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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 10:47
Samedi 30 janvier 2010
Sans-papiers : ce qu'en dit la commission immigration du NPA

LogoNPACe document est un extrait d’un compte rendu interne de la commission immigration du NPA, et nous n'avons supprimé que les quelques références concrètes de terrain.
C’est en toute connaissance de cause que nous le rendons public. Jusqu’à aujourd’hui, le NPA a toujours été fidèlement aligné sur la CGT, refusant par exemple de soutenir l’occupation de la Bourse du Travail, sans pour autant s’investir directement avec les grévistes à quelques collectifs locaux près.
C’est un compte rendu interne et la parole est libre, et c’est pas triste… On laissera Chauveau et le NPA s’entre-étriper, cela ne changera pas grand’chose… Les militants du NPA semblent découvrir ce que nous disons depuis toujours… Quant à la liste ultra-impressionnante de « ce qu’il faudrait faire », on ne peut qu’interroger les militants du NPA : pourquoi cela n’a-t-il pas été fait jusque là ? Fallait-il attendre jusqu’à aujourd’hui, ou est seulement de l’impuissance ?
SSPPMetalcouleur2007En particulier sur l’enjeu dans le travail syndical…

Rappelons que le mouvement des grévistes sans-papiers à démarré en 2007, il y a juste à peine trois ans… retard à l’allumage ? Enfin, vieux motard que jamais, comme disait l’autre, si jamais ça a un début de commencement d’application !
Reste en plus à savoir en quoi cela reflète le point de vue du NPA dans son ensemble et pas seulement celui de sa commission immigration...



Lors de la dernière réunion de délégués, la salle était à moitié vide (ou pleine): lassitude, coût du déplacement, etc.
Aucune perspective encourageante.
Réunion prévue lundi 25.
Appel de people genre Balasko.
Action médiatique avec des grévistes de région parisienne à Nîmes.
Darcos & CGPME OK sur le principe d'une rencontre, mais aucune date n'est prise.
Les négociations se font hors de la présence des sans – papiers, qui ont un sentiment d'abandon, surtout de la part de la CGT.

Raymond Chauveau s'est montré peu favorable, voire hostile aux comités de soutien, en même temps qu'il se repose sur eux. (...) Il n'a pas l'appui du Bureau Confédéral, et veut sous traiter le travail humanitaire & syndical aux comités de soutien. Il demande aux grévistes de tenir encore 3 mois !

Il montre une attitude autosatisfaite et impute aux comités de soutien l'échec du mouvement.
A partir de la présence de l'UMP à la conf de presse de l' Assemblée Nationale, il fait une analyse erronée des Régionales. (…)
Les délégués déplorent le manque de contacts avec les syndicats mais apprécient l'action des comités de soutien & le rôle du NPA.
Proposition de les inviter aux réunions de comités NPA.
Besoin d'un appel clair auprès des militants NPA investis dans les syndicats pour mobiliser plus largement. C'est un enjeu du travail syndical.
Propositions d'opérations coup de poing.
Engager des actions auprès des mairies.
Médiatiser.

Malgré le flou entretenu par R. Chauveau, les grévistes ne sont pas dupes du glissement de stratégie : on est passé de l'exigence d'une circulaire [NdlR : ça n'a JAMAIS été une revendication des grévistes !!!] à l'obtention des CERFA.
Tassement du rapport de forces. (…)
LA CNT commence à déposer ses dossiers (FI, ISS) en préfecture. Les grévistes craignent que les premiers arrivés soient les premiers servis.
Le problème financier est crucial. Le manque d'argent entraîne des divisions entre les différents piquets. Beaucoup de sans-papiers retournent travailler. Comment est répartie la collecte ? Des camarades de province ne savent pas à qui adresser leurs dons. Les espèces sont nécessaires au quotidien, et les chèques doivent être crédités sur le compte CGT Montreuil qui doit les répartir entre les grévistes, et pas s'en servir pour autre chose, comme la location de salles.
La proposition d'une centralisation des collectes (pendant les manifs, sur les marchés, etc.) puis répartition entre les piquets rencontre peu d'écho. Il est difficile d'avancer les positions du NPA dans les comités de soutien. (…)
On s'achemine vers la pire des solutions, à savoir la négociation piquet par piquet.

Note positive: le gain idéologique dans l'opinion publique.
Réaliser une brochure sur les leçons & fruits de cette lutte, pour garder une trace du mouvement.
Cette lutte a été instrumentalisée par le Bureau Confédéral de la CGT en vue de son Congrès [NdlR : lors du Congrès, c'est sûr, en vue du Congrès c'est complètement faux...]
Mais ils n'ont pas lancé de grèves de soutien, n'ont pas organisé le soutien par leurs sections syndicales.
Aucune structuration de la solidarité. Il n'y a pas eu de surenchère du mouvement à l'annonce de la circulaire Besson.
Chauveau s'est retrouvé pris au piège de sa gestion de la lutte. La Confédération n'a pas impliqué tout l'appareil. Il n'y a pas de ligne, et le but en est la régularisation des grévistes.
Chauveau, qui finalement ne représente que l'UL de Massy a cherché l'intérêt politique du PCOF qui a rejoint le Front de Gauche. Le mouvement se délite; tout était joué depuis le début pour en arriver aux négo boîte par boîte.

