Syndicalisme de classe

Dimanche 15 janvier 2012

Débat sur la dette à l'UL CGT de Tourcoing

 

Logo ULTourcoing Les camarades de l'UL de Tourcoing ont organisé Vendredi 13 janvier un débat sur la dette sur le thème "LA CRISE ? D’OU ÇA VIENT ? POUR QUI ON NOUS PREND ?".

Initiative plus qu'intéressante et que nous aurions dû annoncer sur ce blog, mais nous étions un peu absorbés par les événements qui traversent la Fédération du Commerce.

Nous nous en excusons auprès des camarades et auprès de nos lecteurs, et nous publions ci-dessous l'appel à la soirée, puis le compte rendu de cette soirée (repris du blog de J.Tourtaux), tous deux écrits par les camarades de l'Union Locale.

On verra qu'on est très très loin du discours confédéral...

 

Pour tous contacts : ulcgt-tourcoing@live.fr


LA CRISE ? D’OU ÇA VIENT ? POUR QUI ON NOUS PREND ?

 

Des explications simples pour combattre - Par Said Bouamama Socio-Economiste et Militant CGT
Le Vendredi 13 Janvier 2012 à partir de 19h - Organisé par l'Union Locale de Tourcoing
à la Salle Georges Dael, 100 Rue de Lille à Tourcoing 59200 

 

Est-ce que votre priorité aujourd’hui c’est de conserver le triple A ? Ou est-ce de pouvoir vivre de votre travail, élever vos gosses, avoir accès aux soins, poursuivre vos études, bénéficier de la retraite, bref, vivre décemment ? Cette question, c’est la vraie question du moment, et chacun d’entre nous doit se la poser. A partir de là, chacun d’entre nous a une responsabilité : est-ce que nous allons laisser la finance et les gouvernements à sa botte nous dicter notre vie, ou allons-nous enfin taper du poing sur la table ? La CGT a la réponse. Mais elle ne peut rien sans la mobilisation massive de l’ensemble des salariés, sans la jeunesse, sans les retraités, sans les privés d’emploi. Il faut combattre, il faut lutter, et maintenant !

Parce qu’en face, là haut, ils ont commencé à nous faire la guerre, et ils se serrent les coudes : nos patrons, les banquiers, leurs valets du gouvernement sont bien décidés à sauver leur système, et à nous faire payer. A nous faire payer comme jamais ! Au nom de la « dette »… Mais cette dette, c’est le prix que les capitalistes veulent nous faire payer et, tenez-vous bien, il suffirait que NOUS la refusions, que NOUS prenions le contrôle de l’économie, pour que les richissimes banquiers fassent une croix sur ce que « nous » leur devons. De toute façon, maintenant, c’est EUX ou NOUS.

Pour Sarkozy, Fillon et les autres serviteurs de la bourgeoisie, il ne fait aucun doute que c’est à nous de payer : un premier plan d’austérité pour nous extorquer 3 milliards (hausse de la CSG, des complémentaires santé, etc…), un deuxième pour nous racketter 8 milliards (casse accélérée des retraites, hausse de la TVA, gel des allocations familiales, …), et le troisième arrive. Parce que c’est 65 milliards « d’économies » qui sont prévus, pour garder le triple A ! Et encore, cela n’est rien, ne suffira pas à rassasier « les marchés »… Tous les sommets « cruciaux » qui se succèdent, et qui mettent les pays européens sous la coupe directe de la finance, ne calment même pas les fameux « marchés » - c’est-à-dire les capitalistes. Et pas la peine d’aller chercher des coupables au-delà de nos frontières : les profiteurs sont de partout, et les premiers à combattre sont les « nôtres », ici et maintenant !

Pendant que Sarkozy s’en prend aux immigrés, aux fonctionnaires, aux soi-disant « fraudeurs » de la CAF, il cache soigneusement qui sont les vrais responsables de la faillite du système qui le fait vivre : alors que la fraude concernerait moins d’1% des allocataires, on ne nous dit pas que selon les chiffres officiels, la fraude, la vraie, ce sont 15 milliards de cotisations patronales non reversées à l’URSSAF ! Le travail non déclaré par les entreprises, c’est 55 milliards d’euros, soit un manque à gagner pour la Sécu de 9 à 15 milliards.

