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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 21:27
Vendredi 27 novembre 2009
Sans-papiers : les réformistes silencieux, la lutte continue !

La circulaire Besson est parue mercredi, et on attend toujours une réaction deux jours plus tard... [Mise à jour 28 novembre : ouf, ça y est ! voir le commentaire ci-dessous]. Seule la CIMADE a réagit, en soulignant les "limites" de la circulaire (c'est bien le moins !) tout en jugeant nécessaire de parler des "avancées"...
Quoi donc ? La fameuse circulaire réclamée à corps et à cris depuis 2008 est enfin publiée par le ministère, après des semaines de négociations avec Besson, et pas un mot, pas une réaction ? Rien à dire, rien à signaler ?
Il faut dire que c'est l'impasse pour nos syndicalistes responsables, piégés par le ministre dans la logique des critères, du cas par cas, du respect de l'économie française. Donc bien embarrassés aujourd'hui... gageons que la réponse sera "le compte n'y est pas" (sans remettre en cause la logique de la circulaire pourrie), dès qu'ils auront pris le temps de s'y retrouver...
Hier, une manifestation a regroupé 400 sans-papiers devant le ministère du travail. Tout ce que trouve à dire R.Chauveau, c'est que le texte est "bâtard"...

Retour sur Chauveau à France-Inter mercredi soir, face à Laurent Wauquiez, le soir même donc où la publication est connue. Nous mettons ci-dessous la vidéo de Dailymotion pour que chacun(e) puisse la consulter.
Chacun pourra voir que R.Chauveau, au nom de la confédération :
  • argumente de manière médiocre sur le contenu strict de la circulaire en oubliant de préciser que les détails précis sont contenus dans un document attaché à la circulaire proprement dire (voir l'article précédent); [La déclaratation des Onze - en commentaire - reprend cet argument bidon...]
  • affirme et réaffirme qu'il ne s'agit que de régulariser les sans-papiers déjà au travail. Et tant pis pour tous les autres (jeunes majeurs, conjoints, déboutés du droit d'asile...);
  • se retrouve sur le même terrain de la régularisation par le travail que L.Wauquiez, qui ne manque d'ailleurs pas de le faire remarquer à plusieurs reprises dans le débat, sans aucun démenti;
  • affirme qu'il n'est pas question de sortir de ce débat, et en particulier de parler de la libre circulation ("l'ouverture des portes", comme ils disent...); on note en particulier que Wauquiez fait un long développement sur la crise, et que R.Chauveau ne parle pas de la libre circulation des capitaux dans le marché mondial, bien sur une des causes des restructurations (les délocalisations), un des arguments classiques pour avancer la libre circulation des travailleurs;
  • ne s'oppose jamais nettement à la circulaire Besson, seulement critiquée parce qu'elle "a encore un peu de chemin à faire", "ne va pas jusqu'au bout"... C'est donc qu'elle irait dans le bon sens ??? [De ce point de vue, la déclaration des Onze est plus radicale...]
On voit là la position de la confédération : imaginer forcer la main au gouvernement tout en restant sur son terrain...


Heureusement que la lutte des classes se poursuit, par la détermination des grévistes.
  • Jeudi soir, les sans-papiers ont été évacués des agences qu'ils occupaient à Creil, peu après la visite d'une délégation des Contis venus apporter leur soutien. Voilà les exemples à multiplier : élargir la solidarité, renforcer la lutte, multiplier les piquets de grève.
  • Mardi à Aubervilliers, un rassemblement combatif a regroupé plus de 120 personnes de la ville devant la SCIFODIAM, où 18 grévistes sans-papiers se battent pour la régularisation et leur embauche en CDI (certains sont en intérim depuis treize ans dans l'entreprise...).
  • A Vitry, l'occupation devant le centre des impôts se poursuit, avec toujours un fort piquet déterminé, et la réaction à la circulaire Besson a été immédiate et sans ambiguités... A lire ICI !.
  • et il y a partout de multiples exemples du même ordre...
C'est la seule voie réaliste et gagnante pour tous nos camarades : celle de la lutte de classe hardie et déterminée, pour la régularisation sans conditions de tous les sans-papiers !

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Publié par Où va la CGT ? - dans Sans-papiers
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commentaires

NouvelObs.com 29/11/2009 18:20


Hallucinant !!! Besson propose 5 ans, le PS réclame 10 ans !!!

Le PS pour une régularisation des sans-papiers selon "critères"
NOUVELOBS.COM | 29.11.2009 | 18:16

Alors que Nicolas Sarkozy accuse le PS de vouloir faire "remonter le FN" sur la question des sans-papiers, Arnaud Montebourg précise que le PS n'est pas pour une régularisation massive, mais "sur
critères".

