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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 14:13

Mardi 5 février 2013

Goodyear : le torrent de boue des vautours et des larbins

 

Note-interne-de-la-Direction-01312013.jpgSur le parking jeudi dernier, le jour du CCE qui annonçait le projet de fermeture de l’usine (ci-contre le communiqué officiel de la direction), ils étaient tous là comme des vautours, une forêt de micros et caméras.
Des journalistes ? Non, une bande de porte-plumes à l’unisson de la direction, qui n’avaient rien à faire des ouvriers, qui n’écoutaient même pas les réponses à leurs questions orientées, qui avaient déjà leur avis à mettre en musique : « C’est la faute à la CGT, trop radicale, si la direction veut fermer l’usine ».
Même les « journalistes » les mieux informé(e)s (et ils ne sont déjà pas nombreux !) étaient dans le rang. Et on a eu le droit pendant le week-end à un torrent de boue (de merde !) contre la CGT, dans tous les journaux, sur toutes les radios, toutes les télés. Ignoble.

« Les journalistes policiers,
Marchands de calomnies
Ont répandu sur nos charniers
Des flots d’ignominie,
Les Maxime Ducamp, les Duval,
Ont vomi leur eau-forte !
Tout ça n’empêche pas Nicolas
Qu’la Commune n’est pas morte ! »

(« Elle n’est pas morte », chanson de Eugène Pottier de 1886 en hommage aux combattants de la Commune)

Ce qu’ils veulent tous, ce sont des syndicalistes « responsables », des ouvriers soumis, qui acceptent les règles du jeu, les sacrifices, au nom du réalisme de la guerre économique. Qui acceptent d’abandonner une partie des leurs à Pôle Emploi pour imaginer que les autres vont survivre – combien de temps ? Ils ne supportent pas les prolétaires radicaux qui refusent ce cinéma. Il faut les faire plier,  les faire rentrer dans le rang. C’est ce qui se passe, avec Goodyear comme symbole pour nous tous. Ils vont même utiliser des responsables confédéraux qui « sous couvert d’anonymat » ne ménagent pas les critiques à la CGT Goodyear, les poignardant dans le dos au moment le plus critique.
Mais c’est quoi le syndicalisme « responsable » ? Et d’abord responsable face à qui ? Face aux ouvriers et à leur vie, comme le décrit très bien Kash Leone (« Rap pour PSA : ça peut plus durer »). Pas responsable face à nos exploiteurs ou au gouvernement, ceux qui nous sucent le profit avant de nous jeter, une fois essorés et broyés dans la guerre économique mondialisée.
Au fond, dans cette affaire, ce n’est pas tellement la CGT Goodyear qui est visée au premier chef, c’est toute la classe ouvrière, pour qu’elle se soumette sans broncher à la dictature capitaliste.

Sur ce blog, nous critiquons vivement l’évolution vers la voie juridique de la CGT Goodyear (tous les articles du blog,  ICI), et nous continuerons à le faire (on peut encore en voir la marque dans le dernier tract du syndicat,  ICI).
Mais une chose est sûre et certaine : la CGT Goodyear a défendu depuis l’origine une position ouvrière sur la défense de l’emploi. Elle a refusé les 4x8,  et la destruction de la vie sociale que ce rythme entraîne. Elle a refusé et bloqué les plans sociaux depuis 2008. Elle a refusé de rentrer dans la logique de négociation des licenciements et des PSE (à la différence de SUD). Elle a refusé d’échanger le départ des anciens (le fameux PDV) contre l’acceptation d’un PSE et des licenciements.
A tous les journalistes merdeux, les pseudo-syndicalistes à la sauce CFDT (Berger, le nouveau secrétaire entame le même refrain), pouvez-vous répondre à cette question : si la CGT et les ouvriers de Goodyear avaient été plus « conciliants » ces années passées, combien y aurait-il aujourd’hui d’ouvriers dans l’usine ? Où seraient les autres ? Et quelle serait l’issue ? Vous avez (bien sûr) la mémoire courte de l’histoire des Contis qui avaient accepté les sacrifices et se retrouvent aujourd’hui au chômage, l’usine fermée… Les camarades de Goodyear, eux, connaîssent bien les Contis, ce sont  les potes de l’usine d’à côté…

Depuis cinq ans, il n’y a pas eu de licenciements économiques dans l’usine, la CGT le rappelle (mais l’effectif est à 1173 sur les listes électorales en ce moment affichées, ce qui veut dire que  plusieurs centaines d’emplois ont malgré tout disparu – retraite, licenciements disciplinaires ou inaptitude, démissions sous pression etc.).
Aujourd’hui, même s’il y a un fort ressentiment dans l’usine contre la petite équipe de la CGT et la manière dont elle travaille seule avec l’avocat Fiodor Rilov sur « la voie juridique », l’unité va se resserrer face aux attaques et au fiel des vautours. Après avoir cherché à négocier les PSE, SUD annonce maintenant sa volonté de combattre la fermeture – mieux vaut tard que jamais !

L’heure est au combat, à la solidarité, à la popularisation.
Aujourd’hui, une délégation CGT Goodyear sera aux côtés des PSA à Aulnay, face à la répression anti-grévistes. A PSA, comme à Goodyear, les bourgeois veulent faire plier les radicaux, et si c’est impossible, les casser.


UD80_04.jpgFNIC-Goodyear-130131.jpgMardi prochain 12 février, nouveau CCE à Rueil Malmaison (8 rue Lionel Terray), ils seront des centaines à venir de l’usine d’Amiens, soutenus le plus largement possible (voir par exemple ci-contre l'appel de l'UD de la Somme et la déclaration de la FNIC).

Et nous en serons, nous appelons tous les camarades à mobiliser dès 8h30 pour y participer sur place. On peut sans risque espérer qu’une délégation de PSA (au moins !) sera présente.
L’heure est aussi à constituer un Comité de Lutte sur Goodyear, comme à PSA, pour permettre la mobilisation de toutes et tous, et ce n’est pas l’existence d’un syndicat ultra-majoritaire qui change quoi que ce soit aux fait que ce sont les prolétaires et les prolétaires eux-mêmes qui doivent prendre leur vie en mains, sans la remettre dans les mains d'une poignée de délégués élus une fois pour toute…

Les semaines à venir vont être rudes.
D’abord, il faut réussir le 12 février, et c’est bien parti. Ensuite il va falloir organiser et élargir le combat, parce que ce n’est pas par la voie juridique qu’on gagnera, mais par la lutte des classes et la mobilisation, l'organisation, la détermination et la radicalité des ouvriers en colère.

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Publié par Où va la CGT ? - dans Emploi
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commentaires

Potager 06/02/2013 16:05

Bravo camarades ça c'est constructif !!!