Dossiers

Sommaire et dossiers accessibles
ICI
7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 18:08

Vendredi 7 janvier 2011

Les DRH félicitent l'UGICT !

 

Un vieux lecteur de ce blog attire notre attention sur une toute petite brève parue discrètement sur le site de l'UGICT, où l'on peut lire cela : "Mardi 30 novembre, Marie-José Kotlicki et Jean-François Bolzinger, secrétaire générale et secrétaire général adjoint de l'Ugict CGT, ont reçu le Prix des lecteurs de l'association RH&M pour leur livre "Pour en finir avec le Wall Street management".

 

Jusque là, ça reste mystérieux (on n'a pas lu le livre, on peut imaginer ce qu'est "le Wall Street management", probablement l'équivalent "chef du personnel" du capitalisme "financier").

Alors, on cherche ce que c'est que cette fameuse association RH&M. Traduction évidente : "Ressources Humaines et Management". Si l'on cherche trois secondes sur Internet, on découvre que "Le GROUPE RH&M, créé en 1998, est spécialisé dans la formation pour les Professionnels des Ressources Humaines et les Cadres du Management".

Autrement dit, une association de nos enfoirés de chefs du personnels et autres directeurs des relations sociales (Ah, pardon, Ressources Humaines, c'est comme ça qu'il faut dire aujourd'hui).

 

Donc on résume : l'association de nos enfoirés (etc...) vient de décerner son prix des lecteurs aux deux dirigeants de l'UGICT. Là, on tique. On a les boules, quand même malgré tout.

On sait bien que ça fricote ensemble de tous les côtés, patrons et prétendus syndicalistes ensemble, comme dans tous ces clubs et associations semi-clandestins (voir ICI, très intéressant, même si c'est pas un scoop !), mais voir nos exploiteurs féliciter nos dirigeants syndicaux, ça fait mal.

 

C'est pas fini.

Car cela aurait pu rester confidentiel, un peu gênés aux entournures quand même... Mais non, on s'en félicite, on s'en gargarise, sans aucune honte.

Notre lecteur a reçu l'invitation suivante :

 

invitUGICT RH&M"Cher-e Camarade,
Nous avons le plaisir de t’inviter à la réception organisée le vendredi 14 janvier 2011 à 12h30 à l’occasion de la remise du « Prix des lecteurs RH & M » attribué au livre « Pour en finir avec le Wall Street management » écrit par Marie-José Kotlicki et Jean-François Bolzinger.
Qu’une association de DRH décerne un prix à la CGT n’est assurément pas banal. Cela confirme la force de notre démarche, y compris dans sa dimension propositionnelle. La crise que traverse la profession de DRH, à laquelle la finance enlève aujourd’hui toute marge de manœuvre, nous ouvre, par ailleurs, des possibilités inédites de rencontres.
Tu trouveras ci-joint le texte d’invitation [ci-contre, NdlR].
Bien fraternellement.
Bernard Salandre
Coordination du Bureau de l’Ugict-CGT"

 

Hallucinant ! Voilà l'UGICT qui rêve d'inflitrer l'association de nos enfoirés (etc. voir plus haut).

Conclusion : Le Duigou a fait des petits, et la gangrène est bien profonde... Donc si il y en a qui veulent pourrir la petite sauterie du vendredi 14 janvier, qu'ils ne se gênent pas !

 

Un mot sur l'UGICT, pour élargir la discussion au delà de ce gag désolant.

 

Sur ce blog, depuis l'origine nous militons pour la dissolution de l'UGICT : nous considérons que c'est aux prolétaires de diriger le syndicat, et que les techniciens, éventuels cadres et agents de maîtrise doivent se mettre sous leur direction.

Nous avons toujours refusé une structure particulière qui caresse ces couches dans le sens du poil, pour les conforter dans leurs rôles d'exécutants du capital, sans remettre en cause ni leur fonction hiérarchique, ni la division du travail qui réduit l'ouvrier à une pure force de travail, détruite dans sa chair et son esprit.

Or, il apparaît que l'UGICT va disparaître tôt ou tard, c'est sur les rails, et c'est une décision confédérale !!! Par exemple, au dernier congrès des cheminots fin novembre dernier, ce n'est pas autour des retraites que ça a chicoré [et pourtant, il y avait de quoi !], c'est sur la question du regroupement des syndicats "ouvriers" et "maîtrise et cadres"...