Qui sont les fraudeurs ? L’assurance maladie perd chaque année 1,1 milliard d’euros du fait de la sous-déclaration, par les patrons, des accidents du travail. De 2002 à 2011, les exonérations de cotisations salariales des employeurs ont progressé de 55% ! Cela représente chaque année 30 milliards de cadeaux faits par le gouvernement au patronat.

Ce n’est pas tout : le même gouvernement offre aux patrons chaque année 4 milliards d’exonérations pour les heures supplémentaires ; 100 milliards de dérogations fiscales ; 172 milliards de niches fiscales ; 2 milliards avec la suppression de l’impôt sur la fortune.

Les entreprises du CAC 40 ont versé, en 2010, 40 milliards à leurs actionnaires (on prévoit + 10 % en 2011). Les autres entreprises ont versé 210 milliards de dividendes à leurs propriétaires. Faites le calcul, il est simple : l’Etat organise notre faillite !

Pendant ce temps, le chômage explose, une grande partie des retraités tombent dans la misère, le surendettement des ménages n’a jamais été aussi haut, les CAF sont débordées de demandes, la jeunesse est promise à la précarité la plus noire, 13 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, 1 salarié sur 2 gagne moins de 1500 euros, la moitié des 4,5 millions de chômeurs ne sont pas indemnisés, plus de 30 % renoncent à se soigner faute de moyens. En 1972, les plus gros salaires gagnaient 20 fois plus que les plus bas, aujourd’hui, c’est 230 fois plus !

On ne peut pas se résigner, c’est une question de survie pour nous tous. Mais, dans le monde du travail, si bien souvent on est conscient de la grande arnaque, on peine parfois à avoir les idées claires. Il est vrai que les medias – qui appartiennent aux capitalistes – font tout pour nous embrouiller, et présentent la crise par le petit bout de la lorgnette patronale.

Voilà pourquoi l’Union Locale CGT de Tourcoing vous propose d’assister et participer au débat.


 

COMPTE-RENDU DE LA SOIREE DEBAT DU 13 JANVIER 2012 A TOURCOING

 

A l’initiative de l’UL CGT de Tourcoing, ce sont plus de 150 personnes qui se sont réunies hier soir, afin d’écouter le propos de notre invité Saïd Bouamama, puis de débattre vivement, et enfin de partager un vrai moment de convivialité.

Ce qui ressort de cette soirée :
    l’exposé très accessible et convaincant de notre camarade Saïd a permis de conclure que :

  1. La dette est un objet de chantage que nous devons considérer comme illégitime ; elle est le produit de choix politiques conscients, passés et présents, et notre devoir militant est de la refuser : ce n’est pas la nôtre.
  2. Cadeau gigantesque aux banques privées, elle s’est trouvée aggravée par des cadeaux multiples à l’ensemble de la classe capitaliste, au rythme même où les conditions d’existence des salariés se sont dégradées.
  3. La réponse à apporter à la paupérisation forcée qui nous attend, et dont la perte du triple A sera un accélérateur, ne peut résider dans le cadre de négociations à froid, dans le cadre bourgeois. Cette réponse, qui en premier lieu doit émaner de nos rangs, obéit au mécanisme bien réel de la lutte des classes. Comme l’indiquait le tract appelant à cette réunion : MAINTENANT C’EST EUX OU NOUS !
  4. En dépit d’une atmosphère a priori toute en résignation et fatalisme, des éléments objectifs permettent de conclure que le combat aura lieu ; comme l’a dit notre Secrétaire Général à la tribune : les conditions réelles d’existence de la classe ouvrière obligeront de toute façon à mener ce combat. A ce titre, les militants actifs de la CGT sur notre territoire (comme ailleurs), qui, d’ailleurs, en organisant très sérieusement cette réunion, ont montré notre capacité collective à agir et peser sur le débat, ces militants sont, face aux difficultés réelles de leur combat, porteurs d’un grand espoir. Bientôt, de nouveaux militants les rejoindront, et nous pèserons encore davantage.