Reste t' il réellement 6000 grévistes?
Le NPA doit être ferme à la réunion de lundi, montrer qu'il est le meilleur artisan du soutien unitaire, ne pas céder devant les directions réformistes et demander à la CGT de justifier clairement son changement de stratégie, sans pour autant entrer dans le règlement de comptes.
Besoin de donner un statut politique à cette lutte.
Légitimité du NPA qui est présent depuis le début.
Interroger sur le boycott de Baudelique (14 collectifs de sans – papiers).
Ne pas opposer l'appartenance NPA/comité de soutien.
Ne pas s'adresser à Chauveau mais aux comités de soutien qui seront dans la salle.
Le PS espère récolter électoralement les fruits d'un soutien citoyen.
On est face à un gouvernement très dur qui ne veut céder en rien, même pas une victoire partielle.
Pas assez de comités de soutien, surtout en régions, pour tenir tête.
Environ une vingtaine en RP, mais manque de coordination pour faire contrepoids.
Besoin de faire des collectes en banlieue.
On mesure ce que devrait être le rapport de forces nécessaire pour faire plier ce gouvernement.
Cette dureté pose la question de la stratégie à adopter et de la bataille pour élargir l'arc de forces.
Dans le cas de l'entreprise SENI, la CGT nettoiement sert d'interface avec le gouvernement.

Refus de la CGT de politiser la lutte. On se souvient du mail de R. Chauveau qui s'en prend au slogan des autocollants NPA. Ce qui ne l'empêche pas de s'afficher au Zénith avec le Front de Gauche.
Les Verts signent les tracts mais ne sont pas sur le terrain.
Répression forte. Projet d'une riposte NPA à la violence sur le piquet de la rue du Regard.
Dénoncer le rôle de l'Etat & faire le lien avec le débat sur l'identité nationale.
Ne pas entretenir d'illusions: de nouveaux comités de soutien ne vont pas émerger.
Mais lutter contre la démoralisation et le chacun pour soi.
On doit s'attendre à des actes de désespérance, comme des grèves de la faim.
Etre présent dans le cadre de réunions & autres initiatives publiques.
S'emparer du débat pour les Régionales.
Donner la parole aux sans – papiers dans nos meetings.
Formuler le rôle précis des comités de soutien, élargir à d'autres secteurs de travailleurs, faire converger les mouvements.

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Publié par Où va la CGT ? - dans Sans-papiers
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pj49 04/02/2010 10:25


Le manque de commentaires me semble significatif d'un désarroi complet; aucune revendication claire à opposer aux bonzes syndicaux; des comités de soutien qui pédalent dans la choucroute faute
d'union et de coordination sur ces revendications; les recettes de cuisine qui ressortent (opérations coups de poing)...
Bref, c'est le bordel!
Le danger n'a jamais été aussi grand de donner dans le suivisme d'un mouvement revendicatif... sans revendications!
Ou de se replier sur la tour d'ivoire de positions intransigeantes...

C'est au militants révolutionnaires d'anticiper sur ce qui unifie les prolétaires même a minima; d'abord et avant tout sur des revendications claires et unifiantes et sur la stratégie qui en
découle.
Je me suis suffisamment exprimé sur ce blog pour ne pas avoir à y revenir mais cela suppose une inversion complète de ce qui se passe à l'heure actuelle:
Les oppositionnels agissent en fonction de la direction donnée par la confé CGT et non en fonction des besoins du mouvement; et ils agissent évidemment en négatif sans pour autant avancer des
revendications concrètes dont pourraient s'emparer les grévistes.
Le rôle des soutiens n'est pas de fournir du fric à la confé pour boucler ses fins de mois mais d'aider les grévistes à s'organiser tant matériellement que politiquement; l'heure est toujours à
l'organisation autonome d'un mouvement sans papiers et plus largement d'un mouvement immigré; encore faut-il briser les frontières catégorielles mises en place par les syndicats, mettre en contact
les grévistes les plus actifs les uns avec les autres, organiser des liaisons transversales avec les soutiens partant pour le faire!
Cela suppose avant tout mettre en avant les revendications dans lesquelles se reconnaissent non seulement les grévistes mais tous les sans papiers, mais aussi ceux qui ont une carte d'un an et sont
en sursis...
Opposer une vision claire et dynamique sur ces revendications sera la meilleure et la plus incisive des critiques contre le front des chauvins... Sinon parler de direction des grévistes par les
grévistes eux-mêmes relève du fantasme limite démago (n'est-ce pas ce qu'affirme sans rire Mr Chauveau?).
Mais, peut-être est-il déjà trop tard? -pj49-