Dossiers

Sommaire et dossiers accessibles
ICI
25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 19:13
Mercredi 25 novembre 2009
Maroc : solidarité avec les ouvriers de la SMESI

Un communiqué du collectif Maghreb solidarité, à propos des licenciements de la SMESI :

En juillet 2009 l'Office Chérifien de Phosphate (OCP) a licencié abusivement 850 ouvriers qui travaillaient dans sa filiale SMESI. Les raisons de ce licenciement tiennent à la constitution d’un bureau syndical et à la volonté de la direction d’imposer une flexibilité à outrance notamment en obligeant les salariés à contracter des CDD de trois mois par l’intermédiaire de sociétés d’intérim.

Au moment où l’OCP réalise malgré la crise, un chiffre d’affaires historique, paye grassement ses actionnaires, il vise à accompagner sa transformation en société anonyme par une remise en cause généralisée des droits des travailleurs.

Une véritable répression s’est déferlée sur les ouvriers: la ville de Khouribga est quadrillée par les forces de l’ordre, des syndicalistes sont poursuivis, en même temps que la direction fait appel à des retraités pour maintenir son niveau d'activité. Elle refuse par ailleurs d’ouvrir toute négociation sur les revendications des salariés.
Depuis le mois de juillet, 850 familles sont privées de toute ressource. Leurs conditions de vie, déjà précaires, se sont gravement détériorées.
Nous saluons la résistance des phospahatiers, affirmons notre solidarité pleine et entière à leur lutte et exigeons le respect des libertés syndicales, la titularisation définitive de tous les salariés, la réintégration des ouvriers licenciés et l’arrêt des poursuites judiciaires à l'encontre des quatre syndicalistes déférés devant le tribunal et de toute forme de répression.

Premiers signataires: AMF, ASDHOM, ATMF, CNT, FTCR, No Vox, NPA, PCOT, Solidaires, PCF, Les Verts, FVJ-France, la Voie Démocratique, ...

Au nom du Comité de Solidarité avec les Ouvriers de SMESI (CSOS) je tiens à remercier les militantEs du Collectif Maghreb Solidarité.
Le coordinateur, Ali Fkir

Partager cet article

Publié par Où va la CGT ? - dans International
commenter cet article

commentaires

Ali Fkir 20/05/2010 17:50


lundi 17 mai 2010

SMESI, nouveau report : les victimes toujours en prison
Par Ali Fkir, coordinateur du CSOS

De nouveau, le procès des 15 détenus à la prison de Khouribga (13 ouvriers et 2 sympathisants) est reporté, au 24 mai 2010.
Rappelons que ces victimes de l'arbitraire ont été arrêtés le jeudi 22 avril 2010 suite à une marche pacifique organisée par les 850 mineurs licenciés abusivement par l'OCP.
Ces centaines de prolétaires travaillaient à SMESI (filiale 100% de l'OCP) depuis des années; l'OCP les a licenciés en été 2009 pour les contraindre à travailler dans le cadre du CDD, et cela suite
surtout à leur décision de s'organiser dans le cadre du syndicat UMT.
Être ouvrier surexploité au Maroc ...
Signalons par ailleurs qu'au Maroc, les travailleurs dans le cadre CDD ne sont pas admis dans les syndicats, et qu'ils ne bénéficient d'aucun droit social (ni sécurité sociale, ni
assurance-maladie, ni mutuelle....) et que le salaire ne dépasse pas les 2/3 du SMIG.
Signalons aussi que le SMIG mensuel au Maroc est d'environ 2 000dh (moins de 200 euros), et qu'il reste théorique car la majorité des travailleurs et surtout des travailleuses touche moins que le
SMIG (agriculture, textile, conserverie...et surtout dans le tertiaire).De même, signalons que le nombre maximum d'heures de travail par semaine est fixé à 44 heures, mais dans la réalité des
millions de travailleurs triment 54 heures par semaine (10*5 + 4) et que les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées comme l'exige la loi en vigueur.
La plupart des entreprises étatiques se comptent parmi les milliers d'entreprises qui piétinent délibérément le code de travail en vigueur. L'OCP (le premier groupe économique marocain en fait
partie).
Ces dernières années les ministères font appel à l'intérim et cela dans des conditions illégales. A Mohammedia, le ministère de l'éducation nationale fait appel à une société d'intérim pour les
gardiens des établissements scolaires:
6 jours de travail par semaine ( de 7h du matin à 19h sans interruption), pas de CNSS, pas d'assurance-maladie, pas de mutuelles...pas de congé annuel et cela pour un salaire de 1 600dh (moins de
160 euros): le ministère paie à la société 2 800dh, celle-ci reverse au salarié 1 600 et garde1200dh.
Ne restons pas indifférent devant cet arbitraire, devant cette surexploitation capitaliste.