sur le débat dans la salle :

  1. A la tribune, entourant Saïd, les Secrétaires Généraux des UL de Tourcoing et Roubaix, ont témoigné d’une volonté commune de placer la lutte syndicale sur le terrain que le capital nous impose, celui de la lutte des classes, directe, radicale, sans concession. La présence dans la salle du Secrétaire Général et de militants de l’UL d’Halluin, et les discussions communes qui s’en sont suivies ont attesté que cette stratégie était partagée. Ceci est pour nous tous très encourageant.
  2. Dans la salle, une majorité de militants CGT, principalement tourquennois, de l’hôpital, de la Blanche Porte, du Vert Baudet, et beaucoup de militants implantés dans les PME (Bâtiment, Imprimerie, Commerce, Transport) ; des privés d’emploi, des précaires, des retraités ; Etaient également présents des citoyens tourquennois, des lycéens, des étudiants. Peu de « personnalités », si ce n’est une adjointe PCF à Tourcoing. Des militants de la Coordination Communiste, du PCF, et du NPA étaient aussi présents.
  3. Le débat a exprimé, par les interventions de la salle, l’urgence d’entamer le combat, en dépit des freins, parfois internes à notre organisation, et parfois aussi présents dans nos consciences. A ce titre, l’initiative de notre UL a été unanimement saluée, car elle permet, clairement, de porter le débat sur la crise dans les masses, parmi nous, en dehors de l’idéologie dominante. Les autres UL sont invitées à faire de même, et notre camarade Saïd Bouamama se montre disposé à multiplier ces interventions dans le milieu syndical de classe.
  4. Le débat a aussi montré, au-delà des revendications économiques immédiates (augmentation des salaires, renforcement de nos services publics, expropriation des capitalistes licencieurs, …), une grande exigence de dignité des travailleurs présents. C’est même sans doute ce qui a dominé toute la soirée : face à l’austérité en marche et contre la résignation apparente, les camarades présents, et d’abord les plus jeunes, sont animés d’une volonté et d’une lucidité qui est communicative : la lutte en cours, est une lutte de survie, une lutte où ce sont nos dignités d’hommes et de femmes qui sont l’enjeu.
  5. La proximité des échéances électorales a aussi nourri le débat. Même si le Secrétaire Général de l’UL de Roubaix, Adelkrim Abdeslam, n’a pas manqué de rappeler que le premier enjeu du mois de mai 2012 se situait pour lui non pas le 6, mais bien le Premier mai. Certaines interventions exprimaient une défiance très forte vis-à-vis des élections, considérant que c’est d’abord « dans la rue que ça se passe ». D’autres ont, souvent avec des réserves, appelé à se servir aussi des urnes. Les préférences des uns et des autres se portant sur des candidats de gauche (c’est-à-dire à la gauche du PS). Le danger fasciste a fait l’objet de différentes remarques, concluant toutes que le FN était un recours éventuel pour le système capitaliste, ainsi que l’Histoire l’a montré. Saïd Bouamama a exhorté chacune et chacun d’entre nous à convaincre nos collègues de travail, nos proches et nos voisins, pour que personne « ne se trompe de colère. »
  6. L’intervention d’un militant de l’UL de Tourcoing a appelé chacun à prendre exemple sur la dynamique en cours dans notre Union Locale : nous avons pour objectif de constituer, à travers cette structure de base, un pôle de résistance et de combat, capable de rayonner dans et au dehors des entreprises ; nous devons être capables, dans notre quotidien, de porter le débat le plus haut possible, pour amener les travailleurs à se saisir de celui-ci ; nous devons être capables, même avec nos différences et nos divergences d’appréciation, et c’est ce que nous faisons à l’UL de Tourcoing, de mener la lutte ensemble. Parce que, même ces divergences politiques, après tout minimes au regard de ce qui nous rapproche et au regard du contexte, n’empêchent pas que, comme cela s’est produit hier à la salle Georges Dael, nous discutions entre nous. C’est cet entre nous, cette conscience de classe essentielle au combat, qui doit en toutes circonstances, dominer nos débats, nos actions, nos luttes.

