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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 09:31

Mercredi 18 juillet 2012

PSA : réaction en Espagne à l'annonce de la fermeture d'Aulnay

 

Les camarades de la CGT espagnole ont diffusé hier le tract qui suit (disponible également en original) dans l'usine PSA de Madrid, pour encourager la solidarité internationale et préparer le combat commun, à la suite de leur participation au rassemblement du 12 juillet à Paris ("PSA et GM : internationaliser le combat !").

 

Nous nous permettrons quelques remarques fraternelles. Tout d'abord les illusions sur le nouveau président français et sur ce qu'il va faire réellement.

Face aux restructurations capitalistes, seule la volonté politique peut agir, c'est un fait. C'est ce qu'agite Montebourg au fil des interviews, en montrant ses biceps et c'est ce qu'il va brasser dans toutes les futures "conférences" ou autres à venir dans les semaines et les mois qui viennent.

Le problème, c'est que la seule politique qui puisse agir REELLEMENT est celle du pouvoir d'état, qui remette en cause les règles du jeu du capitalisme à l'origine de nos malheurs : remettre en cause la guerre économique et la concurrence, fonder la société et la production sur la satisfaction de besoins réels et pas sur la recherche du profit, produire en respectant l'intégrité physique et intellectuelle du travailleur (abolition du travail de nuit ou à la chaîne), produire en respectant la nature (écologie, contre les gaspillages...).

On voit qu'on est très loin des projets du nouveau gouvernement qui est en plein dans la logique des exploiteurs à PSA ou ailleurs... D'ailleurs, "Le Figaro" ne rate pas l'occasion de mettre les points sur les i, toujours aussi cynique : "Hollande reconnaît son incapacité à empêcher la fermeture d'Aulnay"

Les camarades de PSA vont voir dans les semaines à venir la réalité du gouvernement "socialiste" et comprendre, une nouvelle fois qu'ils ne peuvent compter que sur leurs propres forces et sur celles des secteurs populaires (dans les autres usines, dans les communes et département concerné etc.) qui partagent leur sort d'exploités.

 

La deuxième remarque est sur le mot d'ordre du partage de la production entre toutes les usines avec réduction des cadences et du temps de travail.

Tout d'abord, il faut dire que C'EST DU BON SENS. L'ouvrier n'a pas à se tuer à la tâche alors que d'autres sont envoyés allonger les files du chômage (comme le dit le tract). TRAVAILLER TOUS, TRAVAILLER MOINS, TRAVAILLER AUTREMENT reste un mot d'ordre brûlant d'actualité.

Là où nous tiquons c'est lorsque cette revendication est présentée quelque part comme une "solution" à la crise actuelle du capitalisme, comme le moyen de sauver les emplois etc. Non, camarades, ce n'est pas malheureusement pas vrai, le capitalisme ne se réforme pas et s'il était possible d'imaginer de telles "solutions", soyons sûrs qu'il y a belle lurette qu'elles auraient été mises en oeuvre. Mais là encore, les lois de fer du capital, concurrence, guerre économique mondialisée, productivité, compétitivité, tout cela existe bel et bien, les restructurations ne sont pas de la pure méchanceté patronale, elles correspondent aux exigences du capital dans la période actuelle, capital lui-même en difficulté permanente et menacé par la faillite, au delà des profits et des milliards de dividendes distribués.

Si on leur pique le fric, vous imaginez quoi chez les actionnaires ? Ils partiront et iront voir si l'herbe est plus verte ailleurs, et la boîte fermera ! La seule manière de les empêcher est de prendre tout le pouvoir, c'est à dire changer les règles du jeu économique...

 

Nous reviendrons sur ces discussions très présentes, aussi bien en Espagne qu'en France, et c'est dans le cadre de la nécessaire solidarité internationale que nous devons les aborder.

Dans l'immédiat, le tract des camarades espagnols.