Le député PS, Arnaud Montebourg, a insisté dimanche 29 novembre sur le fait que son parti était favorable à une régulation "large" des sans-papiers mais selon des "critères", et non pour une
régularisation "massive".
Invité du Forum Radio J, Arnaud Montebourg a détaillé les critères selon lesquels on pourrait régulariser les sans-papiers.
"Il y a les critères liés au travail, la scolarisation des enfants, la durée significative de la présence et l'intégration effective que nous pourrions mesurer à travers certains" indicateurs comme
"apprendre le français", a-t-il expliqué.

Une régulation "massive" n'est "pas la position" du PS

S'agissant de la présence sur le territoire, Arnaud Montebourg a évoqué une durée de "plus de dix ans" comme l'avait fixée en 1997/1998 le gouvernement de Lionel Jospin. Pour lui, cela "éviterait
les régularisations générales".
Il a affirmé qu'une régularisation "massive" n'était "pas la position" du parti socialiste. "Nous avons une approche positive pour la France (...) nous sommes pour une politique d'immigration
modérée, humaine, constructive pour la France", a-t-il dit.
Samedi, lors du Conseil national de l'UMP, le président Nicolas Sarkozy a accusé les socialistes "d'agiter le chiffon rouge" des sans-papiers pour "faire remonter le Front national".


Michèle 28/11/2009 22:36


Pourquoi cette différence supposée entre des annexes sans valeur juridique et la circulaire elle-même ? Comme si la circulaire avait, elle, une valeur juridique!!! C'est une vraie fumisterie,
présente depuis le début de cete lutte, de vouloir faire croire qu'une circulaire pourrait avoir force de loi. Combien de déboutés de la circulaire de 2006 se sont entendus dire dans les tribunaux
administratifs que la circulaire invoquée n'avait aucune force de loi ? Tous ceux qui ont tenté des recours. On ne peut pas prétendre lutter contre l'arbitraire des préfectures en réclamant une
circulaire parce qu'une circulaire contient, par définition, l'arbitraire des préfets. Et tout ça n'est pas qu'une question de mots. Notre rempart ne peut pas venir d'une circualire mais du rapport
de forces et du rapport de forces pour imposer, non pas une circulaire, mais la régularisation de tous les sans-papiers.


Eugène 28/11/2009 16:43


Ca y est, enfin une réaction !!!

Déclaration commune des Onze sur la circulaire Besson

Le vendredi 20 novembre, les organisations syndicales et les associations signataires de la lettre du premier ministre du 1er octobre ont publié une déclaration.

Dans cette déclaration, elles rappellent les points qui demeuraient en suspens après quatre semaines de discussions. Cette demande a été reprise dans un second communiqué du 24 novembre.

Pour toute réponse, le ministre de l'Immigration publie une circulaire et un document annexe qui ne tiennent aucun compte des observations présentées.

La circulaire rendue publique est remarquablement vide et floue et laisse une très large marge d'interprétation aux préfectures, dont l'arbitraire avait précisément été à l'origine de
l'interpellation du Premier Ministre et par suite du conflit. Quant au document annexe, il s'agit d'un texte dépourvu de toute valeur juridique.

Bien entendu, les grévistes vont être consultés et donneront leur appréciation sur ce texte.

Cependant nous devons rappeler dès maintenant que l'essentiel de nos revendications restent insatisfaites :

Une durée de séjour qui serait fixée arbitrairement à 5 ans est inacceptable.

La circulaire concerne les seuls travailleurs déclarés et laisse entièrement de côté les travailleurs non déclarés et en particulier les travailleuses du service à la personne. Tous ces salariés ne
demandent qu'à cotiser.

Les Algériens et les Tunisiens sont exclus du champ d'application du texte.

La circulaire continue de parler de métiers et de bassins régionaux d'emploi en tension, alors que les travailleurs (euses) sans papier travaillent souvent depuis des années dans notre pays et sont
déjà pris en compte dans les statistiques de l'emploi.

Dans ces conditions, nous disons nettement qu'en dépit de quelques avancées que nous avons reconnues, le compte n'y est pas.

Compte tenu du caractère flou de la circulaire et de l'absence totale de valeur juridique du document annexe, nous considérons que la discussion peut et doit se poursuivre. Nous demandons à être
reçus de nouveau par le Ministre de l'Immigration et surtout par le Ministre du Travail.

Il s'agit en effet d'un conflit du travail : des travailleurs que leur situation irrégulière prive d'une partie de leurs droits demandent, par le moyen de leur régularisation, à être rétablis dans
l'intégralité de leurs droits.

L'enjeu est clair : allons-nous continuer d'accepter la surexploitation de tous ces travailleurs ou mettre un terme à une situation inacceptable au regard du droit du travail et des valeurs de la
République !

Paris, le 27 novembre 2009