A ce titre, notre Union Locale s’engage à multiplier toutes les initiatives qui permettront au plus grand nombre de trouver, dans l’action syndicale, les moyens effectifs de la lutte et, de ce fait, des raisons d’espérer.

Union Locale CGT de Tourcoing, le 14 janvier 2012

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Jeudi 22 décembre 2011

Sureté aéroports : la grève se poursuit, la Confédé se prend les pieds dans le tapis !

 

La grève des agents de sûreté sur les aéroports se durcit et s'étend.

Nous publions ci-dessous le communiqué de l'Union Locale de Roissy au 7ème jour de grève, communiqué à faire connaître largement comme le soutien aux camarades. Ainsi, les camarades des Unions Locales du Pas de Calais descendent demain vendredi pour apporter leur soutien aux grévistes, dont le combat prend jour après jour valeur de symbole. C'est en effet le droit de grève et d'organisation qui est en cause, à côté de la lutte pour les salaires et contre la précarité.

 

De son côté la Confédération se prend les pieds dans le tapis et sort un communiqué absolument calamiteux, dont le titre est en lui-même parfaitement significatif : "Avant de toucher au droit de grève, il faut négocier sur les revendications".

Waahh ! Il fallait oser, comme nous l'ont fait remarquer plusieurs lecteurs... Autrement dit, si vous négociez sur les revendications, vous pouvez toucher au droit de grève...

Un communiqué officiel, un communiqué confédéral, quelle honte ! Voilà ce qui traîne dans la tête de nos dirigeants confédéraux, voilà jusqu'où ils sont en fait prêts à aller. Si c'est une erreur d'écriture, c'est en tous les cas un lapsus révélateur, comme on dit !

Pour notre part, les choses sont claires, c'est du côté de l'Union Locale de Roissy que nous soutenons la CGT !


 

Après 7 jours de grève des agents de sûreté : La responsabilité de L’Etat et d’ADP est engagée 

 

Sur ordre du gouvernement, les agents de sûreté en grève à Roissy ont été remplacés par des policiers et des gendarmes ce jeudi 22 décembre matin. Sarkozy veut briser cette grève qui témoigne de la colère sociale qui couve dans le pays et craint la contagion à d’autres salariés. Cette manœuvre accroît encore davantage la colère des grévistes qui dénoncent depuis maintenant 7 jours leurs conditions de travail déplorables, les bas salaires et la précarité. C’est le droit de grève qui est piétiné, comme l’a déclaré hier le principal syndicat des gardiens de la paix, SGP-FO, qui s’est prononcé contre ces remplacements. L’UL CGT Roissy exige le retrait des forces de l’ordre de tout poste de travail d’un agent de sûreté gréviste !

Cette situation nous rappelle que les agents de sûreté exercent une mission de service public qui consiste à assurer la protection des usagers du transport aérien. Ce sont d’ailleurs les passagers qui financent eux-mêmes ce service en payant une taxe aéroportuaire de 11,50 € comprise dans le prix de leur billet d’avion. Mais depuis dix ans, l’Etat, à travers ADP, délègue cette mission de service public à des entreprises privées, avec des conséquences désastreuses pour les salariés comme pour le service public :

Les entreprises privées de sûreté se livrent en effet à une guerre commerciale acharnée pour obtenir les marchés. Ces marchés sont soigneusement découpés par ADP pour mettre les salariés en concurrence les uns avec les autres. Les marchés sont attribués aux entreprises qui présentent la facture la moins élevée, ce qui tire les salaires vers le bas et pousse à dégrader les conditions de travail (plannings flexibles, temps partiel, augmentation de la charge de travail, etc.).

De plus, cette mise en concurrence permanente précarise l’emploi. Les marchés de la sûreté sont en effet conclus pour des périodes de trois ans. Lorsqu’une entreprise perd un marché, les emplois sont menacés et les acquis sont remis en cause chez le repreneur. Rien n’est jamais acquis et les emplois sont par nature précaires, même en CDI.

