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30 avril 2006 7 30 /04 /avril /2006 09:16
Dimanche 30 Avril 2006
Le congrès est fini, l'heure est maintenant au bilan

Le 48ème Congrès de la CGT est clos, avec son déroulement, ses affrontements et ses conclusions. Il nous faut maintenant passer au bilan. Avant de nous précipiter sur celui-ci, nous voulons donner la parole à nos lecteurs, pour réagir, à chaud ou à froid, sur cet événement majeur pour notre Confédération.

L'opposition à la Direction Confédérale s'est manifestée de multiples manières à cette occasion, avec de multiples variantes.
Nous avons relevé les positions de structures en tant que telles, comme la Fédération de la Chimie, ou l'UD des Bouches du Rhône. Sans compter les prises de position de nombreuses UL, dont on pourrait citer Arras, Longwy, Massy et beaucoup d'autres. Il y a eu le meeting du 25 mars, à l'initiative du PT, les initiatives du 8 février et du 26 Avril organisées par la métallurgie du Nord Pas-de-Calais, la diffusion d'un appel aux Congressistes aux portes du Congrès le 25 avril, l'existence de notre blog pour populariser l'opposition à la CFDTisation de la Confédération.

La question est double :
  • Comment apprécions-nous le résultat de ce Congrès ? Et quelles conclusions pouvons en tirer, ou pas, sur l'évolution de la CGT ?
  • Et ensuite, que faisons de ces oppositions éclatées, mais qui ont une importance bien supérieure aux 25% que laissent entendre le résultat des votes du Congrès ?
Pour commencer, nous reproduisons un commentaire laissé ce matin par un camarade du CGT-E Dalkia :

Chers camarades, Le 48e congrès a validé à plus de 80% le réformisme de Thibault et de son équipe. Il a montré les limites et l'isolement des opposants dans un congrès entièrement ficelé et largement acquis à la direction confédérale qui a été reconduite, à quelques noms près. Ainsi, la CGT tourne définitivement le dos au syndicalisme de lutte de classes. le 48e congrès a également validé la volonté de la direction confédérale d'adhérer à la future nouvelle confédération syndicale mondiale (réactionnaire). Il est important que les collectifs, syndicats, militants... qui se sont manifestés ces derniers temps pour dénoncer cette orientation de la CGT en réaffirmant leur volonté de faire rennaître le syndcalisme de lutte de classes, puissent se rencontrer afin de tirer les enseignements de ce congrès et évaluer ses conséquences sur le syndicalisme en France (à l'intérieur et à l'extérieur de la CGT)et sur les luttes futures du mouvement social. J'adresse cet appel au nom du CGT-E. Alain

Commentaire n° 1 posté par: Alain le 30/04/2006 - 09:02:26

A vos plumes, et à vous la parole !


Camarades,
Je porterais un jugement légèrement différent de celui du camarade de Dalkia : malgré le filtrage des délégués, des amendements et des interventions, l'opposition à l'orientation de la Direction Confédérale s'est maintenu à un niveau semblable à celui du 47èmé congrès de Montpellier.
La tonalité générale du congrès à été imposée par la lutte anti-CPE, c'est-à-dire du succès (partiel) obtenu grâce à la mobilisation des jeunes.
Bien sur certaines décisions sont graves, même si elles ne font que confirmer la voie sur laquelle le CGT est engagée depuis plusieurs années.
La question des cotisations, des structures (même si des batailles restent possible sur ce point), l'adhésion à la confédération syndicale mondiale et les orientations autour de la sécurité sociale professionnelle vont peser négativement dans les luttes et la construction d'un syndicalisme de classe.
Alors il nous reste à "nous" les défenseurs du syndicalisme de classe à nous mettre "en tas" pour faire face aux tâches de l'heure : d'abord être capable d'être un outil pour les luttes (qu'avons nous été capable de faire pendant la lutte anti-CPE ?) ; ensuite construire un courant défendant notre orientation " lutte de classe", c'est-à-dire discuter du contenu de cette orientation et des moyens de la mettre en oeuvre. ceci nécessite que s'établissent des contacts, un climat de respect et de confiance et un refus des exclusives non fondées sur des bases politiques ou pratiques.
Le Collectif Métallurgie, organisateur des initiatives du 8 février et du 26 avril tiendras fin mai une réunion nationale pour aborder ces questions et vous en tiendras informé.

