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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 10:26

Vendredi 9 septembre 2011

Nouvelle attaque contre les travailleurs de PSA Madrid

 

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On a beaucoup parlé au début de l'été du plan secret de la direction de PSA concernant les trois usines de Aulnay, Valenciennes et Madrid, suite à la publication par la CGT d'un document secret.

Il y a eu des réactions à Aulnay, Sevelnord, en particulier autour de la manifestation à Valenciennes le 7 juillet et on en parlé sur ce blog (voir tous les articles à ce propos, ICI).

 

Mais on n'a pas entendu parler de ce qui se passait à Madrid. Comme si la lutte contre le plan de restructuration se menait usine par usine, en "oubliant" un peu les camarades espagnols. Rappelons qu'il s'agit quand même d'une usine de 2728 personnes.


Or ils sont aussi concernés que les ouvriers, ici, à Valenciennes ou Aulnay.

CGTMadrid.jpg La crise ? De quelle crise on parle ? - Sur la banderole : assez d'injustices !


Voilà trois ans que se succèdent à l'usine des Plans de Régulation de l'Emploi ("Expediente de Regulacion de empleo - ERE"), sortes de plans d'ajustement structurels à la sauce espagnole qui mèlent chômage partiel, pré-retraites, départs volontaires, et suspensions temporaires du contrat de travail. Plans officiellement négociés avec les syndicats et signés par les quatre grandes centrales, CCOO, liée à la CGT en France, UGT proche du PS un peu comme la CFDT, CCP, plus ou moins la CGC et USO un autre syndicat réformiste qui a d'ailleurs fortement progressé aux dernières élections professionnelles de juin.

 

Seule la CGT espagnole (un syndicat d'obédience anarcho-syndicaliste) a refusé de signer ces plans. Syndicat le plus important dans le passé, il a fortement reculé aux dernières élections, sans doute la peur des licenciements et la propagande conjointe de la direction des autres syndicats.

 

Mardi dernier (6 septembre), les syndicats étaient convoqués pour un nouveau plan "ERE", pour la période du 6 octobre 2011 au 31 décembre 2012, plan actuellement en cours de négociation.

Le projet prévoit une nouvelle salve de mesures, toujours du même ordre, autour de l'annonce d'un sureffectif de 383 personnes (341 ouvriers, 42 ETAM et Cadres) :

  • 42 jours de chômage technique, 11 cette année, 31 en 2012
  • Mise en place d'une seule équipe à partir du 30 janvier 2012
  • La suspension temporaire de contrats pour 341 ouvriers pour une période de trois mois maxi, et pour 42 ETAM et cadres, pour une période de six mois maximum, par rotation selon les besoins de la production
  • La possibilité de mobilité temporaire vers d'autres sites
  • Un plan à l'incitation de départs à caractères "individuels et volontaires"
  • Et la possibilité que les fins de contrats soient considérés comme liés aux contrats ERE précédents (Si on veut le dire approximativement avec notre langage, le non renouvellement des contrats précaires est considéré comme un licenciement économique).

On le voit, un "plan social" comme on en connaît chez nous aussi, et en particulier dans l'automobile.

C'est à dire que tout le baratin de la direction de PSA sur la garantie de l'usine espagnole tombe à l'eau.

Comme le notent les camarades de la CGT espagnole dans un communiqué ( ICI), il n'y a aucune garantie industrielle pour l'après 2012, et "puisque la direction ne s'engage pas par écrit pour l'avenir, cela nous laisse à penser que le futur du Centre  de Madrid comme usine de fabrication de véhicules pourrait être très bref".

De son côté, la direction de PSA Madrid admet que rien n'est décidé pour 2013 : "Actuellement la direction du Centre de Madrid est en négociation avec la direction centrale du groupe PSA pour finaliser l'attribution d'un nouveau modèle pour le Centre de Madrid dont l'arrivée présumée serait en 2013". Autrement dit, pour l'instant, rien n'est "finalisé", mais le plan secret de Varin non plus...

 

Plus que jamais, il faut gagner la bataille de l'emploi !

Il faut défendre l'intérêt de l'ouvrier, et rien d'autre, refuser de rentrer dans la logique des exploiteurs, dans les plans sociaux à répétition qui ne mènent qu'à de nouveaux plans et de nouvelles suppressions d'emplois !

Madrid, Valenciennes, Aulnay, c'est la même attaque, c'est la même bataille !

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Publié par Où va la CGT ? - dans Emploi
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