Enfin, ces bas salaires, cette précarité, ces mauvaises conditions de travail, ne permettent pas aux agents de sûreté d’exercer leur mission dans de bonnes conditions. Ils sont stressés, fatigués, démotivés. L’intérêt privé (la recherche du profit) est inconciliable avec le service public, elle menace la sûreté des usagers.

La privatisation de la sûreté se traduit ainsi par des bas salaires, de mauvaises conditions de travail, la remise en cause permanente des acquis et des emplois, et un service public dégradé.

La grève dure depuis plus de 7 jours. Elle est majoritairement suivie par les salariés à Roissy et touche la plupart des aéroports du pays. Le patronat se refuse toujours à entendre les revendications parfaitement légitimes des salariés. Ces entreprises privées ne défendent que leurs profits, elles sont des parasites dans la sûreté aéroportuaire, qui se nourrissent du travail des agents et de la taxe payée par les passagers.

Si les salariés de la sûreté en sont là aujourd’hui, c’est en raison de la privatisation du secteur. Si les pouvoirs publics veulent intervenir dans cette grève, au lieu de tenter de la briser, qu’ils prennent leurs responsabilités pour imposer les revendications des salariés au patronat et ouvrent immédiatement des négociations pour réintégrer les agents de sûreté sous statut public. Il est de l’intérêt des salariés et des passagers que la sûreté aéroportuaire ne soit plus confiée à des entreprises privées dont le seul objectif est de faire de cette activité une source de bénéfice pour leurs actionnaires. 

  • Retrait des forces de l’ordre des postes de travail des grévistes !
  • 200 € d’augmentation tout de suite !
  • Amélioration des conditions de travail !
  • Arrêt de la précarité !
  • Pour l’emploi, les salaires, les conditions de travail et la qualité du service public de sûreté, il faut réintégrer la sûreté aéroportuaire au sein d’un corps d’Etat, existant ou à créer ! 

Roissy, le 22 décembre 2011

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Dimanche 10 octobre 2010

Mondial de l'automobile : épisode II (2010)

 

MondialAuto2010.jpgUne nouvelle fois, les ouvriers de l'automobile ont frappé fort vendredi dernier au Mondial 2010. Plus de 3000 ouvriers en colère, venus de toute la France ont envahi comme en 2008 le Mondial à la Porte de Versailles, et ont en quelque sorte "marqué leur territoire".

Spectacle stimulant, spectacle réjouissant, même si les manifestants étaient moitié moins nombreux qu'il y a deux ans.

N'ayant pu par nous-mêmes participer cette fois aux festivités, nous livrons dans cet article quelques éléments retrouvés sur les divers sites militants.

On trouvera sur le site de Bellaciao des témoignages, vidéos et photos de l'événement, également le compte rendu du Courrier Picard (liens sur les images ci-dessous), également sur le site des Goodyear. On trouvera une autre vidéo réalisée par les camarades de Renault Lardy, ICI.

Des articles aussi sur RTL, sur Challenges, sur l'Humanité et bien d'autres journaux.


BellaciaoMondial.jpgGoodyearMondialCourrierPicard.jpgQuelques commentaires.

- La presse a perfidement suggéré que tout cela était en fait très convenu, que les ouvriers ont été accueillis par le responsable du Salon et officiellement autorisés à rentrer. Plaisanterie démentie par les participants, et la vidéo du Parisien (ci-dessous) est parfaitement claire : pour rentrer il a fallu pousser, couper des chaînes et affronter les CRS. Ca n'a pas été cool du tout, mais pas du tout !

 

- Cette manifestation exprime la colère ouvrière face aux restructurations, aux licenciements et au bagne que constitue l'industrie automobile. Cela change des manifestations traine savates, et il y a un vrai plaisir à regarder les bourgeois se faire pourrir par les ouvriers en cortège.

Mais pour autant (et on va dire que nous sommes encore des grincheux), cela ne fait pas une perspective, pas un projet. Ce qui a réunit nos camarades (et bien sur il fallait en être...) c'est la colère et l'expression ouvrière, mais pas au delà.

