Dossiers

Sommaire et dossiers accessibles
ICI
27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 09:09

Jeudi 27 juin 2013

SECAFI, c'est quand même grave dans la cogestion capitaliste des restructurations !

 

Pub-SECAFI-CF351.jpg Nous avons déjà parlé à plusieurs reprises de ce cabinet d’experts proche de la CGT mais néanmoins proches des ministères de toutes les couleurs… et qui sait manger à tous les râteliers !
Pour mémoire :
-    « Avis de tempête à SECAFI Alpha » (24 novembre 2011)
-    « Joyeux Noël, chez SECAFI on licencie les syndicalistes » (24 décembre 2010)
-    « SECAFI Alpha, suite du feuilleton » (6 août 2009) sur la privatisation de Pôle Emploi
-    « Un proche de la direction de la CGT nommé conseiller spécial de Sarkozy » (15 février 2008)
Et nous sommes également revenus plus sur le fond sur le rôle des experts dans les plans de restructurations industriels (« PSA : des expertises pour quoi faire ? » 11 septembre 2012).

 

SECAFI, c’était l’expert du CCE de PSA, qui a validé récemment la fermeture d’Aulnay. SECAFI, c’est l’expert du CCE de Goodyear, qui a validé la fermeture d’Amiens Nord, et vient, via le cabinet Semaphores, de récupérer le marché (juteux, on n’en doute pas), du reclassement des travailleurs de Goodyear, retour pour services rendus de la part de la direction ? [mise à jour 26 juillet : à PSA, c'est Sodie (groupe SECAFI) qui a également récupéré la fonction de "reclassement" des salariés licenciés... Là encore, retour pour services rendus ?]


SECAFI, c’est un groupe qui n’aime pas bien le blog « Où va la CGT ? », au point de nous envoyer une sommation (voir ICI) à retirer son expertise du CCE de Goodyear que nous avions mise en ligne (elle ne contient pourtant aucune clause de confidentialité), alors que ça ne la dérange pas que l’expertise PSA soit en ligne sur le site de France Inter (ICI)...

SECAFI n’aime donc pas le blog « Où va la CGT ? » et elle a bien raison, parce que c’est réciproque.
Parce quand on se pose « pour un dialogue constructif entre les acteurs de l’entreprise » (voir la pub ci-dessus parue dans la journal de la FTM, le Courrier Fédéral…) alors que la crise capitaliste fait des ravages, on se dit qu’il faut se méfier des zozos.

 

En ce moment, SECAFI fait une campagne de pub auprès des syndicats, des CE, sur le thème « comment réagir lors d’une restructuration ? ». Déjà camarades qui lisez cet article, méfiance !!! Ayez toujours en mémoire les rapports sur PSA et Goodyear !!!

 

secafi-guide-restructuration.jpg Mais si vous prenez le temps de lire la plaquette diffusée pour cette campagne de pub (et que nous nous faisons un plaisir de mettre à la disposition de nos lecteurs, ci-contre), on comprend mieux ce qu’est cette entreprise, et plus généralement ce que sont les experts économiques : surtout des vautours qui viennent tirer du fric des patrons (mais cela ne doit pas nous rendre sympathiques pour autant) sur le dos de la misère et de la crise capitaliste.

Nous laissons nos lecteurs apprécier le document et nous n’avons relevé que quelques perles grossières :