 

Qu'en penser ? Et bien, voici probablement l'analyse que l'on peut en faire.

 

Aujourd'hui, dans la Conf', ça y est, les techniciens et cadres ont "pris le pouvoir" dans l'appareil, l'élection du cadre Gilbert Garrel à la tête des cheminots n'en étant qu'une illustration supplémentaire. Les quelques ouvriers restant (pourtant des bons bureaucrates bien blindés !) sont sur la touche, et l'orientation confédérale reflète désormais les illusions et espoirs de reconnaissance de la petite-bourgeoisie salariés, des techniciens, agents de maîtrise, ingénieurs et cadres, du privé comme du public, aujourd'hui soumis (comme les autres) à l'accentuation de la guerre économique.

Le "développement humain durable", c'est cette orientation. La critique du "Wall Street management et le prix RH&M, c'est ça. L'économie sociale et solidaire qui serait "non capitaliste", c'est ça. Le Duigou, c'est le symbole.

Donc aujourd'hui, le changement social est achevé dans la confédération, et l'UGICT ne sert plus à rien, puisque c'est toute la confédération qui suit cette voie ! On peut alors la faire disparaître...

Et tant pis pour les ouvriers, les prolétaires de Goodyear, Fralib, Freescale ou des raffineries. Ils n'ont qu'à s'aligner...

Partager cet article

Publié par Où va la CGT ? - dans Les sujets qui fâchent
commenter cet article

commentaires

Sébastien 12/01/2011 13:26


Bonjour,
je suis technicien et je me sens plus prolétaire que bourgeois. Certaines de vos phrases m'insultent et insulte aussi votre intelligence. Je n'ai jamais fait autre chose dans ma vie syndicale que
de tenter d'unifier les exploités, quelques soient leur rang. Et je ne me suis jamais soumis plus que les ouvriers à l'accentuation de la guerre économique comme vous l'écrivez. Malgré mon accord
avec votre papier, il me dégoûte, vous généralisez la condition d'exploitant à la petite hiérarchie et cela me navre. L'union fait la force, ne l'oublions pas. Et la révolution ne se fera pas sans
nous ... non plus.


Eugène 12/01/2011 16:10



Cher camarade, désolé de t'avoir choqué.


 


Il ne suffit pas de dire qu'on est tous des travailleurs. Il y a des différences, et la question est celle de la place dans la production. Il y a la place dans la division manuel/intellectuel qui
fera qu'un OS à la chaîne n'est pas dans la même situation qu'un technicien contrôle qualité en sortie de chaîne. Et il y a également les fonctions hiérarchiques. Certains techniciens n'ont
aucune fonction d'encadrement, et se retrouvent très proches des ouvriers, et c'est très bien. Mais la question, c'est celle de techiciens et AM qui ont des fonctions de chefs, et c'est cela
le problème - et c'est bien dans ce sens du poil que caresse l'UGICT.


 


Nous ne généralisons pas la condition d'exploitant à la petite hiérarchie. Elle peut être également exploitée, entre le marteau de la direction et l'enclume des ouvriers. La seule question est
alors de savoir quel choix cette hiérarchie a (en fait aucun, elle est là pour un boulot), et donc comment elle se situe. Et les ouvriers, eux, savent très bien faire le tri : c'est pour cela que
nous disons que les tachniciens etc. doivent être sous la direction de la classe ouvrière, et pas l'inverse !



TourtauxjRac 08/01/2011 16:59


CHEMINOT RETRAITE, JE SUIS TOTALEMENT D'ACCORD AVEC CETTE ANALYSE, SURTOUT LA PARTIE CONCERNANT LA PRISE DE POUVOIR PAR L'UNION FEDERALE MAITRISE ET CADRES DE MA FEDERATION.
A l'instar de nombreux camarades du tas, je n'approuve pas, mais vraiment pas du tout.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que je suis criminalisé dans la CGT cheminote mais aussi régionale interprofessionnelle où je n'ai de cesse de dénoncer la collaboration de classe de l'appareil.
Il est évident que l'encadrement n'a pas le même degré de combativité que celui des ouvriers et employés.
La paix sociale est sur de bons rails pour nos ennemis capitalistes.
Je mets cet excellent article sur mon blog.