La manifestation n'était pas unie, chacun avec ses mots d'ordres : "Interdiction des licenciements" d'un côté, "40 ans de chaîne c'est la haine" de l'autre, des relents de "Fabriquons français" face aux délocalisations (voir les  vidéos des Goodyear) ce qui avait d'ailleurs un côté amusant quand on voit que les principales entreprises en train de restructurer sont des entreprises étrangères (Goodyear, Continental, Ford, GM, Cooper...). Mais pas de mot d'ordre central, de perspective au delà de cette soupape de colère.

C'est le drame du syndicalisme et du mouvement ouvrier français, l'incapacité de se regrouper pour construire, avec l'idée que la seule force du nombre suffira à débloquer les situations et apportera spontanément une solution.

Tout l'histoire du mouvement ouvrier prouve le contraire, en montrant qu'au final, une telle attitude laisse le champ libre aux gestionnaires syndicaux réformistes qui savent surfer sur cette colère pour la récupérer plus tard - ils savent attendre leur heure ! D'ailleurs, cette fois la manifestation était très officiellement encadrée par les Fédérations de la Métallurgie et de la Chimie, et cela n'a pas posé le moindre problème.

 

- Et d'ailleurs, c'est l'occasion de revenir sur le débat que nous avions soulevé autour de la venue des camarades de Ford au Salon, mais la semaine dernière (voir les articles du Parisien et de Sud-Ouest qui ont fait le compte rendu de cette visite). Nous avions critiqué la division, en soulevant l'intérêt général, contre la défense des revendications particulières - et on voit bien que ce n'est pas seulement le cas de nos camarades de Ford.

Ceux-ci s'étaient défendus avec virulence sur ce blog, en affirmant qu'ils revenaient le 8, qu'on parlait sans savoir etc... Résultats des courses (prévisible), 5 camarades seulement vendredi dernier, ce n'est pas nous qui le disons, ce sont eux. Car bien sûr, on ne peut mobiliser des centaines de camarades deux fois de suite à une semaine d'intervalle hors très dur conflit en cours...

N'aurait-il pas été possible (par exemple) de jumeler la visite commune au Mondial, avec une visite particulière à Saint-Germain en laye, siège de Ford France ?

 

Plus au fond, la discussion (fraternelle) que nous menons tant avec les camarades de Ford que tous les camarades présents au Mondial, c'est de savoir ce qu'on veut construire avec ces manifestations ? Des coups de colère symboliques et médiatiques, une fois de temps en temps, ou reconstruire un véritable syndicalisme de classe qui puisse contribuer à organiser la classe ouvrière, à mettre à bas ce système d'exploitation qui nous réduit à l'état d'appendices des machines ???

 

 

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Mardi 31 août 2010

L'appel de l'UL de Tourcoing aux manifestations du 4 septembre

 

Logo-ULTourcoing.png Nous avons reçu de l'Union locale de Tourcoing l'appel suivant que nous nous faisons un plaisir de relayer.

Il faut évidemment participer aux manifestations du 4 septembre pour répondre aux attaques nauséabondes et proprement insupportables contre les Rroms, pour en faire des boucs émissaires. C'est donc à juste titre que la Confédération va participer à toutes les initiatives qui auront lieu partout en France ce week-end.

Mais le document de l'UL de Tourcoing va plus loin que l'humanisme général et de circonstance, et pose les jalons d'un solide internationalisme, contre toutes les formes de nationalisme nauséabond qui font le lit de la réaction et du FN. Et il refuse à juste titre la référence à la Troisième République (date du 4 septembre...) choisie par les organisateurs officiels...

Un très bon tract pour afficher dans nos entreprises, diffuser aux syndiqués, à faire connaître !


 

print-pdf.gif L’Union Locale CGT de Tourcoing s’associe pleinement à la manifestation de dénonciation de la politique ultra-réactionnaire de Sarkozy et de ses sbires, tous au service de la grande bourgeoisie. Elle appelle chacune et chacun de ses syndiqués à participer au rassemblement qui aura lieu le samedi 4 septembre à 11h00 face à la Mairie de Tourcoing.

