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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 12:56

Vendredi 16 mars 2012

La semaine sur l'industrie de la CGT

 

Nous le disions à propos du rassemblement organisé le 22 mars à PSA ("Meeting régional  monstre de la CGT à PSA Aulnay") : "il y a dans le discours confédéral repris dans le meeting, un glissement qui part de [la défense de l'emploi] pour nous entraîner sur le terrain du capitalisme, des marchés mondiaux, de la concurrence et de la guerre économique ("Produire en France", donc pas ailleurs !), de la crise mondialisée. Ils nous disent "c'est possible" ! mais surtout ils ne disent pas comment".

En fait, la Confédération a engagé une semaine d'action sur le terrain de la "ré-industrialisation de la France" et quand on voit les initiatives prises un peu partout ailleurs en France, essentiellement symboliques, on comprend que les deux gros rassemblements prévus à PSA Aulnay et à Florange (voir le tract d'appel) ne sont que des prétextes pour avancer ses positions, et qu'elle est bien loin de l'engagement lourd et massif aux côtés des camarades qui luttent pour l'emploi. Les camarades de Goodyear, Fralib et ailleurs peuvent témoigner de leur solitude... du côté confédéral ! Et on attend avec intérêt de voir ce qui va se passer par la suite pour soutenir les camarades d'Aulnay, ceux qui ne souffrent pas d'Alzheimer ne souviennent de 2009 et des centaines de luttes pour l'emploi qui sont restées isolées, sans aucun soutien et sans coordination.

 

AFFICHE30X40.jpgQuel est le sens de cette campagne ?

 

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Emploi-Industriel---4-p.jpgSans vraiment développer, cette fois c'est parfaitement clair. Il y a bien sur un 4 pages avec courbes et graphiques bien techniques (voir ci-contre) pour nous expliquer par le A+B de la gestion capitaliste qu'il y a des solutions et que les experts de la CGT sont bien meilleurs que ceux du MEDEF ou du gouvernement. Cela ne vaut pas la peine une seconde de s'y arrêter, mais on y retrouve complètement la logique et les règles du jeu partagées avec nos exploiteurs...

 

Le sens de cette campagne, c'est en fait le mot d'ordre de l'affiche ci-contre, repris dans  le tract central prévu pour l'occasion et décliné selon les secteurs (outre ceux pour PSA et Florange, ci joint également celui pour l'aéronautique ou celui pour la chimie)

Et c'est limpide : "Ré-industrialisons aujourd'hui la France de demain", ça veut dire que notre avenir futur, c'est celui de l'exploitation d'aujourd'hui.

C'est l'aveu explicite, sans masque, que pour la direction confédérale l'avenir ne se voit que dans l'aménagement, l'amélioration (?) de la société d'aujourd'hui.

 

La divergence est claire et nette : nous ne sommes PAS D'ACCORD.

  • Déjà, poser la perspective en terme de "France" à l'heure de la guerre économique mondialisée c'est rentrer direct dans le nationalisme du "Produire en France" jusqu'à "Fabriquons français" développé par (presque) tous les candidats de Mélenchon à Le Pen. On aurait pu écrire, et ça avait un autre sens : "...la société de demain". Les mots sont lourds, surtout en ces périodes de nationalisme échevelé...
  • Ensuite, restons sur le terrain strictement économique. De quoi sera faite la société de demain, la nôtre, celle des travailleurs, des exploités, des  prolétaires ? Que ferons-nous des usines d'armement, du nucléaire, du secteur automobile hypertrophié, des sceteurs parasitaires comme la pub ? Forcément, ça va bouger, et pas qu'un peu. C'est à dire que "La France de demain", bien maliin qui peut la décrire. Une seule chose est absolument certaine : ce n'est pas aujourd'hui qu'elle se construit.
    Il y a une étape incontournable, celle du pouvoir de décision, de tenir les rênes de la société pour pouvoir choisir ce qui est le mieux POUR NOUS, pas pour les profits.
  • Enfin, une fois passée l'étape des choix de société, industriels et économiques, reste la question des conditions de la production. Travail à la chaîne, travail en horaires atypiques ou de nuit, travail au rendement sur les machines, on va remettre les choses à plat. Plus question de perdre sa vie à la gagner, à n'être que de simples exécutants robotisés de décisions prises par les experts qui savent ce qui est bien pour nous. On va tout changer, c'est sur, c'est NOUS qui prendrons les choses en mains.

Alors le désaccord est absolument fondamental avec la direction confédérale, et c'est la première fois qu'il est aussi bien posé. "La société de demain" dépend avant tout des détenteurs du pouvoir d'Etat, aujourd'hui les bourgeois du patronat, des ministères et des banques. "Ré-industrialiser aujourd'hui la France de demain" c'est passer les plats à la bourgeoisie. Tant que nous n'en avons pas fini avec ces exploiteurs, on est en plein dans le syndicalisme d'accompagnement le plus vulgaire et minable.

Aujourd'hui, NOUS, les travailleurs, les exploités, les prolétaires, nous défendons notre emploi, becs et ongles, parce que c'est juste notre vie qui est en jeu. Dans ce combat radical, sans concession avec tous les accompagnateurs et experts bien pensants, qu'ils soient de la CFDT ou de la CGT, nous nous organisons contre le capitalisme, pour une "autre vie dans une autre société".

 

Deux orientations claires et nettes pour le syndicalisme : le syndicalisme d'accompagnement et la CFDTisation de la CGT ou le syndicalisme de classe. Nous avons choisi notre camp.

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Publié par Où va la CGT ? - dans Emploi
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Xuan 17/03/2012 21:55

L'orientation de la confédération sur la question des fermetures de sites aboutit à transformer ses militants en petits enfants roumains qui vont frapper à la porte des banques, la sébile à la
main.

Et l'action : réunion merguez sur le trottoir avec photo dans le journal local pour populariser "la lutte", où la patron vient manger son sandwich comme tout le monde et serre la louche aux
délégations venues des autres entreprises...tandis que la société-mère se fait pointer du doigt dans son pays pour non-paiement des salaires et des cotisations. Je n'invente rien.

Quant à la "ré-industrialisation", parlons-en : on injecte des fonds publics dans les PME pour alimenter en chair fraîche le CAC 40.
Toutes les trouvailles sont bonnes notamment l'exonération des cotisations sociales pour remplacer le manque à gagner des impayés dus par les grosses boites.

A croire que les dirigeants de la confédé se croient arrivés à un poste clé du ministère de la reconstruction, dans les années 50.