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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 06:52

Jeudi 6 janvier 2010

La CGT n'a donc pas été aux voeux de l'Elysée...

 

Voilà qui devrait nous réjouir, après la réforme des retraites et avant les nouvelles attaques en préparation. Le rituel des "partenaires" sociaux dans les locaux de l'Elysée, c'est quelque chose de tellement  révoltant ! Comme s'il y avait quoi que ce soit à attendre de Sarkozy, comme si on se devait de respecter un quelconque rituel "républicain"...

 

La belle affaire !

La CGT n"a pas été aux voeux (sauvegardé ici), serait-elle enfin revenue à l'heure de la lutte des classes, à reconnaître enfin (et à nouveau) que la société se divise en deux camps irréconciliables (bourgeoisie et prolétariat) et que l'Elysée et le gouvernement ne sont que le quartier général politique de nos ennemis de classe, dont le Medef est le représentant officiel ?

Nos camarades de NetCacao ne disent pas autre chose à Marseille (ci-dessous l'interview faite ce matin devant l'usine sur France Inter), eux qui après s'être durement battus contre la fermeture de l'usine de Saint-Menet doivent reprendre la lutte contre une nouvelle liquidation judiciaire...La kalachnikov, plutôt que les voeux !

 

Mais, c'est bizarre, on a quelque part du mal à y croire... D'abord, ça serait vraiment une nouveauté, quand on voit le temps et le nombre de fois que  la direction de la CGT est venue causer ouvertement ou discrètement avec Sarkozy à l'Elysée. En 2009, on avait fait la liste juste avant le Congrès, et cela avait un peu fait scandale !

On a d'autant plus du mal à y croire que toute l'orientation de la confédération est à l'inverse de la reconnaissance de la lutte des classes, et chaque congrès en rajoute, jusqu'à la dernière version du "développement humain durable", un vrai fantasme du capitalisme à visage humain au service de tous. Et ce ne sont pas les quelques formules rajoutées sous la pression en amendements pour calmer le jeu qui vont changer quelque chose.

 

Non, la carte de la direction confédérale, c'est la "négociation conflictuelle" avec le gouvernement et le Medef pour les amener à raison, faire pression pour améliorer les réformes, être reconnus comme interlocuteurs responsables - et alors, on va boire un  coup dans les couloirs de l'Elysée. Là, le problème c'est que Sarkozy n'a pas joué le jeu, il a roulé dans la farine les syndicats (même Chérèque est énervé, c'est pour dire !) pour faire passer sa réforme comme il l'entendait.


Alors le refus d'aller aux voeux "en 2011" (c'est bien précisé !!!), c'est plus un mouvement d'humeur médiatique pour marquer son mécontentement passager, plus pour calmer des secteurs combatifs de la CGT qui ont toujours envie d'en découdre, qu'un véritable changement d'orientation - et l'histoire se chargera (hélas) de le vérifier dans un avenir proche ! Ca ne mange pas de pain et ça ne trompe personne, mais ça fait semblant !

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Publié par Où va la CGT ? - dans Les structures
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commentaires

pj49 08/01/2011 16:11


Désolé; je viens de me rendre compte que ma phrase n'est pas finie à propos du PCUS, il fallait lire:
"par la promotion "Lénine" ouvrant les portes du Parti bolchevik à une masse d'apparatchiks et de cadres supérieurs que Staline a vaincu la vieille garde qui avait fait la révolution".
Mon propos était de tordre le cou au déterminisme ouvrier et de mettre un terme à la confusion entre classe ouvrière et prolétariat. Rappeler que la classe prolétaire se définit d'abord par son
programme.
D'autre part les précaires ne sont pas en soi une catégories et peuvent être salariés d'usine, dans les bureaux comme sur les chantiers ou momentanément chômeurs, à temps partiel, etc..; ce n'est
pas contradictoire et ce n'est pas la moindre des trahisons de la confé. de n'avoir jamais organisé ces précaires; pour les boîtes de sous traitance, on licencie d'abord les interims et souvent
comme prélude à la fermeture et se battre contre ces licenciements, c'est anticiper la bataille contre la fermeture.
La politique de "préservation des avantages acquis" des syndicats des années 70 n'était pas autre chose, en ce sens, que la défense du travail salarié considéré comme une "rente" à préserver contre
l'insécurité salariale. Ils ont montré leur cohérence réactionnaire en entérinant la division des rangs ouvriers entre stables et précaires dans l'optique d'un capital régnant éternellement.
Les syndicats maintenant ont bouclé la boucle et leur seule préservation est leur place à un festin capitaliste dont les miettes se font rare.
Le champagne raté par Thibault n'était qu'un vulgaire mousseux!
Le capital, l'Etat totalitaire en FAIT et en DROIT et les syndicats se sont mis en ordre de bataille!
Et nous? On s'y met quand? -pj49-


