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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 20:32
Lundi 12 octobre 2009
Sans-papiers : après l'échec de l'acte I, l'acte II

Nous l'avions annoncé, l'acte II du mouvement de régularisation des sans-papiers a été lancé aujourd'hui.
Un bref communiqué de la CGT informe de l'entrée en lutte simultanée d'un millier de camarades sans-papiers sur la région parisienne.

Il ne s'agit pas que d'un communiqué. Après des réunions de préparation, comme dans le 94 (150 personnes après appel dans les foyers), le 93 (une réunion à Bobigny le 4 octobre) et une réunion de 2500 personnes hier à la Bourse du Travail de Montreuil, les camarades sont rentrés en grève et ont commencé à occuper des entreprises et des lieux symboliques. 27 lieux d'occupation sont annoncés, sans qu'il soit possible pour l'instant d'en dresser la liste précise.
Le chantier du tramway est occupé Porte des Lilas. Les camarades du BTP occupent la fédération patronale. Les camarades du nettoyage se retrouvent Porte de Champeret, ceux de la restauration à l'institut de formation. Les intérimaires se retrouvent rue de Rome pour occuper trois agences, ils étaient si nombreux qu'ils auraient pu en occuper le double. Sans compter les conflits qui se poursuivent depuis des mois, comme les vigiles de Monoprix à Strasbourg Saint-Denis, ou de Addeco Magenta.
En gros, le choix a été fait de regrouper les camarades par corps de métier pour toucher à la fois les entreprises, et des secteurs symboliques permettant de regrouper les camarades isolés dans leurs toutes petites boîtes. Ce choix en vaut un autre, à noter qu'il est compliqué à gérer pour les collectifs locaux qui regroupent sur un secteur géographique des sans-papiers de métiers très différents.

Il y a de nombreuses différences notables avec l'acte I (le mouvement de grève lancé le 15 avril 2008), et on peut le comprendre. Quelque part, c'est le bilan d'un échec qui a été tiré, pour une part au moins.
- échec de la stratégie de pression sur un gourvernement qui ne comprend que le rapport de forces. Là le mouvement est parti pour prendre immédiatement de l'ampleur, d'autant que les camarades rentrent en lutte avec l'énergie du désespoir.
- échec de la stratégie des grèves symboliques dans des entreprises symboliques. Seulement 1500 à 2000 régularisations sur un an et demi, c'est misérable. Là le mouvement démarre d'emblée sur une base générale, y compris en regroupant les camarades isolés autour d'objectifs symboliques (chambre patronale par exemple). Quelque part, le bilan désastreux de l'occupation de la Bourse du Travail et de son évacuation musclée est là.
- échec du contrôle total de la CGT sur le mouvement. Cette fois, c'est un mouvement intersyndical ouvert aux associations qui est lancé. La CGT apporte son appui et son soutien - rien de plus de précisé... Quelque part le sentiment que la CGT ne veut pas être la seule à porter le chapeau... Quelque part aussi que le caractère intersyndical et spectaculaire de l'action de nos camarades remplit le vide des journées d'action bidon...

Mais l'acte II repart aussi sur les mêmes bases pourries que l'acte I, et il faut le dire : la régularisation sur critères, à partir de la loi Hortefeux. Le communiqué de la CGT est extrêmement discret sur la question, il ne cite qu'une partie du courrier envoyé à Fillon. Mais pas celui sur les critères Hortefeux !!! La citation du communiqué ne parle que de critères "améliorés, simplifiés, harmonisés"... plus vague et flou tu meurs !

Les camarades de la CGT investis dans le soutien aux sans-papiers et qui se retrouvent dans ce blog doivent absolument se saisir de cette nouvelle offensive.
  • Il faut  élargir le plus possible le mouvement, et en particulier en province. Personne ne parle d'élargissement de la grève, de grève générale des sans-papiers, c'est pourtant dans ce sens qu'il faut avancer. Donc mettre toutes nos forces dans ce combat. Nous savons que nombre de camarades en régions sont attentifs à cette question, voilà l'opportunité !
  • Il faut aller à la bataille, sans hésitation, car c'est le moment. Mais avec prudence, vigilance et méfiance, car nous avons déjà été trompés une fois par la direction de la CGT. Nous avons deux batailles à mener en même temps, en fait c'est la même :
    - celle contre le gouvernement Sarkozy/Fillon/Besson
    - celle pour la régularisation sans condition de tous les sans-papiers, ce qui veut dire refus de tout critère et de toute sélection au cas par cas.
  • Pour l'instant, seuls les camarades sans-papiers sont véritablement mobilisés, et les militants de la CGT et du soutien sont rares sur les piquets. C'est une malchance et une chance. Une malchance, car on a toujours besoin de soutien. Une chance, car c'est l'occasion pour les camarades sans-papiers de prendre vraiment eux-mêmes leur lutte en main, en toute autonomie. Ne ratons pas l'occasion !
  • Dans la direction de la lutte, la démocratie et la participation la plus large doivent être respectés. Il ne suffit pas de nommer des délégués et de leur faire confiance. Si c'est pour qu'ils fassent ensuite le boulot de la CGT, même pas la peine ! Il faut des délégués, oui. Mais il faut aussi des assemblées, des discussions ouvertes, des décisions prises par tous et toutes en connaissance de cause. Ce sont les papiers, les  emplois de tous et chacun qui se jouent dans la grève !
Il est trop tôt ce soir pour aller beaucoup plus loin malgré les informations regroupées dans la journée.
Mais ce combat est celui de toute la classe ouvrière, classe internationale et multinationale !