Commentaire n° 2 posté par: robert pelletier le 30/04/2006 - 15:16:31

Salut à tous/tes,
Il est vrai que malgré le verrouillage hallucinant qui a entouré la préparation et le déroulement de ce congrés, le fait qu'une résistance à la CFDTisation ait pu se faire entendre est déjà un exploit en soit. Mais ne nous leurrons pas : il va y avoir trés certainement des règlements de compte dans les mois qui viennent et la réforme des cotisations (adoptées) et celles des UL (en cours), même si c'est un aspect secondaire aujourd'hui dans la lutte pour un syndicalisme de lutte de classe, va renforcer la Direction et lui donner des moyens supplémentaires d'étouffer toute dissidence. Ce qui était quand-même le but de la manoeuvre. Il faudra donc aussi préserver les moyens de la lutte quand on le pourra.
Le camarade de Dalkia a raison, il faut que dés maintenant tous ceux et toutes celles qui ne veulent pas de cette évolution de la CGT et qui militent pour un syndicalisme de lutte de classe se retrouvent, discutent, débattent... et mènent des luttes ensemble, effectivement dedans et dehors la CGT. Il n' y a qu'à voir comment notre camarade Kamel Belkadi s'est fait laminer, avec la complicité de la Confédération, qui n'a pas levé le petit doigt pour le défendre (trop ouvrier, sans doute...). Voilà déjà une première lutte a mener ensemble, dedans et dehors la CGT.
Les différentes rencontres de résistance interne, dont le blog Où-va-la-CGT s'est fait l'écho, sont un premier pas pour tracer un autre avenir pour toute la classe ouvrière. Et notamment le meeting du 26 avril organisé au départ par les métallos du nord. Mais il ne faudra pas se contenter de taper sur la sinistre troïka Thibault-Dumas-Le Dégoût. Il faudra aussi mettre sur la table tous les sujets, y compris ceux qui fachent (voir la fort utile rubrique du même nom du blog). Et donner un contenu concret à ce syndicalisme de lutte de classe dont la classe ouvrière a tant besoin. Ce qui commence par tracer des axes clairs de démarcation avec TOUS les réformismes. Et sans attendre.
On a déjà raté beaucoup d'occasions, alors ne laissons plus un centimètre de terrain aux experts, aux économistes, aux "réalistes"...

Pierre, agent territorial 31.

Commentaire n° 3 posté par: p.laurent le 30/04/2006 - 18:43:30

Mes camarades, après 17 ans de CGT à EDF, nous avons fait le même constat que vous, nous avons aussi essayé de faire changer les choses.
Les appareils sont bloqués par des réformistes et la CGT n'a plus à mon sens sa raison d'être, elle ne fait pas mieux que la CFDT d'y a 20 ans, et on voit ou cela l'a mené !
C'est pourquoi, avec les militants les plus engagés, nous avons décidés de rejoindre SOLIDAIRES et de créer SUD Energie !
Je le sais que trop, il est très difficile de faire son deuil de la CGT dont nous avons été les acteurs, une CGT bien différente que celle d'aujourd'hui.
Mais c'est la seule solution que nous avons trouvée, car ne croyons pas à un retour en arrière de l'appareil CGT actuel...
Pour l'heure, les positions de Solidaires nous conviennent totalement, les vieux de la CGT, chez nous croient nous contrarier en nous disant : Vous les Sud, vous n'avez pas évolué, vous êtes la CGT d'il y a 20 ans !
Et bien, rien ne pouvait nous faire plus plaisirs !
A+ dans les luttes René-Michel - SUD Energie Paris (EDF-GDF enfin pour ce qui l'en reste)

Commentaire n° 4 posté par: millambourg (site web) le 07/05/2006 - 12:01:03

Cher camarade,
Aller à SUD, la solution ?? Ca se saurait.
Comme nous le disons par ailleurs (ici), le syndicalisme est partout partagé en deux voies, la voie de la collaboration de classe et la voie de la lutte des classes. Nous le vivons à la CGT, mais il ne faut pas croire que l'herbe est plus verte ailleurs. Au delà des discours apparemment plus radicaux, à SUD, c'est la même chose ! Comme l'a dit de manière assez claire un camarade de SUD dans notre journal Partisan : "mieux vaut être à la CGT sans illusions qu'à SUD avec des illusions !".
Pour ce qui est de SUD-Energie (qui existe depuis quelque temps) il ne faut pas croire que c'est différent. Déjà une partie des militants l'ont quitté pour rejoindre la CNT, pour cause de position trop réformistes et trop proches de celles de la CGT...
Et oui, il y a aussi le problème de fond ! Et au fait, on pense quoi du service public et de la place de EdF là-dedans ? Il faut avancer là dessus aussi !! Et au fait, vous pensez quoi de notre article ?
Plus que jamais nous le répétons. L'heure est à la politique, pas à la recherche de potions magiques pour trouver la recette du syndicalisme de classe, comme par miracle. Nous en ferons pas l'économie de ce chemin, que cela plaise ou non, et franchement, plus vite nous nous y mettrons, plus vite nous avancerons !

"Où va la CGT ?"

réponse de: Où va la CGT ? (site web) le 08/05/2006 - 21:47:12

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Publié par Où va la CGT ? - dans L'heure du bilan
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