pj49 07/01/2011 23:34


Loin de moi l'envie de rallumer une querelle qui ressemble plus à un débat sur le sexe des anges qu'à une question programmatique mais je voudrais répondre à GdeC, brièvement car la question a
pourri et pourrit encore une partie du mouvement révolutionnaire (ou prétendue telle):
Effectivement, tu n'a pas tout saisi; désolé de détruire tes belles incertitudes certaines!
Le prolétariat en tant que classe est un concept politique et pas simplement sociologique; dans les années 90, le FN pouvait se prétendre 1er parti ouvrier de France et il avait malheureusement
raison... grâce entre autre à la propagande chauvine du PC; c'est toute la différence entre le matérialisme vulgaire des néo-staliniens et le matérialisme dialectique. La fracture des classes
sociales s'approfondit au cours des mouvements sociaux et ce n'est pas dans les têtes mais dans les faits et dans le temps.
Sinon il n'y aurait pas eu 68 dont le détonateur avait été les enfants des classes moyennes en pleine rupture idéologique mais dont s'était saisi la classe prolétaire pour en faire un mouvement
social sans précèdent; la question du pouvoir ne s'était pas posée pour une raison très simple, le résultat a été du gagnant-gagnant: le prolétariat pour la satisfaction d'une grande part de ses
revendications immédiates, les classes moyennes une plus grande liberté de mouvement et le capitalisme une réadaptation structurelle de l'appareil productif à la concurrence avec la fin du passage
du colonialisme au néo-colonialisme et la fin des trente glorieuses avec le retour aux crises.
Bien des choses se sont passées depuis et la période ouverte en novembre 2005 par la révolte des banlieues pose à nouveau avec urgence la question du pouvoir.
Que tu sois cadre et révolutionnaire, pourquoi pas; tu avoueras quand même que tu ne peux te considérer comme représentatif; de même qu'un de mes potes technicien EDF et CGT (bureaucrate payé par
EDF pour être délégué mais qui a toute mon estime par ce qu'il fait non pour ce qu'il est) n'est pas représentatif non plus de l'aristocratie ouvrière; de la même manière, le flic qui est entré
dans l'appareil d'Etat pour échapper au chômage ou l'ouvrier syndiqué n'est pas le prolétariat et les Rroms roumains ne sont pas tous voleurs... je pourrais continuer longtemps comme çà!
Le capitalisme actuel n'est plus celui d'il y a un siècle, même plus celui d'il y a cinquante ans; la marchandise a conquis tout le domaine humain et le fétichisme de la marchandise n'a jamais été
aussi profondément ancré dans toutes les couches sociales, ouvrières comprises; l'économie est totalitaire sur toute la planète et le capital règne sans partage; la crise n'a fait que renforcer et
accélérer cette tendance et pourtant "un spectre hante l'Europe (de nouveau!), c'est le spectre du communisme".
Il nous appartient d'être ou non au rendez-vous de l'histoire:
" Le prolétariat est révolutionnaire ou il n'est rien!"
Un critère politique et non sociologique; s'il y a un siècle, l'ouvrier était le "damné de la terre" peut-on en dire autant maintenant dans les pays européens?
Le sans papier pourchassé, l'intérimaire, le vacataire et contrat aidé qu'il soit ouvrier ou dans les bureaux y correspond bien mieux.
Il ne faut pas oublier non plus que c'est à travers la "prolétarisation" (bolchevisation) en 1924 que les staliniens ont détruit la IIIe Internationale et par la promotion "Lénine" ouvrant les
portes du Parti bolchevik à une masse d'apparatchiks et de cadres supérieurs que
Un programme nationaliste peut être porté par une majorité ouvrière, il n'en reste pas moins contre révolutionnaire, alors pas de complexe; s'il n'en reste pas moins vrai que la situation sociale
conditionne l'individu, elle n'est pas le seul facteur déterminant.
Le prolétaire se reconnaît à ses tripes, à son coeur et à sa tête, non à ses mains calleuses. -pj49-


Eugène 08/01/2011 09:52



Exact, sauf que nous sommes des matérialistes, et nous savons que l'idéologie se développe sur une base matérielle, la situation sociale. Et que celle-ci n'est pas la même pour
la petite-bourgeoisie salariée (dont font partie des cadres) que pour  les prolétaires. Ce n'est pas une pure détermination subjective, volontaire, cela s'appuie sur une réalité vécue,
ressentie qui a un sens différent.


Un cadre ne comprendra jamais (sinon intellectuelllement) ce que c'est que l'humiliation vécue par l'ouvrière ou l'ouvrier au quotidien, ne comprendra jamais dans sa chair ce que veut vraiment
dire "pénibilité"...


 


Voir l'article sur DRH et UGICT !!!


 


Cela dit, nous ne sommes pas non plus matérialistes vulgaires, naïfs au point d'imaginer que le seul fait d'être ouvrier garanti une idéologie communiste ou révolutionnaire. Voir l'histoire du
PCF, ou bien la base ouvrière du FN... Mais nous ne partageons pas la différence avancée par nos lecteurs entre ouvriers supposés supposés plus réformistes et les précaires supposés plus
radicaux. Ce n'est pas exact, et les grandes grèves, partout, de l'année 2009 dans la sous-traitance automobile ont montré le contraire.



GdeC 07/01/2011 18:48


je te cite " deux réalités inconciliables : la bourgeoisie et le prolétariat"... c'est un peu réducteur et j'en suis l'antithèse : cadre, gauchiste, et défenseur des libertés individuelles et des
plus démunis parce que je considère que je dois mettre toutes mes forces et mes compétences au service de ceux et celles qui en ont le plus besoin... Désolé de détruire tes belles certitudes. Le
monde est à al fois plus simple et plus nuancé que tu le dis... A moins que je n'ai mal compris ?


Joel 07/01/2011 13:08


A défaut d'avoir soutenu clairement les embryons de gréve générale , qui se dessinaient , au lieu de les encourager , d'appeler à une généralisation partout , ...il a trouvé comme solution de faire
la gréve de l'Elysée !

Dommage de constater que la lutte de Bernard , se limite maintenant , à se priver d'une coupe de champagne :-)


pj49 06/01/2011 23:59


Après la réforme des retraites, la retraite des réformistes?
ça dépend de nous!