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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 11:27

Mardi 12 novembre 2013

La souffrance au travail, c'est pas une vie !

 

TravailMaladieMortelle.JPGLors du Forum « Des résistances à la révolution » (ICI), un des ateliers a traité des souffrances au travail et du sens qu’elles avaient au cœur de l’exploitation capitaliste.
La participation de nombreux camarades prolétaires (dont des camarades immigrés, avec ou sans-papiers) a donné une tonalité très marquée au débat, avec de nombreux témoignages vivants et parlants.

 

Le débat a été lancé par un petit diaporama de huit minutes, que nous présentons ci-dessous, accompagné de sous-titres qui ont en fait été lus de vive voix en séance. Ce « déballage » avait pour objectif de déblayer le terrain pour montrer tous les aspects de cette souffrance que nous vivons tous les jours.

Débat très riche, très complet et bien sûr trop court, nous n’avons pu parler des retraites de la mort que trop rapidement… Les camarades immigrés ont montré comment leur statut illégal les soumettait à des conditions terribles, « ça dépasse l’entendement humain » parfois, confortant  l’extrait du diaporama sur les travailleurs de la banane au Costa Rica… Un autre camarade a expliqué en quoi la sous-traitance en cascade aboutissait au même effet etc. D’autres ont montré en quoi la souffrance au travail touche les ouvriers depuis bien longtemps, mais commence désormais à toucher certaines fractions de la petite-bourgeoisie, ce qui explique qu’on en parle un peu plus dans les médias…

 

On a discuté de la « résistance » nécessaire, bien sûr, mais aussi de ses limites… La souffrance s’accroît, la situation se dégrade, la résistance est souvent difficile avec les divisions, l’individualisme, mais surtout avec l’absence de perspectives. Tous les syndicats et partis sont désormais bien intégrés dans l’aménagement des choses, on ne croit plus en leurs  propositions qui ne change pas le fond des choses : on négocie des contreparties à la pénibilité (départ en retraite anticipé), mais on ne demande pas l’interdiction du travail à la chaîne ou de nuit, on veut règlementer la sous-traitance, mais on ne se bat plus pour la réintégration dans l’entreprise donneuse d’ordre, on négocie au cas par cas pour nos camarades sans-papiers, mais on n’exige pas la régularisation sans condition, on gère les morts de l’amiante après avoir participé pendant des années au Comité Permanent Amiante aux côtés des  patrons, on casse le rythme des enfants à l’école après avoir cassé celui des parents au boulot, on négocie les virgules pour le mode de financement, mais on n’avance pas la retraite à 55 ans sans conditions de trimestre et ainsi de suite. Bref les syndicalistes et hommes politiques qui prétendent nous représenter sont bien loin de la réalité de ce que nous vivons et plutôt incrustés dans les fauteuils de l’aménagement d’un capitalisme à visage humain, pour négocier le poids de nos chaînes…

 

En fait, l’aboutissement de la discussion, c’est que c’est bien une révolution qu’il nous faut !

  • C’est le capitalisme dans son ensemble qui est pénible, et  pas au cas par cas, mesure par  mesure. Toujours, partout, il s’agit d’augmenter la productivité du travail dans la guerre économique mondialisée, et les bourgeois n’ont rien à faire des êtres humains, des prolétaires qu’ils ont en face, ce ne sont que des « forces de travail », comme des robots, juste bons à fournir la  plus-value… et à ensuite être jetés comme des kleenex !
  • La principale souffrance, au final, c’est d’être soumis à l’exploitation et à une classe qui gère la société selon ses propres objectifs, la soumission du producteur à un système qui lui échappe totalement, qui fonctionne selon des règles sur lesquelles il n’a aucune prise. Pour en finir vraiment avec la souffrance, il faut que l’ouvrier, le prolétaire soit au cœur du pouvoir politique, économique et social ! Nous ne voulons plus être des esclaves modernes, mais être maîtres de nos vies et de toute la société ! Nous voulons refaire des travailleurs des êtres humains au vrai sens du terme !
  • La souffrance, ça ne touche pas que les ouvriers, mais aussi de larges secteurs de la petite-bourgeoisie, et c’est là la possibilité d’unité et d’alliance contre une société qui nous écrase tous, avec les ouvriers à l’avant-garde !
  • Face à ces attaques, c’est dans la résistance que nous préparons la révolution qu’il nous faut : Et nous devons avoir comme drapeau « Travailler tous, travailler moins, travailler autrement » pour nous guider dans tous ces combats. Avec une compréhension large de ce que veut dire « autrement » : en finir avec la chaîne, les cadences, le travail déshumanisant, reconstruire les besoins et la production selon ce qui est vraiment utile pour le peuple et pas en fonction du profit, avec la division travail manuel/travail intellectuel et les petits chefs inutiles, oser remettre en cause en profondeur  la société telle qu’elle est façonnée par le capitalisme !
  • La résistance elle existe. Dans les grèves, moments de libération comme cela fut le cas à PSA ou dans le mouvement de nos camarades sans-papiers, qui n’est pas fini. Dans la défense des victimes de l’amiante, les protestations et mobilisations contre les suicides et harcèlements. Elle existe dans les toutes petites résistances locales qui se construisent sur le terrain. La question d’actualité, dans tous ces combats, c’est de construire nos outils, un vrai parti des travailleurs, pour une libération véritable…

Il ne s’agit pas ici de résumer une discussion très riche, dont chacun(e) est ressorti(e) regonflé… Il s’agit de montrer que on est bien là au cœur de l’exploitation capitaliste, et que rares sont les militants et organisations qui osent l’affronter de face pour dire la vérité : « il nous faut une révolution pour en finir avec la souffrance au travail ! »

 

 

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