Les prolétaires n'ont pas de patrie !
Régularisation sans condition de tous les sans-papiers !
Une seule classe ouvrière, mêmes ennemis, même combat !

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Publié par Où va la CGT ? - dans Sans-papiers
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commentaires

SOLANGE 09/04/2010 11:08


les sans papiers sur leur lieu d'occupation , pourrissent sur place , mais ils sont loin d'etre les acteurs autonomes de leur lutte , et de pouvoir élargir leur mouvement , tant en provience
qu'avec d'autres luttes interprofessionnelles : Chauveau veille, et tous doivent ren,trer dans le rang : ils n'ont pas la parole.

Qui dans le quiz actuel pourrait répondre à cette question :

Les grévistes sans papiers , depuis longtemps sans salaire ni activité , ne laissent pas la préfecture sans activité , cependant la CGT leur demande de ne pas faire de recours pour leur OQTF.

Ils reçoivent des OQTF en nombre dans cette présidence ou le chiffre est roi.
Les flics se déplacent dans les foyers , si le propriétaire de l'OQTF est absent il est convoqué au commissariat , et malgré les recommandations , ils y vont et sont "dirigés" illico vers les
CRA.
Donc la question posée est la suivante , faut il ou non faire les recours dans les délais , avant le mois encore autorisé, ou faut il laisser courir l'OQTF , afin de ne pas gêner l'éventuel dépôt
de dossier en préfecture par les syndicats :
*** voilà la question à 2 balles posée au quotidien sur les lieux
d'occupation***

Pour beaucoup de sans papiers, sans travail depuis un an à deux, les OQTF pleuvent, mais sans bruit, et ils attendent tous le dépôt depuis le 1er jour de leur dossier...alors effectivement
effectuer un recours risque parait il d'allonger d'autant le futur dépôt!
Le CERFA , "en attente" , mais jamais remis en question et refusé : cette taxe à la préférence nationale! , illégale discriminatoire , et contraire au code du travail .
Un employeur doit payer une taxe pour avoir le droit d'embaucher un travailleur "étranger"!
Mais là encore rien à y redire, et en prime une circulaire supplémentaire demandée.
La taxe à la préférence nationale a de beaux jours devant elle.

Il en sera de même pour les décrets de notre l'Etat de non droit : le gouvernement , ne légifère plus il "décrète" et gouverne par ordonnances , et il faudrait en demander d'autres , des "plus
souples " ou plus "gentilles" ou " mieux adaptées".
Pas de marchandage , on ne réforme pas le capitalisme , on ne réforme pas le droit au tri du haut du panier, le droit de vivre et de la libre circulation.

Un capitalisme avec des "circulaires" pour permis d'exploitation au plus offrant , au "plus souple , le décret le " plus "adapté" ,le plus docile; le plus contrôlable.
L'employé attaché à son patron : comme au 19ème siècle , le livret ouvrier :
le patron détient "le livret" , à savoir le passeport et la durée du séjour!
à la clef la signature pour la régularisation avec le précieux CERFA , taxe à la préférence nationale, que le patron peut à tout moment rompre.
Le MEDEF a tout prévu avec la loi de la modernisation du travail.
Cela s'applique pour tous, migrants ou nationaux , la lutte n'est pas dans les poubelles des préfectures et autre demande de circulaires

Ma réponse, à cet étrange quiz, pencherait plutot dans ce sens : les conseilleurs ne sont pas les payeurs.
Qui peut oser déconseiller à un sans papier de faire son recours, qui se transforme en APRF: ou ticket d'avion "aller simple"!
Soit après un an ou deux d'occupation ou de fin de travail, le CERFA signé tombe au bon moment pour le dépôt de dossier avant l'OQTF , soit le sans papiers gréviste attend le dépôt par la CGT de
son dossier, qui dans tous les cas de figure sera refusé avec un OQTF .

En ce moment les OQTF pleuvent, et les flics vont les chercher à domicile:
cela ne peut etre passé sous silence , et j'avoue avoir du mal à laisser passer le délai de recours fatidique.
Besson fera passer sa loi anticonstitutionnelle rapidement : là les avions
voleront nuit et jour.....et le CRA II du M esnil ouvrira ses portes
dans 1 mois , pour une détention des familles et détention jusqu'à 18 mois :
là aussi cela va etre voté dans 2 mois , la directive retour, jusqu'à obtention du laissez passer.

