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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 10:01

Lundi 5 octobre 2015

Yvelines, La Mamma, Bd de Strasbourg

Sans-papiers toujours debout pour le combat !

 

Le combat de nos camarades sans-papiers, toujours d’actualité, revient au premier plan.
Après l’échec du mouvement collectif des années 2008-2010 (les lecteurs intéressés peuvent en retrouver toutes les étapes sur notre dossier « La CGT et le soutien aux sans-papiers »), après une phase de repli et de relatif découragement, le mouvement pour la régularisation des sans-papiers redonne de la voix et remobilise.

La cause de l’ échec est connue : le refus des organisations de soutien et au premier chef de notre confédération, de collectiviser le combat, et le choix de faire pression sur le gouvernement, pour obtenir une « bonne circulaire » (Besson, puis Valls), pour ensuite s’appuyer dessus pour gérer les dossiers au cas par cas devant les préfectures. L’histoire a tranché : les préfets ont continué à régulariser à la tête du client, les expulsions ont continué, et la pression s’est accentuée sur nos camarades sans-papiers contraints à une clandestinité et au travail au noir renforcés (voir « Sans-papiers : l’aveu de l’échec (enfin et hélas…) »).

Le mot d’ordre largement partagé par nos camarades était au contraire :

Le cas par cas, on n’en veut pas !
Régularisation sans condition de tous les sans-papiers !

 

De 2012 à 2014, c’est le repli, avec des conflits locaux sporadiques, pour obtenir les papiers dans telle ou telle entreprise, avec le plus souvent le soutien de la CGT locale. Les collectifs les plus dynamiques se maintiennent (CSP 75, CSP 93, CSTPV de Vitry, Droits Devants !...) autour de mobilisations occasionnelles, REsf poursuit son travail de soutien et de démarches au quotidien avant tout pour les jeunes, le combat pour le droit d’asile se développe.

Et depuis la mi-2014, le mouvement a repris de l’ampleur, qu’il s’agisse des coiffeuses du 57 Bd de Strasbourg à Paris, du mouvement dans les Yvelines, ou aujourd’hui de l’occupation de la pizzeria La Mamma dans le 14ème arrondissement (voir ci-contre). On notera que le communiqué de la confédération de soutien aux camarades des Yvelines trouve encore le moyen de juger « positif » la circulaire Valls… quelle honte ! (voir le communiqué ICI).
Quoiqu’il en soit, le mouvement reprend de l’ampleur et de l’initiative, bien sûr du fait des nécessités impérieuses vécues par nos camarades, nécessité qui n’ont fait que se renforcer avec une répression de plus en plus dure et systématique.
Le mouvement reprend sur une base en retrait par rapport à l’exigence de la régularisation sans condition de tous les sans-papiers, disons pour « la régularisation collective au cas par cas sur dossier », ce qui laisse bien sûr de côté toutes celles et ceux qui ne remplissent pas les conditions exigées par le gouvernement… Ce retrait, c’est le fruit de l’échec du mouvement de 2008-2011 et il faut le rappeler car la CGT y a une lourde responsabilité. Cela dit, c’est l’état des choses en ce moment, la prise en compte de ce qu’il est possible de faire dans le rapport de forces actuel, et il n’y a pas lieu de s’en offusquer plus que cela… sinon pour rappeler les responsabilités du passé.

 

Aujourd’hui, la reprise du mouvement vient en parallèle avec l’exode des migrants qui fuient la guerre ou la misère et arrivent par centaines de milliers dans les divers pays européens. La réalité pousse de diverses manières : à la tendance réactionnaire bien sûr, la surenchère de tous les partis pour se présenter comme le plus répressif à la veille des régionales ; la concurrence quelque part entre sans-papiers déjà présents et accueils des nouveaux migrants (les aides et les soutiens se déplacent des uns vers les autres…) mais aussi la radicalisation de la fraction la plus avancée et la plus combattive du mouvement.

Hier marginal et jugé parfaitement gauchiste (combien de fois l’avons-nous entendu…), le mot d’ordre « Liberté de circulation et d’installation » s’impose désormais comme incontournable face à la réalité de l’impérialisme et de ses méfaits économiques et militaires sur toute la planète.
Ainsi, on a pu le voir lors de la manifestation de hier à Paris, dont l’appel (voir ICI) était signé jusqu’à certaines structures de la CGT (Educ’Action 93, UD de Paris) bien qu’on n’ait pas vu de drapeaux et de badges… Que ce mot d’ordre s’affiche désormais en tête de manifestation est un net progrès, une avancée et il faut le souligner.

Alors il faut poursuivre le combat, avec les collectifs de sans-papiers, avec les structures CGT combatives et radicales, pour

La liberté de circulation et d’installation !
La régularisation sans condition de tous les sans-papiers !
L’abrogation de tous les lois et textes répressifs (dont le CESEDA) !
Et l’ouverture et le respect du droit d’asile !

 

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Publié par Où va la CGT ?
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