faute » des travailleurs qui auraient refusé de se mobiliser. Ce sont la tactique et la stratégie Confédérale qui sont en échecs. Cette tactique et cette stratégie ont déjà été condamnées par les syndiqués, par les travailleurs. Nos camarades délégués au Congrès doivent demande aux 75% des délégués qui ont approuvé ce rapport.

La dernière résolution concerne l’évolution des structures et du financement de la CGT.
Le projet marque des reculs par rapport au projet initial, mais la volonté de centralisation politique et financière reste le fil conducteur de la démarche.

Ce processus engagé et abouti depuis longtemps dans la CFDT tend à assurer une prédominance toujours plus grande de la Direction Confédérale sur les structures de base de la Confédération.

Le regroupement des fédérations permettra la construction de directions moins nombreuses et politiquement plus contrôlables (voir le débat sur la consigne de vote pour le référendum sur le TCE).

Le reversement « par le haut » des cotisations permettra de sélectionner les structures politiquement correctes et de sanctionner par le financement les « dissidentes ».

Nous réaffirmons la nécessité de conserver le caractère fédéraliste de la CGT, c’est-à-dire le maintien de l’autonomie politique et organisationnelle des structures de base de la CGT : le syndicat, l’union locale et toutes structures intermédiaires décidées par les syndicats jusqu’au niveau fédéral.

La réunion d‘aujourd’hui, inédite dans l’histoire de la CGT et du mouvement syndical, marque la volonté de milliers de militants de s’opposer à la poursuite de la dérive de la CGT. Partout, dans toutes les Fédérations, dans toutes les régions, départements, des militants voient leur » CGT leur échapper.

Nous devons nous engager tous ici en rentrant dans nos syndicats à organiser la riposte à cette dérive.Notre meilleure arme sera la poursuite de la mobilisation avec les jeunes contre la loi sur l’égalité des chances, contre la loi CESEDA faisant du tri des immigrés en fonction des besoins du capital, le nouvel humanisme français.

C’est au travers de ces mobilisations que doivent se retrouver tous les militants qui défendent la nécessité d’une CGT de lutte de classe dans les semaines qui viennent.

Dans les semaines qui viennent nous proposerons un rendez-vous à tous ceux qui se reconnaissent dans cette orientation pour se donner les moyens de la faire grandir.


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Publié par Où va la CGT ? - dans Syndicalisme de classe
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