Hier les sans papiers m'ont dit qu'il y avait une réunion avec Chauveau et Blanche au siège de la CGT à Montreuil, et m'ont confirmé qu'ils demandent aux grévistes de ne pas faire de recours , car
cela retarderait d'autant le dépôt de leur dossier en attente de la réponse du tribunal.
Je leur ai conseillé quand même de reposer la question sur le refus d'instruction par la pref. Des dossiers avec OQTF. Je les ai mis en garde aussi des contrôles à tout moment, OQTF non relevé vaut
APRF : expulsion directe. ( bientôt avec loi Besson , cela ira encore + vite!) Les flics en ce moment vont dans les foyers les chercher : deux déjà en moins de 3 jours.

UN OQTF , après le délai d'un mois accordé pour le recours , vaut arrêté de reconduite à la frontière immédiat. Besson a tout prévu il veut enlever ce délai , cela résoudra tout , et mettra tout le
monde d'accord avec la CGT / PLUS DE RECOURS DU TOUT.

Parfois , je pense que les conseilleurs prennent de lourdes responsabilités , et selon le dicton : ils ne sont pas les payeurs.

Comment peut on oser dire , aux sans papiers grévistes de ne pas faire leur recours OQTF, afin de ne pas "retarder" le dépôt en préfecture de leur dossier par leur soin ....c'est étrange non ?
,donc un dépôt de dossier par la CGT pour régularisation avec une OQTF serait d'autre part recevable en préfecture ?
Cela se saurait si les dossiers en attente depuis si longtemps allaient etre déposé sous 3 mois.
Et oui les nouvelles finesses juridiques dans ces luttes ont de quoi surprendre....

Certes le "cas par cas " est détestable , mais de là à stopper leur recours contre leur expulsion prochaine.... Et les flics sont vigilants, ils convoquent aussi les sans papiers avec une OQTF
,Quand ils ne vont pas les chercher , malheureusement les sans papiers s'y rendent..et direction le CRA.
Une grève générale, au départ de ce remarquable mouvement de lutte et occupation en 2008, ( rien que sur l'avenue des champs Elysées, la restauration pouvait etre totalement bloquée) pouvait faire
plier le MEDEF , les seuls donneurs d'ordre, qui organisent le dumping social, le contrôle social pour toujours plus de précarité pour toujours Plus de profit et richesses

Laissons peut etre les acteurs de leur lutte décider de leur destin , et surtout le prendre en main

Les sans papiers m'ont dit hier soir,qu' en se rendant à 17h à la réunion au siège central de la CGT, porte de Montreuil, ils reposeront la question des recours à Chauveau et Blanche qui
précedemment leur avaient demandé de ne pas faire de recours.
( cela m'a été confirmé par 2 autres avocats, qui avaient eux aussi effectué des recours OQTF mais au dernier moment la demande a été de ne pas les envoyer au T.A.) Nous savons que très peu de
recours sont reçus , cependant , un s.p.ne peut jouer à la roulette russe, il faut lui laisser une chance si minime soit elle, et de toute façon une protection de toute expulsion le temps de
l'instruction : c'est indispensable.

J'espère que les grévistes auront le pouvoir et la capacité de distance et d'autonomie pour effectuer le tri , car c'est l'envers du décor, cette situation et dispositions .

C'est aussi l'envers du décors pour les 200 sans papiers après leur expulsion le 1er avril de la rue du Regard : alors que les grévistes sont réunis au pied du métro ST Placide, à 22h ils discutent
tous sur la validité de quitter le lieu, puis ils s'engouffrent tout joyeux dans le métro en criant "on a gagné" , "merci à vous" , et suivent les drapeaux pour aller "dans le local des cinéastes"
( on vit ici, on bosse ici on reste ici).

A l'arrivée, Ils restent longtemps dehors, la discussion est animée à la sortie de la station C. Fabien , puis un par un ils s'en vont à pied dans les rues il est presque minuit ...ils ne savent
pas où aller dormir.
Seule une petite quinzaine de sans papiers, qui se tenait un peu plus loin à l'écart , autour de Chauveau et quelques soutiens restent . Ce sont donc ceux qui auront la chance , cette nuit d'etre à
l'abri dans ce fameux local, loin des voitures de police qui font leur ronde : et les autres...
Pas beaucoup de choix trop loin me disent ils , pour ceux qui ont encore
leur chambre dans des foyers de s'y rendre... La nuit est froide, ils trouveront bien un abri....

Donc combien d'OQTF, et de placements en rétention?

Une réponse claire, juridiquement fondée , non tronquée serait bienvenue.

Solange