 

TractCGTEs1712.jpgLE TEMPS A MIS A LA LUMIERE « TOUT » CE QUI ETAIT CACHE

 

Durant plus d’un an, la direction de PSA a menti à tous les travailleur(se)s du groupe, démentant en un nombre incalculable d’occasions la fermeture d’usines et les licenciements massifs, en disant que le rapport élaboré par la direction du groupe en août 2010 et révélé par le syndicat français CGT était obsolète et qu’il ne serait jamais mis en œuvre.

Et donc, après la réunion du 12 juillet, la direction de PSA communique la fin de la production de Aulnay (3300 travailleur(se)s, l’élimination de 25% du personnel de Rennes (1400 travailleur(se)s) et 3500 autres dans le reste des usines de France (579 postes de travail à Sochaux, 500 à Sevelnord, 273 à Mulhouse et ainsi un total de 8300 camarades). Il faut ajouter à ces licenciements les 5000 de 2011 et les milliers de postes de travail perdus dans les entreprises sous-traitantes, en ces temps de crise c’est un vrai désastre social mis en œuvre par la direction de PSA.

Comme le démontrent les documents rendus publics il y a un an  par le syndicat français CGT, le projet de fermeture d’Aulnay a été élaboré il y a plus de trois ans, les chiffres viennent d’une époque où les voitures se vendaient encore bien et où PSA bénéficiait du cadeau des aides du gouvernement français. Ils onbt sacrifié les travailleurs avec le seul objectif de gagner en rentabilité et en profits pour la famille Peugeot (le chiffre d’affaire des ventes des véhicules est passé de 44 milliards en 2000 à 61 milliards en 2011).

Fin de la semaine dernière, le Président de la République Française François Hollande a traité le plan de PSA d’inacceptable et de brutal pour les travailleurs, comme pour les villes et les entreprises qui vivent du secteur automobile. Il a dit que ce plan n’était une rumeur il y a quelques mois, et que la direction de Peugeot avait nié qu’elle réfléchissait sur ce plan. A son tour, Hollande a refusé que le problème soit celui des coûts du travail et a relevé que les actionnaires s’étaient réparti des dividendes au lieu de les réinvestir.

Pour nous, il est clair que la seule voie est de répartir le travail entre toutes les usines du groupe sans baisser les salaires, cette mesure est la seule manière de sauver les emplois et en même temps d’alléger la charge de travail sur tous les postes.

Où en est Madrid ?

Sur l’usine de Madrid, les plans sont plus que réalisés en pertes d’emplois, durant les cinq dernières années nous avons perdu près de 1000 postes de travail, auxquels il faut ajouter les camarades qui ne verront pas leur contrat renouvelé ces jours-ci et qui vont aller grossir les files du chômage.

Le centre de Madrid, comme celui d’Aulnay ou de Sevelnord, se trouvait dans les documents secrets du groupe, et nous espérons qu’ils ne sont pas en train de nous mentir avec le lancement du nouveau modèle.
La CGT demande à tous les travailleur(se)s d’être acteurs de ce qui pourrait leur arriver dans toutes et chacune des usines du groupe, étant donné que la crédibilité de la Direction laisse largement à désirer.

La semaine dernière, les mineurs ont donné une leçon de dignité, de solidarité et de résistance aux autres travailleurs, de ce que signifie l’unité entre les camarades et la lutte des classes, à tel point que par moment nous nous sommes tous sentis des mineurs. Aujourd’hui, après l’attaque brutale contre les travailleur(se)s de PSA, nous devons tous être des travailleurs d’Aulnay, de Rennes ou de n’importe quelle usine du groupe touchée par les licenciements, et nous devons être avec eux, parce qu’ils ne méritent pas que Peugeot leur refuse un avenir, mais aussi pour nous, car personne ne sait quel centre peut être touché en suivant. 

 

« Permettre une injustice signifie ouvrir le chemin à toutes celles qui viennent ensuite »

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Publié par Où va la CGT ? - dans Emploi
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