Samedi 31 janvier 2026
Multiplication et généralisation des attaques contre les travailleurs
Ces derniers temps, la bourgeoisie au gouvernement multiplie les attaques à petites touches contre les droits des travailleurs. A petites touches, mais en mode rouleau compresseur :
- Attaque sur le travail le 1er mai, qui visait à élargit les autorisations à travailler ce jour. Au-delà du symbole (1er mai, jour de la classe ouvrière, de ses grèves et de ses espoirs, depuis 1889, en mémoire de la grève de Chicago de 1884 pour la journée de 8h), c’est un coin pour tenter de banaliser le premier mai au même titre que les autres jours fériés.
Comme l’ont justement souligné les syndicats concernés (en particulier dans le Commerce), on a vu dans le passé ce que ça a donné avec l’ouverture du Dimanche qui s’est désormais banalisée.
La manœuvre a heureusement échoué cette fois, mais on peut être sûr que la proposition reviendra par la fenêtre à la prochaine occasion. - Attaque contre le droit de grève dans les transports, avec une série de mesures contraignantes : interdiction de la grève sur 30 jours dans l’année autour des jours fériés et des congés, restriction sévère des préavis (rappelons qu’il n’y a pas – du tout – de préavis dans le privé, contrairement à une croyance tenace). L’Assemblée nationale a à nouveau examiné un projet de loi en ce sens, après un premier échec début 2024, et on peut s’attendre à un vote dans les mois à venir
- Attaques générales contre les représentants syndicaux, à la base, dans les entreprises et les localités : sanctions disciplinaires, pressions et intimidations, procédures de licenciements, procès judiciaires, sous les prétextes les plus futiles : contestations d’opinions politiques privées (soutien à la Palestine), prétendu « harcèlement » de la hiérarchie ou de la direction, répressions suite à des opérations coups de poing lors d’actions revendicatives, poursuites pour détournement de fonds, supposée « diffamation » de l’entreprise, sans parler en plus des menaces ouvertes de l’extrême-droite, c’est une offensive violente contre les représentants des travailleurs souvent combatifs, parfois très radicaux. Ce sont des centaines de procédures en cours dans toute la France. Parfois elles sont classées sans suite, mais entretemps elles parasitent et paralysent l’activité syndicale. Et on ne parle pas du rôle des syndicalistes corrompus qui s’associent à cette offensive patronale, par exemple contre les animateurs des grandes grèves des femmes de chambre de l’hôtellerie…
- Poursuite de la remise en cause des locaux syndicaux et des Bourses du Travail, lieux de rencontres et d’organisation – même si ce sont aussi les lieux de la bureaucratie syndicale, il faut le reconnaître. Mais, ce sont d’abord des points d’ancrage des combats et des luttes. Aubervilliers, Arles, Blanc-Mesnil, Évreux, Villejuif, Montigny, Aubagne, Tarbes, Bobigny, Châteauroux, Béziers, Nancy etc. depuis une dizaine d’années c’est une offensive générale du patronat allié aux mairies pour entraver l’action syndicale.
- Contestation des mandats des délégués. La plus emblématique est celle qui vise Timothée Esprit, dirigeant de la FNIC-CGT, concernant son mandat de négociateur des conventions collectives. Son entreprise, la multinationale japonaise Toray à l’avant-garde, tente de contester devant le conseil Constitutionnel la protection syndicale que ce mandat apporte ; c’est une première, qui concerne quand même plusieurs dizaines de milliers de syndicalistes de terrain, de toutes obédiences au-delà du cas particulier du camarade. Et on peut s’étonner du peu d’écho de l’attaque au-delà de la FNIC… Un rassemblement avait d’ailleurs lieu le Jeudi 27 janvier devant le Conseil Constitutionnel (voir ci-contre) pour à la fois défendre le camarade et ce principe minimal pour protéger des camarades qui se mouillent pour défendre les droits des travailleurs.
Et ainsi de suite, ce n’est évidemment pas fini.
Alors quand la Confédération met le paquet pour soutenir Sophie Binet poursuivie pour diffamation pour avoir dit en décembre que « les rats quittent le navire », en parlant des grands patrons qui délocalisent et préfèrent investir à l’étranger, on peut d’un certain côté se féliciter de cette mobilisation. Parce que cette poursuite pour une déclaration évidemment anodine n’est qu’une manifestation supplémentaire de ces attaques généralisées contre les travailleurs et leurs représentants.
Là où ça grince des dents, c’est que c’est très polarisé sur la Secrétaire Générale. Sur l’affiche de mobilisation réalisée pour l’appel au meeting du 4 février, on a même été jusqu’à l’entourer de personnages créés par IA, alors que les exemples ne manquaient pas de camarades directement et beaucoup plus gravement concernés – car on ne se cache pas derrière son petit doigt, au-delà du symbole elle ne risque pas grand-chose.
Un meeting très personnalisé où la Confédération met vraiment le paquet pour assurer l’assistance, relance insistante après relance auprès des syndicats, alors qu’elle n’a pas toujours été très active sur les autres sujets, se contentant d’un communiqué par ci par là, en renvoyant aux structures concernées la responsabilité d’agir sur les sujets particuliers. Oui, c’est vrai, Sophie Binet s’est affichée aux côtés de Amar Lagha pour défendre le 1er mai, symbole important (voir communiqué) ; mais ça n’a pas donné lieu à une quelconque mobilisation confédérale…
Or, là, en ce moment, il n’y a pas de combat particulier. Il y a une offensive générale du patronat et de la réaction pour museler la classe ouvrière, tous ceux que nous appelons les « empêcheurs d’exploiter en rond ». Et au-delà des syndicalistes d’ailleurs, il faudrait rajouter les antifas, les écologistes radicaux et bien d’autres. Une tentative d’intimidation concertée, par la répression ouverte et la peur instillée, renforcée par les doutes sur le chaos mondial en cours.
Ce qu’il fallait à ce meeting du 4 février, c’est rassembler les attaques, les concernés – dont bien sûr Sophie Binet – pour mettre en place une contre-offensive. Regrouper les Transports, la Chimie, le Commerce, les UD, bref, tout le monde pour affirmer notre détermination à mener le combat pour le progrès social.
Au lieu de cela, on va avoir un beau « truc » médiatique, pour faire le buzz pendant trois jours avec Guillaume Meurice à la tribune, et on passera à autre chose… Tristesse du syndicalisme réformiste…