L’heure est grave : pour masquer les effets dévastateurs de sa politique sur les classes populaires, le gouvernement le plus réactionnaire depuis Vichy, est en train d’instaurer un racisme d’Etat qui ne se cache même plus derrière le voile pudique d’un discours pseudo-républicain. C’est très sciemment et très cyniquement que le gouvernement tente de diviser les classes populaires en fonction de critères ethniques, religieux ou culturels.

Il nous faut dénoncer très clairement la stigmatisation dont sont victimes aujourd’hui les Roms, les immigrés, les jeunes des quartiers populaires, que le pouvoir nous présente comme des dangers pour la société.

Pour nous, Union Locale CGT de Tourcoing, cette politique aux relents nauséabonds doit être vigoureusement combattue pour plusieurs raisons :

  • elle sert en premier lieu à évacuer des esprits les raisons premières des difficultés vécues par les classes populaires, à savoir, une politique économique entièrement dévouée aux intérêts d’une caste immensément fortunée. Avec le chômage et la précarité, avec des salaires trop bas et des droits qui reculent, notre pays connaît effectivement des problèmes liés à la sécurité. Mais il faut prendre le problème à la racine : les vrais voyous, ceux qui produisent la violence la plus dévastatrice, sont ceux qui font passer leur profit avant l’intérêt commun, et ce, même s’il faut plonger dans la misère des pans entiers de la population.
  • elle tend à diviser ceux qui ont tout intérêt au contraire à s’unir, en attisant des tensions artificielles : quel est le problème ? Le chômage ou la burqa ? Qu’est-ce qui nous touche le plus ? Quelques caravanes de pourchassés ou la précarité galopante ? Pour quoi faut-il se battre ? Pour nos retraites ou pour remplir des charters ?
  • elle met dans une situation intolérable ceux que le système capitaliste a déjà grandement fragilisés : sans-papiers traqués ici après avoir fui le pillage généralisé du Tiers-Monde et ses effets dévastateurs sur les populations, Roms chassés et déportés vers des pays où le même sort leur sera réservé, immigrés stigmatisés alors même que le racisme venu d’en haut les prive d’une Egalité que la République se garde bien d’appliquer.

Notre Union Locale, qui rassemble des syndiqués de toutes origines, appelle chacune et chacun d’eux à se rassembler le 4 septembre prochain afin de faire vivre l’un des apports essentiels transmis par nos aînés : l’internationalisme, meilleur antidote au poison nationaliste distillé par le pouvoir sarkozyste.

Et parce que nous avons cette mémoire, tout en participant pleinement à ce rassemblement, nous nous refusons à célébrer l’anniversaire d’une Troisième République née sur les cadavres des Communards, qui a intensifié les conquêtes coloniales, mené à la boucherie des millions d’hommes au service de la bourgeoisie, et s’est sabordée au profit du fascisme, dès avant 1940.

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Mercredi 4 août 2010

Dalkia : la lutte continue, le soutien est URGENT !

 

Logo-CGTE.jpg Les camarades du CGT-E (désormais SUD-Energie) nous transmettent les deux communiqués suivants, qui démontrent s'il le fallait une fois de plus l'acharnement de la direction contre les syndicalistes de classe.

Le premier communiqué est l'échec d'une tentative de licenciement d'un élu au CE.

Le second est un appel urgent à la solidarité financière, face aux menaces graves qui pèsent contre nos camarades. Ce n'est pas la première fois qu'ils lancent un tel appel, mais il faut vraiment y répondre, tant l'enjeu est important !

Tous à vos chéquiers !

 

Dalkia: échec d'un (nième) acte de répression syndicale contre le CGT-E

 

L'inspection du travail de Nanterre vient de refuser la demande de licenciement de notre camarade Jean-Luc LB., élu au comité d'établissement Dalkia Ile de France.

 

Depuis leur exclusion de la CGT en novembre 2004, les militants du CGT-E, aujourd'hui regroupés au sein de la Fédération Sud Énergie, font l'objet d'attaques incessantes de la part de la direction nationale de Dalkia, Filiale de Veolia et d'EDF, et des ses relais régionaux.

