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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 09:48

Mercredi 17 août 2011

Fralib : toujours en lutte !

 

Hier, les camarades ont repris le chemin de l'usine.

Façon de parler, puisque tout l'été ils ont multiplié les actions et ont maintenu une surveillance constante sur les ateliers pour éviter un déménagement sauvage des machines, méthode bien connue des patrons voyous en phase de restructuration.

Le plan de fermeture a eu beau être validé par le tribunal de grande instance fin juillet dernier, les camarades ne baissent pas les bras.

 

On pourra lire ICI, sur leur site, tous les épisodes de la mobilisation du mois d'août.

Et ci dessous un extrait très récent d'un journal de France 2 (repris du même site), qui résume bien le combat des Fralib.

 

 

Les travailleurs de Fralib sont mobilisés pour la défense de leur emploi, avec toutes les conséquences sur la vie de famille, la vie sociale en général, et c'est le combat de tous les ouvriers contre les restructurations dans la guerre économique mondialisée.

En face d'eux, ils ont un monopole (Unilever) qui en veut toujours plus, une de ces World Company à la quête permanente d'un taux de profit et d'une productivité toujours plus forts. Les camarades de Fralib refusent d'être la chair à canon de cette guerre économique, de faire les frais d'un monde de barbares dans lequel, comme tous les prolétaires, ils n'ont pas leur mot à dire, juste à subir et à se taire...

Comme les camarades de Goodyear, ceux de PSA Sevelnord, Aulnay ou Madrid, les camarades de Fralib ont tout notre soutien dans ce combat difficile pour la défense de leurs intérêts, juste de leur survie, contre un ennemi implacable, sans foi ni loi.

 

Les camarades revendiquent de reprendre la production à leur compte, au nom de la bonne santé économique de Fralib, et on le voit encore sur cette vidéo.

Au lieu de se battre en toute indépendance pour leur emploi, au lieu d'exiger de Unilever et des structures de l'Etat (ministères, régions etc.) qu'ils trouvent un moyen de poursuivre l'activité, ils rentrent dans le jeu du capitalisme, en imaginant qu'ils vont pouvoir, eux, gérer eux-mêmes l'entreprise, faire mieux que les bourgeois.

Une coopérative, la belle affaire... Comment vont-ils faire dans le marché mondial, face aux Unilever et autres requins ? Comment vont-ils faire face aux difficultés économiques, ils vont s'exploiter eux-mêmes, accepter de baisser leurs salaires s'il y a des soucis, voire de licencier ? Comment vont-ils faire face aux producteurs de thé dans les pays du Tiers-monde, se conduire comme les impérialistes lamda ?

Nous avons déjà eu d'occasion d'aborder ces désaccords avec la manière de mener cette lutte, à plusieurs reprises (voir tous les articles sur la lutte des Fralib ICI).

Nous nous permettons de ré-insister, non pas en donneurs de leçons - la lutte pour l'emploi est une lutte bien trop difficile pour cela.

Mais l'histoire du mouvement ouvrier est aussi riche d'enseignements : si les camarades gagnent sur leurs objectifs (reprise en coopérative), ils se retrouvent piégés du capitalisme et de ses règles du jeu, à s'exploiter eux-mêmes. S'ils échouent, outre le chômage, ils seront encore plus piégés par l'idée que le capitalisme est décidément bien mal géré, et que l'avenir est bien dans un capitalisme à visage humain... Dans les deux cas, on ne prépare pas la libération des travailleurs, on reste enchaîné à la logique de nos exploiteurs...

 

L'objectif du syndicalisme de classe, de tous ceux qui se disent anti-capitalistes, ce n'est pas de rentrer dans des règles du jeu piégées, ce n'est pas d'enfumer les esprits, c'est de défendre de manière intransigeante les intérêts ouvriers, sans compromission avec le capital. C'est à la fois le chemin le plus efficace pour la lutte elle-même (et donc pour ses résultats) et pour élever la conscience des prolétaires vers leurs perspectives d'avenir !

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Publié par Où va la CGT ? - dans Emploi
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