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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 17:38
Samedi 9 janvier 2010
Rassemblement des travailleurs sans-papiers le 12 janvier au Panthéon

Un communiqué de l'UD de Paris appelle à un rassemblement des travailleurs sans-papiers jeudi prochain (voir ci-dessous).
[On notera également l'appel au rassemblement à Marseille, le 15 janvier, à l'occasion de la venue de Besson]
Sans rentrer dans une nouvelle polémique qui fait un peu rengaine, deux remarques :

PuceDrpRg.gifLe titre de l'appel est : "Les travailleurs(euses) sans-papiers sont intégrés à l'économie nationale".
Depuis l'origine, c'est l'argument essentiel de la confédération, Francine Blanche l'avançait dès le mouvement du 15 avril 2008. Que dire à nouveau sinon que c'est porter un mot d'ordre syndical en partant du point de vue de classe de la bourgeoisie, de l'impérialisme, de l'économie nationale ? Que les syndicalistes de classe, au contraire, portent les mots d'ordre du point de vue des intérêts ouvriers et rien d'autre, de l'unité de la classe pour renforcer notre camp, et que cela aboutit à des mots d'ordre comme "Régularisation sans condition de tous les sans-papiers !", "Circulaire ou pas, régularisation !" ou "Libre circulation de tous les travailleurs !" La confédération CGT est totalement insérée dans le capitalisme, dans la seule perspective illusoire de sa réforme. On ne peut mélanger l'eau et le feu, imaginer une seule seconde une entente entre exploiteurs et exploités...
L'UD de Paris, présentée par certains comme oppositionnelle (?) montre ainsi qu'elle partage à 100% les orientations réformistes de la confédération.

PuceDrpRg.gifL'appel prétend que "Les Travailleurs (euses) Sans Papiers  sont en mouvement pour obtenir une circulaire de régularisation avec des  critères améliorés, simplifiés, objectifs, et qui s'appliquent sans  discrimination." Ceci est absolument FAUX. Les travailleurs et travailleuses sans-papiers sont en mouvement pour des papiers pour tous, quelle qu'en soit la manière. L'idée de la circulaire (d'ailleurs arrivée par ailleurs...) ce sont les organisations réformistes qui l'ont avancée ! Il suffit de discuter cinq minutes (et encore, même pas !) avec les camarades pour pouvoir en être convaincus : ils veulent pouvoir travailler et vivre ici, en France, sans avoir la peur permanente de l'arrestation et de l'expulsion. Et si cela passe par des papiers, ils veulent des papiers, point barre. La circulaire, c'est du baratin réformiste qui tente désespéremment de trouver une "faille" dans la gestion de l'impérialisme, qui sème l'illusion qu'on peut l'améliorer par un texte de loi... Besson a habilement surfé sur cette demande pour envoyer les réformistes dans le mur. Aujourd'hui, ils inventent une nouvelle contorsion et se tournent vers le Ministère du Travail et Xavier Bertrand. Mais ils auront la même réponse : l'appareil d'Etat, c'est à dire la présidence, les ministères, les administrations, les préfectures etc. sont là pour mettre en oeuvre le pouvoir de la classe dominante, rien d'autre...

Nous ne partageons donc absolument pas le contenu de cet appel.
Cela dit, les appels à rassemblement et manifestations, tous grévistes réunis, sont trop rares pour être méprisés.
Participons massivement à ce rassemblement avec nos mots d'ordres et panneaux !

Circulaire ou pas, régularisation !
Régularisation sans condition de tous les sans-papiers !
Libre circulation !
La classe ouvrière est internationale, la classe ouvrière est multinationale !

UD75SSPP1201UD CGT  PARIS - COMMUNIQUE 

Les Travailleurs (euses) Sans Papiers sont intégrés à  l'économie nationale !!!
 
Ils sont dans les cuisines des  restaurants ; ils font le ménage dans les entreprises ; elles  gardent les enfants ; ils ramassent les poubelles ; ils construisent  les immeubles ; ils assurent la sécurité des magasins, des banques et  entreprises ; elles nettoient les chambres d'hôtel ; ils sont aux  fourneaux des grandes boulangeries ; ils brochent les magazines ;  ils refont les quais du métro ; ils désamiantent. Ils sont intégrés dans  l'économie nationale !

Les Travailleurs (euses) Sans Papiers  sont en mouvement pour obtenir une circulaire de régularisation avec des  critères améliorés, simplifiés, objectifs, et qui s'appliquent sans  discrimination.
 
Ils ne prennent le travail de  personne. Ils sont totalement intégrés dans les entreprises.
 
Ils doivent enfin obtenir les mêmes  droits que tous les salariés.
 
Depuis le 12 octobre 2009, ils (elles)  sont 6000 en grève et revendiquent leurs droits.
 
Ils doivent être  régularisés !
 
Rassemblement des Travailleurs (euses) Sans  Papiers
Mardi 12 janvier 2010 à 10 h 00
Place du Panthéon - 75005 Paris (métro Luxembourg)


SOUTENONS les TRAVAILLEURS (EUSES) SANS PAPIERS qui sont en grève  depuis 3 mois !


