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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 16:44

Samedi 15 octobre 2011

Intervention de la CGT Fralib à Aubagne le 14 octobre

 

A Aubagne se tient cette semaine un Forum Mondissimo, forum social local avec animations et débats.

Les Fralib y étaient invités vendredi 14 et nous reproduisons ci-dessous l'intervention de la CGT à cette occasion.

 

Intervention intéressante, parce que les camarades développent une conception du syndicalisme en décalage complet avec "l'air du temps" et le rôle communément attribué au syndicalisme. L'air du temps, c'est la lutte de terrain, les grandes manifestations, éventuellement l'appel rituel au "Tous Ensemble" ou à la grève générale, guère plus. Non, les camarades affirment, et à juste titre, les relations étroites entre syndicalisme et politique, entre syndicalisme de classe et politique véritablement anticapitaliste (dont le volet internationaliste).

On peut certes critiquer leur conception du changement radical (la reprise de Fralib en coopérative par les travailleurs, les illusions sur l'état), et nous ne nous en sommes pas privés, mais il y a là une vraie réflexion, dont nous partageons plusieurs volets.

C'est donc avec intérêt que nous publions cette contribution au débat sur les rapports entre syndicalisme et politique.

 

Tous les articles sur la lutte des Fralib, ICI

Le texte ci-dessous en version imprimable pdf ICI

 


 

INTERVENTION CGT FRALIB A MONDISSIMO AUBAGNE LE 14 OCTOBRE 2011

 

Depuis plus d’un an, nous luttons pour faire aboutir notre solution alternative face à l’annonce de la fermeture de l’usine par Unilever. Nous sommes convaincus de la rentabilité de notre usine et nous en avons fait la démonstration avec un premier rapport d’étape réalisé par l’expert du comité d’entreprise, expertise soutenue et financée par le Conseil régional PACA. L’ensemble des collectivités territoriales a affirmé sa solidarité et son soutien à notre combat contre le chômage, la précarité, les inégalités et la misère (qui est le quotidien de millions de personnes de plus en plus en difficultés) et pour contribuer à une société juste et solidaire. Notre projet est crédible et porteur d’espoir.
Une grande majorité des salariés de Fralib a décidé de prendre son destin en main. Nous refusons le chômage et la précarité, la fatalité de la misère, nous n’acceptons pas l’injustice, nous sommes convaincus que d’autres choix sont possibles.
Nous allons gagner cette lutte pour la sauvegarde du site industriel et les 182 emplois.


La Région a franchi l’étape du soutien et de la solidarité par un engagement politique fort à nos côtés. C’est ce que les travailleurs doivent pouvoir attendre des partis de gauche. Maintenant, il faut des actes et des mesures concrètes, précises pour que s’ouvrent des solutions.


Mais soyons clairs, l’action vigoureuse des travailleurs et de notre syndicat ne se contentera pas d’un vague appel à voter à gauche. Si les élections sont un acquis démocratique arraché par les luttes, ces votes ne suffisent pas. Nous ne nous contenterons pas d’une visite, d’un passage chez nous. Nous serons vigilants et exigeants. Les travailleurs luttent pour leur emploi, leur vie et leur avenir. Nous analysons les décisions et les positions politiques du point de vue de nos revendications et des perspectives politiques ouvertes ou non.


Nous ne sommes pas là pour distribuer les bons points aux différents candidats à la prochaine élection Présidentielle Notre conception du syndicalisme CGT est un syndicalisme de lutte. Ce syndicalisme de lutte a deux jambes, défendre les revendications des salariés dans l’entreprise au quotidien qui répondent à leurs besoins. Pour reprendre un mot d’ordre de Krazucki, on est le syndicat de la fiche de paie et cela comprend les salaires, l’emploi, les conditions de travail. Mais cela ne suffit pas, on se bat également pour un changement profond de société, pour éradiquer l’exploitation de l’homme par l’homme et l’émancipation des Hommes et des Femmes de ce pays. Ce qui nous fait nous réclamer du marxisme. Le syndicat n’a pas vocation à prendre le pouvoir, mais il doit être acteur de la vie politique. En ayant conscience que son action participe de la gestion de toute la société, le syndicalisme prend une dimension politique tout en respectant son indépendance.
Nos adversaires, puisque c’est comme cela que nous les appelons et non pas nos partenaires sociaux, je veux parler des Patrons, eux ne se trompent pas. La courroie de transmission entre le MEDEF et l’UMP, donc le gouvernement, est incontestable et cela ne dérange personne. L’Europe capitaliste qui est imposée aux peuples, celle que les Français ont rejetée démocratiquement par vote devient insupportable. Les syndicats qui se disent apolitique font en réalité la politique du grand capital. D’ailleurs ils sont tous dans une logique d’accompagnement social pour pallier les conséquences. Mais on n’humanise pas le capitalisme.
Le syndicat doit participer aux débats politiques. D’ailleurs simplement en regardant de près notre lutte et les sujets que l’on soulève, il faudrait être ignare pour ne pas se rendre compte que cela est politique :

Le problème du chômage où veut nous envoyer Unilever.

Celui de la désindustrialisation de notre pays avec nos productions délocalisé en Pologne.
Celui de la fiscalité avec Unilever qui, depuis 2007, lèse l’État et les contribuables français avec un montage financier et sa structure en Suisse qui joue le rôle de paradis fiscal et qui escamote au fisc français 67 millions d’€ d’impôts chaque année.


Un changement de société s’impose. D’autres choix sont urgents. Depuis un certain temps, la question de la répartition des richesses créées, que nous avions porté lors du conflit sur les salaires au printemps 2010, est au coeur des débats d’aujourd’hui.
Mais ne nous arrêtons pas à un hypothétique partage des richesses dans lequel nous serons toujours les dupes. A Fralib, nous parlons de leur réappropriation par les salariés, ce qui se traduit concrètement dans notre solution alternative par l’exigence d’un engagement financier d’Unilever pour la relance de l’activité, ce qui ne représente qu’une petite partie de ce qu’ils nous ont volés depuis de nombreuses années.


Nous ne voulons pas de promesses faites sur un tréteau. Nous ne sommes pas à la foire et nous ne sommes pas à vendre. Nous voulons des engagements forts et précis, des actes concrets. Les paroles ne remplissent pas nos assiettes et ne donnent pas de travail. Ce sont nos luttes qui feront avancer nos exigences.


Nous exigeons des actes forts pour un véritable changement de société :

  • Une réappropriation des richesses créées par les salariés et une maîtrise publique par la nation des groupes des grands secteurs stratégiques,
  • L’interdiction des licenciements et un vrai droit de veto pour les salariés et leur syndicat.
  • Des mesures claires pour combattre l’injustice sociale et toutes les formes d’inégalités.
  • Une société de paix, juste et solidaire, pour une France solidaire et respectueuse des peuples, pour une France qui n’envoie pas, au nom de la domination impérialiste et du bon vouloir du prince, ses chars, ses soldats, ses avions bombardé les populations mais pour une France qui agit partout pour la paix et le désarmement.

 

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Publié par Où va la CGT ? - dans Emploi
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