Outre les actes discriminatoires et les campagnes de ragot et de calomnie, plusieurs militants ont ainsi fait l'objet de procédures de licenciement abusif pour des motifs insensés ou à la suite de cabales des plus abjectes dans lesquelles sont impliqués des syndicalistes véreux et corrompus.

 

Il y a trois ans, Jean-Luc a été victime d'une agression physique sur le site dont il était le responsable. Les conséquences de cette ignominie l'ont conduit à plus de trois mois d'arrêt de travail.

Profitant de cette absence forcée, la direction l'a destitué de son poste de chef de site. Sans affectation particulière notre camarade a vécu cette situation comme un véritable harcèlement moral dont l'objet stratégique est de le pousser vers la sortie. Mais fort du soutien du CGT-E, Jean-Luc a su résister aux velléités sournoises de Dalkia et aux intentions malveillantes de ses dirigeants qui, pour le mettre en défaut, ont multiplié les propositions d'affectation trés éloignées des fonctions originelles de notre camarade et de ses compétences professionnelles.

 

Sans doute lassée par tant de résistance, la direction a fini par jeter sa morgue contre notre militant en décidant d'engager une procédure pour le licencier. L'inspecteur du travail a renvoyé dans ses pénates le DRH de l'établissement qui excelle dans ce genre de procédures. A suivre.


 

APPEL A LA SOLIDARITE FINANCIERE !

 

chequier.jpg Depuis de nombreuses années, des responsables de notre syndicat, le CGT-E Dalkia dans lequel se sont regroupés des militants CGT exclus par la Fédération de la Construction et ce en violation des statuts confédéraux et de la démocratie syndicale, sont criminalisés pour leur défense du syndicalisme de lutte de classe. Ils sont assignés devant les tribunaux par la collusion de la direction patronale de Dalkia et les directions syndicales réformistes notamment la Fédération CGT de la Construction qui s’est illustrée par des actions analogues contre notamment les camarades d’Elyo du groupe Suez-Lyonnaise des Eaux, de Forclum Méditerranée et du Goupe Vinci.

 

En se livrant à un véritable harcèlement judiciaire jamais connu dans l’histoire du mouvement ouvrier (45 procédures et plaintes en pénale en 5 ans) la Direction de Dalkia (Veolia) et la CGT Construction espèrent empêcher l’enracinement et le développement du syndicalisme de lutte de classe dans l’entreprise et dans le groupe Veolia où les syndicats intégrés, dont la CGT, se sont récemment illustrés par leur soutien très médiatisé à Henri Proglio, le PDG milliardaire récemment nommé à la tête d’EDF. Une alliance que le Président Sarkozy a rendue publique lors de sa dernière conférence télévisée.

 

Mais maintenant les atteintes montent d’un cran. Après des demandes faramineuses d’articles 700 (remboursement des frais d’avocats…) fixées au-delà même de la limite imposée par le législateur aux Tribunaux d’instance (qui pourtant jugent sans frais), le duo Dalkia/CGT  (auquel s’est associé un syndicat maison) a réclamé et obtenu des dommages et intérêts contre le CGT-E mais aussi contre ses principaux animateurs qui doivent en supporter personnellement les lourdes condamnations alors qu’ils sont en défense dans des procédures regroupées sous le titre générique de « contentieux des élections professionnelles ».

 

Désormais, ils ne sont plus seulement jugés en tant que syndicalistes mais individuellement comme des « droits communs » puisque le tribunal vient de leur infliger en plus une forte amende civile.

A ce titre, ils doivent payer nominativement les 30 000 euros qui leurs sont réclamés.

 

Nous faisons appel à votre conscience de militant révolutionnaire pour les soutenir financièrement sinon, sans règlement de cette amende ils risquent la saisine de leurs comptes bancaires et leurs biens immobiliers, et peut-être d’autres peines encore plus graves.

 

Vous pouvez adresser votre aide financière à :

Mme HARSANT Michelle - 26 Avenue de Bretagne 35135 Chantepie
(chèque à l’ordre de « Solidarité CGT-E »)

* Un reçu vous sera remis

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