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Publié par Où va la CGT ? - dans Sans-papiers
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commentaires

pj49 10/01/2010 08:57


Je reprend la critique que j'avais déjà exprimée dans un précèdent article: ce n'est pas par des généralités que nous combattrons efficacement le réformisme (? peut-on encore parler de réformisme
d'ailleurs!) mais en avançant des revendications concrètes qui vont dans ce sens et qui excluent de fait tout compromis catégoriel (en l'occurrence régularisation par le travail).
L'analyse globale se doit d'être précise et tenir compte des rapports de force et leur ÉVOLUTION.

Encore une fois, le mot d'ordre « Régularisation sans conditions de tous les sans-papiers » ne correspond à rien et reste un vœu pieux s'il n'est pas précisé un objectif immédiat,
concret, compte tenu du rapport de force actuel:
« Carte de résident pour tous les sans papiers »
Une revendication unifiante capable de mobiliser TOUS les sans papiers car il n'est plus question d'en laisser aucun sur le carreau .
Ce n'est ni un patron, ni une préfecture qui peuvent le satisfaire mais le Conseil d'administration de l'État: le gouvernement; ce qui en fait un mot d'ordre directement politique.
C'est un mot d'ordre qui tient compte du rapport de force actuel et prépare son élargissement par la durée de dix ans de cette carte jusqu'à la liberté de circulation selon l'évolution de ce
rapport de force.

« Fermeture de tous les CRA » et concrètement solidarité totale avec les inculpés de Vincennes accusés d'avoir fait brûler la plus grande prison pour étrangers de France; le procès se
déroulera les 26, 27 et 28 janvier. Ces lieux sont points de passage où se côtoient les sans papiers raflés, les demandeurs d'asile déboutés et sont des foyers de révolte constants (et pas
seulement en France) qui ne demandent qu'à s'unifier par un réseau de solidarité extérieure qui reste à CONSTRUIRE!

« Suppression de la taxe ANAEM »
Comment la Conf. ose t'elle parler d' « égalité des droits » sans revendiquer la suppression de cette taxe sorti des poubelles du FN?

La meilleure façon de montrer à nos camarades sans papiers et aux salariés français la tromperie xénophobe du gouvernement et la complicité de l'appareil CGT n'est-il pas le gouffre entre les
« généralités » revendicatives:
« régularisation de tous les sans papiers » et les énoncés concrets (présentés comme des pas
en avant dans cette direction): « pour une circulaire harmonisée »
« égalité des droits » et pas un mot sur la suppression de la taxe ANAEM ni sur la fermeture des CRA.

On pourra s'éclater les poumons avec des revendications qui ne sont que des slogans ne servira à rien tant que nous lancerons pas des slogans qui se sont de véritables revendications:
Carte de résident pour tous les sans papiers!
Fermeture des CRA!
Suppression de la taxe ANAEM!
Une des priorités actuelle des internationalistes est de créer, à travers les mouvements de grève, les révoltes des CRA, les occupations d'administration et les squats un réseau hors comme dans les
syndicats capable de coordonner et d'unifier tous les mouvements; cela ne peut se faire qu'avec du bon matériel(on ne construit pas un mur sans ciment...) et de bons outils (sans massette, fil à
plomb, truelle, mal barrés...).
Les outils ce sont les mouvements du prolétariat international qui, de Calais à Angers et Rennes, des CRA de Vincennes aux grèves franciliennes secouent la France consensuelle.
Le ciment se sont des revendications communes prometteuses d'avenir.
Les maçons sont ces artisans des mouvements, sans papiers - demandeurs d'asile - prolétaires solidaires qui ne veulent plus se satisfaire des divisions causées dans nos rangs par les "circulaires
harmonisées", les consensus de marchands de tapis et la paix sociale des cimetières.

Pour ceux qui veulent en être, YA DU BOULOT CAMARADES! -pj49-


Christian 09/01/2010 21:58


Dans cet appel de l'UD75, une phrase a attiré mon attention. « Ils ne prennent le travail de personne. » C'est plein de bonnes intentions mais c'est faux. Les patrons mettent en
concurrence la main d'œuvre sans-papiers avec les autres travailleurs. C'est des travailleurs plus flexibles, qu'ils peuvent licencier sans indemnités et qui doivent, plus que d'autres, fermer leur
gueule même en cas de conditions de travail effroyables (pour le désamiantage entre autres, puisque l'appel en parle).
Et les habitudes de commandement qu'ont les patrons vis-à-vis d'eux déteignent sur leurs discours vis-à-vis des autres. « Puisque vos collègues sans-papiers acceptent les mauvaises conditions
de travail, acceptez-les aussi. »
Du coup, un axe privilégié pour construire l'unité de tous les travailleurs pour la régularisation globale, c'est de faire comprendre la nécessité de casser ce système. Il faut tarir ce réservoir
de main d'œuvre flexible pour empêcher le dumping social dans les secteurs que cite l'appel.
L'appel est un texte bisounours. En se refusant à pointer du doigt les contradictions entre travailleurs, la CGT nous prive de la solution : une sortie du problème par le haut, par un combat
général de toute la classe ouvrière pour l'égalité des droits.