  • Pas un mot sur l’origine des difficultés économiques, la concurrence, le profit, l’exploitation et le capitalisme (page 3). Une  présentation « neutre » à la mode de nos patrons qui nous présentent les restructurations comme des sortes de fatalité qu’il nous faut avaler sans trop broncher…
  • La perspective de « réussir la négociation » avec le patron, pour suivre la mise en œuvre du projet et des licenciements (page 7). On va donc négocier notre mise à mort…
  • Un résumé à vomir des enjeux (page 9)
    • « S’assurer du bien fondé de l’argumentaire de l’entreprise » (les experts et SECAFI sont là pour ça, rassurez-vous…)
    • « Réduire le coût social (diminuer le nombre de licenciements) » - mais certainement  pas les combattre !
    • « S’assurer que la restructuration permettra la pérennité de l’entreprise » - l’intérêt patronal, et rien d’autre !
    • « S’assurer d’un traitement équitable des personnes face aux licenciements » - équitable, vous avez dit équitable ???
    • « Permettre aux personnes licenciées de retrouver rapidement une solution adaptée » - vous avez remarqué, pas un emploi, une « solution adaptée »… Demandez aux Contis où ils en sont aujourd’hui..
    • « S’assurer de la santé et de la sécurité des personnes après la restructuration » - s’il en reste, déjà, et avec les hausses de productivité, les mutations, et tutti quanti !
    Là, quand on en arrive là, on a juste envie de tout péter. Et on ne comprend pas comment des syndicalistes peuvent encore faire confiance à ces charlatans.
  • SECAFI est là pour proposer une multitude d’experts en tous genres, en fait pour faire du fric sur le dos des restructurations (page 12). Nous le répétons, ce n’est pas parce que c’est le patron qui paye que nous devons rentrer dans ce jeu. Ce coût est parfaitement marginal dans le cadre d’une restructuration d’ampleur, et si en plus cela sert à valider les plans patronaux, ils sont prêts à payer, soyez en sûr !!!
  • Quant aux propositions de SECAFI (page 13), on voit qu’elles sont tout à fait dans le cadre de l’ANI et des accords de compétitivité mis en place un peu partout en ce moment (Renault, SevelNord, Fonderies de Caudan, UMV, groupe PSA etc.) : chômage partiel, heures sups, précarité, GPEC, temps partiel, mobilité, mutations, voilà qui doit plaire à Varin et Ghosn !
  • Pour finir par proposer « l’ajustement des effectifs sans douleur » (page 15), non, non vous ne rêvez pas !!!

Bon, on va arrêter là, sinon on va s’énerver et on va dire des choses pas gentilles.
La perspective de SECAFI (mais de tous les cabinets d’experts en fait) c’est de se poser en auxiliaires des capitalistes pour faire passer les restructurations en douceur. C’est dit, c’est écrit. Ce sont NOS ENNEMIS, ils sont dans le camp d’en face.

 

Alors, camarades lecteurs, vous allez reprendre cette plaquette de SECAFI et vous allez en faire l’étude dans votre syndicat.

Vous allez discuter à fond, vous allez réfléchir collectivement. Vous allez définir une position syndicale claire face à ces vautours, comme vous devez le faire face aux avocats (autres experts en cause).
Peut-être vous serez amenés à faire désigner un expert, pour gagner du temps. Soit.
Mais surtout, surtout, n’attendez rien de ces larbins du capital. Profitez du temps gagné pour organiser et développer le combat, et n’oubliez jamais, c’est NOTRE peau qui est en jeu !

Partager cet article

Publié par Où va la CGT ? - dans Les structures
commenter cet article

commentaires

GRIGROU 29/03/2016 14:35

L'anticapitalisme, c'est comme la grippe : c'est une maladie qui se soigne! Je tombe sur ce blog par hasard, et en le parcourant rapidement, je comprends mieux comment avec de telles idées la France se traîne un chômage record en Europe. L'idéologie coco avant tout pragmatisme... Bravo les champions. Et "sus aux méchants patrons"!!

Gabriel 12/03/2016 11:13

Le rapport SECAFI qui a cautionné la fermeture des ateliers de production de FREESCALE à Toulouse est une mauvaise traduction de l'américain. On y trouve des phrases sans verbe et de nombreux anglicismes. On se demande bien qui a été le véritable auteur de ce rapport abondamment utilisé dans ses conclusions par le défenseur de la société Freescale face à ceux qui contestent la réalité des difficultés économiques avancées par l'employeur.
A bon entendeur...

Seb 04/09/2014 15:34

Merci de ne pas mettre tous les experts dans le même panier. Il y a encore des "petits" experts locaux qui travaillent main dans la main avec la CGT !!
Secafi, c'est un Groupe, une multinationale gérée comme telle !! Rien à voir avec nous, les "petits" experts.